Freins au journalisme en ligne
- d'abord, une méconnaissance de l'Internet, assaisonnée de fantasmes (le net, dénoncé à tort comme la "poubelle de l'info", a mauvaise presse). L'affaire du sms et du Nouvel Obs n'a rien arrangé.
- de la peur chez les cadres (mais aussi des reporters). Celle de voir évoluer leur média vers des domaines de compétences qu'ils ne maîtrisent pas (et donc d'être mis de côté). Parallèlement, d'autres cadres et journalistes sont hyper-motivés, ont plein d'idées et ne demandent qu'à être formés pour évoluer : ces gens risquent de quitter ces rédactions.
- l'âge de certains cadres qui, passés 50-55 ans, freinent des quatre fers en espérant arriver à la retraite avant l'apocalypse...
- des patrons de médias qui, n'y connaissant rien, se retrouvent amputés de leur meilleure arme: l'intuition. Capables d'investir sans hésiter dans un support papier ou télé, mais désemparés à l'idée de sortir plus de 10.000 euros dans un projet Internet.
- des modèles économiques pas encore complètement calés. Il y a de l'argent, mais les tarifs pubs sont trop bas, et la pub n'est pas aussi efficace qu'on pourrait l'espérer.
- des baronnies internes impossibles à dévisser, des placardisés qu'on retrouve dans les services internet...
- des patrons de l'Internet souvent incompétents (ils ne le sont pas tous) , placés là pour d'autres raisons, qui échappent... à la raison.
- des questions de droits d'auteur en suspens (alors qu'on en parle depuis 10 ans, de nombreux journaux n'ont toujours pas réglé avec les syndicats ces accords qui permettraient aux journalistes d'écrire ou d'envoyer leurs photos sur le web).
- des discours globalisants et donc tétanisants : vous devez devenir "plurimédia".
- dans les régions, une prise en main désordonnée du Net par les services pub ou des DG, pressés de sauver leurs petites annonces et de faire du business sur le Net, mais à l'ancienne... en distribuant n'importe quel contenu pourvu qu'il soit thématique.
- une vision désastreuse (pour le média) du Net, qui ne serait "qu'un nouveau support de distribution de nos contenus" (d'où le terme : "plurimédia", et les blocages syndicaux qui suivent...), alors que l'on doit concevoir la création d'un projet Internet comme celle d'un nouveau média (même quand on envisage une mutualisation des moyens).
- et maintenant tout le monde s'affole sur le mobile, sans avoir réglé le reste...
La suite chez Benoît Raphaël... Tout ça est on ne peut plus vrai...



Je rajouterais un petit élément, Versac. Tout le monde sait qu'un journal en ligne ne doit pas être la copie conforme du "papier". Beaucoup de journalistes sont donc hostiles au web en ce qu'il constitue un travail supplémentaire qui bien souvent n'apporte pas de revenu en plus (contrairement à l'adage sarkozyste).
Parfaitement d'accord avec tous les autres points. On le constate tous les jours, j'ai beaucoup ri sur les placardisés qu'on met au web...
Rédigé par: le chafouin | le 26 mars 2008 à 02:48