Obama Huckabee
C'est le duo de tête de ce soir, ce qui signifie des choses, mais pas tant. POur le reste des analyses, on peut citer Emmanuel :
Côté démocrate, on sait que la nomination se jouera entre trois candidats : Obama a montré qu'il pouvait battre Clinton, Edwards est resté dans le jeu alors qu'une contre-performance aurait sans doute fait explosé sa campagne et Clinton garde suffisamment d'argent, de soutien et d'expérience pour pouvoir se refaire. Les autres candidats paraissent très loin, trop loin derrière, pour pouvoir jouer d'autres rôles que ceux de figurants.
Côté républicain, 5 candidats continuent à garder des chances de l'emporter : Huckabee a remporté une victoire à laquelle personne ne croyait il y a deux mois mais sa capacité à gagner dans des états plus conventionnels que l'Iowa est tout sauf évidente, surtout que l'establishment républicain va tout faire pour le perdre; McCain est revenu dans la course (avec une 3e place dans un état où ses chances étaient faibles) alors que tout le monde le pensait mort à l'automne et paraît bien placé pour l'emporter dans le New Hampshire; Thompson aurait pu être sorti du jeu ce soir mais sa 4e place et son léger rebond ces derniers jours le maintiennent dans la course; Romney est dans une position délicate mais il n'a pas encore perdu au New Hampshire et il garde, comme Clinton, les ressources pour tenir longtemps; et Giuliani a tout intérêt à ce que personne n'émerge clairement en attendant les primaires de la fin janvier. Ron Paul n'a à mon avis aucune chance de décrocher la nomination mais ses 10% des voix ce soir sont encourageants pour lui et devrait lui permettre de se maintenir dans le rôle du trouble-fête dans les semaines à venir.
Incertitude, changements. Participation massive, absence de favoris désignés, clivages forts et multiples (jeunes, religieux, Etats, establishment/changement...). Ces élections sont définitivement des élections de changement. Du bonheur pour l'observateur extérieur.




Merci de nous en parler autant.
Rédigé par: Leptitbenji | 04 janvier 2008 at 11:07
J'ai lu ce matin que Bill Clinton n'avait fait que 3 pour cent dans les primaires de l'IOWA en 92 avant de gagner. Est ce que ces primaires osnt vraiment un test, ou sont elles en premier juste pour qu'on parle d'elles?
Rédigé par: Stephane M. Proboks | 04 janvier 2008 at 11:31
Il avait fait 3 %, mais sans faire campagne dans l'Iowa ; ce qui mesure le résultat. Un peu comme R. Giuliani.
Sinon, les victoires dans l'Iowa sont très rarement suivies d'une victoire à l'élection finale.
Rédigé par: Jules (de diner's room) | 04 janvier 2008 at 11:43
assez d'accord avec Jules de Diner's Room sur le rapport vainqueur Iowa/vainqueur final.Les ruraus progressistes et heureux ne sont pas la catégorie d'électeur la plus forte en amérique.
Je vois par contre une vraie différence dans le cas Clinton (Bill)/Guiliani:Clinton avait des vois dans le sud plius qu'un autre (Tenessee, Arkansas, Louisiane) alors que Giuliani va déguster sévére dans le sud (a part peut etre en Georgie.
pour le reste les clivages sont trés classiques chez les républicains:
1 droite religieuse (Huckabee)
2 un républicain bizness-club house (Romney)
3 un "veterant republican (MC Cain, à ceux ci prés qu'il est un peu plus que ça mais bon)
4 un républicain libertarien (Ron Paul) trés marginalisé par l'etablishement du parti
5 un american heroe républican à la bush/regan:Fred Thomson
Rédigé par: romain blachier/lyonnitude(s) | 04 janvier 2008 at 12:22
Mmmmh... c'est complètement différent cette fois-ci.
Si on n'investit pas d'argent dans l'IOWA, comme Giuliany, on ne prend pas le risque de faire campagne et un mauvais résultat est plus que normal et ne comporte aucun danger majeur pour la suite.
Si en revanche, comme l'a fait Hillary Clinton, on décide de faire campagne avec des prétentions de leader de son camp, c'est que l'on voulait étouffer les primaires dès le départ.
Une victoire d'Hillary Clinton en Iowa aurait éteint définitivement le suspense pour l'investiture démocrate.
Là, c'est l'inverse qui s'est passé, et l'investissement financier et personnel d'Hillary Clinton ne lui permet même pas de se glisser à la deuxième place.
En fait, elle aurait mieux fait de "Giulaniser" sur le coup mais c'est trop tard.
Sa capacité de leadership en prend donc un sérieux coup.
De plus, les électeurs noirs étaient réticents et plutôt pro-Clinton, car ils avaient peur de soutenir un nième candidat noir qui n'aurait au bout du compte eu aucune chance car "les blancs ne votent pas pour les noirs".
Qu'Obama réussisse dans un Etat à 97% blanc, est une deuxième pilule qu'Hillary Clinton devra avaler car cela risque débrider ceux qui se méfiaient des chances d'Obama pour l'élection générale, surtout qu'il promet d'aller chercher de l'électeur républicain pour réussir sa stratégie électorale, cette dernière s'en trouve après ce caucus justifiée et renforcée.
Troisième pilule à avaler, l'électorat jeune en dessous de 22 ans a voté a plus de 57% pour Obama (11% pour Hillary).
Quatrième pilule, Obama est arrivé aussi en tête (35%) dans l'électorat féminin. Eminemment courtisé par Hillary.
Maintenant, si Obama prend le New Hampshire la semaine prochaine, cela confirmera le trend sur lequel il a projeté de surfer.
Il faut se méfier des USA, c'est une nation souvent dirigée par le "Hype", qui peut connaître des engouements singuliers pour le nouveau.
Il ne restera plus à Hillary qu'à adopter une position défensive entrecoupée d'Obama-bashing, et de gagner sur le fil son investiture.
Globalement, elle ne peux faire autrement, elle n'a pas de talent politique pour retourner la situation aux forceps : pas de charisme, pas de grande qualité d'orateur, et son programme tient dans le fait qu'elle a une expérience de politique de 35 années dans les milieux de Washington... excitant...
A noter la mobilisation exceptionnelle pour ce premier caucus qui n'est pas une condition favorable pour un candidat de l'establishment.
Si elle se poursuit dans les autres Etats cela favorisera plutôt les candidatures neuves comme celle d'Obama qui verront des supporters nouveaux se manifester.
Rédigé par: thierryl | 04 janvier 2008 at 12:39
Aux USA, ils ont le duo, en France on a le tiercé...
Rédigé par: pas perdus | 04 janvier 2008 at 15:23
Il n'est pas dit que je vais ignorer la présidentielle américaine :) Mon petit Obama en caricature : www.michaelski.com
Bizarre, quand même. Il n'y a pas deux semaines que la grande favorite, dans la presse américaine, c'était Hillary (suite aux voeux très formatés de Obama, suite aux attaques excessives contre Billary). Ca change très vite, là-bas. Se méfier des prévisions.
Bonne année Versac !
Rédigé par: Michaelski | 05 janvier 2008 at 14:34
L'un des derniers papiers du Monde confond allégrement l'Ohio et l'Iowa (même après les réactions de plusieurs lecteurs, seule une partie des confusions ont été corrigée) :
"Les derniers sondages donnent une avance moins importante pour Hillary Clinton dans le New Hampshire", http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-829254,36-996316,0.html
Est-ce si difficile d'atteindre ce minimum de réactivité pour un journal de cet acabit ?
Rédigé par: anonyme | 06 janvier 2008 at 15:15
Question d'ignorant : les sondages nationaux publiés aux Etats-Unis au sujet des primaires/caucuses (et relayés ici) sont-ils du même type que les nôtres pour une présidentielle française (suffrage direct, scrutin uninominal, circonscription nationale unique) ? Ou bien tiennent-ils compte de la complexité du mode de désignation : certains états pratiquant le caucus, d'autres la primaire, dans certains cas répartition proportionnelle des délégués à la convention, dans d'autre cas "le gagnant rafle la mise" ? La complexité des scrutins s'ajoutant les uns aux autres me semble rendre sans grand intérêt une projection à base de sondages nationaux... Je me trompe ? Dans le passé, les sondages nationaux se sont-ils révélés de bons indicateurs des primaires ?
Rédigé par: tardif | 06 janvier 2008 at 20:55