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01 février 2008

Bourdes ?

La petite phrase de Ségolène Royal a fait le tour des blogs en moins de temps qu'il n'aurait fallu à un normalien pour comprendre l'éventuel sens caché de la chose. Une volée de bois vert, dans laquelle la stupidité de la dame est soulignée, avec rappel quasi obligatoire (en dehors des milieux économiques) de la fameuse bravitude.

Je n'adhère pas à cette généralisation. Je n'ai par exemple jamais relayé la bravitude : cette stigmatisation là était ridicule, pour un mot plutôt intéressant, là où son adversaire a fait mille fois pire en terme de néologismes approximatifs et douteux, sans aucun relais. Je n'avais pas participé au concert de reprises du fameux nombre de sous-marins.

J'ai néanmoins repris cette phrase de Ségolène, qui fait preuve d'une grande indélicatesse, et correspond à tout ce que je n'aime pas à gauche : entretien d'une théorie de l'exploitaiton, même quand on n'y est pas, confusion sur le rôle précis de l'Etat. Logique populiste de base, qui flatte de bas instincts, sans oser être précis et indiquer de véritables voies de solution.

Mais pourquoi donc ce grand retour du "haro sur Ségo", notamment de nombreux blogs dont on devine (ou on sait) la sensibilité de droite ?

J'y vois volontiers un regain de confiance, assez habituel, par la stigmatisation de l'aternative, en période de doute. Les choses sont claires : Nicolas Sarkozy fait douter, sa cote est au plus bas, ses premiers mois ne se sont pas traduits par des réformes incroyables et un choc de confiance pourtant annoncé. Son côté girouette, et la succession de messages sans ligne claire, sa vie privée étalée, son absence récente en pleine crise bancaire effraient. Dès lors, le moyen de se rassurer à peu de frais consiste regarder à quoi l'on a échappé. Et Ségolène Royal, avec sa phrase démagogue et fort peu à propos, offre ici un mets de choix à celui qui veut ainsi se rassurer. D'autant que la phrase en question vient juste après un grand retour chez Drucker, où ses épchanements personnels ne l'ont pas grandie.

Un ami avec qui je discutais m'avait proposé cette analogie, au lendemain de l'élection, parlant d'électeurs de droite : ils ont le sentiment du cycliste qui vient d'éviter un gros camion : ils poussent un grand ouf. Il n'avait pas filé la chose : quelques centaines de mètres plus loin, notre cycliste vacille, se rendant compte que sa monture n'est pas bien solide, et ne file pas droit. Le meilleur moyen de reprendre de l'énergie est de penser à ce fameux camion !

Cette dernière initiative n'est pourtant pas téléguidée par la droite. L'initiation de la repris de la petite phrase Ségolienne provient de sources de presse, et de Désirs d'Avenir directement. La situation est donc bien différente de la campagne, où une équipe traquait ces petites bourdes et les faisait gonfler par un spin grossier, mais efficace : ici, c'est bien Ségolène Royal qui, toute seule, offre une magnifique diversion et un petit répit à Nicolas Sarkozy, en soulignant l'inanité de l'aternative.

On ne peut que le regretter.

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Voici les sites qui parlent de Bourdes ? :

Commentaires

Ségolène revient sous les feux de l'actualité, parce qu'elle reste la plus populaire dans l'opposition en pleine déliquescence.
Et, si Sarkozy poursuit dans sa volonté de déstabiliser l'opposition, elle constitue la meilleure candidate à la succession du poste de premier ministre (C'est, d'ailleurs, la seule politique avec Sarko à accueillir avec intérêt fort le rapport Attali !. Le pire, c'est qu'elle est capable d'accepter parce que ça lui donnerait une stature incontestable (l'expérience,...)

A droite et à gauche, ça en fait la plus grande cible....

Pourquoi attribuer à de mauvais calculs ce qui pourrait simplement relever de la précipitation, de l'incompétence et de la fénéantise ?

Il est plus difficile d'apprendre à se gouverner soi-même que de gouverner. Hélas, trente ans après l'adolescence, vous ne trouverez plus personne pour vous y aider si vous n'y êtes pas jusqu'alors parvenu.

Mouais, ton explication du bruit déclenché par cette phrase idiote tient debout. J'en propose une autre: cette phrase, prononcée par une personnalité politique de premier plan, est exceptionnellement stupide et reçoit donc une couverture exceptionnelle. C'est moins subtil, mais ça tient debout aussi.

Nicolas, tu n'as pas à te justifier sur le sujet.
Souligner l'immaturité d'une dame qui se dit prête à gouverner la France est d'intérêt public.

je partage en tous points cette analyse.

Ce met de choix offert par Royal est d'autant plus un mauvais calcul, qu'il s'appuie sur les memes techniques qui font aujourd'hui chuter Sarkozy: a savoir populisme et peopelisme.

et de Royal on est en droit d'attendre mieux que ça.

les socialistes à l'image de leur leader sont gravement désorientés :

"53% [des socialistes] s'opposant à ce jugement [la démission de Bouton NDC] émis à la tête de l'État. Les commentaires sont assez clairs : «il interfère dans la gestion d'une société privée» ce qui n'est «pas du ressort d'un président»."
http://www.lefigaro.fr/politique/2008/01/31/01002-20080131ARTFIG00609-l-opinion-exonerele-trader-jerome-kerviel-.php

Les mêmes (?) socialo qui ont nationalisé les banques avec Mitterand qui nommait tous les présidents...ROFL

Que de logorrhée pour justifier un nouveau retour du Sego bashing de la part des mêmes (Embruns, etc.) Si je suis d'accord avec vous pour reconnaitre que cette phrase est une bourde, tout le monde en fait. Mais pourquoi mettre autant d'énergie à la descendre quand Sarkozy en commet chaque jour, bien plus graves, mais de celles qui passent inaperçues. Je lisais ce matin, dans la nouvelle revue dont vous aviez parlé, XXI, l'analyse du discours de Dakar de Sarkozy. No comment.

Que les anti ségos retrouvent avec plaisir les bourdes peut parfaitement s'expliquer même sans référence à sarkozy ; franchement ça fait peur. Qu'elle soit nulle, passe encore, mais que personne dans son entourage ne puisse se rendre compte de cette énormité en dit long sur l'état de décomposition du PS. Il faut qu'on vire ces crevards.

La bravitude est du registre de la simple faute de Français mais dans le registre impro-politique/free-style, il y avait le Smic à 1500 € et la proposition de ramener les policier chez eux après le service, où Ségolène Royal n'a eu besoin de personne, même pas d'un conseiller, pour s'enfoncer.
C'est anecdotique mais j'en profite pour préciser qu'avant le buzz internet, cette phrase avait été relayée par la télévision le weekend dernier. Je l'avais entendu à un ou deux JT.

Pour ce qui concerne le billet précédent, je suis toujours autant fasciné par le manque d’objectivité d'une partie des militants online. Que leurs gourous lâchent une bêtise, soit… tous les politiques mentent, dérapent, se plantent et la moindre des choses, de la part des militants concernés seraient de le reconnaitre. Aux yeux des gens qui restent à convaincre, cela constituerait un premier pas vers la crédibilité, plutôt que de jouer systématiquement la stratégie du « coup pour coup », genre « le mien a dit une bêtise alors je parle de la bêtise du tiens pour équilibrer la connerie ». Rien de tel pour intéresser les « jeunes » à la politique…

Je ne sais pas si je fais encore parti des jeunes mais un militant qui n'est pas capable d'assumer les bêtises de celui ou celle qu'il soutient n'est pas crédible à mes yeux. Et encore moins s'il commente sous 50 pseudos différents ; s'il copie/colle les pavés d'arguments tous droit sortis du Google Group de la Netscouade grande-époque ; ou s'il tente de faire pression sur ceux qui ne sont pas d'accord avec lui. Cela tient pour tous les partis bien sûr mais il me semble que les e-militants de gauche ont été particulièrement lourdingues lors des dernières élections.

FP Nicolas : pour travailler avec des acteurs du monde bancaire, je ne peux t'assurer que d'une chose : le gouvernement se soucie du sujet depuis longtemps, et la FBF passe son temps dans les ministères depuis août. la réaction de Ségo mériterait un nouveau coup de baton sur les doigts : ce mode "mais que fait le gouvernement ?" est ridicule (moins que sa grossière erreur cependant).

tooptoop : quand on vient critiquer ainsi, l'anonymat n'est pas idéal. Surtout qu'il n'y a aucune dépense d'énergie exceptionnelle dans la critique de Ségolène Royal. Et que, si vous n'avez pas lu de critique de Nicolas Sarkozy ici, c'est que vous ne devez pas venir souvent. Enfin, la phrase de S. Royal a nettement plus été reprise sur des blogs aux tendances sarkozystes, qui ne parlent que rarement de politique, qu'uniquement chez embruns, chez qui elle apparait diluée dans de nombreux autres billets. Critique à coté.

Ouinon : 200% d'accord. Mais le militant partage souvent avec le fan un manque total de recul et un usage immodéré de la mauvaise foi.


Je vois que le rappel à l'ordre a eu de l'effet !
Tu te sens obligé de te justifier d'avoir "cassé" Sainte Ségolène, et tu t'excuserais presque.

Tu me déçois Nicolas, je te pensais plus indépendant d'esprit.

Guillermo, lesdits crevards sont déjà virés : ils sont désormais dans DA.

Reste désormais aux militants socialistes à comprendre qu'il n'y a rien de plus de commun entre eux et DA qu'entre eux et Besson, ou Kouchner, ou Bayrou, ou Morin, ou la LCR, pour des raisons certes différentes menant toutes à un même constat.

D'ac avec Versac, sur ce coup.
Elle a dit une connerie, c'est sûr. Sarko en dit une par jour. Mais il n'y a plus d'arbitres (aka médias) pour compter les points.

D'accord surtout pour déplorer le retour à l'argument de la « bravitude », qui est justement la preuve exemplaire du panurgisme pro-Sarko des médias. On dénonce la soi-disant "diabolisation" de Sarkozy alors qu'il y a eu réellement bécassinisation de Ségolène. En même temps que l'on occultait soigneusement les terribles lacunes intellectuelles du candidat officiel des médias (inculture abyssale, intérêt modéré pour la réflexion, superficialité, impulsivité pathologique), on habillait Ségolène pour l'hiver bien au delà de ses réelles incompétences.

Et l'exemple le plus remarquable de cette "fabrique de la Bécassine" fut ce que j'appelle "l'affaire de la bravitude". Car, comme le rappelle Versac, et il est l'un des rares à le dire, s'agissant de néologismes foireux et de langue qui fourche, il n'y a pas photo : Sarko l'emporte haut la main. Sauf que les médias, avec un unanimisme confondant, ont jour après jour insinué, proclamé le contraire, en martelant cette "bravitude".

En pleine campagne, Sarko nous fabrique "l'héritation" : on continue de nous casser les oreilles avec la "bravitude". Plus tard il invente les "trentagénaires", on ne retient toujours que la "bravitude". En direct à la radio il nous pond la "fatitude" : on nous parle toujours de "bravitude". Et même lorsqu'il ajoutera la "conquérance", les médias n'auront toujours rien remarqué, à part la "bravitude"… de Ségolène.

Et tout cela est parfaitement vérifiable, puisque le Web lui-même en fut témoin, comme je l'expliquais à l'éqoque ici : http://aietech.com/leblog/2007/5/4/hritation-trentagnaire-fatitude-conqurance.html?currentPage=2#comments

Et ça continue : Sarko maltraite régulièrement la langue de Molière, mais les médias (à part quelques humoristes de service) ne détectent rien, ne prennent pas de notes. Pas question de remarquer que ce président enfant est intellectuellement sous-équipé.

Entre autres perles, un lecteur de mon blog nous a rapporté ce merveilleux : « …les Allemands, qui sont nos principalS clients, nos principalS partenaires […] » qu'il a offert à PPDA, en direct à l'Élysée. Aucune réaction médiatique…

Et s'il n'y avait que la langue… Mais c'est l'intelligence et la culture qu'insulte régulièrement cet improbable président. Qui se souvient des "ethnies chiites et sunnites", enregistrées par Bourdin ? Bien plus récemment, il faisait la leçon à Joffrin en lui expliquant qu'un roi était par définition héréditaire. Alors que la notion de roi élu remonte aux débuts de Rome !

mais cette phrase a été filmée (de mémoire vue sur itélé)

Rédigé par: versac | le 01 février 2008 à 10:31

Penser que les critiques sur Ségolène viennent toutes de droite, c'est un gag ?

Vous nous prenez pour des naïfs, 3 billets de suite sur la "bourde" sur votre blog !

Les strauss-kahniens, rocardiens et autres modemistes font front commun avec Thierryl (le pourfendeur des proto-marxistes) depuis deux jours sur ce blog.

La cote de Sarko étant au plus bas (on peut espèrer que la chute libre...), les tendances ou partis politiques évoqués n'ont évidémment aucun intérêt à ce que le leadership du PS soit conquis de nouveau par Ségolène.

Pour certains, pour des critères politiques, pour d'autres, pour des raisons de carrière politique, et parfois pour les deux.

Alors pitié pas d'hypocrisie, j'entends votre

"qui ... correspond à tout ce que je n'aime pas à gauche : entretien d'une théorie de l'exploitaiton, même quand on n'y est pas, confusion sur le rôle précis de l'Etat. Logique populiste de base, qui flatte de bas instincts, sans oser être précis et indiquer de véritables voies de solution."

, mais pour le reste reconnaissez que vous êtes également partisan d'une gauche social- libérale, poétiquement intitulée soc-dem (ce qui est votre droit absolu) et que bien entendu les critiques concernant Ségolène vont venir bien plus cette "gauche" que de la droite dans les mois à venir. Et si Ségo prononce une petite phrase façon "ordre juste", Emmanuelli et Mélenchon, sauront bien la faire remarquer, à l'aile gauche du PS.

Et l'initiative de titrer votre billet, la phrase la plus bête de la semaine (de l'année) est bien de vous et non de désir d'avenir.

Ceci pour souligner que bien que la droite ne soit pas au mieux, elle a toutes ses chances face aux pinailleries idéologiques et aux interêts personnels qui règnent indéfectiblement à gauche. Cela promet pour 2012. Et je ne crois pas qu'une alliance (pas gagnée vue les ambitions personelles des uns et des autres) entre le Modem et les soc-dem soc-lib (strauss-rocard-bayrou) soient suffisantes pour remporter les présidentielles 2012. Pas plus qu'une alliance PS gauche et extrême gauche.

Alors vis à vis de cela, ne faut-il pas supporter avec un peu de stoïcisme, certaines petites phrases ?

A moins que la politique étrangère de Sarkozy, sa politique fiscale, son comportement bling bling ne soient pas si insupportables que cela ?

Pas vraiment convaincu- je suis d'assez prêt l'actualité politique et j'étais complètement passé à côté de cette phrase/polémique.
Quand C Noyer affirme "L'affaire a permis de purger les comptes et la Société générale est à l'abri, assure-t-il. "La banque est plus solide aujourd'hui qu'elle n'était vendredi (...) Les comptes sont nettoyés, tout est clair"." cela me paraît autrement plus "rigolo" et grave.
http://fr.news.yahoo.com/rtrs/20080125/tts-france-socgen-ca02f96_1.html

Cdt,

Anonymat? Je pensais que le principe du commentaire sur Internet était aussi d'exercer sous pseudo, si je ne mets pas mon adresse mail c'est tout simplement pour éviter le spam, je peux vous la communiquer si vous en doutez. Certes je n'ai pas de blog je trouve qu'il y en a déjà beaucoup trop et complètement inutiles, je ne parle pas du vôtre.

Je lis souvent votre blog et je sais que vous critiquez autant Sarkozy. Mais les bloggers ont-ils autant réagi quand Sarkozy a remis en cause la laïcité, parlé de l'Afrique, ou même, à propos des banques justement, quand il se fait le plus grand pourfendeur du capitalisme financier et spéculateur (avouez que c'est comique). Je peux vous en citez des dizaines d'autres, des bourdes sarkoziennes beaucoup plus graves, et qui engagent plus dangereusement notre pays.

Il n'a pas eu l'honneur de bénéficier de cette machine mise en route par les bloggers pour dramatiser et faire du buzz autour d'une simple phrase. Tout le monde en fait des bourdes. Malheureusement apparemment elles sont loin de bénéficier du même traitement...

nef : vous me prêtez des intentions qui ne sont pas les miennes. A savoir faire de ce blog un espace de militantisme pour telle ou telle voie. Non, il est juste un espace de réaction et de commentaire. Point.

Vous pourriez d'ailleurs regarder dans les archives : j'ai effectué le même genre de critiques à l'égard de DSK en pleines primaires socialistes. Dont acte. Gardez vos petites logiques de militant engoncé dans les affaires du PS pour vous, et voyez, si je puis me le permettre, un peu plus loin que la défense de la dame : que propose-t-elle pour votre parti ?

Et non, ça ne vaut pas le coup de laisser passer ce genre de conneries monumentales. C'est en fermant les yeux sur sa nullité que le PS s'est enfoncé dans le rien du tout. Cette conception m'est totalement étrangère.

authueil : non, ce n'est pas une réaction au rappel à l'ordre, du tout, mais au contraire un signe de mon esprit de contradiction, face à l'unanimisme de personnes qui ne traitent jamais de politique, et se trouvent fort heureux de pouvoir faire un sego-bashing de bon aloi, comme petit remède à leurs angoisses.

Je ne me médis pas. Ni ne me justifie. J'éclaire ma position, et j'interroge.

Rédigé par: FP NICOLAS | le 01 février 2008 à 11:14

La base électorale française est réformiste, comme le montre le succès de la rupture comme thème de campagne (succès Ségolène rupture PS, baisse quand elle a adopté le "projet" PS, succès Bayrou rupture médias/finances, baisse ni droite ni gauche, succès Sarko rupture Chirac, succès rupture politique impuissante).

Si l'on continue avec l'emploi de terme comme populiste, on a aucune chance d'avoir un électorat populaire. Le soutien des Gracques à Bayrou, lui a moins apporté en terme de voix que sa présence et sa giffle dans les banlieues et son altercation avec Chazal, n'en déplaise à Versac.

Rédigé par: versac | le 01 février 2008 à 11:31

J'ai déjà dit hier que si l'on m'avait consulté (comme en Italie), Ségolène n'aurait pas été ma candidate, ne m'enfermez donc pas non plus dans une logique qui n'est pas la mienne. De plus, j'ai, dans votre premier billet "La phrase...", en commentaire, déjà abordé le fond de la citation de SR.

Cette affaire dépasse même dans mon commentaire d'aujourd'hui, les affaires internes du PS, il s'agit bien de politique.
Comment une élection présidentielle, dans sa forme actuelle, peut-elle être remportée par la gauche ou le centre face à la droite. Peut-être en faisant des concessions politiques de part et d'autre. Sinon, nous pourrons inlassablement confronté nos logiques ou principes politiques mais seulement dans l'opoosition.

Avez-vous vocation a soutenir ou réfléchir une politique non gouvernementale comme Besancenot et la LCR (futur ???) ? Après 3 élections présidentielles perdues, peut-on encore croire que l'alternance est une règle, quelque chose qui va de soi ?

" Et Ségolène Royal, avec sa phrase démagogue et fort peu à propos, offre ici un mets de choix à celui qui veut ainsi se rassurer."
je trouve cette phrase tres juste et votre billet très clairvoyant

nef : désolé, pas facile de suivre tous les commentaires et la profusion. Ni, je l'avoue, de comprendre la cohérence de votre position.

Sur la réglementation bancaire : au lieu de l'incanter, il faudrait donner à comprendre en quoi la réglementation bancaire serait insuffisante ou inadaptée. Ca ne me semble pas être le cas.

Sur le PS : je n'en suis pas, désolé ! le PS m'intéresse, mais je ne soutiens pas un parti plutôt qu'un autre. Ce n'est juste pas mon mode de pensée et d'intervention. Ca m'intéresse, mais la question posée n'est pas : qui dois-je soutenir ? Mais que peut-il se passer, quelles sont les stratégies possibles, etc...

Enfin, j'ai un peu de mal avec l'idée que la seule issue pour le PS soit de désigner SR comme 1ère secrétaire, en mode carte blanche, sur la seule foi d'une présence médiatique. J'attends ses propositions. Sa stratégie pour le PS. De pied ferme. Mais je sèche, là. Et je ne la vois pas du tout en réformiste du parti.

concours de nuls (ségo vs sarko) ! il suffit d'attribuer des points négatifs. et le fond n'est pas encore atteint! on est mal barrés!

oui les bourdes de Royal sont toujours plus dangereuses que celles de Sarko... C'est démontré...

votre note m'en a inspiré une autre:
Royal: une semaine entre populisme et peoplelisme.
http://longuevue.blog.lemonde.fr/

@nef
Merci pour vos com', je partage tout à fait votre vision. Pour notre malheur ou notre bonheur, la vie politique et citoyenne tourne autour de la présidentielle et de l'organisation de ce scrutin.

@versac
C'est vrai, tellement vrai que certains militants manquent de recul. Mais aussi on aimerait voir "l'élite de notre nation", prendre aussi un peu de recul et s'indigner avec autant de force et de talent que vous le faites cette semaine pour la situation de ceux qui doivent survivre avec 628 € de minimum vieillesse ou encore 836 € de salaire minimum.
Oui, la mixité sociale recule éloignant de notre regard et de notre quotidien la vision ces situations intolérables qui perdurent. Faut-il établir des stages de survie au SMIC, à la manière de l'expérience de ce patron italien, pour que certains prennent la mesure de la situation, proprement explosive?

ps: Et quand je dis "élite de la nation" c'est sans aucune ironie mal placée. Mais quand je vous lis ou que je lis Pierre Chappaz cette semaine et autres personnes dont j'estime le travail, je me dis vraiment que ce n'est plus ni un fossé ni une fracture qui s'est creusé dans notre société mais gouffre sans fond.

C'est cela, encore "les petits contre les gros" ou "les anonymes contre les élites"
La rengaine de la division, de l'opposition systèmatique. Les uns contre les autres, on entend que cela à gauche, division, mécontentement, guerre de tranchée, résistance, rien que du bashing...
Comme si le monde n'avait qu'une seule face. C'est une insulte gratuite à l'intelligence que ce discours là, car le politique (de droite ou de gauche) au pouvoir ne voit qu'un seul pays et une multitude de situations nouvelles et contradictoires, qui malheureusement ne rentrent plus dans les cases sociales marxistes ou poujadistes.
Le monde évolue à vitesse grand V, on a besoin d'entendre quelque vision sur l'avenir.
Et plus de la moitié du PS vote "non" à l'Europe, sont repliés sur eux-mêmes et font du technology-bashing, ils ont peur de ce monde de l'information et de la connaissance qui arrive, car ils devinent que leur carte mentale dix-neuviémiste n'est plus une assurance pour se repérer dans ce qui vient.
Alors ils font aussi de l'agit-prop sur le Web (ce qui est une des formes achevées du bozoïsme) croyant que c'est un média où il faut gueuler le plus fort, cela les rassure mais ne les protégera pas du changement.

Rédigé par: versac | le 01 février 2008 à 12:03

Tout d'abord la crise bancaire actuelle (des subprimes) montre qu'il serait nécessaire faire rentrer les finance company non régulées dans la réglementation bancaire. Faire également un "Bâle 3" qui prendrait en compte les nouveaux produits. Cela pour la réglementation générale financières.

En ce qui concerne les organismes de prêt, il serait quand même judicieux, que les organismes qui ne se sont pas souciés de l'insolvabilité de l'emprunteur, de sa situation d'endettement et de ses revenus (sauf en cas de production de faux documents) ne puissent recouvrir leur créance auprès de celui-ci ou de sa caution.

Pour les entreprises, la caution personnelle du dirigeant me paraît être dans de nombreux cas, une demande exorbitante, surtout auprès des créateurs d'entreprise. Souvent ce cautionnement s'effectue contraint et forcé. Les banques n'ont pas à être un financement de la création d'entreprise, mais au regard des frais bancaires payées par les sociétés à leurs banques, un peu de prise de risque de leur part me semblerait pour le moins une juste contre-partie.

Il faudrait inverser le rapport de force entre petites entreprises et banques. Une obligation d'informations des droits à leurs clents entrepreneurs ne serait pas inutile...

Enfin à toi qui dissocie bien les spéculations bancaires et leurs activités clients, les vases communiquants existent bien, lorsque la spéculation va plus mal...

http://www.latribune.fr/info/IDC1257330004EDF8CC12573D8006F0A42-$Db=Dossiers/subprime.nsf

Heu, je n'ai rien compris à la parabole du camion et du cycliste...
C'est mes yeux ou quoi ?
Bon, ben j'vais demander à Ségo !

Rédigé par: thierryl | le 01 février 2008 à 14:56

C'est toujours drôle d'entendre ceux qui ont élu un président tellement années 80 dans son style et ses gôuts, prêt à enfiler des oreilles de Mickey en bouffant des hot-dogs, qui veut ramener le droit du travail au début de l'ére industrielle, qui fait des discours internationaux aux accents reaganiens, nous parlaient de passéïsme.

Plus rien n'arrête les réac, ils sont vraiment décomplexés.

nef : pistes intéressantes, mais très éloignées du discours de Ségolène des pauvres contre les riches, qui n'aborde pas cette complexité, et se réfugie malheureusement derrière des facades qui entretiennent une belle confusion.

Sur le fond :
- bale 3 : certes, certes. On est quand même loin du sujet des pauvres à qui il faut rembourser de l'argent perdu.
- "les organismes qui ne se sont pas souciés de l'insolvabilité de l'emprunteur". Il y a en france des plafonds et des obligations en la matière. Ce qui, d'ailleurs, fait que la France est un des pays les moins touchés par la crise des subprimes de son point de vue conso/endettement. Je ne suis pas sûr, mais ça dépasse un peu mon seuil de compétence, qu'il faille absolument renforcer le caractère préventif (obligations légales amont, déjà très fortes). En revanche, il y a sûrement à faire pour renforcer la responsabilité des banques et organismes de crédit, leur obligation d'information transparente...
- pour le rapport entreprises-banques : c'est aussi une question de concurrence. Forcer les banques à prendre des risques qu'elles ne veulent pas prendre n'est pas une solution viable. Il faut que le système le permette mieux. Mais on s'éloigne doucement du sujet...

Rédigé par: versac | le 01 février 2008 à 15:09

Le sujet est bien qu'il y ait matière à intervention du politique sur le système bancaire, non ?

Au moins Ségolène tranche en ce domaine sur les autres politiques de gauche, qui se désintéressent de ce sujet qui touche à la vie quotidienne des entreprises et des français.

Disons qu'elle a traité de façon populiste d'un sujet populaire, mais au moins, elle ouvre le débat.

Comme j'ai l'impression que les liens ne passent pas sur ton blog un extrait de l'article de la Tribune.

....Néanmoins, si les banques demeurent les seuls véritables acteurs sur le marché du financement aux entreprises, elles n'assurent toutefois que le " service minimum ". Leurs problématiques de solvabilité liée à la crise et aux nouvelles normes prudentielles (Bâle II) les obligent à sélectionner fortement les entreprises qu'elles sont prêtes à financer. Le profil de risque d'une entreprise devient alors l'élément essentiel pour convaincre une banque de la financer. Les signatures des grandes entreprises comme Total, Renault ou EDF restent favorisées. Restent les petites et moyennes entreprises ou, pire, celles en création, qui risquent de connaître des difficultés. Ces dernières années, la faiblesse des taux et des risques n'avait pas poussé les banques à financer massivement le développement des petites entreprises, traditionnellement plus risquées. Avec les contraintes de bilan et la hausse des primes de risque, la tendance ne semble pas près de s'inverser...

versac | le 01 février 2008 à 15:09

Sur les subprimes, en l'occurrence ce qui a vraiment posé problème c'est moins le comportement des banques elle-même que celui des agences de notation et des régulateurs Fed en tête, me semble t il.

Et encore lorsque l'on voit le résultat final, c-a-d la différence BNP/SG ou UBS/GoldmanSachs, ils y en a qui ont vraiment déconné.

Rédigé par: RichardTrois | le 01 février 2008 à 16:07

Résultat final, tu es optimiste à mon avis, attends février/mars, la différence entre certaines provisions et la réalité risque de s'avérer douloureuse et exponantielle comme pour la SG (200 millions, 2 milliards)

Nous venons d'avoir une bonne démonstration de ce qu'aurait été la "méthode Ségolène + Désireux d'Avenir"

Majestueusement, elle s'avance et parle. Parfois tout ce passe bien. Mais de temps en temps elle se plante : hors sujet, preuve d'une incompétence crasse maquillés sous un vernis de populisme.

Alors il faut rattraper la bourde. Là rentre en jeux la horde DA qui se présente sous 3 visages.
1/ "Tu as dis du mal de la madone, vilain de droite !"
2/ "En fait elle ne voulait dire ça." (réinterprétation très libre de ses propos, puis glissement sur un sujet connexe)
3/ "Versac, tu devrais parler de ça, ça, ça et ça au lieu de dire du mal de la Madonne. Et puis regarde surtout ce que fait Sarko."

Telle maîtresse, tels fidèles.

@ celui
"plutôt jeune, plutôt informaticien, plutôt universitaire et plutôt centriste", et surtout dans l'insulte.

@celui : ça marche très très bien !

:-)
Est-ce à dire les insultes sont de mise par chez vous?

RichardTrois : mais non, tu es juste tombé dans une grand compétition international de trolls. Et ça fonctionne à merveille ! Celui me donne des cours, c'est tout.

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