Je participais tout à l'heure à l'émission "du grain à moudre", de Brice Couturier et Tara Schlegel, dont le thème était "la relève générationnelle", thème initié autour du livre de Stéphane Fouks sur les nouvelles élites (que, pour être honnête, je n'ai pas lu, juste feuilleté - il fait partie de ces livres qui sont dans le murissoir).
On a finalement, avec Benoit Hamon (qu'on ne présente plus), Philippe Meunier (qui n'a cessé de clamer qu'il était ordo-libéral, ce que je ne comprends toujours pas - j'ai surtout vu en lui un conservateur habituel : non aux traités européens, très réactif sur l'immigration, goût affirmé pour l'ordre, anti-communisme marqué), et François Taillandier, beaucoup dérivé autour du sujet, au gré des digressions des politiques invités.
C'est dommage, le sujet est fort. J'ai tenté de rester, autant que faire se peut, dedans, et dans "mon rôle", qui était ici double : le "jeune" de la bande, et celui qui émerge à travers internet.
Les thèmes que j'aurais développés auraient été les suivantes (en mode prise de notes) :
1 - il y a un fait générationnel.
Clairement, je sens une appartenance de génération avec des personnes qui, comme moi, sont des post-post-soixante-huitards. Meunier et Hamon, ils sont presque déjà de la génération du dessus. Qu'est-ce qui peut structurer celà ? Une foule de choses :
- j'ai commencé ma vie professionnelle avec internet.
- j'ai voté pour la première fois une fois que le mur de Berlin était tombé
- la mondialisation, la forte préoccupation environnementale, le chômage de masse étaient des sujets majeurs quand j'ai été en âge de faire des choix politiques.
Bref, pour faire simple, je crois à une effet de génération qui arrive avec les nouvelles technologies, qui changent profondément les pratiques sociales. Et je crois être (à 32 ans) un des plus vieux d'une génération montante, dont le rapport à la réalité et à autrui sera totalement différent de ceux des générations précédentes. La sociabilité, ce qui fait sens, la transmission, la constitution du corps social, pour faire simple, ces éléments sont, pour la génération qui est née téléphone portable, msn et skyblog en main, totalement différente des précédentes.
2 - Qu'est-ce qui change ?
Derrière la notion de "fait générationnel", il y a la question, inévitable, des élites politiques. Ce qui change, chez les 20-30aires que je fréquente et qui font de la politique, c'est ce profond renouvellement du rappoort à l'organisation, ce refus extrèmement marqué d'entrer (pour une majorité - il y a tujours des inspecteurs des finances et des corps des mines, qui jouent le jeu) dans la logique de carrière fixe, organisée, dans la hiérarchie hyper pyramidale. Au contraire priment les notions de réseaux, d'interconnexion, d'ouverture, d'autonomie de l'individu.
Les mécanismes qui créent l'autorité évoluent. Des talents émergent grâce au net, les réseaux sont à la fois plus mobiles, plus visibles, plus simples à concrétiser. les choses vont plus vite : on monte une action militante qui peut avoir un coût d'éclat en quelques clics, on peut devenir un roi de désirs d'avenir très rapidement, Aziz Ridouan est un gamin, et il a joué un grand rôle dans la campagne de S. Royal (et anime aujourd'hui un portail intellectuelo-culturel de haute volée, rempli de mandarins comme de petits jeunes qui montent), de même que Quiterie Delmas a été la porte parole officieuse de Bayrou sur le net.
Bref, foin de contraintes. Réallaocation d'autorité. Remise en cause des mécanismes traditionnels d'attribution du pouvoir et de l'autorité. Je pense que nous sommes en train de vivre un micro mai 68 latent, qui se fait, comme le disait bien Brice Couturier en début d'émission, en réaction par rapport à la génération précédente.
Le renouvellement est donc sans doute plus dans les modes d'échange, les interactions, que véritablement sur le fond idéologique qui nourrit cette génération là, ou son supposé pragmatisme.
NKM me semble d'ailleurs assez emblématique de ce fait générationnel : si elle a grimpé ainsi, c'est sur la foi de la connaissance d'un sujet qui est celui de sa génération, l'environnement, dans un parti qui a eu du mal à s'en saisir. Elle est un reflet idéal de ce mouvement.
Internet et environnement, deux clefs, deux sujets générationnels. Nous avons trente ans, et sommes nés, professionnellement, avec l'un ou l'autre, souvent les deux, dans la main ou pesant sur notre tête.
Et ce n'est pas valable que pour la politique, qui a encore du mal à faire émerger des trentenaires. Pensez affaires, et voyez les nouveaux venus de l'internet business, ou même du fameux greenbusiness. Voyez comme les sites et blogs qui rélféchissent à l'avenir de la gauche ou animent la vie intellectuelle en ligne sont plus intéressants quand ils sont tenus par des trentenaires...
3 - Fin des anciens ?
Cette génération qui monte, celle de trentenaires, se coltine la volonté d'en être effectivement de ceux qui sont juste au dessus. Les quadras et quinquas, qui, en France, se sont sans doute trop longtemps maintenus au pouvoir. J'en parlais récemment, en réaction à un article de Louis Chauvel, cité dans l'émission. Faut-il sacrifier une génération en politique ? Aujourd'hui, il y a à l'assemblée moitié moins de trentenaires qu'en 1981, et huit fois moins de quadragénaires ! Ne les tuons pas sous prétexte que les quinquas n'ont pas eu leur chance !
Il est un paradoxe, en effet, qu'à l'heure où l'on est de plus en plus en forme de plus en plus vieux, se ressente le besoin d'un changement de génération. Philippe Meunier critiquait le jeunisme. Je crois en revanche qu'il est nécessaire, sans faire de jeunisme, de faire une place large à une génération qui vit avec en elle-même les données de base de notre monde : globalisation, enjeu environnemental, nouvelles facilités de communication. Sans pour autant oulier l'histoire, ou "virer les anciens", l'intégration d'une génération montante semble essentielle. On oublie vite que, dans les années soixante-dix, l'assemblée était beaucoup plus jeune qu'aujourd'hui.
Et les résistances sont nombreuses. Un fait de notre génération, c'est aussi que nous avons toujours vu PPDA présenter le vingt heures et BHL à la télé (et Jean-François Kahn, ou Alain Duhamel, aussi). Ils sont toujours là, ils font partie des meubles que, sans doute, nous avons envie de placer dans le passé. Et que nous ne voulons pas remplacer par leurs successeurs, clonés sur leur modèle médiatique.
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Foin de jeunisme, ce n'est pas tant le sujet. Quelque chose se passe. Les quinze ou vingt dernières années ont été des moments de grande conservation et maintien d'élites installées. Une génération s'en va, il serait temps, non de simplement laisser la place à la suivante, déjo souvent vieille, mais de s'ouvrir à celle d'après. Un peu comme au début des années soixante-dix...

"NKM me semble d'ailleurs assez emblématique de ce fait générationnel : si elle a grimpé ainsi, c'est sur la foi de la connaissance d'un sujet qui est celui de sa génération, l'environnement, dans un parti qui a eu du mal à s'en saisir. Elle est un reflet idéal de ce mouvement."
Polytechnique, l'hérédité, et un environnement familial la dispensant de devoir gagner sa vie ont également certainement un peu aidé.
Rédigé par : Gus | 21 novembre 2007 à 20:10
Gus : certes, certes, la compétence n'est un critère déterminant, et je ne dis pas que la nouvelle génération fait fi des héritages historiques et des anciens modes de sélection.
Mais NKM aurait mis, si elle était dix ans plus âgée, dix ans de plus arriver à son niveau, au moins.
Rédigé par : versac | 21 novembre 2007 à 20:30
L'histoire s'accélère et la France ralentit. La Libération et Mai 68 restent les éléments fondateurs. Depuis, plus rien. La fin du communisme, Internet, les questions écologiques, la mondialisation ne sont pas des événements ni des idées françaises. Elles ont subies et non acceptées. Tant que la France aura une attitude défensive par rapport à ces phénomènes, ce seront en effet les vieilles générations qui auront le pouvoir.
On ne fonctionne que par rupture, et il est grand temps de sauter une génération.
C'est un cinquantenaire qui vous l'écrit.
Rédigé par : René | 21 novembre 2007 à 20:46
As-tu prévu un télé-achat prochainement ?
Rédigé par : sk†ns | 21 novembre 2007 à 21:18
etant donné que la france vieillit, donc que les electeurs sont de plus en plus vieux, c est pas demain la veille que les trentenaires auront le pouvoir ...
Enfin en ce qui concerne la politique.
Au niveau economique ca pourrait etre different meme si il serait souhaitable que la France cesse de priviligier la rente de situation (avec des decisions de type baisse des droit de succession, monopole des pharmaciens/taxi/notaire).
Rédigé par : cdg | 21 novembre 2007 à 21:27
Des quadras ? au pouvoir ? Vous pensez à qui, par exemple ?
à vue de nez comme ça le creux générationnel est plutôt entre les quinquas et les trentenaires qu'au niveau des trentenaires.
Rédigé par : Gus | 21 novembre 2007 à 21:59
Amusant de voir comment la vieillesse est considérée ici. Senior, prends garde-à-toi !
Ok, je comprends bien l'idée déjà moult fois traitée dans les blogs et les médias friands de ce genre de marronnier ; les trentenaires cassent le moule, vont changer le monde, etc.
Ca me pose problème : je sens poindre, ici et là, chez certains trentenaires un soupçon d'arrogance envers les générations d'avant, surtout les "quadras" - dont je suis au passage - et les "quinqua".
Cela non seulement me donne l'impression de vivre dans une grande cour de récré (à l'envers en l'occurrence, les "petits" jouant les grandes gueules) avec ce que cela peut supposé de cloisonné et de borné ; mais encore - plus gravement - cela m'interpelle quant à la façon dont cette société façonne ses propres modes d'exclusion en se construisant "contre" et non dans un "avec" sans a priori.
Or, quand on parle de développement durable (dont l'environnement n'est qu'un volet) on doit aussi s'inspirer de l'intérêt de la transmission inter-générationnelle (par exemple celle des sociétés traditionnelles ?) plutôt que des modèles consuméristes néo soixante huitards (non ce n'est pas un contresens).
En résumé, il vaut mieux à mon sens se préparer intellectuellement à travailler avec un type intéressant de 60 ans, qu'avec un con de sa génération. Et vice-versa bien sûr. Et sous réserve évidemment de la tâche à accomplir ensemble : non, je ne demanderais pas à un sexagénaire de m'expliquer World Of Warcraft.
Rédigé par : laurent | 21 novembre 2007 à 22:03
Vieux contre jeunes...?
La lutte des générations. Franchement, je n'y crois pas. Y a pas mal de jeunes déjà bien vieux... Très conformistes, bien formatés à la sauce TF1, tous prêts à travailler plus pour gagner plus.
Je ne crois pas non plus que la supposée ouverture des djeun'z aux nouvelles technologies révolutionnera la société... : ça revient tous les dix ans.
Rédigé par : pas perdus | 21 novembre 2007 à 22:24
Reste que si les trentenaires d'aujourd'hui sont juste les enfants des sexagénaires à peine chassés du pouvoir, formés par eux, éduqués et préparés par eux, peut-on parler d'une relève ?
Rédigé par : Gus | 21 novembre 2007 à 22:38
@laurent
place aux jeunes
vous seriez surpris par la compétence de certains en nouvelles techno.
@versac
44% de maires ne souhaitent pas renouveller leur mandat en 2008, à vous.
Rédigé par : maria | 21 novembre 2007 à 23:09
Vous dîtes: "Je crois en revanche qu'il est nécessaire, sans faire de jeunisme, ..." mais on voit bien que vous y cédez un peu quand même. Il est toujours plus simple de penser que ceux qu'on connaît, qu'on cotoîe, qui nous sont proches, sont plus intéressants que ceux d'en dessous ou d'au dessus, d'à-côté, ou d'un peu plus loin.
On oublie souvent que le critère fondamental est (devrait être) celui de la pertinence: on peut être vieux et dire des choses passionnantes et être jeune et totalement creux. Le problème n'est pas l'âge de BHL ou de PPDA mais leur discours.
La dimension pour laquelle l'âge peut être un facteur clivant, et là je vous rejoins, est la plus grande sensibilité à certains thèmes (technologies, environnement..). Mais au fond c'est logique car ces thèmes structurent l'avenir à moyen et long terme, et donc intéressent plus ceux pour lesquels ils auront beaucoup de répercussions. Pour quelque'un de 90 ans le réchauffement climatique sera moins critique...
Cordialement,
signé: un plus tout à fait jeune, mais pas encore vieux
Rédigé par : Observateur | 21 novembre 2007 à 23:24
Ouaiiiis, je t'ai entendu à la radio, verZac !!! :-) Ta douce voix m'a tenu compagnie sur la route entre Tréguier et Paimpol ! (Quel naze, ce journaliste, de ne pas savoir qu'un S entre unz consonne et une voyelle se prononce ssss et pas zzzz !!! Benoit Hamon le sait, lui !)
Rédigé par : XIII | 22 novembre 2007 à 00:19
Jeune étudiant, je peux tout à fait modérer des propos qui par ailleurs me réjouissent. Oui, à Sciences-Po, un élève sur deux à trente ans dans sa tête et a déjà élaboré son plan de carrière, ce sera Affaires Publiques, et puis l'ENA et pas autre chose.
C'est souvent triste, d'autant que ces gens oublient le contact et la richesse de leur génération, internet compris. Et c'est d'autant plus dommage qu'ils seront "l'élite de demain".
Cela dit, il serait réducteur de s'en tenir à eux et si je suis né avec les skyblogs, Arcade Fire et Versac, je vais bien parvenir à en faire mon "miel".
Rédigé par : Jean | 22 novembre 2007 à 03:11
Les pratiques sont tellement différentes, comme tu le dis très bien, que les 2 générations sont très éloignées l'une de l'autre et se comprennent très très mal. Les quinquas comprennent mal cette génération internet, car ils ne comprennent pas ce renouvellement dans la forme, qui est très loin de leur pratique.
Après les quotas de femmes, faudra-t-il instaurer des quotas de jeunes ? Pas si idiot dans une société qui est appelé à énormément vieillir (attention, y'a aussi des jeunes qui restent dans le moule et qui gardent une vision de l'autorité et des relations verticales à l'ancienne : écart culturel ?).
Rédigé par : Hubert Guillaud | 22 novembre 2007 à 09:51
Maria, ce n'est pas mon propos. Vous avez lu trop vite la dernière phrase de mon commentaire.
Rédigé par : laurent | 22 novembre 2007 à 10:04
Je ne sais s'il faut parler de génération car le problème n'est pas forcément l'âge des capitaines mais plutôt leur façon de rester à la barre pendant des décennies.
C'est pour cela que je souhaite qu'une différence soit faite entre rajeunissement et renouvellement.
Le rajeunissement est un autre mot pour l'ambition de jeunes gens qui disent aux plus anciens de dégager avec pour seule raison l'âge.
Je trouve cet argument très limité et empreint de mauvaise foi.
Il faut toujours rappeler comme le fait Michel Charasse (qui ne dit pas tjrs des conneries) que Clemenceau est devenu chef du Gouvernement à l'âge de 76 ans ! En l'espèce la question était le renouvellement des cadres pour pouvoir gagner la guerre et peu importait l'âge.
Dans mon métier je rencontre des élus locaux (anciens) qui me disent souvent que les élus jeunes qui siègent à leur coté ne leur apporte rien de plus parce qu'ils sont jeunes.
Pour en finir je veux prendre l'exemple du 5ème arrondissement de Paris. Jean Tibéri, âgé de 72 ans est maire de cet arrondissement depuis 30 ans. Alors selon vous quel est le problème ? Est-ce son âge ou bien le fait qu'il soit en place depuis que le 5è existe ?
En conclusion et pour reprendre mon propos du début, le problème n'est pas tant l'âge que l'absence de renouvellement du personnel politique. Mais ce n'est que mon humble avis.
Rédigé par : Assistant parlementaire | 22 novembre 2007 à 10:45
« Il y a 30 ans », Versac, un garçon comme toi se serait lancé (ou relancé, dans ton cas) dans la politique.
Aujourd'hui, un garçon comme toi propose des analyses sur blog…
Rédigé par : sk†ns | 22 novembre 2007 à 11:35
Extrait www.intox2007
Suppression du statut du salarié
Et voilà enfin l'apparition du faux statut de travailleur indépendant! Pour certains salariés, « reconnus comme prestataires de services établis dans un Etat membre de la Communauté européenne ou dans un autre Etat partie à l'accord sur l’Espace économique européen où ils fournissent habituellement des services analogues et qui viennent exercer leur activité en France, par la voie de la prestation de services, à titre temporaire et indépendant » et pour qui « la présomption de salariat ne s’applique pas »; pour ceux-là donc, il suffira qu’ils se présentent comme indépendants, « prestataires de services » et ils ne seront plus considérés comme salariés
Rédigé par : David 15 | 22 novembre 2007 à 11:46
Wouah!comme vous y allez ,Versac ! J'ai transmis votre billet à mes copines sexa qui me submergent de clips psychédéliques ,à mes quadras préférés et à mes ados chéris qui bombardent leur Mammy de msg de tous les endroits de la planète où ils aterrissent .Je me vois déjà transformée en croquettes pour chats comme dans le merveilleux film de R.Fleisher où le non moins merveilleux E.G.Robinson se faisait euthanasier sur l'air de la 6ème symphonie .
Trêve de plaisanterie .Votre billet se tient très bien ,d'ailleurs ,ils se tiennent de mieux en mieux (signe de maturité ?)mais ,il est un peu raciste et discriminatoire même si vous vous en défendez dans votre dernier $ .Vous êtes de la génération qui a su faire émerger le net dans la vie politique ,mais vous n'avez fait que cueillir le fruit mur que vous avaient préparé quinquas et sexas.
Le net peut être au contraire un puissant LIEN intergénérationnel ,j'en ai pour petite preuve le mail que je viens de recevoir d'une de mes petites filles qui étudie au Costa Rica .
Je vois que les USA démarrent leur campagne électorale et je sais qu'ils ont planché sur le web français ,donc sur vous ,mais le résultat ,à ce que j'ai pu voir fait très paparazzi .
Rédigé par : MINERVE | 22 novembre 2007 à 12:00
Et si, plutôt que la société doit dirigée par quelques "élites" (souvent auto-proclamées), et si la société était dirigée par... elle-même ?
Et si on essayait la démocratie, pour voir ?
Rédigé par : davidi | 22 novembre 2007 à 13:33
"Et ce n'est pas valable que pour la politique, qui a encore du mal à faire émerger des trentenaires. Pensez affaires, et voyez les nouveaux venus de l'internet business, ou même du fameux greenbusiness. Voyez comme les sites et blogs qui rélféchissent à l'avenir de la gauche ou animent la vie intellectuelle en ligne sont plus intéressants quand ils sont tenus par des trentenaires..."
tu as raison mais en politique c'est le plus dur pour un trentenaire homme: c'est toi qui subis la parité, la discrimination positive au moment des désignations, les vieux notables conservant leurs places par contre.
Rédigé par : socdem/lyonnitudes/romain | 22 novembre 2007 à 13:43
Même si le sujet de l'émission à l'air très intéressant.
Sur la lecture du billet, je ne crois pas qu'il existe de règles affirmées sur les générations et leurs rôles.
Si par exemple, on tombait dans une génération facebookienne, ce serait peut être autant préjudiciable à sa liberté et son autonomie que le brave TF1 d'antan.
Ce que je note surtout c'est que les appétits de pouvoir et de reconnaissance individuels sont les mêmes, qu'une société ne peut les sataisfaire en bloc (pas même le naïf concept de démocratie émergente) et que quelques personnes dans chaque génération tire son épingle du jeu.
Comme toujours, le talent, l'envie ajoutée à une forte dose de chance prévaudra dans certains cas (votre exemple et celui du pilote de désirs d'avenir).
Mais bon, les dispositions sociales semblent l'emporter plus qu'avant, notamment dans les statistiques d'accès à des écoles comme Polytechnique, qui ont sensiblement évolué d'une grosse minorité de fils d'ouvriers dans les années 70 a une majorité de fils de professeurs (evidemment, connaissance précise des filières cachées d'une carte scolaire vieillotte, repérage avancé des paramètres de réussite dans une France, elle aussi figée...)
Et si l'on écarte les bras vers le monde, la volonté actuelle francaise de faire fi de l'existence d'une compétition mondiale accrue notamment par l'émergence des réseaux d'information. Le "débat générationnel" prend dès lors une toute autre allure et devient diablement franco-français.
Et ce n'est pas de la faute à l'âge, des personnes comme Michel Serres, et bien d'autres (et dans tous les âges) sont au moins aussi ouvertes (et comprennent parfois mieux ce qui se passe) sur Internet : un peu d'humilité dans ce genre de débat par une plus pragmatique approche de la complexité de la société réelle, ne nuit jamais.
Rédigé par : thierryl | 22 novembre 2007 à 15:16
OK pour le fait générationnel et la fierté d’appartenance à une génération post- post- soixante-huitardes.
Le « post- post » montre bien d’ailleurs le positionnement différent de celui du post-soixante-huitard et ça, c’est plutôt sympathique !
En plus cela fait furieusement penser aux paroles du « boulevard du temps qui passe » d’un célèbre pré soixante-huitard . Que ceux qui « descendent jeunes et fier ce boulevard en scandant leur ça ira, flanquent un peu les credo , tabous et dieux , cul par-dessus tête des gâteux et des avachis » quoi de plus normal ? C’est l’éternelle querelle des anciens et des modernes et si la génération des post-soixante-huitard n’a pas fait ce boulot , c’est dans l’ordre des choses que la suivante se décide enfin !
S’agissant des nouvelles technologies qui changent profondément les pratiques sociales, je suis là aussi d’accord : La révolution internet change le monde. Vous me permettrez cependant d’ajouter un bémol concernant la monopolisation de ce phénomène par la génération des 20-30 ans. En effet si ces nouvelles technologies ont été plébiscitées par les modernes, elles l’ont aussi été par un très grand nombre d’anciens ; la fracture numérique est plus une fracture de « classe » qu’une fracture de génération .
Concernant l’autorité attention à ne pas faire de la virtualité une réalité :
Il aurait peut être fallu Internet et le mobile pour que la révolution de 68 dézingue pour de bon ce monde sclérosé fait d’autoritarisme, de respect des conventions et de religiosité qu’était la France sous De Gaulle. Aujourd’hui, bien que ces chaînons manquants à l’époque existent nous assistons plutôt à un retour de la censure, du nationalisme et du fait religieux ; les élites se reproduisent comme jamais entre elles ; à la culture se substitue la dictature show-biz.
Le refus de l’organisation pyramidale n’est pas neuf quand il atteindra sa masse critique les choses évolueront enfin. Mais pour cela il faudra supprimer les castes et les corps , réformer ou supprimer les grandes écoles, revoir la transmission héréditaire des entreprises, rendre les médias plus indépendants. Le chantier est immense et ce n’est pas qu’une question d’outils. Sur le plan politique ce n’est pas d’un leader virtuel, aussi talentueux soit il, qu’a besoin la gauche pour se renouveler mais d’un combattant pragmatique et « décomplexé », sur de lui et de ses idées appuyé sur un réseau bien réel. Jamais les techniques ne remplaceront la volonté politique et ce serait heureux que cette génération montante ne se réfugie pas dans l’utilisation de nouveaux outils aussi merveilleux soit-ils !
Alors oui, place aux trentenaires, mais à condition qu’ils soient bien conscients qu’ils doivent faire preuve d’un courage et d’une force autrement plus importants que ceux qui se concrétisent par « un micro mai 68 latent » pour renverser la table .
Rédigé par : sumac | 22 novembre 2007 à 15:32
Vous voulez des places ? Prenez-les. Mais attention plus que 8 ans pour en profiter. Il y a déjà derrière vous un autre type prêt à vous traiter de has been et à réclamer la relève. C'est court 8 ans.
Rédigé par : mrk | 22 novembre 2007 à 15:37
Arf ! Voilà la belle histoire des anciens et des modernes qui revient !
Dire que quand nous étions jeunes, nous disions exactement le même chose, avec en plus beaucoup moins de moyens, nettement moins, et une société encore plus pyramidale et bloquée qu'elle ne l'est aujourd'hui !
Ca c'est notre révolution à nous les quinquats d'aujourd'hui, que d'avoir réussi le tour de force de "débloquer le système" sans en avoir l'air pour laisser de l'aire à la jeunesse qui nous suit !
Magnifique !
Les soxanthuitards avaient donné un coup de pied dans la fourmillière et nous avions découvert la "faillite" de cette façon de faire : ils ont tous été avalés par le "système", pour tirer la couverture à eux et saborder les piliers de la vraie liberté sociale.
Nous, nous avons été casser le mur de Berlin à coups de marteau et de burin (et Dieu qu'il faisait froid ce 31 décembre là et que ce béton là était dur ! Et puis retour vers l'ouest après une nuit dans un parking faute de place dans les hôtels).
Puis nous avons viré les conservateurs de la "gauche caviar" (bon pour mettre le "Chi" qui sera peut-être le dernier des dictateurs à lui faire bouffer de la cohabitation jusqu'à l'écoeurement ! Peut-être, parce qu'avec Sarko, il faut rester extrêmement vigilant)
La place est nette pour nos successeurs : mais qu'ils ne se la pètent pas trop ! On restera silencieux mais actifs à leur éviter de tomber dans les pièges qui nous aurons pourri la vie et nos rêves.
Bref, présent et vigilant à les épauler : c'est un passage de témoin le plus habile possible !
Fallait juste y croire pour y parvenir.
J'adore !
Rédigé par : Infreequentable | 22 novembre 2007 à 17:42
C'est bien malheureux mais Versac a sans doute raison.Il y a quelque chose qui est passé entre les sexagenaires et les nouvelles generations:les TIC et la mondialisation.
Il suffit de voir la réaction de beaucoup de personne relativement agé et vivant en province lorsqu'il vont dans le metro parisiens.La plupart revienne en te disant qu'ils avaient l'impression de ne plus être en France.Les plus jeune ne le remarque même pas.
Pour Internet, il y a beaucoup d'exception mais dans l'ensemble je ne crois pas qu'on puisse dire que cette generation soit très "adaptable".
Face à Internet, les anciennes generations sont largués par rapport au apprentie geek qui maîtrise bien mieux qu'eux des outils dont l'importance ne fait qu'augmenter.
Au debut on pense que c'est exageré quandles anglo parlent de "computer illiterate".Lorsque les medias ont parlés des "attaques"(le terme est assez impropre) informatique en Lituanie,en Allemagne , au USA.J'ai constaté au près de ma "population test" (famille et amis) que ça leur passait très au-dessus là tête.L'illetrisme informatique ça existe.Ghz, la RAM, l'OS ou que sais-je encore, autant d'information de base qui sont parfaitement obscure pour une bonne partie des sexagenaires(faudrait sans doute des etudes statistiques là-dessus).
Ce n'est pas du jeunisme.C'est la constation que les anciens(senior ou tout ce que vous voulez) qui ne maîtrise pas ces nouvelles technologies(un bon nombre les maîtrise faut pas exagerer) ne sont pas très bien equipé pour le XXIeme siècle.
Rédigé par : Antipatros | 22 novembre 2007 à 18:52
Il ne faut pas éxagérer sur l'illetrisme informatique.
La couverture de connaissances qu'exige l'Internet et le monde de l'informatique aujourd'hui est tellement vaste que n'importe quel spécialiste est l'illettré d'un autre.
Je connais beaucoup de "jeunes" qui possèdent quelques bases sur l'informatique et Internet en général. Les mieux renseignés en effet connaissent quelques trucs et (grâce aux efforts des développeurs) savent installer un blog ou un forum en ligne, trafiquer un lien dans le code, mais posez leur la question de savoir comment et pourquoi, à leur avis, Google est capable de servir les requêtes de millions de personnes en simultané avec un temps de réponse du dixième de seconde... et je crois que vous aurez touché le fond de leur culture et de leur compréhension.
Ou alors mettez vous au niveau de n'importe quel manager informatique (30 à 50 ans) français et demandez lui les obligations ou avantages des différents types de licence suivant les applications ou documents produits et vous serez aussi surpris du résultat.
L'entrée dans l'age digital va bien évidemment créer des milliers de métiers différents et autant de niches conceptuelles, connaissances auxquelles aucune formation de base en informatique ne pourra suppléer.
De plus, l'attitude exigeante en informatique est plus souvent de se poser la question pourquoi un utilisateur lambda ne comprends pas l'application plutôt que de l'accabler et de lui demander de faire un effort à chaque pas. Qui est au service de qui ?
Rédigé par : thierryl | 22 novembre 2007 à 20:59
j'ai 56 ans
ce qui me permet aujourd'hui de comprendre où je suis, ce qui se passe autour de moi, ce qui me permet de rentrer dans votre blog ...
C'est, sans amphase,cette conscience politique, ou plus simplement l'appartenance à une citoyennete, une vigilance , une curiosite, un sens critique
qui me furent données en regardant DeGaulle en noir et blanc à la téle, en me disputant avec mon pere , ouvrier, sur des questions politiques
en ne rien comprenant à Mai 68
en voyant tout se déliter à partir du premier choc petrolier
Point de passéisme mais ce passé m'aide à comprendre et je doute que ma fille, 27 ans, brillante , comprenne vraiment
mon pere ,inculte ,avait plus reussi qu moi sur ce coup
pourtant il faut que définitivement ceux qui se souviennent de DeGaulle, de mai 68, du premier choc petrolier disparaissent dans l'histoire et vous laisse votre place, surtout les cacochymes vestigeant au pouvoir!
Sarkosy, modernisme revendiqué, a tout de meme gagné par cet ancrage Gaullien...on a meme deterre Jaures!
l'histoire nous porte, elle ne doit pas faire le boulot
et trop de monuments historiques s'agitent encore
il est interessant et essentiel de puiser dans les generations de son clan familial, sur la place il faut avancer
Rédigé par : PARKER | 23 novembre 2007 à 04:26
Tout à fait ok sur ce prisme générationnel qui impose des changements fondamentaux de grille de lecture.
La mondialisation et les TIC oui, mais ça va aussi de pair avec le développement de l'individualisme qui soi-disant détruit la société alors que j'ai plutôt l'impression qu'au contraire on s'en sert comme d'un tremplin pour réinventer la politique et renouveller la façon dont on s'engage. Sur ce sujet je trouve interessante et à contre-courant l'analyse de la sociologue Gwenaelle Gault dans son dernier bouquin (qui s'intitule justement Pour en finir avec la politique à papa) et synthétise pas mal de ce qui caractérise la relève dont tu aprles Versac tout en se payant de manière assez constructive la génération 68.
Rédigé par : SaratOl | 23 novembre 2007 à 15:28
SaratOl : oui, le livre est bon et intéressant, sur ce sujet.
PARKER : où ai-je dit qu'il fallait chasser les vieux ? La question est celle d'une moindre accession, depuis vingt ans, des jeunes au pouvoir. JE ne fais du jeunisme, "chassez ces vieux débiles", mais exprime l'intérêt d'un renouvellement, et pose la question d'une compréhension du monde par des personnes pour qui les sujets environnementaux, de la globalisation et de la rutpure de la connaissance induite par l'internet sont tout à fait étrangères.
thierryl : que pasa ? Pourquoi pas d'insultes sur mon prisme antisarkozyste caché ? Vous n'avez pas saisi la diatribe antisarko qui sous-tend ce billet ?
Rédigé par : versac | 23 novembre 2007 à 16:04
vous m'avez mal comprise j'etais pourtant au premier degre dans ma reponse
vous devez cofondre
perso, depuis 1958 date de mes premiers souvenirs, Degaulle, l'algerie, la constitution...pres d'un demi siecle
et bien ai l'impression de pateauger dans le meme brouet historique
moi non plus je ne jette pas les anciens
mais en face du soidisant jeunisme il ya ce passeisme embusqué
bref la lutte intergenerations n'augure pas une vrai collaboration
et je ne parle pas de ceux qui avaient 20 ans en 80! entre sida, chomage,et combat avec les heros des trente glorieuses, on en a peaume pas mal
mon billet que ce sont aujourd'hui des vrais empecheurs de tourner en rond
cette generation fut sacrifiee
Rédigé par : PARKER | 23 novembre 2007 à 19:49
Bonjour
Assez d'accord avec cette clé de lecture, et pas seulement parce que je suis de 75.
Pour compléter, si les 20-30aires arrivent à percer dans les NTIC, l'environnement, c'est que ce sont des secteurs "nouveaux" où aucune pyramide pré-existante ne limitait leur ascension.
Pour la politique, la règle du non cumul des mandats devrait résoudre par appel d'air neuf, les problèmes de la disparition/raréfaction des jeunes au sein des Assemblées et du formatage social de nos représentants politiques. Sauf que cette règle n'est pas dans l'air du temps. Et les quinqa, sexta, et plus … cumulards qui sont au pouvoir n'ont pas l'intention de lâcher les manettes, ne serait que pour en conserver une seule. L’esprit de transmission sans doute ?
Pour l'économie et les affaires, il est à croire que la suppression ou presque des droits de succession, ne renforce l'effet dynastique. Sans préjuger de la valeur des successeurs (Lagardère ?), cela ne facilite pas l'émergence des idées nouvelles et le nécessaire renouvellement social.
Le fait générationnel, c’est que ce sont les 20-30aires qui sont appelés à payer l’addition de l’imprévoyance de nos chers soixante-huitards (dette et déficit, déséquilibre des comptes sociaux et retraites, …), à souffrir une société sclérosée enfermée dans ses archaïsmes (le fabuleux concept de « nini » reconduit jusqu’à la récente promesse de rupture), à hériter de la pollution des milieux et du déclenchement du réchauffement climatique par notre modèle civilisationnel depuis 50 ans, … le tout sans avoir aucun pouvoir de se faire représenter pour faire entendre leurs points de vue.
On ne peut demander à notre génération (et les suivantes) d’assumer ce lègue et ces défis, sans l’intégrer aujourd’hui dans la gouvernance de la chose publique. Ce n’est pas du jeunisme, mais un besoin d’inventer ensemble le vivre ensemble.
Les blogs ne sont qu’un nouveau chemin de reconnaissance, qui changent un peu les règles de l’autorité et d’émergence de nouveaux leaders. Mais l’essentiel est que ce chemin aboutisse à l’engagement de la génération des 20-30aires, de femmes et d’hommes qui ne correspondent pas aux canons de l’élites consanguines (quel que soit leur âge), dans la réalité du pouvoir politique, économique et social.
Cordialement
HS
Rédigé par : Héloïm sinclair | 24 novembre 2007 à 14:46