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02 février 2008

Et si le problème de Mediapart, c'était Plenel ?

Le projet de Mediapart est intéressant. De nombreuses personnes de qualité ont rejoint le site, de premiers articles semblent prometteurs, les promesses sont très ambitieuses. J'en ai déjà parlé ici ou là. J'ai un doute personnel quant au modèle économique, et le soutien marketing de Ségolène Royal m'a choqué. Mais le projet reste intéressant, passionnant, même pour quiconque, comme moi, s'intéresse de près à l'avenir de la presse et de l'information. Au même titre que les expériences d'arrêts sur images, bakchich, rue89 et les sites d'information de tous types, qui tentent de trouver de nouveaux modèles.

Le principal problème de Mediapart, pour moi, c'est cette marque d'arrogance, assez typique de la démarche d'Edwy Plenel. En témoigne le dernier rebondissement de l'affaire, celle qui oppose le projet à Media-participations, groupe d'édition belge, qui lui reproche, bêtement, son nom un peu proche.

Immédiatement, Plenel sort le grand jeu (je grasse) : "un grand groupe d’édition veut s’approprier MediaPart.fr, le titre de notre journal en ligne" (faux, ils considèrent juste qu'il y a confusion avec une de leurs marques déposées), "mettant en scène un éléphant empressé d’écraser une fourmi" (David contre Goliath),  "nous condamner à lui verser un total de 90 000 €. Ce n’est pas indemnité, c’est une rançon" (que de mesure !), "la manière, comminatoire et dominatrice, d’un groupe économique puissant qui a une vision oligopolistique de son domaine d’activité" (hum, quelle finesse, surtout venant d'un ancien patron du Monde, qui avait la même vision oligopolistique), "cette voie de compromis n’intéresse pas nos persécuteurs", "même si des polémiques passées ont souligné le fort enracinement idéologique, du côté de la droite religieuse, de certains de leurs dirigeants" (quel rapport avec notre affaire ? aucun, mais ce n'est pas grave, diffamons, diffamons), etc...

Bref, cet article de Plenel est un torchon odieux. Mauvaise foi, insultes à peine masquées, absence totale de responsabilité.

Monsieur Plenel, il existe quelque chose de simple, en droit, c'est la propriété intellectuelle. Le fait, quand on lance un tel projet, avec l'ambition que vous affichez, de ne pas vérifier que votre marque n'entre pas en conflit avec d'autres existantes s'appelle de la négligence, voire de l'incompétence grave. Dans le cas, récent, du journal lancé par Nicolas Voisin, il pouvait encore plaider l'amateurisme, et changer son nom de 18h35 à six35, pour ne pas entrer sur les terres de 1835, agence vidéo déjà existante et ayant déposé la marque. Dans votre cas, vu l'ambition de votre projet, c'est vraiment une faute grave.

Mais le pire, en fait, n'est pas tant cette faute que cette volonté, très bien soulignée par Vinz, de transformer l'épisode en occasion de victimisation et de médiatisation de votre projet. La chose est odieuse, une fois de plus. Les épithètes utilisés pour qualifier le groupe Media-Participations sont incroyables, puent la haine. Tous les arguments sont sortis, tous les qualificatifs aussi, les plus grossiers, les plus mensongers.

Ainsi, selon la belle histoire de Plenel, nous arions d'un côté de méchants capitalistes sans intérêt pour l'information, prédateurs, ignobles massacreurs de l'information libre (ce sont des curés de droite, pensez-vous), et de l'autre la noble mission de MediaPart, qui veut faire du journalisme participatif, mission d'intérêt général qui ne saurait s'accoutumer de petitesses comme la propriété intellectuelle. A suivre le raisonnement tortueux d'Edwy Plenel, on sent qu'il pourrait demander la réquisition du nom de domaine "lemonde.fr", pour des réisons impérieuses d'intérêt général.

Je ne sais s'il y a confusion possible, si la requête de Media-participations est justifiée (confusion entre un nom de holding de presse et d'édition et celui d'un site d'information). Les juges en décideront. Le coup est certainement rude. Ce que je sais, en revanche, c'est que la défense de Mediapart est tout simplement odieuse et ridicule. Et que l'équipe d'Edwy Plenel n'a d'ailleurs pas jugé nécessaire de déposer la marque MediaPart, tout simplement. Ce n'était qu'un nom de code, ils s'y sont habitués. Ils vont devoir s'en défaire.

Pour moi, c'est décidé. Tant que MediaPart sera dirigé par un bonhomme aussi odieux que Plenel, tant que ce projet se pensera comme l'unique et définitive voix de la vertu contre le monde entier, je ne m'abonnerai pas. J'ai la vague impression que la révolution du journalisme participatif passe -aussi- par une vision un peu plus humble et une approche moins arrogante.

EDIT : je cite le commentaire de Nicolas Jouandet, que je partage totalement :

Votre histoire m'en rappelle une autre, tellement semblable que la coincidence en est amusante (http://www.kronikhall.com/archives/2008/01/defense_de_la_m.html).
Bien que journaliste, et donc souhaitant le plus brillant avenir à votre projet éditorial, M. Plenel, je pense que vous avez trois fois tort. Tort en termes juridiques (je souhaite bien du plaisir à vos avocats), tort en termes éthiques (il est désagréable que vous mettiez en avant la liberté d'expression au dépens du droit à la propriété intellectuelle d'autrui), tort en termes de management enfin (comme chef d'entreprise, vous aurez bientôt à défendre vos propres actifs, votre propre identité. Vous en prendre à la marque d'un autre, c'est démarrer sur un mauvais pied).

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Voici les sites qui parlent de Et si le problème de Mediapart, c'était Plenel ? :

» Et la participation vint aux journalistes : nouveaux médias en ligne de Adverbe.com - Ecrire pour le Web, formation, travail en réseau à distance, conseil éditorial, rédaction
On peut se réjouir quen moins dun an le paysage éditorial de la presse en ligne senrichisse dexpériences innovantes marquantes. Innovantes car elle rompent avec une sorte de repli agressif de beaucoup de journalistes vis-... [Lire la suite]

Commentaires

Il faut absolument aller lire les commentaires sous son post sur mediapart, c'est un grand moment de bonheur pour les amateurs de freaks.

Bravo Versac pour ce billet courageux !

Plenel passe son temps à endosser le statut de "victime" de l'argent, des sarkozystes, des censeurs, des puissants, des méchants, etc.

C'est ça manière à lui de faire du journalisme. Il parle bcp de journalisme, trop même, mais oublie souvent d'en faire du journalisme.

Mediapart est un bidule qui tourne sur lui-même et qui entretient une mythologie du vrai journalisme, etc. En attendant, il n'y a pas plus d'enquêtes que ça.

Le modèle économique de mediapart est évidemment absurde aujourd'hui. Quand mediaprt se cassera la figure faute de financements, on entendra à coup sûr Plenel gémir qu'il est la victime du grand capital qui tente de le censurer, lui, la voix de la liberté de la presse et du vrai journalisme, et ainsi de suite. C'est son fond de commerce, au fond, de parler d'un journalisme qui n'existe pas et que surtout il ne pratique pas.

On peut également considérer qu'il y a là l'illustration d'une dérive de la propriété intellectuelle. Mais c'est en effet un débat qui demande un peu plus de finesse que la prose de Plenel.

Plenel est une petite frappe trotskiste, tout le monde sait ça. Théorie du complot, manipulations, amalgames, malhonnetetés intellectuelles, diffamation... Toutes ces bonnes vielles méthodes sont courantes sous sa plumes.

Pour exemple, voici les premières lignes de l'un de ses premiers post sur mediapart, intitulé "Affaire Dasquié, l'Etat piétine la liberté d'informer":

"Mardi soir 4 décembre, je recevais sur mon portable un appel téléphonique du journaliste Guillaume Dasquié. C’était pour me confirmer son envie de rejoindre le projet MediaPart qui bénéficierait ainsi de son expérience d’enquêteur indépendant dans le monde du secret d’Etat. Le lendemain matin, il était interpellé à son domicile par cinq policiers de la Direction de la surveillance du territoire (DST)"

Bien entendu si vous cliquez sur "lire la suite" et si vous lisez le reste de l'article, vous decouvrez qu'il n'y a aucun lien entre les deux évènements, le coup de téléphone de Plenel et la descente de police. Mais qu'importe, l'objectif est atteint, l'écrasante majorité des internautes qui se seront contenté de lire le chapeau, ou de lire l'artcile en diagonale, auront eu l'impression que Mediapart est persécuté par le pouvoir... On peut passer à l'étape suivante: abonnez vous pour lutter contre l'hydre capitaliste qui veut nous réduire au silence!

Et bien entendu il se trouve tout un tas d'imbéciles pour y croire (cf les commentaires sous l'article cité par Versac) Résister contre un ennemi imaginaire, quel bonheur! Se prendre pour Jean Moulin sans prendre le moindre risque, quel pied!

fr5ed f5sh . "Mediapart est un bidule qui tourne sur lui-même et qui entretient une mythologie du vrai journalisme, etc. En attendant, il n'y a pas plus d'enquêtes que ça."

Normal, le site n'est pas encore lancé !

EL : "On peut également considérer qu'il y a là l'illustration d'une dérive de la propriété intellectuelle. Mais c'est en effet un débat qui demande un peu plus de finesse que la prose de Plenel."

Exactement. Et j'ajouterais qu'un manager prudent aurait tenté d'évaluer la chose en amont, voire de prendre quelques contacts avec media participations pour négocier un agreement.

Mais non, Plenel se croit au-dessus de ces basses oeuvres, sans doute.

Avec mon commentaire, et ton renfort qui en remet une sacrée couche, je doute fort que Plenel me commande la moindre petite vidéo. L'ironie, c'est que je lui avait adressé une forme de proposition de collaboration, et j'avais du bien insister sur le fait que "NJ de 1835" n'était pas la même personne que "NV de 18h35" (précision d'autant moins anodine que Voisin avait tapé fort sur le projet Mediapart)... C'était l'illustration vivante que tout usage détourné -même involontaire- d'une marque peut représenter pour elle une réelle nuisance.

Joli décryptage ou décapsulage de la technique diffamatoire trotskyste française avec positionnement victimaire.
Rien à dire...

Je vous trouve bien sévère. Votre réquisitoire est finalement aussi mesuré et nuancé que celui d'E. Plenel. Et encore celui-ci est-il dans la situation de l'attaqué, il a des circonstances atténuantes. Où a-t-on vu une organisation attaquée faire dans la nuance.
Sur le fond, je pense que c'est à la Justice de décider s'il y a oui ou non préjudice et non respect de la propriété intellectuelle. Et que c'est largement jouable pour MediaPart. La société Medias-Participation n'ayant jamais utilisé le terme MediaPart.

Cela étant dit, je pense cette assignation est une bénédiction:
l'occasion de trouver un nom plus "sexy" et en adéquation avec ce qui fait la grande valeur de ce projet à mon sens, le focus sur l'enquête et la diversité des talents réunis autour de Plenel (que je ne connais pas et donc que je jugerais sur pièce, abonné depuis le 2007/12/12).

les médias traditionnels ont BHL
les nouveaux ont Plenel... chacun sa croix

Sur ce post, d'accord avec vous Versac.
Je pense que Plénel est le contraire d'un grand journaliste, ses dérapages dans le passé sont là pour le prouver.

Et c'est ce qui fait que non je ne parviens pas à surfer sur Médiapart.

Quant à la simple précaution de vérifier qu'un nom n'est pas déjà une marque déposée, c'est d'une inconséquence. Quand on investit, c'est effectivement la première chose à faire.

La position de 'victime' qui se défend est un grand classique dans le comportement de Plénel. Mais là en l'occurence, il est juste victime de sa bêtise.

http://anthropia.blogg.org

Quand je tape mediapart sur Google, je reçois la suggestion:

Essayez avec cette orthographe : mediapark


Coincidence????

Je ne pense pas que le principal problème de MediaPart soit l'arrogance de Plenel, ni sa personne.

Sous couvert d'invocations de la transparence, du respect du pluralisme, de la démocratie se dissimulent - assez mal si on a suivi l'évolution de MediaPart - des réglements de compte personnels (cf. la saga financière de Mauduit) qui tournent en vérité à la manipulation d'opinions.

C'est la seule justification du modèle économique choisi à la fois par MediaPart et par @si.net: Plenel et Schneidermann savent qu'ils ne peuvent pas s'appuyer sur le financement publicitaire, non pas parce que ce financement implique une dépendance mais bien parce qu'ils ont la volonté claire de s'attaquer de manière très subjective à certains puissants qui ne peuvent dès lors leur accorder leur confiance et leurs subsides.

Une guerre médiatique s'amorce sur Internet non, contrairement à ce qui est prétendu, contre le système médiatique traditionnel mais contre des personnes que l'équipe Plenel et l'équipe Schneidermann tiennent pour responsables de leur "déconfiture" respective (à noter que Plenel est dans la ligne de mire de Schneidermann pour ces mêmes raisons).

Je fais confiance à la clairvoyance de chacun des abonnés de ces sites pour faire en sorte, si mes soupçons se confirment, que cette guerre dangereuse parce qu'uniquement destructrice, ciblée et sans l'ombre d'une proposition d'un réel renouveau médiatique, fasse uniquement deux victimes: MediaPart et @si.net.

Rappel : Bayrou a lui aussi soutenu Plenel, sur le site même (version AFP : http://afp.google.com/article/ALeqM5jHsTtB-O4ULPDbcmmtAl2Uk870aA)
Royal s'était déjà beaucoup exprimée sur le sujet d'ASI etc. C'est une mode de défendre la pluralité de l'information, surtout lorsque celle-ci peut plutôt nous servir, je ne sais pas si c’est « choquant » en tant que tel ?

"J'ai la vague impression que la révolution du journalisme participatif passe -aussi- par une vision un peu plus humble et une approche moins arrogante."
Pour cela, il faudrait peut-être éviter que ce journalisme participatif soit de plus en plus développé par des journalistes qui ont été plus ou moins malheureux ces temps-ci dans les médias 'traditionnels' et qui gardent parfois une certaine rancœur, voire l'absolue certitude d'être "meilleurs". Cf. Plenel, Schneidermann...

Je ne mets pas Plenel et Schneidermann dans le même lot.

Pour moi, Schneidermann n'a jamais oublié son métier de journaliste, il n'a pas donné dans la com' ni dans la pseudo-investigation (qui reprend mot pour mot les messages des copains), à la manière de Plenel.

Son projet ASI est un petit bijou de positionnement juste et de démocratie interne. On peut le contester, ne pas être d'accord avec lui, il ouvre ses pages, l'internaute peut s'exprimer, pas de chasse aux sorcières mise en scène, de l'humour ou du débat.

90 000 euros, ça vous dit quelque-chose?

Avant d'utiliser plusieurs fois le mot "odieux" pour Edwy Plenel, prenez un peu de recul s'il vous plaît, mettez-vous à la place d'une jeune équipe qui monte son affaire, et voyez dans quel état ça vous mettrait si on vous menaçait d'entrée, de vous faire cracher 90000 €, c'est-à-dire en clair, vous faire disparaître...

Mais peut-être êtes-vous absolument incapable de prendre du recul si c'est Edwy Plenel qui se charge d'en parler au nom de tous les autres?

Lisez-aussi les commentaires des lecteurs de MediaPart (si votre affaire personnelle avec Plenel vous en laisse le temps):
Vous verrez que je ne suis surtout pas "un inconditionnel transi" de ce que j'appelle moi-même bien maladroitement "le gauchisme" qui semble poindre à MediaPart.
Simplement, c'est un esprit général qui anime bien naturellement tout un ensemble de gens, qui peut-être se situent plus généralement "à gauche". C'est une "paranoïa" (la liberté perdue de la presse), non de quelques journalistes isolés, mais bien de millions de lecteurs, auditeurs, téléspectateurs qui au fil des ans, ont cessé de reconnaitre leur presse, et qui, quand ils voient apparaître des projets comme MediaPart, bien entendu se ruent dessus et en profitent pour libérer leurs frustrations quant à leur liberté d'information.

La tradition veut que l'on "salue un nouveau confrère", au nom de la pluralité d'expression. Quels que soient l'orientation politique, le modèle économique, le projet éditorial, nous devrions tous nous réjouir de voir naître un nouveau média. A chacun de s'abonner ( puisque tel est le modèle ) ou de le supporter s'il le souhaite.
Plenel se défend et attaque au nom de son projet. Vous attaquez sa personne : "bonhomme aussi odieux que Plenel".
Voilà qui rend le reste de votre argumentation totalement oiseuse, comme la dispute juridique qui en est le prétexte, et le règlement de comptes le vrai sujet. Bas !!


Je ne suis pas tout à fait d'accord avec le principe qui anime le billet.
Je suis pour ma part toujours du côté des plus faibles.
Et lorsque je constate que l'ensemble de la presse française est soit sous influence des annonceurs, soit sous celle des décideurs politiques, soit tout simplement sans intérêt, je pense que l'émotion de M.Plenel pour son projet dans lequel il met une bonne partie de ses économies est légitime.
Mediapart est quelque chose de tout petit pour le moment. Et voilà que vous avez un mastodonte qui parce que le droit le permet, donne un bon coup de massue sur l'édifice.
Ajoutez à cela ceux qui ajoutent une couche en analysant avec des verres déformants (surtout pas des lunettes de gauchiste, on ne sait jamais, ça pourrait vous donner mal au crâne), les propos du père de Mediapart.
Notez tout de même que M.Plenel n'est pas seul dans l'aventure.
Notez que jusqu'à présent vous n'auriez pas eu l'audace de créer une entreprise équivalente. Sans doute pas nous plus le talent.

Je n'aime pas qu'on appuie sur la tête d'un homme en train de couler ... Même si à la prochaine vague il refera surface.

La critique est façile mais il ne sert à rien de se monter la tête. Je préfère connaitre les coms négatifs une fois que le site sera lancé et que l'on pourra juger sur pièce. Pour travailler tous les jours avec Edwy Plenel, j'ai l'impression que vous parlez d'une autre personne. Pas d'arrogance chez lui mais de l'humilité et une envie folle de pousser son équipe à se surpasser, de sortir du parisianisme, de la gauche bobo, des sujets consensuels. Au coeur du projet: de l'enquête, de la rigueur et de la créativité, comme chez les Anglais. C'est mon école. A bientôt et vos commentaires sont les bienvenus sur MediaPart, pour animer le débat. Un journaliste de MediaPart.

@Jordan Pouille

Je veux bien vous croire, mais le traitement de cette affaire de procès avec Media-participations par Edwy Plenel augure très mal. Ce n'est nullement du journalisme d'investigation. Cet article est une dyatribe pleine de poncifs gauchistes et très pauvre en faits ; débordant d'accusations mais totalement denuée de preuve (faute d'investigation ?).

Et puis faire donner Mignard en défense, je veux bien mettre ça sur le compte de la maladresse, mais alors c'est vraiment très très maladroit.

On ne peut pas donner des leçons d'indépendance à toute la presse intergalactique, afficher une telle proximité de connivence avec Ségolène Royal, et même temps la nier contre toute évidence...

En+, Plenel sait-il à quoi ressemble un internaute ? En a-t-il déjà rencontré un en vrai ?

Sa façon d'aborder le net : parler beaucoup de la presse tradi, ne parler presque que de ça, comme s'il ne pensait qu'à ça, mais rester dans le flou le plus total quand il s'agit de préciser ce que Mediapart voudrait apporter de différent par rapport à ce qui existe déjà sur le net (Agoravox, Rue89, lepost, et quelques millions de blogs...).

Internet ne l'a tout de même pas attendu pour essayer de proposer une information différente. Plenel donne l'impression d'arriver là comme si personne n'avait rien fait avant lui. Je ressens là, moi aussi, l'expression d'une très profonde arrogance. +1 pour Versac.

@René : j'ai déjà salué MediaPart. Tout en émettant de sérieux doutes sur l'option stratégique du payant et du "hors web". Et ce n'est pas ma conception du débat que de tout laisser passer sous prétexte qu'on est petit.

Oui, j'attaque Plenel, qui produit un article qui me déplait fortement par ses relents désagréables. Je ne crois pas que cela rende ma critique oiseuse (?) : c'est vous qui fuyez la réponse.

@Jordan Pouille : je ne demande qu'à juger sur pièces (encore que, pour cela, il faille payer avant : j'ai acheté Le Monde plusieurs fois avant de m'abonner). Mais je ne veux pas entrer dans cette logique de victimisation et de monopole de l'intérêt général. MediaPart n'a pas à s'affranchir des règles habituelles de gestion d'une entreprise, et du droit, sous prétexte de la valeur de son projet.

Je vous souhaite tout le succès possible. Mais je doute sérieusement de la promesse participative, compte-tenu du ton utilisé par Edwy Plenel. S'il adoptait une logique participative, il livrerait à ses lecteurs les éléments sur pièces, sans user ainsi de déformations grotesques.

@Honorgate : votre billet ne vous honore pas. Le fait que je n'aie pas le talent d'Edwy Plenel m'interdirait-il de ne pas être d'accord avec un de ses articles ? On se croirait dans une réunion de trotskos : ataque ad hominem plutôt que réponse sur le fond. Très très chic.

@ Versac :

"ce n'est pas ma conception du débat" ?
Mais c'est quand même extraordinaire, l'ami, tu te sarkozises ! ;)

A quand une enquête sur l'influence sémantique et gestuelle du petit Nicolas sur 60 millions de Français ?

Je lis ce blog depuis peu et ce post m'a surpris par sa virulence. J'ai donc lu l'article de PLenel que j'ai trouvé plutot sensé et plus mesuré que ce post. Je lisais le Monde du temps de Plenel et je dois avouer que j'adhère a sa vision du journalisme. En France, le journalisme est d'abord un journalisme d'opinion.. ce qui revit avec la blogosphère et des sites tels que agoravox, ... Toutefois, la blogosphère a des tendances égocentrique et ne parle souvent que d'elle même. De ce point de vue, la démarche de médiapart peut paraître intéressante. Et je trouve nombre de commentaires bien sévères sur un projet qui n'a pas encore vu le jour... bref, tout ca sonne un peu trop à mon goût : "Haro sur Plenel et son nouveau joujou qui vient nous faire concurrence chez nous !"

.... à moins que ca ne soit la connivence de ce petit monde de mediapart avec Ségolène Royal qui gêne... Je ne donnerai pas mon opinion sur la dame, mais je pense aussi qu'il faut savoir faire la part des choses...

Anthony B. : vous rejoignez donc la cohorte de ceux qui prêtent des intentions et ne répondent pas aux faits.

Raté, ça ne marche pas. Je serais très heureux du succès de MediaPart, et qu'en plmus ce projet prenne ce qu'il y a de bon dans le journalisme, en se débarassant des petites méthodes de trotskiste à la petite semaine. C'est tout.

Ert pour ma part, je n'aime pas journalisme d'opinion, et je ne crois pas trop qu'il revive avec les blogs ou Agoravox. J'attends d'un journalisme qu'il ne me donne pas de leçons, mais qu'il me livre des faits avec exemplarité.

Quant à "la blogosphère", elle n'existe pas. Et elle ne fait pas de journalisme. Vos accusations de concurrence présumée sont stupides.

@Anthropia
Schneidermann ne fait même plus d'enquête sérieuse: il balance des contre-vérités (cf. l'affaire de l'interview fantôme de Carla Bruni) ou des billets d'humeur fielleux (cf. l'affaire de la une de l'Obs sur Simone de Beauvoir nue). Cela n'a rien à voir avec du journalisme. Quant à la démocratie interne, Schneidermann est le roi pour affirmer à ses abonnés qu'ils sont chez eux sur @si.net tout en leur rappelant, lorsque certains critiquent l'ensemble de sa ligne éditoriale et qu'il ne la bouge néanmoins pas d'un poil, qu'ils sont ici chez lui. Alors après, il reste la tribu des inconditionnels dont vous faites partie,qui, quoi que disent Schneidermann et son équipe applaudissent et se ruent sur les mécontents pour les houspiller. L'avantage là-dedans, c'est qu'@si.net ne peut tenir en étant uniquement financé par les aficionados du BBB.

@Jordan Pouille (entre autres...)
Le problème de MediaPart est simple et clair: c'est l'association Plenel-Thieulin.
On peut reconnaître à la décharge de MediaPart son honnêteté en ayant mis dans la fiche de présentation de Benoît Thieulin son C.V. exhaustif, avec sa collaboration avec Ségolène Royal mais surtout le fait que sa Netscouade soit spécialisée dans "l'influence en ligne". Un concept bien particulier, je trouve...

@Anthony B
Nul doute que Plenel soit un grand journaliste. Mais il a dans l'esprit de mettre le talent d'une équipe au service d'une vision politique. Alors que le Net a besoin d'un journalisme qui serve le débat démocratique. Cela implique de relater les faits, rien que les faits, et de laisser à tous les citoyens (d'où l'importance d'un modèle économique gratuit...) le soin de les commenter.

Le tort de Plenel (et je le lui ai dit) est de venir sur le Net en s'appuyant sur des politiques alors que le seul journal (et je parle bien d'un journal, donc d'un media fait par des professionnels) qui exploitera à fond la révolution médiatique qu'offre le Net s'appuyera sur le peuple et le débat démocratique.

@Versac: Je regrette que vous preniez un compliment destiné plutôt à M.Plenel comme une insulte à votre égard. Il y avait peut-être deux façon de comprendre la chose, vous choisissez celle qui vous permet de botter en touche. Très classe, je vous renvoie la balle.

Vous auriez tout aussi bien me répondre sur le fond. Pourquoi vous n'hésitez pas à surenchérir une attaque sur les plus faibles au profit des plus forts ? Car c'est cet aspect là qui me chagrine chez vous. Et c'est un aspect qui m'apparait essentiel.
Je me répète, je n'aime pas qu'on appuie sur la tête d'un homme qui se noie, et vous ?

@versac
je n'accuse pas.. pour reprendre à l'envers les mots d'un Zola.. j'essaie de comprendre les tenants de votre article qui m'a un peu surpris, c'est tout. Je ne vous accuse de rien. J'expose juste une imression personelle qui peut se révéler, et qui selon vos dires est donc erronée.

@versac et Franade
Qu'on le veuille où non, la presse française se classe dans les presse d'opinions, à l'opposé de la presse anglosaxonne. Cette presse d'opinion à mon avis se meurt face aux gratuits qui reprennent les dépêches afp/reuters en boucle et les journaux historiques d'opinion qui se rettrouvent de manière récurrente en difficulté ( ex : le monde, libé, ..

Honorgate : Plenel se noie ? Dernière nouvelle ! Il vous fai dire cela, oui, et se vitcimise. Ca marche. Il risque un changement de marque (fallait vérifier avant), et un bon procès qui médiatise un peu plus MediaPart. Pas de noyade en vue.

Si votre problème, ce sont les faibles et les forts, eh bien soutenez-moi : je suis bien plus faible que Plenel et ses soutiens financiers et de pouvoir (jamais S Royal ni F Bayrou n'ont appelé à soutenir versac, croyez-moi).

Franade : le problème de mediaPart n'est pas l'association Plenel-Thieulin. En tout cas pas pour moi.

Anthony B : je veux bien vous créditer de bonne foi, mais vous comprendrez que je réagisse de cette manière quand, à chawue fois que je fais un billet critique sur SR ou Mediapart, une flopée d'inconnus vient tout d'un coup déposer des commentaires parlant non du fond, mais de mon positionnement personnel.

Je suis ravi de ces sites d'info nouvelle vague. Je consomme du bakchich, du sourcesure, du rue89, de l'agoravox, mais aussi du Monde ou des Echos, et beaucoup de blogs. Je leurs rends hommage, je les lie, j'en dis du bien. Je ne comprends pas du tout cette obsession à faire croire à une forme de concurrence pressentie, ou d'intention maligne, fort peu à propos.

@versac
Ben quand même...

Mignard et Tordjman sont les avocats de MediaPart dans cette affaire.

On rappellera que les deux sont aussi les avocats de Ségolène, et que le premier n'est ni plus ni moins que le président de Désirs d'avenir.

Cela commence à faire beaucoup pour un journal qui se veut indépendant du politique...

Spirou vs Edwy Plenel, ca c'est du choc de titans !

Franade : que la proximité entre SR et MediaPart soit un problème pour l'indépendance, oui. Mais je n'aime pas la personnalisation de ce problème (Plenel-Thieulin).

Alors que la personnalité et les méthodes de Plenel ne me semblent pas extensibles à Mediapart dans son ensemble.

Enfin Versac montre qu'il peut avoir" des frelons dans la culotte"(copyright Chirac)par cet article bien senti !

J'avoue que ce bottage de cul m'a fait plaisir!

...Mais ,Versac,le droit de la propriété intellectuelle c'est d'un bourgeois!

Pas de droit de la proprièté intellectuelle pour les tenants du gros capital!

Tiens,ce soir je me farcis quelques pages de "la face cachée du Monde"avec un bon whisky!

A la bonne vôtre,Versac!finalement vous n'êtes jamais aussi bon que lorsque vous cessez l'eau tiède!

Je vais vous relire enfin!

Si la petitesse de Mediapart est flagrante face aux géant belge qui a décidé d'en découdre, l'indépendant des journalistes du projet ne devrait pas être mis en doute, même par l'arrivée indispensable de capitaux. Comme quoi même les trotskistes utilisent le business (ça c'est pour ceux qui aiment bien les petites cases à remplir, histoire d'abréger la souffrance d'une compréhension).
De cette indépendance et clairvoyance, je pense que l'on pourrait au moins attendre de voir ce que ça donne au fil du temps.
Vous aurez alors peut-être raison. Mais nul n'est prophète ici je présume.

Enfin si effectivement Plenel ne se noie pas (j'aime beaucoup votre facilité à traiter sur la forme), mais boit la tasse, personnellement je n'aimerais pas être à sa place, les enjeux sont tout de même réels. Toujours est-il que même dans ce cas là, je pourrais faire autre chose que de l'éclabousser. :)

@versac
Rassurez-vous, c'est la relation que je condamne, pas les personnes. Plenel et votre ami Thieulin sont sûrement charmants, talentueux et animés des meilleures intentions mais c'est le cocktail qu'ils forment tous deux qui passe mal.

J'avais demandé sur MediaPart des explications à Benoît Thieulin au sujet de ce soutien "marketing", comme vous dites, de Ségolène Royal. A la place, François Bonnet, directeur éditorial de MediaPart, m'a alors gentiment expliqué que l'influence de Thieulin serait nulle dans le contenu du journal. Or, MediaPart a récemmment mis en ligne un diaporama de ses locaux et de ses acteurs et, ô surprise, Thieulin y est très présent, souvent en discussion avec Plenel. Ce qui laisse à penser qu'il a une place bien plus importante dans le projet que ne le laisse entendre Bonnet.

Alors maintenant répondons à Honorgate: dans l'hypothèse folle où MediaPart ne serait qu'un organe de communication appartenant au réseau de Ségolène Royal, réseau qui contient aussi de grands et riches hommes d'affaires (en plus des grands avocats...), où se situe réellement sa petitesse ?

@Franade: Je comprends que puisque Mediapart insiste sur son indépendance, vous soyez naturellement enclin à la suspicion lorsque des collusion semblent exister.
Pourtant je persiste, rien n'est encore sorti de tout ça. Attendons de voir.
En revanche, si l'idée folle dont vous parlez se confirme, je serai bien déçu, même si je suis un partisan de Mme Royal.
Enfin, pour la petitesse, tout de même ne soyons pas de mauvaise foi. Entre le projet Mediapart et la holding belge à l'origine du procès, il y a un gouffre. Nous parlons donc bien de deux boxeurs, l'un poids mi-mouche, l'autre super-lourd. :)

Honorgate : arrêtez avec la fable du petit et du gros. Il s'agit d'un problème de droit, et celui-ci est là justement pour protéger le faible contre le fort. Qu'on soit petit ou naissant ne vous autorise pas à abuser de la propriété intellectuelle d'autrui (sinon, après tout, puisque MediaPart est petit, pourquoi n'iraient-ils pas piquer des contenus ici et là, photos, articles, etc... à des grands groupes).

Oubliez trente seconde l'idée que Media Participations est un vilain prédateur qui veut écraser MediaPart. Et considérez le problème de droit. Point. Le risque financier est de toute façon réduit, pour MediaPart (les 90K€ affichés sont là pour faire croire à un gouffre, mais mediaPart 'aura pas à les payer, et les a de toute façon).

Il s'agit juste, pour moi, d'une erreur de gestion (oublie de dépôt de marques) maquillée en délire consporationniste, de manière un peu outrée. Vous ne faites qu'y plaquer une fable qui raconte une belle histoire de persécution, mais ne fonctionne pas.

Je ne sais pas si ça va te rendre service que je l'affirme, versac, mais le fait est que j'ai eu très exactement la même réaction que toi.

Des réactions comme celle de Meadia-Participations, y'en a plein les répertoires de jurisprudence. Il s'agit ni plus ni moins que d'une entreprise qui s'efforce de protéger sa marque, et d'éviter les risques de confusion à l'avenir.

Rien ne dit, pour le moment, qu'elle ait raison. Ce sera au Tribunal d'en décider. Mais le lamento de Plenel est ridicule.

J'ai de plus en plus l'impression qu'ici dès qu'on voit de près ou de loin SR.... ça surréagit...

Sur les connivences faudra aussi m'expliquer les "non-liens" entre les dassault, bouygues, bolloré, Minc et Nicolas Sarkozy... mais là... comme cela devient une habitude ici... ce n'est pas pareil pour lui.

Bon, face aux enièmes commentaires m'accusant non sans un certain sens du ridicule de :
- ne pas traiter sarkozy à l'éal de royal
- avoir des idées derrière la tête ou des intentions cachées
- et autres procès d'intention divers

tous de personnes ne commentant que sur les sujets mediapart/royal. Et ne lisant sans doute pas le reste.

Je ferme les commentaires sous ce billet. C'est fatiguant, et je n'ai pas le goût de récolter ainsi des procès d'intention à longueur de journée.

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(...)


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