La campagne de Leclerc sur le thème des vilaines marques qui veulent rien qu'à être inflationnistes (et ne partagent pas les objectifs de lutte contre l'inflation pour le pouvoir d'achat de notre cher président) m'insupporte.
Pourquoi ?
Parce que je trouve extrêmement limite ce cri du bon chevalier blanc dans ce qui relève avant tout de la négociation commerciale, et de l'équilibre. Si MEL parlait de changer le rapport de forces entre consommateurs et distributeurs, réellement, je prendrais. S'il demandait de mettre fin aux lois Royer et Raffarin, pourquoi pas. Mais se placer ainsi en sauveur du pouvoir d'achat qui oeuvre pour le bien commun me parait fondamentalement déplacé, et trompeur.
L'opinion publique est ici instrumentalisée, avec de l'information parcellaire et univoque, dans un jeu de négociation commerciales entre fournisseurs et distributeurs, et dans la négociation sur le cadre légal de la distribution. C'est classique, me direz-vous. Oui, mais il y a manière et manière, et le doute me semble fort naturel, surtout quand les campagnes sont aussi massives et caricaturales.
Et le pire, c'est que MEL nous donne lui-même les cartes de sa communication dans un récent billet... Faudrait voir à user de marqueurs, Michel, mais à éviter de gribouiller partout, autant !




Les PPDG veulent rester bien confortablement assis dans leur bureau de 500 M²
Rédigé par: XrJ | 22 janvier 2008 at 00:07
je suis d'accord avec toi, la ficelle est grosse et la manipulation pas loin. Et pourtant ça fonctionne parcequ'il montre du doigt un plus filou que lui ...
on se demande entre les marques et la distrib qui fait les plus grosses marges sur le dos du pôvre consommateur.
A quand une vraie conversation entre toutes les "parties prenantes" en toute sincèrité.
Nico, c'est un idée ... on va allez leur proposer .
tu me suis, tu me précèdes ?
bonne nuit
Rédigé par: jeromew | 22 janvier 2008 at 00:32
Je partage totalement votre réaction, Versac.
Evidemment, il ne faudrait pas perdre de vue que cette campagne n'est pas d'information ni politique mais bêtement publicitaire. MEL a compris (ou supposé) que se pos(t)er en allié paternaliste de ses clients était plus rentable que d'apparaître comme l'ignoble parasite goulu qu'il est (oui, par définition, un intermédiaire est un parasite goulu).
Mais regardez plus attentivement la page de pub en question. Là, en bas, en tout petit. Qu'y lit-on ? On y lit que les produits en question ne sont PAS retirés des magasins Leclerc, non, non. Ils le seront à compter du 1er février si et seulement si les marques en question ne consentent pas d'ici là à baisser leurs prétentions ! En d'autres termes, MEL exerce un chantage assorti d'une mise à l'index publique (mais qu'attendre d'autre d'un ignoble parasite goulu ?) pour forcer ses fournisseurs à écraser leurs prix encore davantage, de façon à pouvoir maintenir ou augmenter sa propre marge.
Ce qui le plonge dans une vertueuse colère, notre MEL, ce n'est pas que les prix au consommateur grimpent (parce que, tout de même, le consommateur n'est pas tout-à-fait passif, dans ce cas-là, il va faire ses courses en face,le consommateur). S'il se souciait vraiment du coût du panier de la ménagère, il pourrait rogner un tout petit peu sur leurs marges, avants ou arrières.
(rappel : "les marges avants" sont les marges classiques ménagées entre le prix d'achat en centrale et le prix de revente en rayon; les "marges arrières" sont les réductions du prix d'achat imposées aux producteurs, sous peine d'être "déréférencés").
Le rapport prix d'achat / prix de revente est de 1 à 4 sur les produits alimentaires. Les prix sont négociés auprès des producteurs par cinq centrales d'achat (système de centralisation et de monopole unique dans les pays démocratiques !) selon un principe simple : ou tu nous vends tes produits toujours moins chers (de 1 à 2% de réduction supplémentaire chaque année depuis trente ans !) ou on ne te les achète pas et tu peux les jeter.
Bien sûr, il ne s'agit pas de reprocher à la grande distribution de faire des profits. Mais je trouve parfaitement insupportable de voir ces ignobles parasites goulus prendre en otage les producteurs et les consommateurs, se gaver de façon indécente sur le dos des uns comme des autres et, ensuite, verser des larmes de crocodiles sur la vie chère.
Rédigé par: Antoine Block | 22 janvier 2008 at 02:51
Comment dire... C'est fatiguant d'être (presque) toujours d'accord avec ton blog
http://www.michaelski.com/article-15769576.html
Rédigé par: Michaelski | 22 janvier 2008 at 03:45
> S'il demandait de mettre fin aux lois Royer et Raffarin, pourquoi pas.
Michel Edouard Leclerc est aussi contre la loi Royer.
http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/engagements/militer-pour-la-libre-concurrence/loi-royer.php
Rédigé par: Pierre | 22 janvier 2008 at 09:49
Bah c'est une campagne de pub... De meme que le deo Axe ca fait pas tomber les filles, ca n'a pas vocation a dire quoi que ce soit d'interessant ou de vrai.
Donc en gros ce billet decouvre que la pub raconte n'importe quoi.
Rédigé par: tora | 22 janvier 2008 at 10:35
De façon générale, il est prudent de se méfier de ceux qui prétendent défendre les pauvres. La plupart du temps, ils usent sciemment de la charge émotionnelle qui accompagne la pauvreté pour éviter les critiques rationnelles.
Rédigé par: Liberal | 22 janvier 2008 at 12:08
Vous voulez dire qu'ils s'enrichissent sur le dos des pauvre :-) ?
Ha, les salauds...
Rédigé par: Gus | 22 janvier 2008 at 12:19
Sur l'album de la princesse : MEL à propos de NS : "Il a lui-même brouillé l'écoute".
Rédigé par: mrk | 22 janvier 2008 at 12:34