Une conversation potentiellement intéressante s'initie suite à mon billet de l'autre jour. Je suis assez touché de la réactivité de Jean-Pierre Raffarin (et j'apprends avoir une vision technocratique).
Les propositions (rejetées aujourd'hui par Nicolas Sarkozy) de Jacques Attali, alliées au récent rapport d'Alain Lambert pourraient-elles enfin lancer le débat, pour l'instant fort moribond, des prochaines étapes de la décentralisation ?
Je l'ai déjà dit : je considère pour ma part que la rationalisation est sans doute, aujourdhui, plus urgente qu'une nouvelle dévolution de compétences. Se pose également, malgré tout, la question d'une vision à plus long terme, d'une ambition supérieure à celle d'un simple nettoyage, de la profondeur de cette rationalisation. Peut-on, doit-on songer à nettoyer sérieusement le millefeuille administratif qui constitue l'appareil de l'Etat et des collectivités locales ? Peut-on procéder par petits pas et expérimentations (je pense au Grand Paris, à la fusion de communes...) ?
Rien ne serait pire qu'un arrêt de la réflexion publique sur la décentralisation et l'organisation de nos structures. Surtout à l'heure où l'on parle de restaurer à l'Etat ses capacités d'action...

"Une conversation potentiellement intéressante s'initie suite à mon billet"
Oui enfin, il y a 3 commentaires à cette heure, dont deux sont de toi... :-)
Pas la peine de faire des ronds de jambe, on a compris que tu voulais nous amener à lire le billet du PM le plus impopulaire de la Ve République qui parle de TOI...
Une petite fierté dont tu ne devrais pas avoir honte. Tu aurais dû le dire cash plutôt que d'attirer l'attention de tes lecteurs de manière un peu détournée.
Bon, on t'en veut pas.
En attendant, Raffarin est vraiment le politique le moins intéressant qu'il soit.
Rédigé par : Mousquetaire | 23 janvier 2008 à 21:00
Je persiste à penser que le bon découpage poujr Paris-métropole n'est certainement pas le bon pour la Creuse ou la Corse.
Et puisque l'administration ne semble pas souhaiter percevoir cela depuis 1946 d'une part, et que les deux précédentes décentralisations se sont soldées par des complexifications et de nouvelles embauches de fonctionnaires, je suggère de s'opposer par principe à ce que l'administration soit chargée de la simplification du mille-feuilles administratif.
Rédigé par : Gus | 23 janvier 2008 à 21:09
On pourrait envisager à ce sujet de revenir sur la création de la mairie de Paris en 1975 par Jacques Chirac (qui était un simple département avant que d'être créée sur mesure) : l'exemple-type de la manoeuvre purement politicienne qui forme une des choses du mille-feuilles administratif désormais sédimenté.
Rédigé par : Fer | 24 janvier 2008 à 09:19
Fer : il y a actuellement une réflexion un peu plus profonde que ça, sur l'idée du Grand Paris (fusion Paris-petite couronne). Je vais tenter d'y revenir un de ces jours.
Mousquetaire : en fait, l'idée d'une discussion intéressante était un voeu déguisé (j'aurais aimé qu'on puisse développer, mais ça a du mal).
Rédigé par : versac | 24 janvier 2008 à 10:00
Vous mettez le doigt précisément là où ça fait mal Versac : voilà l'exemple-type de proposition fondamentale pour la "croissance" qui est totalement absente de l'ensemble des rapports du genre, passés et présents.
Par contre, ce genre de rapports n'hésite pas à expliquer que faire pousser des chariots de handicapés par les enfants scolarisés en collège est important pour la croissance.
Franchement, c'est du foutage de gueule : un paquet de mesures qui, appliqués ou non, auront probablement des conséquences epsilonesques ou nulles sur la "croissance". Mais qui, par contre, toutes autant qu'elles sont, servent des convictions idéologiques je l'admets, diverses, mais coalisés, des intérêts bien compris, avec, au milieu, quelques mesures effectivement utiles destinés à donner quelque valeur à l'ensemble du rapport.
à combien d'intérêts partisans, d'idées reçues, d'idéologies défuntes faudra sacrifier pour obtenir que les institutions de ce pays daignent servir le seul intérêt pour lequel elles existent, autrement dit, l'intérêt public ? Chacun choisira, mais en ce qui me concerne, le vide ne me fait pas peur.
Rédigé par : Gus | 24 janvier 2008 à 18:33