Tu te lances, comme à ton habitude, dans un grand mouvement d'empêchement d'une nouvelle réforme. C'est beau comme le CPE, tu t'amuses, et tu scandes que la loi Pécresse ne passera pas. Avant toi, plein de projets ont avorté, des tas de réformes qui auraient inexorablement conduit l'enseignement supérieur à sa perte.
D'ailleurs, grâce à ta résistance, et celle de tes frères, l'université française se porte admirablement bien. Les études qualifient tout le monde pour des emplois stables et bien rémunérés, les mondes de l'enseignement, de la recherche et de l'entreprise communiquent magnifiquement pour créer une économie prospère et dynamique, les universités sont modernes, bien entretenues, leur matériel est envié par les meilleurs étab;lissements du monde, et nous avons la chance d'avoir des établissements de renom qui attirent la crème de la crème de l'élite mondiale (la France, c'est Top Gun).
Alors, effectivement, quand on voit la situation idyllique dans laquelle se déroulent tes études, on se demande en effet pourquoi faire passer une petite réforme qui vise à accorder un peu plus d'autonomie aux universités. Après tout, mieux vaut que tout se décide à Paris, plutôt que près de la réalité. Mieux vaut que le diplôme et l'enseignement soit exactement le même partout, quelles que soient les spécificités locales. Mieux vaut pas ou peu d'argent que de l'argent privé (dont on sait qu'il s'alit tout ce qu'il touche).
Tu as raison, ami étudiant. Brûle quelques pneus. Laisse éclater ta colère devant cette petite tentative de modification d'un si illustre fonctionnement. La réforme ne doit pas passer !
Surtout une si petite réforme. Tu sais comme moi, ami étudiant, que le moindre petit truc, la plus petite lézarde dans le magnifique édifice si parfait de notre enseignement supérieur ne doit absolument pas être toléré. Rien. Il faut toujours, toujours, en rester au niveau des grands principes, et ne jamais se confronter à la réalité de leur mise en oeuvre.
Je suis content que tu t'engages ainsi, ami étudiant. Dans quelques années, quand tu chercheras, avec ta maitrise inadaptée à ton bassin d'emploi régional, un boulot qui n'aura pas été créé par la belle association entre la recherche, l'enseignement supérieur et les entreprises de ta région, faute d'une gouvernance adaptée, on en reparlera. Mais c'est loin tout ça, hein.
[Et amie Valérie - on est amis sur facebook - quitte à provoquer une ire de cette ampleur, est-ce que ça ne valait pas le coup d'oser aller un peu plus loin dans la réforme ?]

je n'ai pas lu les autres commentaires, j'arrive comme une mouche dans le lait. Mon cher versac, tu as raison, tu as entièrement raison, la loi pécresse c'est pas du boudin, les étudiants ne pensent qu'à sécher les cours et comme d'habitude ces petits cons sont limités par un atavisme gauchiste qui condamne depuis des décénies la grande famille universitaire à se situer en dehors du monde, surtout du monde du travail puisque visiblement c'est ce monde là qui pense mieux que les autres. Le vrai monde quoi. Mais tu oublies, et c'est triste, que quand on a vingt ans, on s'en branle du monde du travail. On a encore des idéaux, des modèles, des petites utopies qui ne survivent que dans l'esprit d'un jeune dreadlockeux de vingt ans, étudiant en psychio, socio, philo au je ne sais quelle rime en o. Et c'est très bien comme ça : s'il faut que les prémices de l'opposition à sarkozy commencent par cette action archaïque, infantile et grégaire qu'est le blocage des facs, très bien ! C'est toujours ça de pris. Toi qui a vécu les grèves contre le CPI (époque balladur), tu sais combien c'est formateur, une manif. Alors laisse les faire, ne rentre pas dans ce jeu de vieux con qui consiste à marteler "réalité" quand on te dit "rien à carrer". Etudiants, lachez vous, soyez archaïques, soyeux j'men foutistes, soyez cons, lachez vous et faites brûler quelques pneus et si possible quelques 4x4 ! Quelle qu'en soit la raison et si injustifiable qu'elle soit, votre colère nous fait du bien, elle nous dédouanne, c'est notre catharsis. Au nom des exaspérés du sarkosysme, merci.
Rédigé par : ced | 09 novembre 2007 à 22:38
Bravo Versac ! Bien vu !
Rédigé par : Victoire (Vic ) | 09 novembre 2007 à 23:43
@ N. Holzschuch
Personellement, je ne vois pas de points foncierement mauvais dans cette reforme, mais dans de nombreux cas, beaucoup de choses vont dependre du bon vouloir des decideurs, et la dessus, dans le climat actuel, je suis assez pessimiste. Par exemple, en soi, le recrutement de personnel en CDI/CDD, ce n'est pas mauvais (il me semble que c'etait un des freins a l'emploi de chercheurs etrangers pour une periode determinee ?). Mais ne s'agit-il pas d'un premier pas vers une defonctionarisation, dans le cadre politique actuel (l'obligation de transformer CDD en CDI au bout d'une certaine periode) ? Dans les formations menant aux enseignements du secondaire, il me semble, mais cela reste base sur de l'anectodique, que ca se passe de plus en plus comme ca.
Si moins de postes de MdC sont proposes, j'avoue que je ne vois vraiment plus tres bien ce qui pourrait me motiver a vouloir faire de la recherche en France: un des derniers avantages disparaitrait.
Et pour beaucoup de points de la reforme, finalement, c'est la maniere dont elle va etre utilisee qui me fait un peu peur. Peut-etre suis-je trop pessimiste (ou que je manque de wishful thinking).
Rédigé par : david | 10 novembre 2007 à 04:59
"Oui arturh, les noms de domaines n'ont rien à voir avec le www (et ont 20 ans de plus). Quel est donc le rapport ?
On pourrait parler aussi de Linux, d'ailleurs
Rédigé par: Linca | le 09 novembre 2007 à 19:33 "
Mais non, Linca, rien n'a à voir avec rien. C'est par hasard que les européens ont inventé www et que les américains ont le monopole sur les noms de domaines et si les américains ont inventé Mac OS et Windows et Word et Excel et les européens ont inventé Linux, c'est aussi par hasard.
L'important, c'est de ne jamais parler de la raison pour laquelle ce sont les américains qui ont fait le web, pris le monopole sur les noms de domaines, développés les premiers le principe des OS, et des grandes applications, et créé le média sur lequel nous dialoguons à une époque où "l'Université française" (pour rester dans le sujet) et le merveilleux produit de ses "Grandes Ecoles Quelemondeentiernousenvie" avait concentré ses efforts sur le Minitel. L'important, c'est de ne se souvenir de rien.
Responsable, mais pas coupable, ça s'appelle.
Rédigé par : arturh | 10 novembre 2007 à 06:59
@ david
désolé, je n'avais pas compris que le véritable objet du débat, c'était la question de savoir si tout ça n'était pas "un premier pas vers une defonctionarisation"... dans ce cas, évidemment, la discussion est sans objet, puisqu'évidemment, tout le monde l'a bien compris, c'st la fonctionarisation généralisée, en particulier de la recherche, qui est selon moi la principale raison de notre déclin.
PS (si j'ose dire): j'entends par fonctionarisation, évidemment, le Statut de la Fonction Publique créé, en même temps que l'ENA, par Maurice Thorez, Secrétaire Général du Parti Communiste Français et Ministre de la Fonction Publique en 1946, à son retour de Moscou où il avait passé la guerre sous la protection de Joseph Staline.
Rédigé par : arturh | 10 novembre 2007 à 07:28
Le Monde, comme le reste de la PQR ne peut concevoir l'échiquier politique que comme exclusivement composé de gens acceptant de recevoir ses journalistes.
Alors qu'en bien des lieux, les journalistes professionnels sont au mieux haïs, au pire chassés.
Rédigé par : Gus | 10 novembre 2007 à 09:17
Exact Gus, par exemple en Birmanie, à Cuba, etc
Rédigé par : arturh | 10 novembre 2007 à 09:45
J'aurais plutôt pensé à Montargis, Bondy, ou même chez moi.
Rédigé par : Gus | 10 novembre 2007 à 10:02
Non, contrairement à ce qu'une certaine propagande veut nous faire croire, la grande majorité des gens, y compris dans les banlieues, y compris à Montargis ou Bondy, sont des gens comme vous et moi. Et à Montargis ou Bondy, comme en Birmanie ou à Cuba, une petite minorité veut faire taire les journalistes qui informent.
Rédigé par : arturh | 10 novembre 2007 à 10:19
!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Cher versac, même si ce commentaire tombera dans l'oubli parmi la multitude de réaction à ce coup de gueule, j'aimerai juste te soumettre un questionnement.
L'étudiant dont tu parles est une caricature qui se retrouve fréquemment dans les discours et la rhétorique politique.
Elle est donc partiale mais surtout partielle. Au delà même des arguments que tu développes et qui présentent un intérêt certain, je regrette qu'un esprit fertile se laisse aller dans cette voix.
Les étudiants ne sont pas tous acteurs de cette mobilisation et certains donc je fait parti refuse le moyen d'action (blocage), bien qu'il ait des craintes (le plus souvent justifiées) sur l'évolution de l'université.
De plus comparer le mouvement sur le CPE à celui-ci reviens à amalgamer deux catégories distinctes de mouvements sociaux qui ont une sociologie largement différente.
Je comprend qu'on condamne ce mouvement politicien, je regrette qu'un bloggeur averti stigmatise (involontairement?) une catégorie de personnes qui a manifesté contre le CPE mais qui a compris l'agacement face aux blocages. Cette catégorie étant loin d'être marginale...
Quand à la discussion sur les blocages récurrents de réformes de l'université ou du marché du travail français, je pense que la cause est profonde et que l'absence de perspective claire ou assumée des gouvernements contribue à un sentiment d'inquiétude sur lequel s'appuie les éléments lles plus agitateurs des facs françaises.
Rédigé par : Sutehan | 10 novembre 2007 à 12:54
Ah, ceux qui parlent sans connaître !
1- L'autonomie des facs existe depuis... 1969.
2- Les mobilisations étudiantes ont notamment permis que les bourses ne soient pas supprimées, que des bâtiments soient construits, etc...
3- Donc oui, la fac actuelle n'est pas parfaite loin de là : est-ce une raison pour accepter une aggravation ? Au contraire les étudiants demandent des améliorations, et ils ont bien raison.
Rédigé par : david | 10 novembre 2007 à 13:02
Oui, au vue de certaines réactions ici, la loi Sur l'autonomie des université est non seulement plus qu'urgente, elle ne va pas assez loin.
Rédigé par : arturh | 10 novembre 2007 à 13:50
Encore une fois, le mec parle de ce qu'il connaît. En ressort quelque chose de très juste. S'ajoute à ça le souhait d'être drôle : ça devient juste ridicule.
Rédigé par : reivilo | 10 novembre 2007 à 13:56
Pour ceux qui veulent savoir ce qu'il en est - des fois que certains étaient venus ici pour ça :
http://cfoellmi.free.fr/2007/11/touche-pas-mon-universit.html#links
Rédigé par : reivilo | 10 novembre 2007 à 13:58
1. Depuis que je suis titulaire de l'enseignement supérieur (1990), j'ai vécu trois réformes majeures (Jospin, Bayrou, Lang). L'université française est probablement une des rares institutions à faire l'objet de réformes récurrentes (hélas non évaluées...), et qui mobilisent avec dévouement et énergie un grand nombre de ses acteurs (enseignants et personnels administratifs et techniques). J'en ai marre que soit véhiculée l'image d'une université française immobile et en déclin. Toutes ces réformes se sont faites à moyens quasi-constants dans un contexte de massification de l'enseignement supérieur, ce qui a modifié profondément les missions pédagogiques des enseignants-chercheurs ;
2. Je prends le pari qu'au moins 80% des enseignants-chercheurs pensent que le couple (gratuité des études, absence de sélection) est un non sens. R. Gary-Bobo et A. Trannoy (économistes) l'ont théoriquement montré, mais l'expérience de terrain le confirme. Pour sortir de cet équilibre sous-optimal, il conviendrait soit d'instaurer la sélection, soit d'augmenter les droits d'inscription, soit les deux (avec un système de bourses et de prêts). J'ajoute que même sans la Loi Pécresse, les universités avaient les moyens de faire une sélection minimale : qui dénoncera un jour le dévoiement des missions des IUT (qui dépendent des universités), qui plutôt que de se concentrer sur leur mission (former des techniciens) sélectionnent les meilleurs bacheliers généralistes potentiellement aptes à des études longues, laissant aux filières "classiques" des bacheliers qui précisément n'ont pas été formés pour les études longues (bac technologiques, voire professionnels) ;
3. En ne s'attaquant ni au couple (gratuité, absence de sélection), ni à l'articulation Grandes Ecoles-Universités, la loi Pécresse n'est qu'une réforme marginale (au même titre que les lois Jospin, Bayrou et Lang). Si elle est appliquée à moyens constants et sans évaluation, je prends le pari qu'en 2012 nous verrons une réforme supplémentaire. Et des étudiants descendre dans la rue pour exprimer leur mécontentement. A raison d'une réforme tous les 4 ans, avec 42 annuités de service civil, peut-être aurais-je la chance de vivre plus de 10 réformes universitaires...
Rédigé par : Gizmo | 10 novembre 2007 à 14:50
j'admets ne pas avoir eu la force de lire tous les commentaires, donc je vais peut-être répéter quelque chose.
la réforme ne serait-elle pas :
1. de fusionner filière ingénieur et filière universitaire?
2. Arrêter avec l'hypocrisie du "80% d'une classe d'âge au BAC" et revaloriser l'image des filières techniques (tout le monde ne sera pas docteur en sciences et en plus il faut voir les débouchés --> précaire à 30-35 ans pour 10 ans d'étude)
4. les gens poursuivent la Fac parcequ'ils ont peur du marché du travail, donc dire qu'attendre 25-26 ans pour avoir un master par compensation en psycho, ça ne sert à rien
5. l'inégalité sociale est criante (où sont les fils et filles d'ouvriers et employés dans les troisième cycle. Introduire une proportionnalité des droits d'inscription
De toute manière les étudiants les mieux préparés par leur milieu (fils de profs ou de cadres Sup,à part quelques naïfs) vont sur les filières à sélection précoces (de type prépa) plutôt que cette machine à bouffer les étudiants qu'est la Fac (souvenons nous des étudiants qui disparaissaient au cours des cursus).
les décideurs et employeurs viennent souvent des écoles d'ingénieurs et recrutent des gens venant de leur filière.
Oui les universités doivent évoluer mais d'abord arrêtons la dichotomie française ingénieur/universitaire
En France un docteur est moins bien perçu qu'un ingénieur ou moins rémunéré. Petite anecdote : une conseillère de l'ANPE m'a conseillé de cacher mon doctorat (sur la production d'OGM végétaux, cursus commencé en 1995 --> je suis bien embêté actuellement d'ailleurs)
Rédigé par : docteur universitaire | 10 novembre 2007 à 16:06
@Gizmo
Cela fait plaisir de voir des universitaires avec une certaine hauteur de vue.
Vous dénoncez le dévoiement de la mission des IUT. Je veux bien le faire avec vous (faut-il créer un collectif?). Vous avez raison, on marche à l'envers. Notre système est illisible pour nos voisins européens. Quel est selon vous le meilleur système? Le dispositif des Fachhochschulen (litt. "hautes écoles spécialisées") dans les pays germaniques?
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fachhochschule
Rédigé par : XS | 10 novembre 2007 à 16:14
Ami Versac,
Entre la référence à Top Gun et celle au "bassin d'emploi", ta prose est nulle et non avenue. Le style, méprisant et méprisable...
Quand le blogueur se veut éditorialiste, ses billets ont autant d'intérêt que l'eau tiède déversée par la presse oligarchique...
Décidément, je ne vous aime pas !
Rédigé par : Gombro | 10 novembre 2007 à 16:36
On peut toujours se pencher sur les failles et les avantages de la réforme. on peut toujours se pincer le nez sur la méthode employée (en catimini pendant l'été, faiblesse de la concertation, manque de préparation...). Mais les étudiants s'opposant à cette réforme n'en sont pas là. La contestation est à la fois plus large et plus floue : pas de Sarkozy, pas touche à ma fac de psycho-socio, insurrection... Nous nous trouvons dons dans la situation où critiquer la réforme, c'est donner raison à des revendications floues, inadaptées au système, rêvant vaguement d'un autre monde quitte à sacrifier l'amélioration de celui seul qui existe. Et c'est aussi donner droit aux agissements les plus minoritaires tant qu'ils sont les plus activistes. On est donc un peu au-delà d'une réforme technique, et déjà de plein-pied dans des choix politiques assez lourds de symboles, que cela nous enchante ou non. Ce n'est donc pas paradoxalement sur le contenu de la réforme que chacun doit se positionner, mais sur la possibilité de simplement toucher à l'enseignement.
(et maintenant, j'espère atteindre le chiffre symbolique du centième commentaire).
Rédigé par : Slothorp | 10 novembre 2007 à 17:24
Yes!
Rédigé par : Slothorp | 10 novembre 2007 à 17:25
C'est l'histoire d'un nouveau dentifrice installé dans les rayons du supermarché à côté de chez moi...
Il a tout pour plaire : le tube est flamboyant comme un jeune diplômé, pâte blanche avec une rayure noire au goût de réglisse comme une coupe de cheveux soigneusement gomminée, un bouchon sympa façon flaconnage (fabriqué en Inde parce que moins cher que dans la Creuse) comme un costume de premier de la classe, et il a des vertus nouvelles, apparemment, que n'auraient pas ses homologues installés eux aussi dans le même rayonnage. Son prix : dans la moyenne...
Seul problème, s'il en est un : elles sont 250 pâtes dentifrices accrochées dans ce rayon, toutes avec des couleurs plus chaudes les unes que les autres, toutes avec un goût si particulier qu'à les goûter on se croirait chez SEPHORA....
Alors !? laquelle choisir !?
C'est ce que certains appellent la concurrence.
Et bien , ma nouvelle pâte dentifrice aura sa place parce qu'elle sort du lot commun : emballage, rayure noire, bouchon....
La sélection aura démarré, non pas à la mise en rayon, mais à son élaboration , à sa fabrication, à sa mise en boîte , et pour finir à la façon dont elle sera mise en forme dans le rayonnage...
messieurs et mesdames les étudiants : à vos marques
Rédigé par : mixoux | 10 novembre 2007 à 17:42
Il vida son bain en perçant un trou dans le fond de la baignoire.
Boris Vian - La matinée d'un jeune homme riche - L'écume des jours.
Rédigé par : petit jardin | 10 novembre 2007 à 19:11
La réforme Pécresse me paraît relever du plus parfait bon sens - même si, comme cela a été dit, il aurait fallu aller beaucoup plus loin (je regrette amèrement, par exemple, que la sélection à l'entrée en mastère ait été supprimée, d'autant que c'était une concession faite par la ministre aux négociateurs de l'UNEF, et que cela n'a pas empêché ce syndicat, au bout du compte, de participer au mouvement de grève). Pour le reste, qu'en est-il ? La possibilité pour les Universités de gérer leur propre bâti, la nécessité d'une présidence forte, la levée de fonds privés via la création de fondations, le rapprochement avec le monde de l'entreprise afin d'ajuster l'offre de formation à l'offre d'emploi, tout cela me paraît relever de l'évidence ; pour rejeter l'ensemble avec violence, comme on le fait aujourd'hui, il faut vraiment être "100 % à gauche" (et comme on le sait, il est très difficile de garder les pieds sur terre quand on penche entièrement d'un seul côté).
Du temps que j'étais allocataire-moniteur, puis ATER, j'ai eu le douteux privilège d'assister à quelques réunions des enseignants du département d'histoire de deux très grandes facs de province. Laissez-moi vous dire que le souvenir de ces assemblées reste pour moi un motif de tristesse et de honte. De quoi parlent, en effet, les profs de fac quand ils se rencontrent là ou autour de la machine à café ?
1) La nullité des étudiants, qui se rapprochent chaque année un peu plus de l'analphabétisme. Absolument personne ne veut enseigner aux élèves de premier cycle, et cette tâche ingrate est presque systématiquement déléguée aux larbins tels que doctorants, PRAG, contractuels, etc. Tout le monde ou presque considère que l'Université commence de facto en troisième année de licence, voire en mastère ; cela revient à dire que 90 % des effectifs sont des parasites ou des usurpateurs. Pendant ce temps, les chasseurs de tête de grandes entreprises du privé jettent l'éponge : il n'y a tout simplement pas assez de talents dans les disciplines qui les intéressent.
2) La rareté des crédits, qui oblige les plus ambitieux à se tourner vers des instituts de recherche privés... ou vers l'étranger. Les réunions que j'ai évoquées plus haut ne servent à peu de choses près qu'à gérer la pénurie : que va-t-il falloir anuller faute d'argent ? Les salles de classe sont pourries, le parc informatique est une plaisanterie, il faut mendier chaque feuille de papier blanc auprès du secrétariat. C'est, à tout point de vue, la misère.
3) L'impossibilité de prendre une quelconque décision, en raison de contraintes extérieures (pauvreté, tutelle de l'Etat) et des querelles de personnes qui empêche l'émergence de toute espèce de leadership.
Or c'est précisément à ces trois plaies de l'Université française que s'attaque la loi Pécresse. Que proposent -que demandent l'UNEF, Sud et les JCR ? De l'argent public, plus d'argent public ! On connaît le refrain. Les étudiants sont très généreux avec l'argent qu'ils n'ont pas.
Pour ce qui est de la dynamique des grèves étudiantes en général, je vous invite à visiter, sur mon blog, l'article
http://aucollege.over-blog.fr/article-13660007.html
A bientôt !
Rédigé par : Devine | 10 novembre 2007 à 22:25
Dommage le texte était bien parti mais à aucun moment tu ne te demandes si la réforme est bonne et qu'elle ne passe pas si ce n'est pas la Pécresse qui n'est pas bonne.
Ami étudiant, écoutes Versac laisse toi faire, sur le coup ça fait un peu mal mais après...
Et puis tu pourras toujours réclamer à la ministre qui même si elle n'est plus là aura toujours un successeur, un emploi crée par la formidable croissance à 2 chiffres que nous prépare notre président.
Rédigé par : Farid | 11 novembre 2007 à 02:22
@ artuhr: un poste stable en tant que chercheur, ca n'est pas une invention stalinienne: les US par exemple ont un mecanisme pour ca (la fameuse tenure). Les modalites tenure et poste de fonctionaire pour etre MdC ou chercheur en France sont certes tres differentes, et il y a certainement des choses a faire a ce niveau la en France, mais je ne connais aucun pays qui a un moment donne n'offre pas de garantie forte d'emploi a vie pour les chercheurs.
Rédigé par : david | 11 novembre 2007 à 06:18
@ david
Evidemment que, en particulier les postes d'enseignants et souvent les postes de chercheurs, sont souvent des emplois à vie, par exemple dans les universités américaines. Je ne parlais pas de ça. Beaucoup d'emplois, sinon énormément, sont des emplois à vie aux USA. Mais, il y a un énorme MAIS. La culture de l'emploi à vie, aux US, est basé sur la performance, la remise en cause personnelle, l'adaptation, etc, il n'est nullement garanti statutairement. Et encore une fois, l'emploi à vie de la fonction publique française,en particulier chez les chercheurs, est basé sur un "Statut", au sens de ce mot hérité du Moyen-Age et de l'Ancien régime, et remis à jour en 1946, par Maurice Thorez, Secrétaire Général du Parti Communiste Français et Ministre de la Fonction Publique en 1946, à son retour de Moscou où il avait passé la guerre sous la protection de Joseph Staline.
Tu penses qu'ils sont très différents? Tu as raison. Mais différents comment? Il y a le même type de différence qu'entre l'Ouest et l'Est du Mur de Berlin! C'est une différence gigantesque, et nous devons, au nom du principe d'égalité, y mettre fin.
En particulier mettre fin à la négation même du principe d'Egalité qui fait que quelqu'un qui travaille pour l'Etat bénéficie d'un contrat de travail radicalement différent de quelqu'un qui ne travaille pas pour l'Etat.
Rédigé par : arturh | 11 novembre 2007 à 09:58
"dont on sait qu'il s'alit tout ce qu'il touche"
Oh le magnifique lapsus du clavier ! Que l'argent privé s'allie tout ce qu'il touche, c'est un peu l'objectif ;-).
Rédigé par : padawan | 11 novembre 2007 à 18:04
@ arthurh : je ne comprends pas votre argument. L'emploi à vie est tout autant garanti une fois la tenure atteinte. Si un prof n'est pas performant, il aura juste du mal à avoir des grants, mais il ne sera pas viré. Exactement comme un chercheur français.
S'il fait une grosse connerie, il sera aussi sanctionné et viré. Exactement comme un chercheur français. Par contre, c'est vrai qu'il y a une grosse différence de culture à propos de la recherche : aux Etats-Unis, on respecte beaucoup les chercheurs et les universitaires, y compris financièrement , en France, ils sont des privilégiés injustes car ils ont un "statut". Entre parenthèses, le "statut" qui assure une liberté de recherche tant décriée est à l'heure actuelle le seul argument valable pour vouloir faire de la recherche en France. Si on s'aligne sur le "statut" américain, sans faire l'effort sur les salaires et les financements, sans assurer un flot suffisant d'étudiants, la recherche en France va s'écrouler, faute de combattants. Personnellement, compte-tenu de l'incertitude actuelle en France et de l'atmosphère complètement défaitiste et délétère qui y règne, je me demande si ce n'est pas une meilleure idée de chercher un job aux US en attendant que cela se décante en France.
Snon, pour revenir sur la sélection, n'oublions pas non plus que la sélection en France a lieu, mais simplement hors université, dans les Grandes Ecoles. Les petites universités américaines ne sélectionnent pas beaucoup plus que les universités françaises.
Rédigé par : Tom Roud | 11 novembre 2007 à 18:11
@ Devine :
1) Le problème, c'est qu'il n'y a aucune incitation à assurer un enseignement de qualité. Tout l'avancement, tout le prestige, se fait sur la recherche. Rappelons également qu'un prof ou un maître de conf ont des charges d'enseignement 2 à 3 fois plus importantes en France qu'aux US, ce qui n'aide pas à faire une recherche de qualité dans le cadre de l'université.
2) Les universités américaines dépendent en grande partie des subsides de l'Etat, subsides directes ou indirectes (ponction de l'université sur les grants alloués aux professeurs). Y a-t-il besoin d'une nième réforme pour simplement mettre à niveau les financements ? Est-ce vraiment le rôle du privé de fournir les fonds pour simplement repeindre les bâtiments ou payer le chauffage l'hiver ? Comment traite-t-on les différences culturelles, qui font qu'aux US les anciens élèves donnent à leur université, que les cadres des entreprises ont au moins entrevu le monde de la recherche et ne traînent pas les pieds pour y investir comme en France ?
Après, j'approuve ce que dit Gizmo plus haut : on ne peut pas prétendre réformer l'université sans réfléchir à la complémentarité avec les Grandes Ecoles qui , justement, font la sélection en France (sélection de moins en moins juste car la prépa s'est transformée avec le temps en filière d'inclus). A mon avis, les problèmes essentiels, cette réforme ne fait que les effleurer, faute de préparation ou de compétence.
Rédigé par : Tom Roud | 11 novembre 2007 à 18:43
I fully agree with Tom Roud, qui a fort bien résumé les choses.
Au chapitre des différences, on peut encore ajouter la NSF. Qui accorde des fonds (sur projet) aux professeurs, mais sans y ajouter une série de contraintes impossibles sur la façon de le dépenser... La possibilité, pour un doctorant, d'interrompre sa thèse en cours de route pour partir dans le privé, puis de revenir finir sa thèse (c'est très bon pour l'industrie et pour le doctorant, même si c'est assez délicat pour l'encadrant).
Les grandes écoles existent aussi aux États-Unis. Sur mon campus, je vois plusieurs écoles d'ingénieur (au hasard, la Sibley School of Mechanical and Aerospace Engineering). La différence, c'est qu'elle sont intégrées au campus. La SS of MAE occupe les trois premiers niveaux de trois immeubles, et le Department of Computer Science occupe les trois niveaux supérieurs. La différence avec la France est cependant évidente : c'est l'Université, le Campus, qui compte avant tout, pas l'école d'ingénieurs qui n'en est qu'une sous partie, au même titre que le serait le département de sciences humaines.
Rédigé par : N. Holzschuch | 11 novembre 2007 à 20:19
Alors un petit mot, qui n'apporte absolument rien à l'édifice. Je suis étudiante en M2 ancien DESS (pour les anciens réac). J'avoue que le ton de ce billet ainsi que le commentaire: "Un étudiant gréviste, ça n'écoute pas" m'ont fait hérisser les poils. Je suis étudiante, j'ai un cerveau en état normal de fonctionnement. Je me sens vraiment ridiculisée par vos propos. C'est sûrement une très bonne façon de faire passer le message à la plupart de vos lecteurs. Je trouve que vous êtes pour une fois tombé dans la facilité. Et c'est bien dommage.
Moi, en tout cas, j'passe mon chemin...
Rédigé par : Raphaëlle | 11 novembre 2007 à 23:10
@ N. Holzschuch: quelles sont les differences entre la NSF et l'ANR ? J'avais cru comprendre qu'il s'agissait avec l'ANR d'aboutir a une institution du meme type, non ?
@ arturh: vous dites "En particulier mettre fin à la négation même du principe d'Egalité qui fait que quelqu'un qui travaille pour l'Etat bénéficie d'un contrat de travail radicalement différent de quelqu'un qui ne travaille pas pour l'Etat.". L'inegalite supposee du contrat de travail est avant tout celle de la faiblesse des salaires; je suis dans la meme situation de Tom Roud. Si ce statut disparait sans contreparties, entre autre financieres, je ne ferai jamais de recherche en France, ce serait vraiment du masochisme. Pour info, un salaire de Maitre de Conference (qui a donc fait 5 ans d'etude plus une these de 3 ans plus un post-doc de 2 ans dans le meilleur des cas en general), c'est autour de 2000 euros brut en debut de carriere (inferieur donc au salaire brut moyen en France; le SMIC est a 1300 euro brut environ, le salaire moyen a 2400 euros). C'est une situation a ma connaissance totalement inedite dans le monde.
Rédigé par : david | 12 novembre 2007 à 07:12
Ami Versac
Triste ironie, ami Versac. Toi, le grand blogueur, ô couché qui donna à Libération son heure de gloire, en étant THE espace de liberté lors du forum éponyme. Toi, Versac, dont on ne se demande plus si tu es soluble dans le conservatisme (seul le commentaire de Jacques Marseille parvient à aller plus loin.
Ami étudiant, pourquoi te battre ? Etudiant, de la mesure… Etudiant, tu ne veux pas de réforme, tu es la clé de l’immobilisme ! Trop facile, ami Versac. Trop facile de chercher le compromis et la compromission dans les néo-ringardises centristes. Et trop facile de justifier tout par le “faut bien que ça bouge”. Oui, mais dans quel sens ?
Et si je te parle d’Agcs, de libéralisation des études, si je te fais part des craintes que j’ai pour les études de mes soeurs (trop tard pour moi) ? Tu balaies ça d’un bras. Mais tu ne sais pas, ami Versac. La province. Grenoble, où tu es passé en coup de vent, ego monstrueux dans le néo-ringard bunker centriste. Alors, les étudiants, tu ne les as pas vus.
Mais on était là, pourtant, ami Versac. Et nous n’avions pas attendu d’avoir ta parole divine pour savoir si on allait manifester ou non. Allègre, Fillon, Villepin, Pécresse. Une de plus ? Une de moins. Il faut bien que quelqu’un s’y colle. Il parait que les étudiants sont une race en voie d’extinction, derniers supports de la Révolution.
Et pourtant, je ne vois pas la même chose que toi, ami Versac. Je ne vois pas ces jeunes en keffieh prêts à brûler tout ce qui bouge. Je vois des gens qui se bougent, qui se posent des questions. Des gens qui n’ont pas la paresse intellectuelle de ne rien faire. Et qui essaient de convaincre les autres, ami Versac. Ceux qui ne se bougent pas, ceux qui se disent que ça ne sert à rien, ceux qui sont contre les grèves. Le droit de grève, on l’a gagné, ami Versac. On s’est battu pour ça. Et toi, t’étais où ? Pas dans le cortège ?
Allez, sans rancune, ami Versac. Viens nous voir à Grenoble, à l’occasion. Pas besoin de ta webcam, de ton ordinateur portable ou de ton smartphone. Si tu nous cherches, suis les pavés.
Rédigé par : toy:n | 12 novembre 2007 à 13:47
Il y a en France, dirait-on, un seul domaine dans lequel la grève ne s'exerce pas, c'est la connerie... et les étudiants d'aujourd'hui semblent avoir pris en charge, avec beaucoup de succès, le service minimum...
Pourquoi, si vous n'êtes pas contents de vos tristes conditions, n'allez-vous pas tout simplement voir ailleurs ?
Quel est ce réflexe conditionné à la française qui conduit systématiquement à ce mode opératoire éculé du type :
"j'arrête tout, je bloque tout, je crie que je suis pas content, je détruis pour m'amuser car je ne sais pas m'exprimer autrement, et surtout, surtout, je n'assume rien du tout et je reste à attendre que le GOUVERNEMENT et l'ETAT fasse quelquechose pour MOI, MOI, MOI JE, JE, JE, MOI car je le MERITE ( non je mérite pas ??? ah bon... )"
C'est pareil dans le monde du travail lorsqu'au bout de 20 ans, des salariés tourne-boulon découvrent au travers du licenciement économique que leur job n'a plus aucune valeur ajoutée et que l'entreprise doit s'en passer ou trouver des solutions moins onéreuses. Et là, c'est toujours la même réaction :"Hein ??? mais on m'avait pas dit !!! moi ça fait 20 ( 40 ? ) ans que je tourne des boulons ( et j'aime ça ) et on m'avait pas dit qu'il fallait que je regarde un peu autour de moi pour évoluer, et qu'est-ce que je vais faire maintenant ??? je sais rien faire d'autre ( et j'ai surtout pas envie )"
Réponse : LA GREVE, pardi ! et n'oublie pas de demander ton dû à l'Etat hein !!! Après 20 ans ( 40 ? ) de connerie, c'est sûr, tu MERITES !
Je souhaite bon vent à nos amis étudiants, et surtout bon blocage des gares demain, c'est une action vraiment très intelligente, vraiment...
Rédigé par : JF | 12 novembre 2007 à 14:03
On s’amusera qu’il ait fallu attendre la rentrée universitaire, pour voir soudain apparaître un mouvement de rejet d’une réforme estivale. Où étaient-elles donc les consciences éclairées qui s’agitent et agitent maintenant le bocal universitaire ? En vacances ? Un peu « bourgeoises», ces consciences revenant de vacances qui s’ébrouent après quelques jours de cours.
On s’amusera encore de constater que sur l’université comme sur les autres sujets de réforme, « la méthode n’y soit pas » et que le gouvernement s’y prenne globalement « mal ». Ce qui amuse, ce sont ces reproches sans cesse invoqués depuis 25/30 ans. Aujourd’hui Fillon, hier Jospin, avant eux Balladur, Juppé ou Rocard. Décidemment ces gens là n’apprennent pas par l’expérience, puisque les uns après les autres, ils réitèrent les erreurs de leurs prédécesseurs : « ils s’y prennent mal », « ils refusent la négociation », « la méthode n’est pas la bonne ». Et dire que cela marche encore, que certains y croient. Entendons par négociation, que le but est ici d’abroger la Loi Pécresse, là de renoncer aux 40 annuités. Si vous n’êtes pas d’accord avec ces buts là, c’est que vous n’êtes donc pas prêts à la négociation version « LCR ».
On s’étonnera plus qu’on s’amusera ce coup-ci devant la couillonnade consistant à vouloir donner un poids et du crédit aux votes en « AG ». Chacun sait que les consciences s’éveillant déjà au collège, elles sont déjà très affutées au Lycée, et particulièrement clairvoyantes une fois parvenues dans l’enseignement supérieur. Elles se prononcent donc en parfaite connaissance de cause quand à l’issue d’heures interminables de tergiversations et de vociférations, elles votent la grève à main levée, tandis que 90 % des étudiants inscrits n’y sont pas présents.
Pas un journaliste, pas une investigation dénonçant ces procédés totalement non démocratiques, qui rythment l’histoire de nos facs année après année. Pourtant si prompts à s’emparer des sujets où la démocratie est prise en otage, à dénoncer toute tentative de musellement de l’information ou de la liberté d’expression, il n’y a plus personne quand une simple après-midi passée à Rennes 2, suffirait à faire la démonstration claire et par l’exemple, que ces AG sont des dénis par excellence de démocratie, des mascarades savamment mises en musique.
Malgré ce folklore tragique trop connu des « AG qui décident … » Nos radios et nos journaux continuant d’énoncer : « les étudiants en grève », « 30 ou 40 universités bloquées », comme si nous assistions à la montée d’un phénomène, comme si la communauté étudiante dans son ensemble poussait dans ce sens, quand il s’agit d’une simple mayonnaise.
Les étudiants d’extrême-gauche, encartés ou pas à la LCR, font eux leurs classes de parfaits apprentis trotskystes. Le but ultime consiste dans une belle exemplarité « révolutionnaire » à obtenir par la protestation, savamment organisée, drivée et manipulée, l’abolition de la loi, votée par une assemblée élue. Comme dans pince-mi et pince-moi, une fois que les assemblées élues ne servent plus à rien, que reste t-il ?
Là tout est bon dans le cochon, on vient avec des types de l’extérieur, qui tant qu’à faire participeront aux « votes », on fait durer pour lasser, on fait voter en fin d’AG quand les « non-grévistes » lassés par des déclarations fleuves s’en seront retournés chez eux. Et, quand tout ça ne marche pas, et que le vote de la grève n’est pas majoritaire, on repart dans de longs exposés fleuve, et on refait voter jusqu’à temps que cela aille dans le bon sens.
La stratégie de l’extrême-gauche est simple : faire converger les mouvements ; le fantasme de l’action révolutionnaire où ouvriers –paysans et intellectuels s’unissent dans un bel élan pour faire plier le pouvoir « bourgeois ». Et les lycéens de commencer à bouger (à être bougés), et les étudiants de vouloir bloquer les gares (en solidarité avec ceux dont on veut toucher aux régimes spéciaux). Bloquer le fonctionnement du pays, paralyser la société, et obtenir de ce gouvernement (celui-là ou un autre) un ajournement de ses réformes, et la prise en compte des cahiers de doléances du « peuple qui s’exprime ». Dans cette idéologie, seuls ceux qui sont aux côtés des grévistes, et des manifestants de rue ont droit au vocable « peuple », les autres sont d’une majorité silencieuse, des moutons ou des veaux, imbéciles shootés aux jités de 20h, TF1 en force, bouffant de la star Ac, prenant peur à la vue de la peau bronzée de leur voisin. Ceci sans caricature aucune, cela va sans dire.
Le plus fantastique, c’est que ce scénario se répète inlassablement, et qu’ici (chez Versac comme ailleurs), on continue de lire des esprits bien faits donner de la consistance à ces « mouvements » contestataires, parfois convaincus sur le fond, jamais choqués ou interrogés par la forme. Une forme détestable qu’on ne tolérerait pas une minute si elle était le fait de je ne sais quelle extrême-droite, mais qui a ici l’excuse de n’être que d’extrême-gauche. Sans parler du fait qui n’a pas l’air d’en faire bouger une à beaucoup, que notre pays a l’exclusive de ne pouvoir faire aucune réforme, que « ne toucher à rien » est la meilleure des politiques, qu’il soit gouverné à gauche, ou à droite ne change rien à cette affaire. Et cela n’a pas l’air d’interroger grand monde. Saisissant !
Rédigé par : matéo | 12 novembre 2007 à 14:35
Pour bien se figurer le déroulement des fameuses AG, haut lieu de "conscientisation" (oups)des troupes étudiantes, lire le lien donné par DEVINE qui détaille par le menu la chronologie des "mouvements":
Je redonne le lien :
http://aucollege.over-blog.fr/article-13660007.html
La presse ferait-elle de l'autocensure sur ces sujets pour n'en parler jamais ?
Rédigé par : matéo | 12 novembre 2007 à 16:46
A toy:n
« Etudiant, tu ne veux pas de réforme, tu es la clé de l’immobilisme ! Trop facile, ami Versac ».
---
Non ce qui est « trop facile », c’est le systématisme du rejet de toute réforme, quelle qu’elle soit, et quel que soit la couleur du gouvernement. La facilité, c’est d’utiliser à des fins politiques les projets de réforme ou les lois votées pour mobiliser le ban et l’arrière ban de la communauté étudiante pour mener des guéguerres idéologiques, et se la jouer révolutionnaire de pacotille.
---
Vous la dites d’ailleurs fort bien cette facilité, ce systématisme, cette compulsion à la répétition : « Et nous n’avions pas attendu d’avoir ta parole divine pour savoir si on allait manifester ou non. Allègre, Fillon, Villepin, Pécresse. Une de plus ? » Une de moins ».
---
« Il faut bien que quelqu’un s’y colle. Il parait que les étudiants sont une race en voie d’extinction, derniers supports de la Révolution. »
---
On ne vous en demande pas tant. Etudiez, essayez de participer à la réforme de votre institution à bout de souffle, dont tout concourt à prouver qu’elle n’est pas adaptée ni aux besoins du pays, ni aux aspirations des étudiants, et laissez la révolution aux pseudos étudiants désœuvrés qui font leur apprentissages « révolutionnaire » en jouant les entraîneurs de foule, les leaders éclairés, les consciences qui veillent.
---
« Je vois des gens qui se bougent, qui se posent des questions. Des gens qui n’ont pas la paresse intellectuelle de ne rien faire. Et qui essaient de convaincre les autres, ami Versac. Ceux qui ne se bougent pas, ceux qui se disent que ça ne sert à rien, ceux qui sont contre les grèves »
---
Ou plus simplement, ceux qui n’ont pas les moyens de différer leurs études, d’allonger leurs cursus, celles et ceux qui veulent privilégier l’étude et l’obtention de leur diplôme, plutôt que de se prendre pour les porte-drapeaux de la « révolution », ceux qui veulent avancer et passer rapidement à autre chose, celles et ceux qui n’ont pas les facilités de certains perfusés par leurs parents à qui x mois sans cours ne posent aucun problème, et qui peuvent tous les matins se prendre pour Léon Trotsky.
---
« Le droit de grève, on l’a gagné, ami Versac. On s’est battu pour ça. Et toi, t’étais où ? Pas dans le cortège ? »
---
Mis à part le caractère « ancien combattant » de la question, pas plus vous, que Versac, n’êtes plus anciens que le droit de grève. Il vous a, il nous a précédé, même si le concept étendu à la communauté étudiante a quelque chose de surréaliste. Vous n’allez quand même pas nous expliquer qu’on vous devrait quelque chose sur le droit de grève, ami Toy:n
---
« Si tu nous cherches, suis les pavés »
Et jusqu’alors, vous étiez où ? A la plage ? En tous cas pas à la BU, ni en train de bosser.
@Raphaelle
« Je suis étudiante, j'ai un cerveau en état normal de fonctionnement »
Ce qui ne signifie pas forcément que le cerveau en question soit capable de faire preuve de discernement, de développer une pensée personnelle, ou encore d’être vigilant à toute entreprise de manipulation.
@Tom Roud
"Personnellement, compte-tenu de l'incertitude actuelle en France et de l'atmosphère complètement défaitiste et délétère qui y règne, je me demande si ce n'est pas une meilleure idée de chercher un job aux US en attendant que cela se décante en France"
Déjà vu, il y a eu sous Raffarin un « mouvement » où les chercheurs menaçaient de s’exiler aux US. Et moi qui croyais que là-bas régnait l’ultralibéralisme le plus infâme de la planète, un repoussoir absolu. A priori et vous (re) lisant, ce ne serait donc pas le cas et ce pays pourrait donc constituer un exil salutaire du point de vue professionnel. Scoop !
Question : avant la période actuelle, « à l’atmosphère défaitiste et délétère », vous sentiez-vous bien dans votre job et votre institution ? Est-ce à dire que cela aurait pu continuer si ce gouvernement (ou un autre) n’avait touché à rien ?
Rédigé par : matéo | 12 novembre 2007 à 18:25
A matéo, donc :
Vous la dites d’ailleurs fort bien cette facilité, ce systématisme, cette compulsion à la répétition : « Et nous n’avions pas attendu d’avoir ta parole divine pour savoir si on allait manifester ou non. Allègre, Fillon, Villepin, Pécresse. Une de plus ? » Une de moins ».
>> Ce "Une de plus ? Une de moins." n'avait aucunement comme but d'appuyer le caractère répétitif, voire rébarbatif de la chose. Il souhaitait juste montrer que ce que vous donnez (pas vous forcément) comme "Une de plus.", pour moi c'est simplement "Une de moins"... Ou une qui ne passera pas. Ce qui est le fond de cette grève, finalement.
----------------
On ne vous en demande pas tant. Etudiez, essayez de participer à la réforme de votre institution à bout de souffle, dont tout concourt à prouver qu’elle n’est pas adaptée ni aux besoins du pays, ni aux aspirations des étudiants, et laissez la révolution aux pseudos étudiants désœuvrés qui font leur apprentissages « révolutionnaire » en jouant les entraîneurs de foule, les leaders éclairés, les consciences qui veillent.
>> Vous, sans doute, et pourtant le tryptique ouvriers/étudiants/marginaux en a laissé rêver plus d'un. Etudier ? Depuis sept ans, je vous remercie. De toutes les grèves. Dilettante ? Deux concours, un master à la clé. Les "apprentissages révolutionnaires" ne sont pas un passage de l'adolescence comme vous semblez le croire. Cette mesure qu'on apprend en vieillissant, si ça n'était finalement qu'un rangement/conditionnement/abandon ? La sagesse n'est pas la recherche du compromis... Ou nous n'aurions ni Sartre, ni Bourdieu, ni Ellul, ni Baudrillard. Le compromis n'est qu'une voie au milieu des radicalités. Et c'est le rôle du politique, de tracer cette voie. Sauf que si des idées fortes et radicales de droite s'opposent (comme en ce moment) à des idées de gauche molles et en recherche du compromis elles-même, ça coince. En tous cas il me semble... Et pourtant je ne suis pas le révolutionnaire type que vous semblez abhorrer.
----------------
Ou plus simplement, ceux qui n’ont pas les moyens de différer leurs études, d’allonger leurs cursus, celles et ceux qui veulent privilégier l’étude et l’obtention de leur diplôme, plutôt que de se prendre pour les porte-drapeaux de la « révolution », ceux qui veulent avancer et passer rapidement à autre chose, celles et ceux qui n’ont pas les facilités de certains perfusés par leurs parents à qui x mois sans cours ne posent aucun problème, et qui peuvent tous les matins se prendre pour Léon Trotsky.
>> Léon Trotsky, l'inventeur du goulag ? Merci de la comparaison... Passons les poncifs (et passez-moi le cif), je ne retrouve personne comme vous les décrivez. Décridibiliser les étudiants, passe encore, les insulter je vois mal l'intérêt. Après combien d'années d'étude peut-on se permettre de sécher des mois entiers ? Les mouvements sociaux étudiants tels qu'ils apparaissent ne reflètent pas l'oisiveté, mais la peur d'avenir des étudiants. Et à la tête de ces mouvements, on retrouve souvent des syndicats, et des étudiants quasi modèles qui ont fait leur parcours. Pas des fils-à-papa avec keffieh autour du cou, puisque c'est l'image que vous semblez avoir.
-----------------
Mis à part le caractère « ancien combattant » de la question, pas plus vous, que Versac, n’êtes plus anciens que le droit de grève. Il vous a, il nous a précédé, même si le concept étendu à la communauté étudiante a quelque chose de surréaliste. Vous n’allez quand même pas nous expliquer qu’on vous devrait quelque chose sur le droit de grève, ami Toy:n
>> Déshumanisation, déconnexion de la temporalité. Joli. Non, on ne me doit rien pour le droit de grève. A moi individuellement, non. Aux étudiants, aux ouvriers qui vont malgré tout dans la rue, si. "Le droit de grève ne s'use que si on ne l'utilise pas", parait-il... Comme la liberté. En ça, la tradition dure et perdure. Et c'est déjà sauver quelque chose.
---------------------
Et jusqu’alors, vous étiez où ? A la plage ? En tous cas pas à la BU, ni en train de bosser.
>> Arf... C'est une attaque personnelle qui révèle bien notre niveau de débat. A la BU, sans doute. Au boulot, probablement. Il est de ces métiers où on travaille toujours plus, sans gagner mieux. Et le quotidien d'un étudiant, c'est rarement la plage (surtout à Grenoble...), mais plutôt les stages payés au lance-pierre, etc. C'est pour notre bien, n'est-ce pas ?
Rédigé par : toy:n | 12 novembre 2007 à 19:18
@toy:n
C'est sûr, Julliard a plutôt l'air d'un fils à maman qu'un fils à papa... on voit même qu'il a dû cruellement manquer d'une présence paternelle digne de ce nom. Quant aux jeunes crétins qui se font leurs AG à main levée, à votre place je m'en désolidariserais rapidement, tant l'image qu'ils renvoient est pathétique.
Encore une fois, si vous êtes si mal à Grenoble, qu'attendez-vous pour partir ? Il serait temps de s'apercevoir que le monde ne se résume pas à la France et qu'il est même loin de lui tourner autour !!
Auriez-vous donc la prétention de rester et de vous sacrifier, d'agir pour sauver vos pairs aveugles et cons devant les ravages d'un capitalisme sournois qui condamne les étudiants, surtout les meilleurs ( !! c'est nouveau ), au stage payé au lance-pierre ?
C'est bien, on vous remerciera plus tard d'être entré dans la résistance...mais voyez-vous, votre ennemi c'est vous-même et vous avez en plus une fâcheuse tendance à essayer d'exporter vos problèmes personnels à tout un pan de la population qui s'en contrefout. Par exemple les millions de personnes qui demain seront bien embêtées pour aller travailler ( vous savez, pour payer leurs impôts, vous savez, pour payer une partie de vos études interminables ), prises en otage par des abrutis d'étudiants bloqueurs de gares, relayés par d'autres abrutis qui n'ont jamais trouvé d'autre moyen de s'exprimer que d'emmerder les autres. Je vous confirme donc que votre droit de grève est usé jusqu'à la moelle, tout comme vos manifs d'étudiants complètement "has been".
Un conseil, toy:n, trouvez-vous d'autres combats...
Rédigé par : JF | 12 novembre 2007 à 22:08
Uen fois de plus, l'argument principal contre une réforme est "qu'elle n'est pas la réforme parfaite pour laquelle chacun a sa vision", mais pour laquelle personne n'a jamais la même.
Et si pour une fois on se disait que laisser faire cette réforme, même si elle est imparfaite, sera tout simplement le moyen de montrer que les réformes sont possibles et donc qu'on pourra ensuite passer aux autres qui seront de mieux en mieux (en gros, faire comme tous les pays occidentaux qui ont réussi a sortir la tête de l'eau, et qui vont avoir besoin de respirer vu que les chinois arrivent pour nous remettre la tête sous l'esau).
Rédigé par : Daniel | 13 novembre 2007 à 19:15