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mars 2008

31 mars 2008

Conseils généraux : la parité ?

C'est un petit billet sur le blog d'Alain Lambert, où Corine montre les photos de groupe du Conseil Génral de l'Orne. On se prend à cliquer. Puis à chercher.

Et on trouve. Là, tout en bas à droite.

cgorne

Une femme.

Une.

C'est là qu'on se dit que les conseils généraux sont bien des endroits protégés des mouvements de notre société. Et qu'il serait temps de s'intéresser un peu à leur mode d'élection, à défaut de penser leur avenir et leurs responsabilités.

28 mars 2008

Dati, tout doucement vers la tombe politique

Petit à petit, Dati creuse son trou, un décalage profond avec l'opinion.

Elle claque. Dior et réceptions répétitives. Boucles d'oreilles prêtées que même Michel Denisot veut.

Elle réforme à la hache. Au point que tout projet d'évolution de carte administrative doive désormais être mené "différemment de la carte judiciaire".

Bref, pas facile. Du coup, la réaction est habituelle. Elle s'enferme, s'isole, se coupe et se protège, avec des mots et des idées. De ce point de vue, le visionnage de la vidéo révélée par bakchich est très révélateur. Et sans doute un des objets les plus révélateurs qui soient. Je m'étonne que cette vidéo n'ait pas encore fait tout le bruit qu'elle pourrait faire (j'aurais misé sur plus de 126.000 vues deux jours après).

Tout y est. La fin du off, disaient certains, qui allait obliger des politiques à cesser ces doubles langages. Il y a encore du boulot, manifestement.

Plus que trois jours...

Tu es sympathisant socialiste ? Tu as envie de t'investir dan ce parti, dans la perspective de la désignation de son premier secrétaire et de son orientation des années à venir ? Tu avais adhéré à vingt euros, comme beaucoup d'autres, tu n'as pas renouvelé, un peu dégoûté, après la présidentielle ?

Bref, tu veux revenir (tu ne dois pas forcément être très nombreux).

Alors, dépêche toi !

Il te reste trois jour pour adhérer au PS et être en mesure de voter. Trois jours pour adhérer, et, vite, aller te "présenter en section". Parce que non, la simple adhésion ne suffit pas, coco. Entendons-nous bien, il faut que ton secrétaire de section voie ton visage et consigne ton ADN socialo-compatible, teste ton habileté à coller des affiches, réelles ou virtuelles, et vérifie ta technique de tractage come ton habileté à prendre la parole lors de réunion de sections, avec un vocabulaire approprié.

Après, tu pourras t'investir dans de longs débats, et, dans six mois, voter.

Tu vas me dire que c'est quand même incroyable. Qu'on ne connaît ce calendrier que depuis mardi, et que la période de campagne interne débats entre camarades pourrait être mise à profit pour élargir la population de militants, que, là, c'est une belle porte claquée au monde extérieur, aux adhérents putatifs. Une chance manquée de tenter de faire du PS plus qu'un parti de notables élus.

Je te répondrai que oui. Tu as bien raison.

(via marc vasseur)

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Et voilà. 1826 jours de blogging. Chiffre un peu surréel, et échéance un peu vaine qu'un blogiversaire. Aurais-je du choisir le premier message posté sur un newsgroup ? Sur un forum ? Le premier blog visité ? Le premier commentaire déposé sur un blog ? Non, il y a, malgré tout, cette étape, où j'ouvre mon blog. C'est autre chose que la page perso que j'avais créée en 96 ou 97.

De ces cinq années, pourtant, la dernière est celle où j'ai pris le moins de plaisir à bloguer. Sans doute par effet de médiatisation, la cassure d'un mouvement qui était jusqu'ici vertueux, dans lequel j'avais des lecteurs et commentateurs stimulants, qui me forçaient à leur rendre la monnaie de leur pièce. Rupture d'une logique d'intimité. Croyez-moi, la célébrité, toute relative, n'a pas que du bon. Le blog est sans doute, par essence, un truc de petites grappes de gens. La longue traine, ça marche.

Et puis, il ne faut pas se le cacher, bloguer en disant des choses intéressantes nécessite, sinon du temps, du moins de l'attention et la concentration minimale pour donner. Et depuis la création de spintank, il y a deux ans, j'ai de moins en moins sinon de ce temps, du moins de cette attention permanente et approfondie à des sujets que je peux bloguer. Et quand je l'ai, je m'interdis d'en parler, pour éviter les conflits d'intérêt.

Pas facile. Tout cela ne gâche en rien les fantastiques joies, découvertes, rencontres que m'ont apporté ces cinq ans de blogging. Ca ne tue pas un instant tout ce mûrissement politique auquel m'a forcé la pratique de l'écriture publique quotidienne (et il reste beaucoup à faire). Mais enfin, il y a des moments de lassitude.

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2.000 notes. 25.000 commentaires. Ajouter à cela des billets sur d'autres blogs divers. Oublier les 700 trackbacks, les 4500 liens externes divers et variés, les milliers de commentaires laissés ici et là. Juste cinq ans. Bon. Et maintenant ?

Affaire Olivier Martinez : la fin du monde ?

Ainsi, j'ai appris aujourd'hui qu'Eric Dupin, le patron de Fuzz, a été condamné par la justice à payer 1000 euros de dommages et intérêts à l'acteur Olivier Martinez. La mesure peut sembler absurde. Elle l'est sans doute. Elle choque, parce qu'Eric Dupin se trouve aussi être un blogueur à forte notoriété dans le monde des blogs hi-tech. Son combat a largement été relayé.

Je regrette la décision. Sans être un juriste accompli, je trouve l'interprétation, pour un agrégateur, d'un statut d'éditeur, peu convaincante. Je rappelle juste à tous ceux qui ont relayé l'affaire et gravement insulté Olivier Martinez par la suite qu'il ne s'agissait pas, ici, d'un billet d'opinion, émis sur un blog, mais d'un lien posté vers un dévoilement de vie privée, sur un agrégateur d'information.

Ma sympathie va, également, un peu, aux autres blogueurs attaqués, dont je n'arrive pas à savoir ,ce soir, s'ils sont condamnés, l'affaire se concentrant sans doute trop sur Eric Dupin, et pas beaucoup sur la cohorte de vrais blogueurs attaqués pour leur publication de l'annonce de ce mariage.

Toutefois, cette affaire pose de sérieuses questions, devant lesquelles une indignation simple, une grève, et du spam ou du google bombing ne m'apparait pas être une réaction saine.

Le blogueur a une responsabilité. Cela est clair. L'équilibre trouvé entre l'éditeur et l'hébergeur, dans la législation actuelle, était de ce point de vue intéressant. Les blogueurs doivent apprendre que révéler ou relayer une information portant atteinte à autrui peut engendrer une prise de responsabilité.

La question posée est celle du lien. Le web n'est fait que de ça. De liens, dans tous les sens. Menacer les liens, c'est menacer l'intérêt du web. Mais tous les liens et toutes les copies de textes ne se valent pas. Et l'immense variété des sites, des natures de liens, de leuirs modes d'apparition impose des réflexions un peu plus poussées que "l'affaire martinez met en péril le web". Ce n'est pas vrai : il n'y a pas jurisprudence, et il n'y aura pas fin des liens.

Imaginons un cas, totalement fictif. Je suis un blogueur anonyme, publiant chez moi. Je balance un truc intime (genre "Quitterie D. a vomi hier soir le contenu de son plat sur les cheveux de Maitre Eolas, à la République des blogs"). Immédiatement, quelques sites qui repompent mon contenu et le publient chez eux reprennent et se font de l'argent avec. Quelques personnes repèrent le billet, et le balancent sur divers digg-likes. L'info circule vite. D'autres blogueurs reprennent "l'info".

Qui est responsable de quoi ? L'auteur original, oui. Mais les autres ? Ne le sont-ils pas ?

Si. Certainement. Un blog non lié n'existe pas. Une info qui ne circule pas n'existe pas. Le lien est le web. Sans liens, pas de vie à l'information.

C'est pourquoi je vous invite à lire Emmanuel Parody, avec qui je suis parfaitement en accord, pour prolonger cette discussion. Un approfondissement de la loi va sans doute être rendu nécessaire. espérons que les gamineries de la blogosphère ne feront pas qu'il sera rendu absurdement répressif.

PS : je condamne évidemment l'approche d'Olivier Martinez et de son avocat, qui, ne respectant pas l'esprit de la LCEN, n'ont aucunement cherché une conciliation. Et j'espère fermement qu'il fera appel et gagnera. Je doute que les blogueurs en aient la chance.

27 mars 2008

Hier

Je suis arrivé tard, manquant quelques amis que j'aurais salué avec plaisir. Et d'autres que je croyais y voir, mais qui n'y étaient pas.

J'ai retrouvé, sur le perron, quelques modemistes fervents. A l'intérieur, des socialistes, et même, encore, des personnes de droite.

Je n'ai pas vraiment répondu à la question "le web est-il soixante-huitard". Cette célébration de 68 me gonfle, à vrai dire, et me semble le fait d'une vieille élite médiatique enkystée.

J'ai pu me frayer un chemin jusqu'au bar et y croiser le prince de la république des blogs, à la chemise fleurie.

J'ai bu trois verres de ce côtes du Lubéron, et en garde un mal de tête aujourd'hui. Changer, la prochaine fois, pour d'autres breuvages.

J'ai claqué la bise à mes amis. Retrouvé ces têtes connues. Ces visages, dont, parfois, je ne connais même pas les noms. Je me suis senti comme en famille, curieusement.

J'ai croisé de nouvelles têtes fort sympathiques, toujours trop brièvement.

J'ai refusé de discuter avec quelqu'un qui m'injuria plus que violemment, et semble vouloir continuer. Ce n'est pas une marque d'irrespect, mais de simple refus de méthodes. Je n'ai d'obligation de dialogue avec personne.

Nous avons, autour de tartares frites, devisé de pompiers et de Philippe Meyer. C'était fort amusant. Cela devient comme un sujet de blague récurrente d'initiés.

Nous avons refait, un peu, car il était tard, le débat référendaire.

Cela parlait beaucoup de liberté d'expression, de procès, de responsabilité. C'est un sujet, qui, me semble-t-il, marquera 2008.

On a parlé, aussi, de presse et de moyens. De mediapart, de rue89, de XXI. De magazines papiers et de web. De barrières à l'entrée et de moyens pour produire de l'information. De modèles économiques, mais surtout de contenus.

J'ai écouté des indignations et des peurs. Des colères. Des espoirs, un peu.

J'ai deviné une impatience, ou un regret, celui d'un temps où cela bougeait plus, où la fièvre de quelque chose qui se construit se faisait sentir.

 

C'était la République des blogs parisienne. Il y flottait un esprit sympathique; printanier. De connaissance. Pas tellement d'imprévu.

26 mars 2008

Le PS au boulot

Allez, Solférino, on se met au travail.

Je n'ai pas une passion pour Pierre Larrouturou, et l'exergue de son appel ("la construction d’une véritable alternative au néo-libéralisme", quel épouvantail, encore) comme son contenu détaillé ne me semblent pas forcément dans le ton.

Mais il est sûr que le PS a besoin d'une chose : orchestrer un véritable travail. Se mettre au boulot. Construire un programme qui ne soit pas une soupe imbuvable comme peut l'être le résultat d'un congrès comme celui du Mans. Une réflexion qui soit au moins à la mesure du travail opéré par l'UMP en préparation de 2007.

Reste que cela tient de la gageure. Le PS souffre d'un mot : il n'y a pas de campagne interne pour le poste de premier secrétaire. Que voudraient faire les candidats non-déclarés à un poste que personne ne revendique officiellement ? On ne le sait pas. Tout se passe à l'ancienne, en coulisses, dans des jeux d'ombres qui laissent pantois. Ségolène Royal parle du "rassemblement de ses élus, militants et sympathisants et sur la capacité que nous aurons a répondre concrètement aux questions qui se posent aux Français, à travers nos actions quotidiennes dans les régions et les collectivités". Elle n'évoque pas le chemin pour arriver à cette belle idée. D'ailleurs, elle ne s'exprime pas au conseil national.

Bertrand Delanoë, dans le même genre, insiste sur de faux débats, en creux. Souligner l'absence de nécessité de stratégie d'alliance, cela tient de l'art du troll : on parle du sujet qui fâche en disant que ce n'est pas là l'important. Peut-être ce candidat qui ne l'est pas pourrait-il donner une idée de projet pour le PS qui dépasse les mots convenus ?

Non. La campagne n'est pas entamée. On peut croire qu'elle ne commencera que tardivement, de manière non ouverte, en s'appuyant, comme à l'habitude, sur des petits jeux de fédérations et de places pour cadres. Alors que la chance du PS serait d'attirer, comme en 2006, des milliers d'adhérents pour construire quelque chose, la dynamique des adhésions semble inverse. Qu'attend Royal pour rejouer un coup à la 2006 ?

Quel contraste avec les primaires américaines et leur confrontation incroyablement dynamique ! Le congrès du PS aura lieu juste après l'élection américaine. Pour souligner l'apathie française ?

Denis Olivennes à la tête du Nouvel Obs

Tout ce que je lis sur ce sujet n'est que raillerie et bashing. Denis Olivennes semble avoir tous les torts. C'est un social-traitre de la pire espèce, un membre des Gracques, pensez-vous. Patron de gauche de droite, en quelque sorte. Et auteur du rapport à son nom, qui lui vaut l'absence de sympathie des internautes.

Pour ma part, je n'ai rien à lui reprocher. Et il me semble coller tout à fait à la culture du Nouvel Obs, de deuxième gauche, comme à ses enjeux, énormes, qui vont au delà du simple journalisme, et imposent de mettre en place un nouveau modèle économique. Olivennes est un patron, et plutôt crédité d'un bon management.

Après, ce n'est pas un web-native. Lisons, notamment, ce que notre homme dit de l'internet (je sépare en trois points).

Un enjeu de société ensuite. La révolution Internet est une chance pour le développement de la communication. Elle multiplie, à une échelle sans précédent, l’offre d’information et l’accès à celle-ci. Mais elle remet en cause aussi les modèles économiques traditionnels de la presse, et menace peut-être jusqu’à son existence telle que nous la connaissons.

Passage habituel. La révolution est géniale, mais menace nos métiers, impose une redéfinition. Rien de plus vrai.

Et puis, parce qu’elle place trop souvent sur le même plan le vrai et le faux, le savoir et l’opinion, l’information et la rumeur, qu’elle se développe dans les marges du droit, notamment celui qui protège la dignité de la personne humaine, elle bouleverse radicalement la société d’information dans laquelle nous vivons.

Passage désormais traditionnel de netbashing un peu caricatural. Je ne crois pas que la révolution internet place sur le même plan l'information et la rumeur, je ne vois pas ce qui permet de dire ça. Rien, en fait, sinon un regard extérieur rapide. Elle place l'information, l'analyse et le commentaire dans un même espace, elle favorise la circulation rapide, de pair à pair, de l'information. Mais la rumeur, que fait-elle là-dedans ?

Le Nouvel Observateur, là aussi, a un rôle éminent à jouer. Pionnier dans ce domaine, il est à la fois le premier hebdomadaire français d’information par sa diffusion papier, et, par l’audience, le premier site internet de ces mêmes magazines.

L'obs attire à lui pas mal de convoitises, en effet, sur le web. Son succès est réel. La recette semble faite d'un bon, hébergement optimisé des dépêches AFP et de scoops que le journal n'aurait pas voulu dans ses pages. Mais je ne voudrais pas railler. Ceci-dit, je ne comprends pas le maitre étalon qui voudrait que l'Obs, en ligne, se compare uniquement au Point et à L'express. L'obs, en ligne, a un univers de concurrence et un écosystème plus large et diversifié.

Dans les années qui viennent, il va devoir, bien sûr, renforcer encore cette double présence et tisser sa toile sur la Toile. Il devra le faire en y défendant les principes de vérification, de hiérarchisation, d’interprétation des informations, et, plus généralement, de respect intransigeant des valeurs éthiques qui constituent son identité même, contribuant ainsi à civiliser l’univers pour l’instant sauvage du Net.

Le bon mot de "tisser sa toile sur la toile" me semble un peu imprécis et rapide. Le travail journalistique évoqué, pour le web, nécessite juste un peu d'attention et de moyens, là où le web ne bénéficie souvent pas de ces deux denrées essentielles.

En revanche, l'enjeu de civilisation d'un espace sauvage, non merci. Qu'est-ce que c'est que cette ambition ? On croirait lire la politique de civilisation de Nicolas Sarkozy. Un groupe de presse devrait plutôt tenter de définir un rôle plus humble dans un écosystème actif, et respecté. Devenir un jalon des espaces de conversation. Les nourrir. Redéfinir le journalisme à l'aune de ce que peuvent apporter les expériences de participation et d'interaction. Mais civiliser le monde sauvage ?

C'est bien un discours extérieur, et un peu présomptueux. Habituel. Bon courage, Denis Olivennes, je doute que les sauvages n'attendent les bons pères blancs de l'obs, en ligne. J'apprécie que vous souhaitiez que l'Obs ne donne plus le mauvais exemple en la matière. Dommage que cela se fasse sur le ton du surplomb et de la condescendance à l'égard de ce qui se passe sur le web. POur bénéficier d'une révolution, il faut, un peu, l'embrasser et l'aimer...

PS : pour le futile essentiel, j'ajouterais une ligne à la todolist de Denis Olivennes : sortir enfin une maquette, tant sur le web que sur le papier, qui soit digne de ce nom. Par simple respect du lecteur.

25 mars 2008

Sarkozy et le Tibet

Si vous continuez, on vous envoie l'autre musclé, .

(NB : mode low blogging, je travaille sur des choses intéressantes, mais prenantes. Rappel : RDB demain)

Freins au journalisme en ligne

- d'abord, une méconnaissance de l'Internet, assaisonnée de fantasmes (le net, dénoncé à tort comme la "poubelle de l'info", a mauvaise presse). L'affaire du sms et du Nouvel Obs n'a rien arrangé.
- de la peur chez les cadres (mais aussi des reporters). Celle de voir évoluer leur média vers des domaines de compétences qu'ils ne maîtrisent pas (et donc d'être mis de côté). Parallèlement, d'autres cadres et journalistes sont hyper-motivés, ont plein d'idées et ne demandent qu'à être formés pour évoluer : ces gens risquent de quitter ces rédactions.
- l'âge de certains cadres qui, passés 50-55 ans, freinent des quatre fers en espérant arriver à la retraite avant l'apocalypse...
- des patrons de médias qui, n'y connaissant rien, se retrouvent amputés de leur meilleure arme: l'intuition. Capables d'investir sans hésiter dans un support papier ou télé, mais désemparés à l'idée de sortir plus de 10.000 euros dans un projet Internet.
- des modèles économiques pas encore complètement calés. Il y a de l'argent, mais les tarifs pubs sont trop bas, et la pub n'est pas aussi efficace qu'on pourrait l'espérer.
- des baronnies internes impossibles à dévisser, des placardisés qu'on retrouve dans les services internet...
- des patrons de l'Internet souvent incompétents (ils ne le sont pas tous) , placés là pour d'autres raisons, qui échappent... à la raison.
- des questions de droits d'auteur en suspens (alors qu'on en parle depuis 10 ans, de nombreux journaux n'ont toujours pas réglé avec les syndicats ces accords qui permettraient aux journalistes d'écrire ou d'envoyer leurs photos sur le web).
- des discours globalisants et donc tétanisants : vous devez devenir "plurimédia".
- dans les régions, une prise en main désordonnée du Net par les services pub ou des DG, pressés de sauver leurs petites annonces et de faire du business sur le Net, mais à l'ancienne... en distribuant n'importe quel contenu pourvu qu'il soit thématique.
- une vision désastreuse (pour le média) du Net, qui ne serait "qu'un nouveau support de distribution de nos contenus" (d'où le terme : "plurimédia", et les blocages syndicaux qui suivent...), alors que l'on doit concevoir la création d'un projet Internet comme celle d'un nouveau média (même quand on envisage une mutualisation des moyens).
- et maintenant tout le monde s'affole sur le mobile, sans avoir réglé le reste...

La suite chez Benoît Raphaël... Tout ça est on ne peut plus vrai...

21 mars 2008

Nicolas Princen et la veille de l'Elysée, suites et corrections

Quelques éléments de suite à mon billet. Parce que le sujet entretient de nombreuses confusions, et que les interviews se multiplient.

1. Une annonce non officielle ?

Tout part d'un bug de communication, je suis de ce point de vue entièrement en accord avec François. L'ensemble du bruit sur Nicolas Princen est parti de quelques lignes, qui sont le fait d'un journaliste du JDD. A ma connaissance, l'Elysée n'a pas officialisé sa nomination à un quelconque poste, et ne le ferait certainement pas en des termes aussi durs.

De fait, on ne sait rien de son rôle et de ses missions, sinon ce qu'en présente un journaliste. Cette petite phrase correspond-elle à la vision de l'Elysée ou à celle du journaliste (pour qui veiller, ce ne serait que prévenir les rumeurs et la désinformation) ? On ne le sait pas.

C'est bien pour cela que je parlais de faute grave à l'origine de cet emballement.

2. La veille est naturelle et légitime, et existe depuis des années.

A l'Elysée comme à Matignon, comme dans de nombreux ministères, on observe évidemment le web, comme d'autres territoires d'opinion, depuis de nombreuses années. Je gage que certains de ces services de veille n'évoluent pas aussi vite que ne bouge le web dans ses usages (certains, en revanche, sont, à ma connaissance, très en pointe), mais la chose n'est pas nouvelle.

Ce qui est nouveau, c'est cette officialisation à demi-mot, et cette présentation sous un jour strictement négatif, de lutte contre les rumeurs et la désinformation, comme si le web n'était fait que de cela. Il y a des approches plus constructives de la veille, qui dépasse la veille de réputation pure, et entre dans une logique de compréhension de l'opinion.

3. Le terrain d'opinion explique cet emballement

Depuis quelques semaines, les blogs sont l'objet de plusieurs attaques en justice, qui créent un terrain favorable à un émoi. On a ainsi vu plusieurs politiques attaquer sans doute abusivement des blogueurs qui exerçaient librement un droit de critique purement politique. la liberté d'expression, qui fait l'objet de nombreux cas de justice concernant l'activité

Par ailleurs, le web est considéré par de nombreux blogueurs comme un terrain de liberté d'expression important, surtout sur le sujet du président. De sa vie sentimentale, certes, mais aussi de ses enjeux politiques. L'idée, exprimée dans l'interview initiale, d'un contrôle renforcé de ce qui peut se dire sur le compte du président, ou de contre-attaques, est, par nature, mal accueilli.

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Pour aider les futures interviews :)

Test

Ceci est un test. Vous n'êtes pas obligés de cliquer.

20 mars 2008

J'aime bien Olivier Martinez

Les lynchages, quels qu'ils soient, je n'ai pas une passion. Et le trip de blogueurs qui croient changer le monde en balançant leur petite rengaine façon 5ème pouvoir des blogueurs hitech-com, sans réfléchir un tant soit peu aux conséquences effectives de leur comportement, n'ont pas vraiment ma sympathie. Une cinquantaine de gars qui ont surtout le pouvoir de pourrir des résultats google me paraissent abuser franchement.

Evidemment, Olivier Martinez attaque fort et lourd. Mais les lynchages en réponse, même virtuels, me semblent relever d'un comprotement tout à fait moutonnier et détestable. Comme aux pires heures des google bombings sans réflexion.

Répondre à des attaques abusives par un comportement de masse et de noircissement de réputation, c'est jouer le jeu de ceux qui construisent peu à peu une image de netbashing. la réponse à ce type de comportements, c'est la perspective d'un durcissement, encore, de la législation sur la liberté d'expression. Parce que "ces blogueurs sont vraiment incontrôlables" ne sera que ce qu'on en retiendra...

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PS : sur le fond, il me parait évident que l'avocat d'Olivier Martinez n'a rien compris à la LCEN, et abuse. Les abus de démarches ne respectant pas la LCEN, ou profitant de ses failles incite d'ailleurs les députés à se pencher sur le sujet. Un chantier pour notre nouveau ministre de l'économie numérique.

PPS : lire aussi Mox Folder, très juste.

Rappel : République des blogs

Mercredi prochain, c'est le rendez-vous mensuel de la République des blogs. l'endroit où se rencontrent librement autour d'un verre les blogueurs qui parlent de politique, de la vie publique, leurs lecteurs et leurs amis.

Ces derniers temps, l'événement à eu tendance, après une phase d'expansion incontrôlée, à se réduire à un noyau dur d'habitués (avec toujours quelques petits nouveaux). La "RDB" parisienne entame une nouvelle ère. On a eu l'avant-campagne, fait de frénésie et de délires médiatiques. la campagne elle-même, où ce rendez-vous était un espace ouvert, où diverses tendances se rencontraient. l'effet post-campagne, où sont apparus divers blogueurs.

Je n'ai eu ni le temps ni l'énergie pour faire de la République des blogs un rendez-vous spécifique à cette campagne municipale. j'avais le souhait que cela reste un rendez-vous neutre, libre, où ce sont les participants qui en fixent eux-mêmes l'orientation. C'est toujours le cas.

Se pose la question de ce qu'on en fait, dans cette nouvelle étape. On continue comme avant ? On change de format ? De lieu ? De régularité ? discutons-en mercredi prochain, au pavillon Baltard.

PS : vous avez le droit, sinon l'obligation, de vous inscrire sur le wiki, et de rappeler l'événement sur vos blogs :)

PPS : à Lyon, c'est le mardi 25 mars. Et Toulouse le 29. Et ça se préparerait à Limoges.

Tu veux des scoops, coco ?

J'ai reçu un mail amusant. Un peu perplexe quant à l'attitude à adopter, j'ai finalement décidé de vous le livrer, car il m'a fait rire, tant il est cocasse.

Bonjour,

Nous avons le plaisir de vous proposer de faire partie de la nouvelle liste de diffusion privée de L'Express et de L'Expansion, s'adressant ponctuellement à certains bloggeurs et journalistes sélectionnés.
Au programme, des contenus envoyés en exclusivité pour vous et votre blog http://vanb.typepad.com/versac/ :
- des scoops en exclusivité
- certains éléments du magazine papier en avant première
- les endroits du web où L'Express et L'Expansion prennent la parole et créent l'évènement

Les scoops de L'Express :
Le patrimoine des candidat à la présidentielle, les tumultes du couple Cécilia-Nicolas Sarkozy, la première interview de Carla Bruni, Simone Veil s'indignant de la proposition de Nicolas Sarkozy pour la mémoire des enfants juifs, Xavier Bertrand reconnaissant son appartenance au Grand Orient de France, mais aussi des sondages, des interviews exclusives, des classements…

Les scoops de L'Expansion :
Au cours de ses quarante années d'existence, L'Expansion a souvent innové et créé l'actualité économique par la publication de classements originaux et d'informations exclusives : liste des restaurants les plus rentables, carte des suppressions d'emplois dans l'industrie automobile, liste des villes qui vont basculer lors des municipales etc...
L'Expansion est le premier magazine à avoir mis en place un classement des patrons les mieux servis en stock-options, révélant ainsi au public ce système de rémunération et ses excès. Récemment, il a fait l'actualité en révélant les risques de santé publique liés aux importations alimentaires chinoises.

La fréquence d'envoi sera maîtrisée, mais dépendra largement de l'actualité.

Si vous souhaitez devenir membre de cette liste de diffusion, merci de nous le faire savoir en répondant "OK" à cet e-mail.
Bien sûr, vous pourrez à chaque envoi décider de ne plus recevoir de mail de notre part.

Christophe Barbier, Directeur de la Rédaction de L'Express
Alain Louyot, Directeur de la Rédaction de L'Expansion

Il semble que pas mal de blogueurs ont reçu la chose. l'objectif, pour L'express ? se connecter "à la blogosphère", et bénéficier de sa capacité d'amplification, d'attraction d'attention.

Stratégiquement, ce n'est pas idiot. On balance les scoops en exclusivité, et on espère retirer "du buzz". On espère que l'attention de ces blogs se tournera un peu plus vers les sites du groupe, qui sont relativement peu cités dans ces sphères (hormis des moqueries du blog de Christophe Barbier).

Pour ma part, je ne m'abonne pas. Le scoop m'intéresse peu. La promesse d'avoir en primeur de nouvelles révélations sur la vie de carla bruni ou la franc-maçonnerie d'untel ne m'allèche pas. Mais il y a de l'idée, c'est sûr. On pourrait demander à ces journaux de travailler de manière un peu plus approfondie l'interaction, l'insertion effective dans le "web social", par des démarches plus ouvertes...

EDIT : ah tiens, on en avait déjà parlé ailleurs.

19 mars 2008

Quelques réactions à la veille de l'Elysée (ou Nicolas Princen reloaded)

Il a déjà été beaucoup dit et écrit à propos de l'annonce (sans doute involontaire) de la constitution d'une cellule de veille de ce qui se dit sur le web par l'Elysée. La chose étant mon métier, je ne peux rester totalement muet. On lira cependant les très justes et riches billets chez Nick Carraway, Jules et PR2peer. Je n'ai pas grand chose à ajouter, sinon une reformulation par un praticien quotidien de la veille de réputation et d'opinion en ligne.

Une annonce maladroite qui constitue une faute grave.

Quand on fait de la veille sur ce que de méchants internautes disent de vous, on ne l'annonce pas avant de commencer. C'est tout bête. Ou alors, on tourne ça de manière élégante : nous allons écouter ce que les internautes ont à dire. Un peu de démagogie diplomatie ne fait pas de mal dans ce genre de sujets.

Mon hypothèse est simple : on est, encore une fois quand on parle de la compétence de l'équipe de Nicolas Sarkozy sur le web, dans un cas d'amateurisme grave. Ca sent la signature François de la Brosse. Ca sent le même niveau de nullité que les sorties de sarkozy.fr ou elysee.fr...

Cette faute - grave - de communication obère les capacités de réponse et d'interaction future de l'équipe en charge de la veille. Elle a créé, en quelques jours, un climat de suspicion qui prend des proportions folles, et sans aucun doutecomplètement détachées de la réalité de cette cellule de veille. Cet épisode laissera des traces durables : quand l'intervention éventuelle sur un contenu repéré sera jugé nécessaire, il faudra s'y prendre avec trois fois plus de pincettes que 

Un point de vue hyper-réducteur, face à une mission impossible.

Notre veilleur va donc, selon la presse (que l'on sait volontiers réductrice sur les sujets quelle ne maitrise pas) a relayé une vision abominable de la veille du web social. La mission de Nicolas Princen serait  :

Surveiller tout ce qui se dit sur la Toile, de traquer les fausses rumeurs et de déjouer toute désinformation à l'encontre du Président. L'objectif: contre-attaquer aussitôt.

Décortiquons.

Surveiller tout le web est impossible. Surtout pour le sujet en question. Nicolas Sarkozy est un homme dont il est question sur tous les espaces où l'on parle, qui se comptent par millions. Prenez un forum de BD, un blog politique ou un réseau social, Nicolas Sarkozy y est, en fait partie. Collecter toutes les expressions sur notre président, chaque jour, et leur donner une forme intelligible est impossible.

Et surtout, c'est idiot. Ca ne servirait à peu près à rien. De quoi disposerait notre veilleur ? D'un volume non appréhensible humainement, informe, fait de millions de bouts de conversations. Sauf à appliquer à la surveillance de la chose une équipe d'agents digne du système échelon, avec repérages de mot-sclefs (bonjour les dégats pour ceux qui veulent veiller Carla+vidéo, ou Carla+enceinte...), c'est inexploitable. Même une analyse sémantique ne renseignerait pas sur grand chose, tant il est important de remetrte en contexte les expressions collectées à partir de leur lieu d'émission.

sur certains sujets, veiller "tout ce qui se dit" est presque possible (si vous êtes dans un créneau spécialisés). Mais la plupart du temps, il vaut mieux essayer de placer un certain nombre de capteurs à des endroits stratégiques, et effectuer des surveillances quantitatives de routine, plutôt que de courir après l'illusion folle d'être en permanence en mesure de capter tout ce qui se passe sur votre sujet.

C'est donc impossible. Nicolas Princen n'aurait pas du accepter ce brief.

Mais ce brief est ausi fantastiquement réducteur. L'objectif n'est pas un objectif d'écoute, de compréhension, mais de surveillance des menaces, uniquement. C'est une réduction du web à son unique pouvoir de nuisance, de défiance, de critique, et, surtout, à son avatar médiatique : le circulation des rumeurs et des vidéos.

Evidemment, on peut comprendre le besoin. Nicolas Sarkozy se serait sans doute bien passé de pas mal d'épisodes qui ont trouvé leur visibilité sur le web. Il est donc utile de savoir ce qui s'y passe. Pas tout ce qui s'y passe, mais ce qui y fait sens, ce qui constitue des menaces pour l'agenda politique du président.

On s'étonnera que l'homme s'y mette aussi tardivement, et avec aussi peu de méthode apparente.

On regrettera qu'il ne considère le web que sous cet angle de menace. Il y a beaucoup à entendre, à écouter, à nourrir. On peut mieux comprendre les angles de traitement de l'actualité. On peut détecter des signaux faible de contestattion, mais aussi d'attentes, on peut segmenter l'opinion et se rendre compte de certaines prises durables de sujets, moins d'autres. Bref, on peut travailler ce matériau au delà du simple "quelle est la prochaine tuile qui va me tomber sur la figure ?".

Ce ne semble pas être la demande présidentielle. Qui renforce ainsi l'impression d'isolement sans écoute dans son palais. C'est parce que ce terreau d'opinion (isolement fou) est très actif, et que le web s'est constitué peu à peu en espace de grande liberté par rapport au président, que la réaction est aussi vive.

Des mois de rien

Ce qui frappe, dans cette irruption du sujet de la veille, c'est la distorsion qui existe par rapport au moment de la campagne électorale. A cette époque, les deux bataillons de campagne avaient organisé des systèmes de veille et d'activisme en ligne, plus ou moins efficaces, qui leur permettaient d'agir sur l'agenda, de le nourrir, et d'y réagir si nécessaire.

Ségo et les sous-marins ? Des contre-argumentaires étaient postés dans la demi-journée sur tous les espaces où l'on en parlait.

Déjà, à cette époque, la veille était moins efficace côté Sarkozy que côté UMP. A l'UMP, on se souciait principalement de push, de mobilisation du rouleau compresseur des centaines de milliers de personnes dans leurs fichiers que d'observation fine des blogs et plate-formes de vidéos, pour parer, prévenir et intervenir. Mais un travail était fait, quand même.

Depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, tout semble avoir disparu. Plus une section UMp qui tienne un blog convenable et visible. Des commentateurs pro-UMP qui ont disparu, des blogueurs sarkozystes qui se comptent sur les doigts d'une main. Et, pendant des mois, un oubli total de ce qui se passait sur les blogs, un mépris total pour cet espace politique.

L'équipe de Nicolas Sarkozy candidat draguait des "blogueurs influents", leur faisait du gringue et les maintenait sous une perfusion d'information. Du jour au lendemain, plus rien. nada, niet.

On peut donc en effet imaginer que, pendant neuf mois, Nicolas Sarkozy n'a connu internet que par le biais du "on a un problème, Carla....", avec des mots désagréables à son oreille comme Dailymotion, Rue89, bakchich, ...

Que peut faire Nicolas Princen ?

Tout seul, notre veilleur ne pourra pas faire grand chose. L'immense complexité de la problématique impose le recours à de vrais pros, et surtout à une équipe dimensionnée pour traiter avec efficacité (je ne fais pas acte de candidature, ça m'étonnerait de toute façon qu'on m'appelle) le volume d'informations.

Plusieurs méthodologies sont possibles. Pour ma part, vu l'étendue es sujetset la vocation unique de surveillance, je placerais quelques capteurs à des endroits stratégiques de diffusion de l'information. Quelques réseaux bien connus pour leur relais habituel de ce qui fait mal, quelques blogueurs radicaux et anti-sarkozystes, eux-mêmes en veille active de ce qui touche le président, quelques ,noeuds centraux de réseaux, et surtout les sites d'information, qui sont bien souvent les réels initiateurs de la chose.

Cela ne permettra à notre veilleur que de dire à son patron : "ça, c'est pas passé inaperçu". Et de pouvoir réagir.

Comment réagir ?

Punir, il ne faut pas rêver. La tentative, par le Parisien, de maîtriser la diffusion de la vidéo "casse toi pauvre con" a été un échec total. Une même tentative, par l'Elysée, tiendrait du scandale.

Il faut donc commencer par limiter à la source. Cela relève de l'impossible. Sauf à interdire tout appareil photo ou caméra ou citoyen à moins de deux mètres de notre président.

Ensuite, interdire ou contre-attaquer n'est pas forcément illégitime. Il y a évidemment des cas qui dépassent les limites, mais comment imaginer que notre président s'attaque, comme Yves Jego, à des cas de diffamation ou d'injure (pour ne parler que de ce qui est pénalement répréhensible), quand ceux-ci se comptent désormais par centaines de milliers et surtout, quand la critique du politique est, par nature, légitime ? Protéger la réputation de sa femme ? Ou de son ex ? Noble ambition. Mais est-ce bien réaliste que d'imaginer que les internautes vont, comme dans les vraies conversations de bistrot et de réunions familiales, cesser d'ironiser sur notre président bling-bling ?

Non.

On peut faire quelques exemples. Mais ca ne servira à rien. Le terrai nde friche que le président à laissé se remplir d'opposants, ne réagira, en outre, pas positivement à une tentative de reprise de contrôle trop rigide.

Changer d'attitude ?

La réaction saine, ce serait de donner à comprendre, et de nourrir les internautes. S'ils sont aussi volubiles sur le président, c'est que celui-ci, loin de leur donner de la synthèse, de la rareté d'information et de la mise en perspective, les noie au contraire sous un flot d'informations parcellaires, changeantes, difficiles à mettre en cohérence.

Ceci est encore plus vrai pour l'espace spécifique du web. Comme le site elysee.fr ne donne rien pour saisir l'action du président avec intelligence, on ne parle plus de lui qu'entre soi, sans se référer à la source principale. De fait, Sarkozy est isolé, complètement déconnecté de ce monde. Il a perdu le contact avec ses éventuels ambassadeurs, ne tente plus de s'y connecter, de le séduire.

L'enjeu, c'est de donner de la lisibilité, et de reprendre la main. Pour cela, il faut pas se contenter de veiller les menaces. Il faut écouter, prendre en compte, tenter de nouer des relations avec quelques relais d'opinion, et donner des gages concrets d'une telle promesse.

Illusion, quand toute la communication du président résidait jusqu'ici sur la stratégie inverse ?

L'enjeu, aussi, ce pourrait être de réinvestir le web. Dans une vision qui dépasse ce petit fantasme de télévision présidentielle dont on voit bien qu'il ne sert à rien, ne nourrit personne, aucune conversation. Mais on est sans doute, ici, dans le registre de l'impossible.

Bon courage Nicolas (Prince, je te tutoie, on a fait la même majeure dans la même école). Ta mission est quasi impossible, ton client difficile. Tu risques de n'être que l'apporteur de mauvaises nouvelles. Si tu ouvrais un blog, pour te changer les idées et partager avec nous tes trouvailles ?

Remaniement

Les modifications incessantes du périmètre des ministères, en fonction des modes ou des équilibres politiques, perturbent le bon fonctionnement des administrations et aggravent leur tentation séparatiste, car leur mémoire et leur identité ne dépendent plus de leur ministère de rattachement, mais de leur existence propre. Un texte normatif de portée supérieure, par exemple une loi organique, devrait fixer le périmètre des ministères. Cela n'empêcherait pas de l'adapter, mais le rendrait plus stable.

Nicolas Sarkozy. 5 avril 2006. Convention UMP sur les institutions.

Je passe sur les 15 ministres de plein exercice avec des secrétaires d'Etat patrons d'administrations.

Je m'interroge, un peu, sur la nomination d'Alain Marleix au poste de grand charcutier en chef.

Je ne comprends pas, malgré toute l'amitié que j'ai pour Christian Blanc, girondin de culture, cette idée d'un ministre en charge d'une région, fut-elle capitale.

J'attends avec plaisir les premières saillies drolatiques de Nadine Morano.

Je note que plein de ministre vont désormais cumuler la présidence d'un exécutif local parfois important et complexe avec un agenda de ministre. Mais que ça semble normal. Le mythe du surhomme perdure.

Je souhaite bon courage à M. Benamou dans son exil forcé dans les ignobles hauteurs de Rome. Pauvre homme. Irréprochable...

Allez, au boulot les cocos. Tout change, rien ne change, ça s'accélère juste un peu, et on pratique le retrait. On se croirait presque sous Chirac au lendemain du CPE : il ne s'est rien passé.

17 mars 2008

Bravo Voynet

C'est quand même quelque chose, ce que vient de faire Dominique Voynet. Dans un mode volontiers artisanal, simple, accessible, elle vient de gagner une grande ville, contre les autres partis. Là où la stratégie d'alliances des Verts les cantonnaient jusqu'ici à des rôles d'accompagnement, elle se pose en force politique.

Pour y arriver, elle a surfé sur deux mouvements de fond. LE reflux du PC en Seine Saint Denis, d'une part, et une rupture générationnelle (le déclin de la génération ) d'autre part. Reste que, pour la première fois, une écologiste va gouverner une ville de plus de cent mille habitants, sans l'aide de ses amis habituels.

Un des faits marquants de l'élection. Les Verts peuvent-ils se muer en force locale autonome ?

16 mars 2008

Soirée de municipales en direct

21.40

Je suis cette soirée de chez moi. Retour d'un week-end audomarois un peu tardif, vote 20 minutes avant la fermeture du bureau 79 du 15ème, les fillmes sont couchées. Il faudra sortir le chien, un peu plus tard. Pas de passage à la soirée iPol, j'ai du boulot en parallèle.

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Ce qui s'annonce comme le truc à suspense de la soirée, c'est le flux et reflux de Tibéri dans le cinquième arrondissement. Manifestement, au fur et à mesure que l'on dépouille les voix des morts, Tibéri remonte, avec pas mal d'irrégularités, semble-t-il.

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Marseille ne fera pas oublier un bilan évidemment de très mauvais niveau pour la droite. De très nombreux bastions historiques de la droite ont coinnu des ballotages inédits ou des changements de camp. Le discours de l'UMP, façon minimisation, en rappelant l'excellent score d'il y a sept ans, est assez loin de la réalité.

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22.00

France 2 fait comme TF1 : fin de la soirée à 22h00. Et dire qu'ils militent pour le "service public". En même temps, vu le niveau et l'intérêt de ces plateaux...

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Voynet l'emporte sur Jean-Pierre Brard. J'en suis ravi.

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J'aurais bien aimé voir une analyse : l'effet de génération. J'ai l'impression qu'il y a pas mal de maires arrivés au début des années 80 qui s'en vont, ce soir, après 25 ans de services. Je n'ai pas la capacité à compiler ces données, mais ça serait un angle. Si l'on pouvait avoir le même genre d'analyse qu'au parlement récemment...

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Connexion internet intermittente. Ca va mal finir.

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Vous pouvez suivre et commenter ailleurs : iPol-Libé, Jules, petites phrases ou twitter, par exemple.

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Metz, c'est génial : comment l'entêtement d'un vieux sortant arrive à faire passer à gauche une ville de droite.

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Saint-Etienne, c'est  pas mal, aussi, dans le genre. Ou Reims, où la primaire de droite semble avoir dégouté l'électorat.

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J'attends toujours les résultats du 15ème.

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Pour le PS, j'ai peur de l'effet habituel des mid-terms : "on a gagné, c'est super, n'en foutons plus une jusqu'aux élections prochaines". Allez, prochaine étape : un congrès dont on peut espérer qu'il en sorte un patron, un vrai, pour ce parti, qui saura le mettre effectivement au boulot.

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Boulot boulot. Je reprends un peu plus tard.

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Rama Yade serait battue !

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Twitter est très efficace. J'adore le fil de news de France2.Fr. A 22h24, ils disent que Bertinotti gagne dans le 4ème. A 22h40, nouveau scoop : Christine Albanel serait battue, dans le même arrondissement !

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Mediapart, c'est un peu comme le Point ou L'Express de cette semaine, le plan secret de Sarkozy. Dont une bonne partie n'a rien de secret.

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Estrosi élu, démissionne du gouvernement. Le plus drôle serait que Juppé y entre...

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J'adore lire Denis Broliquier (Lyon 2ème) : "En faisant basculer le VIe et le IIe, il y aura une opposition". Un peu comme si on disait pour Paris "en faisant basculer le 7ème et le 16ème".

14 mars 2008

Dimanche, on vote (2)

J'ai suivi, sans commenter (il y aurait eu à dire, effectuer, comme le signalait François, des recoupements, comparaisons, des analyses sur les bases électroales, noter la progression du collège électorale pour mettre la participation en regard, regarder des évolutions de scores bruts, analyser des tendances, effectuer de fines analyses politiques) le premier tour.

Dimanche, c'est le second. Il y a comme un souffle. Non que le pays attende de ces élections un changement profonde, mais on sent qu'il aura lieu, de toute façon. Le silence inhabituel de notre président en témoigne. On sent bien, quels que soient les résultats, et les discussions surréalistes sur les dimensions locales et nationales du scrutin, que l'exécutif va entrer dans une nouvelle étape. "Poursuite des réformes", certes, mais changement de ton, de mode de conduite, à coup sûr. Des premiers mois pas fameux, et une échéance qui marque une occasion de rebond.

Sur le fond, ce rebond, on peut espérer qu'il soit l'occasion de la saisie, par notre président de la République, de quelques engagements de campagne, et la mise en route d'un plan de travail plus apaisé et solide. Je pense, avant tout, à ses engagements institutionnels, dont on aimerait que leur mise en oeuvre soit ambitieuse et rapide. Je pense aussi aux conclusions de ses multiples missions, dont celle de Jacques Attali, dont on aimerait voir les conséquences concrètes. Je pense aussi, voire surtout, à cet agenda rempli de rendez-vous importants dans les semaines à venir : le rendez-vous de la négociation des retraites, celui de la RGPP (toujours aussi souterrain), et la mise en oeuvre effective de l'accord patronat-syndicats sur la "flexisécurité". Tout ça fournit quelques clefs.

On aurait envie que cette échéance soit celle de la sortie de la frénésie indistincte, et qu'on entre dans un autre moment. Cela suppose que Fillon prenne les rênes. Et que le président indique le sens. je doute, un peu, de cette nouvelle configuration (tant le président aime à tenir lui-même les rênes et fouetter les chevaux). mais enfin, elle apparaît presque plausible.

Restent les élections, elles-mêmes.

J'ai vu plein de petits signes sympathiques. Christophe GRébert qui organise un deuxième tour à Puteaux, Hénin Beaumont ou Tourcoing sont de bonnes nouvelles. Ce ne sont que trois noms, il y en a d'autres, de ces petites graines de refus du féodalisme. Il reste aussi de gros points noirs qui font peur au démocrate, au libéral.

A Paris, dans mon 15ème arrondissement, nous vivons un moment particulier. Dans ce bastion de la droite, Anne Hidalgo est à un cheveu de l'emporter. Dans ce bastion de droite (modérée), la somme des scores de la droite a atteint un record historique de nullité. Le Modem est dans les choux, les verts quasi inexistants, et le PS a raflé la mise. Il faut dire que la nullité des candidats de la droite (proposer comme vent de changement, après des décennies de Galy-Dejean, un aparatchik comme Philippe Goujon, incapabale de faire figurer sa numéro deux sur une affiche est une grave erreur, à mon sens) comme leur division (les fidèles à l'ancien maire ont réalisé un score honorable, à même de les faire se maintenir). Le résultat est inédit : le plus gros arrondissement de la capitale, celui qui offre le plus de sièges au Conseil de Paris, qui était habituellement en dehors des zones de combat, est - presque - devenu un swing-state. J'avoue que c'est plus enthousiasmant que l'alternative.

Dimanche, donc, je voterai pour faire en sorte que la maire d'arrondissement soit enfin du même bord que le maire de Paris. Cela ne peut qu'être bon pour mon arrondissement (et au moins, dans six ans, on ne pourra plus faire ces batailles ridicules de "c'est pas moi c'est toi" entre mairie et arrondissement).

Dimanche soir, si tout va bien, j'espère être pour le coup en situation de liveblogging. Histoire de rappeler comment ça marche aux petits nouveaux. En live ici et sur twitter, pour de la bonne analyse à chaud comme on les aime.

13 mars 2008

Supplique à netvibes

Ami Tariq. amis de netvibes.

Je suis un utilisateur heureux de votre outil, qui est un habile piège à procrastination autant qu'un très bel instrument de gestion de son information personnelle, depuis longtemps. j'en suis heureux.

Tariq m'a même fait l'honneur de m'inviter en toute avant première (ah, les privilèges des blogueursinfluents) à tester votre nouvelle mouture, plus sociale, ginger, qui a en effet réveillé mes soirées (devant l'écran). Je trouve ginger bien, très bien. L'univers netvibes, c'est chouette. c'est cadeau pour tes amis, c'est joli, blingbling ou carrément austère, la classe, ce qu'on est par ce qu'on lit, et tout le tralala. (bon, le mien, je le délaisse un peu, mais ça ne saurait durer)

Bref, merci, d'abord (c'est vrai, c'est gratuit, tout ça, en plus,alors vraiment, merci).

Mais j'ai une demande. Que j'avais vaguement formulée ici ou là, et que je vois pas mal d'amis reprendre. Il me semble qu'un consensus est en train de se former sur un besoin impérieux. Je sens d'ailleurs presque un agacement émerger, devant le sentiment de manque que provoque l'absence d'une fonctionnalité essentielle de votre nouvelle version au gingembre.

La voilà :

Il faudrait vraiment pouvoir importer des onglets (pas juste des widgets) directement dans sa page netvibes, depuis les univers que l'on consulte.

C'est tout. Imaginez, par exemple, quelqu'un qui tombe sur mon univers, sur lequel j'ai partagé trois onglets qui reprennent mes sources essentielles d'information et de commentaire sur la campagne présidentielle américaine (il n'y a pas tout, mais de quoi ne pas rater quelque chose d'essentiel). Le visiteur se dit : "voilà du tout cuit, je n'ai plus qu'à le mettre direct dans ma page".

Et là, c'est le drame. Impossible. Niet nada, pas de bouton, rien. Faut tout "reprendre à la mano".

Ce genre de choses m'arrive à peu près tous les jours. Un autre netvibes-user a fait un joli onglet sur l'art du vitrail ou le point de croix (mes passe-temps occultes), et voilà que je ne peux pas les ajouter à ma page (qui en compte déjà une bonne flopée, mais enfin, quand on aime...).

C'est rageant. Oui, très. Car on se dit (peut-être à tort) que ce n'est pas beaucoup de travail. Alors que le bénéfice serait immense. Imaginez cette longue traine de millions d'utilisateurs expérimentant chaque jour des petites frutstrations d'une minute. Il y aurait presque de quoi expliquer la baisse du moral des ménages.

Partage de la connaissance, accumulation du travail, rencontres et pratique quotidienne du don comme de la réception des cadeaux (merci truc pout ton onglet). Une belle communion 2.0 comme on n'en fait plus. Voilà où vous pourriez mener l'humanité. Avec ce petit rien.

Evidemment, je sais que vos imaginations fertiles travaillent déjà sur des schémas de collaboration hyper complexes dans la création d'univers collaboratifs, de widgets-wikis, de flux sociaux de partage des connaissances permettant de faire en trois glissements de doigts ce qui demandait auparavant la concentration de trois documentalistes bac+4 pendant des mois.

Mais je n'en demande, pour l'instant, pas tant.

Pourriez-vous, messieurs (dames ?) de Netvibes, mettre cette petite fonctionnalité à disposition ?

Je suis sûr que plein de vos utilisateurs en seraient positivement ravis. Ils vous en remercient d'avance.

(et sinon, il parait que chaque minute qui passe sans cette fonctionnalité, Dieu tue un petit chaton).

PS : pour ceux qui n'y comprennent rien, tant pis. Allez voir là-bas.

Hahaha

Vraiment très bon.

(désolé pour le blogging un peu léger, surtout au lendemain d'un scrutin majeur. Mais j'ai un peu d'arrêt maladie à récupérer. A bientôt. Et vive le 15ème arrondissement avec Hidalgo en tête, ça rafraîchit !)

11 mars 2008

On ne s'en lasse pas

Dimanche soir, sous ma couverture, j'ai été un peu ahuri de la faiblesse de la prestation télévisée de Françoise de Panafieu. Complètement déboussolée, hésitante, faible. Un peu à l'image de toute sa campagne, d'ailleurs, où l'on sent qu'elle n'a jamais cru en sa chance, voire qu'elle a presque volontairement gâché sa campagne par des erreurs de communication flagrantes.

Il reste quelques jours, et voilà que les derniers mètres de la campagne s'annoncent. Jeudi soir, c'est donc la grande réunion publique de l'entre-deux-tours, pour la droite à Paris. On ne prédit pas une très chaude ambiance, mais bon, il faut bien terminer ce qu'on a commencé...

Je reçois donc des invitations sur facebook et vois que des "amis" s'y inscrivent. Visite sur la page de l'événement. Et là, je pouffe.

Jugez vous-même (cliquez sur l'image pour agrandir).

panafbook

Oui, vous ne rêvez pas : François de Panafieu n'a pas encore répondu quant à sa présence au dernier meeting de campagne.

Décidément, qu'est-ce qu'on se marre avec sa communication ! Pour un peu, si le mandat qu'elle convoitait était lié au fait de nous donner à rire ou commenter avec sarcsame et ironie tous les jours, je lui filerais peut-être ma voix !

"Aucun ne de"

"Aucun Français ne nous demande de mettre fin aux réformes" dit Xavier bertrand au Monde. Vive la double négation, hyper-révélatrice. En fait, on est encore dans un mode "no alternative", où c'est la réforme mythifiée qui est encore une fois mise sur le tapis. Le problème, qu'élude un peu rapidement Xavier Bertrand, c'est que Nicolas Sarkozy a tout joué sur le mode TINA, "there is no alternative", pendant sa campagne, sur le mode : "la réforme, c'est moi". Et que, sans doute, aujourd'hui, nombre de français sont soucieux de ne pas les voir, ces réformes, et doutent peut-être de Nicolas Sarkozy, avec son style, pour les mettre en oeuvre.

On a envie de creuser sous cette réponse de Bertrand (que je sépare en deux parties) :

Il y a une perception très juste de la part des Français, selon laquelle cet immobilisme nous serait fatal. Nous sommes la dernière génération à pouvoir être courageux. Si nous ne menons pas ces réformes, nos enfants, eux, n'auront aucune marge de manoeuvre pour le faire, auront des déficits à combler tellement gigantesques que l'on ne pourra plus. Et le modèle social sera un lointain souvenir.

Parce que les choses n'étaient pas faciles, ils ont choisi Nicolas Sarkozy. Ils pensent qu'il est à la fois le seul capable de transformer le pays, le porteur des réformes et celui qui est capable de réussir.

La première partie, c'est le mode "il faut réformer ce pays". C'est sans doute vrai, sur de nombreux points. encore faut-il en définir le contenu.

Et c'est sans doute sur le deuxième que Nicolas Sarkozy pêche aujourd'hui. j'ai vaguement l'impression  que le président a un peu reculé dans on image d'unique réformateur capable de faire-enfin-bouger-ce-pays. Une réforme des régimes spéciaux, par ailleurs assez légère, ne fait pas de vous un réformateur né.

Du coup, on se demande comment va évoluer l'agenda politique dans une semaine. Les messages de Bertrand et Fillon sont clairs : on continue, on accélère, même (ca va être le temps des vrais chantiers difficiles, retraites, négociation sociale, réforme de l'Etat avec la RGPP, ...). Mais Nicolas Sarkozy n'a rien dit, dimanche. Va-t-il rester en retrait, et laisser Fillon et Bertrand se lancer dans le sujet à corps perdu ? Ou va-t-il se Chiraquiser ? Son intervention, en tout cas, ne me semble plus tellement pouvoir relever du suractivisme d'appropriation, tel qu'il l'a pratiqué jusqu'ici.

Cela pourrait être une bonne nouvelle : un champ élargi, des ministres qui ont des clefs, un horizon relativement clair, un président qui engage des "réformes" tout aussi urgentes (les institutions, qui avaient été promises comme une des premières tâches du président ?). Bref, un peu de sérénité pour enfin engager sans préicpitation des choix qui doivent être collectifs, et qui, pour cela, ne s'accomodent pas trop d'un dirigisme personnel excessif ?

10 mars 2008

Changement...

Une blogueuse, cinéphile élégante et exigeante, proposant des quizz interdits mémorables, par ailleurs vraiment sympathique change d'adresse. L'occasion d'une évolution d'un blog jalon pour beaucoup. Et d'une notification à tous les amoureux des images, et qui aiment les commenter.

Contrechamp devient contrechamp media. J'espère juste qu'il y aura encore des quizz interdits. Avec l'espoir secret de remporter le célèbre "V.O."

09 mars 2008

Nolive

Finalement, abandon du liveblogging, ce soir, depuis la Cantine, avec iPol, ce soir. La raison : une belle angine qui me laisse au lit avec la fièvre qui tue toute capacité de raisonnement.

Je compte me traîner jusqu'au bureau de vote, quand même. Ce soir, je me coucherai tôt, en lisant, avec une bouillotte, le dernier tome du Millenium de Stieg Larsson, que cette maladie imprévue m'a laissé le loisir de lire à plein.

08 mars 2008

Vive Rachida Dati !

Après les procédures judiciaires contre des blogueurs, voici maintenant la prévention de l'expression à sa source. Filmer une réunion publique semble être devenu un mal potentiel. Lire la belle analyse d'André Gunthert. Il était clair que cela arriverait : la "fin du off", et le rapport de petites phrases déplacées devant des publics spécifiques semble devoir être traité non par une meilleure rationalité des candidats, mais, pour certains, par une simple censure banale.

Bravo au petit service d'ordre de l'UMP du septième.

Cotillard a vu Loose Change

Ca me rappelle quelque chose (cet article, également publié sur agoravox, est un des plus lus de l'histoire de mon blog, et était - c'est toujours le cas ? - un des deux articles les plus lus sur agoravox).

Finalement, Marion Cotillard n'est qu'une internaute comme tant d'autres. Ses propos montrent l'efficacité du "documentaire" de Dylan Avery.

07 mars 2008

Dimanche soir : liveblogging avec iPol

Dilmanche soir, je serai ici en live, depuis la soirée de liveblogging qu'organise iPol, à Paris, en partenariat avec Libération.

Cela nous rappellera les grandes heures des soirées électorales de la République des blogs, co-organisées avec iPol, justement. Au programme, commentaires en direct , analyses à chaud, interviews, sarcasmes et ironies, rumeurs de rédactions sur les résultats et tout le toutim nécessaire à une soirée électorale réussie (commentaires sur les boissons, aussi).

A dimanche soir.

UIMM-MEDEF en ligne

Petite chronique habituelle Les Echos - Debat&co. Avec un focus, notamment, sur le soutien notable de nombre de blogs à la démarche de Laurence parisot.

Gilles Klein y voit un impact de l'attitude d'ouverture du MEDEF aux blogueurs, travail de fond opéré depuis plusieurs mois. Approfondissons un peu.

Il est vrai que le MEDEF a opéré un travail de fond pour s'ouvrir assez largement au monde des blogs, en effectuant un travail de marketing de l'opinion en ligne poussé, via invitations à nombre d'événements (assemblée générale, université d'été, opération benchmarker c'est la santé...). Et en s'ouvrant, en montrant ses coulisses, en nouant des relations interpersonnelles avec ces relais d'opinion, dans le but d'ouvrir l'organisation, de l'humaniser, de montrer qu'elle n'a  rien à cacher. Travail qui porte ses fruits.

Cela a certainement joué son rôle. Ceci-dit, on est là dans un cas de communication qui dépasse la relation que le MEDEF a pu nouer avec quelques relais d'opinion. l'afffaire de l'UIMM parle a beaucoup de sphères que le MEDEF n'a pas touchées auparavant. Et le bras de fer engagé avec l'UIMM, sur un terrain de moralisation-modernisation, touche de nombreuses sphères. de nombreux blogueurs, qui n'ont jamais eu affaire au MEDEF, ont spontanément apporté elur soutien à la démarche de laurence Parisot.

Comme je le note dans ma tribune, l'UIMM paye ici un aspect trop opaque. Ce qui transparaît de l'opinion qui s'exprime, en loigne, sur cette affaire, c'est l'absence totale de connaissance de ce qu'est l'UIMM, réduite à sa caricature de descendance du comité des Forges, de vieux patrons roublards et tout-puissants. La faute à une absence de travail de l'opinion, d'explication, de transparence sur les rôles de l'UIMM. Portes fermées, l'union des industries de la métallurgie a du mal à donner à voir ce qu'elle est, au delà du scandale de ses financements occultes et de l'indemnité accordée à DGS.

Le travail de fond opéré par le MEDEF sous l'ère Parisot est celui d'une ouverture, d'un changement de pratiques de communication, dont on voit les fruits. Ce n'est pas qu'un travail de communication, d'ailleurs. Et ses conséquences pourraient être rudes, dans la recomposition du paysage patronal dans les années à venir...

06 mars 2008

Municipales, l'heure du choix

Il va donc falloir choisir, et voter, dimanche. Élire l'équipe qui mènera sa commune pendant quelques années. Choisir les moins fous, les moins démagogiques, ceux qui ne feront pas trop de bêtises, et pourront engager des projets permettant d'améliorer un peu les choses.

Evidemment, le vote est fondamentalement différent quand on est dans une petite commune de quelques centaines d'habitants, et quand on habite à Paris. Je connais, un peu, les deux. Je sais la détresse de certaines communes, pour qui l'enjeu, dans les six ans à venir, sera surtout de tenter de bien être présent dans l'interco et de gérer correctement l'évolution des services des immondices. Postes pour lesquels on se dévoue plus qu'on est élu.

Je connais l'horreur des parachutages. La débilité de camps qui s'affrontent sur des bases qu'on pourrait croire désuètes (comme les millonistes, qui continuent encore à tuer les ambitions de la droite à Lyon). Le dévouement de maires qui bossent comme des fous pour faire de leur ville quelque chose. Les élus depuis trente ans qui sont déphasés et ne savent plus faire autre chose que du clientélisme.

36.000 communes. Autant de cas.

Je parlerai du mien. 15ème, Paris. Huit listes. C'est plus rapide à écumer qu'aux législatives (il n'y a pas d'argent public à récupérer).

J'exclus rapidement le FN et la LCR. Pas de parti communiste dans le 15ème arrondissement de Paris. A gauche, il reste les verts (mais, même si j'apprécie l'équipe, des propositions un peu folles de Baupin me le font exclure de mon choix).

Deux curiosités, dans le quinzième, arrondissement de droite : deux listes dissidentes de droite. L'une est menée par les fidèles de René Galy-Dejean, l'éternel maire de l'arrondissement, avec un people en tête (Gérard d'Aboville) : elle joue la carte de la proximité, contre les parachutages (il faut dire que l'UMP a fait fort dans son fief : des tonnes de listés n'habitent même pas l'arrondissement). Seul problème : ca sent l'ancien. Un peu trop : les sept premiers de la liste sont de l'équipe sortante. Et le projet, qui s'annonce "innovant, solidaire et concret" ne dit que du vent ("de nouvelles crèches" combien ? des "logements en faveur des familles parisiennes" sociaux ?, ...). Out.

Ensuite, l'autre dissidence. Dominique Baud, qui fait toute sa campagne sur "sa dissidence". Aucun intérêt en soi. Proximité (création d'une antenne de la mairie au sud de l'arrondissement : stupidité, comme si l'on ne pouvait se déplacer - il vaudrait mieux revoir quelques pratiques, comme ces queues à 6h du matin auprès d'un élu, pour aller quémander une place en crèche qu'on n'aura pas, sans jamais savoir pourquoi). Projets qui ne seront pas du ressort de cette équipe (réaménagement des rives de Seine en promenade), etc...

Et puis, il y a les féodaux. L'UMP, assurée dans son fief. Posture fière et digne de Philippe Goujon et Jean-François Lamour sur le tract, qui éclipsent la numéro deux de la liste, Hélène Macé de Lépinay. Ce seul acte de machisme leur vaur exclusion à jamais (outre que, je l'avoue, je ne supporte pas les aparatchiks sans envergure, et aimerais avoir autre chose dans mon arrondissement).

Restent donc Modem et PS. Logique pour un démocrate libéral. Je me retrouve comme aux législatives.

Côté Modem, je n'entends rien. Marielle de Sarnez semble faire des appels du pied à Delanoë, mais c'est toujours plein de faux semblants et sans précisions. Le projet, tel qu'écrit sur les tracts et le site, est un mélange mou, ménageant des compatibilités dans les deux camps (d'ailleurs, la plupart des projets se ressemblent, en définitive : Paris n'est pas fondamentalement gouvernable de façon extrême).

Je n'ai rien à reprocher à l'équipe Delanoë. La ville n'est pas plus sale, mal gérée, dangereuse, qu'il y a six ans. Loin de là. Je ne la trouve pas abominable, peureuse et repliée, comme ne cesse de nous le dire Françoise de Panafieu. Le projet est clair, non obtus, s'ouvrant aussi bien au dynamisme économique qu'à la responsabilité environnementale. En outre, Claude Dargent, qui est un type bien, est numéro deux de la liste. Je voterai PS, Delanoë, parce que la droite a sans doute besoin d'apprendre un petit peu ce qu'est l'opposition avant de revenir avec un projet pour Paris, qui dépasse cette mascarade actuellement proposée.

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Exemple de sujet sur lequel je porte mon attention, en tant que parent de deux enfants en bas âge, n'ayant jamais réussi à obtenir une place en crèche : la garde des enfants. A chaque échéance, on nous promet plus de crèches. Ici, c'est l'inflation. 500 places dans le 15ème pour Goujon, 620 places créées selon Hidalgo, 4000 promises par le Modem sur Paris, 4500 chez Delanoë. La réalité de l'électeur que je suis est toute autre : foin de promesses, mes démarches ne m'ont rien valu. Jamais de refus, de courrier, des démarches incessantes pour juste devoir se tourner vers d'autres modes de garde, faute de réponse, de dossier qui passe. J'aimerais surtout des candidats qui s'engagent pour un autre traitement des parents, et qui n'instrumentalisent pas des chiffres et des oppositions arrondissement/municipalité sur ce genre de situations ...

Une septième

[en aparté : mes excuses. Le jetlag ajouté à la reprise du travail m'empêche momentanément tout blogging sérieux. Vous m'en excuserez]

- j'ai sur le front un lipome. Ca forme une sorte de boule sur mon front, qui interpelle les personnes qui le remarquent. Invariablement, ils me posent la question "qu'est-ce que c'est ?", "tu t'es cogné ?". Régulièrement, quand je suis d'humeur désagréable ou facétieuse (c'est selon), je réponds "c'est une tumeur". Ce qui est vrai, et a l'art de rendre l'interlocuteur muet.

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PS : yes we did it !

05 mars 2008

Six choses

Emmanuel a vu juste. Exactement comme Yglesias. Et étonnant de voir son cercle de "blogueurs amis", celui (ou un de ceux) dans lequel on se reconnaît, s'emparer d'un meme, alors que cette population est d'ordinaire si réticente à ce type de pratiques. Jugez vous-même : gizmo, RCE, CP, le cinquième, optimum, libertés réelles, etc etc... La blogosphère économique s'est prise au jeu en un instant (je vous jure, on se croirait chez skyblog ou livejournal). Cité deux fois, je m'incline.

Alors 6.

1. En première, je me suis présenté au concours général d'histoire, poussé par un professeur qui m'aimait bien. Je n'ai quasiment pas bossé. Le mec qui avait toujours des notes un peu moins bonnes que moi a eu le premier accessit. J'en ai été un peu outré dans ma fierté de bon élève dilettante, et me suis dit que les relations transatlantiques, j'allais les bosser. Je n'ai pas tellement tenu parole. Le même genre de choses m'est arrivé en première année de prépa. Je n'apprends pas.

2. J'ai reçu, quand j'avais environ huit ans, une très jolie voiture radiocommandée, parce que j'avais arrêté de me ronger les ongles. Je me les ronge toujours (c'est comme la cigarette : on prend la récompense, et on replonge illico).

3. En juillet 1997, je me suis teint les cheveux en orange.

4. Je m'endors fréquemment au cinéma, et, de manière plus générale, dans tout espace-temps bien défini de ce type, où je sais que je n'aurai rien à faire pendant une bonne heure.

5. Mon pseudonyme sur le web n'a pas toujours été "versac" (et ce n'est pas mon seul). Fut un temps, j'ai oeuvré sous divers pseudonymes, dont mon surnom à l'école, dans divers forums, newsgroups et autres choses. Je ne me suis fixé sur versac que par simplicité, et goût de l'unique (à l'époque, on ne trouvait pour "versac" que quelques citations obscures du personnage de Crébillon fils sur google, maintenant, c'est 189.000 résultats). Mes deux pseudonymes préférés sont "d4Rkw4Rrl0R64" et "toto_42".

6. Comme markss, je n'ai aucune mémoire. J'en ai d'ailleurs pris mon parti, et ai décidé, un jour, de cesser de me cultiver en retenant les références. Depuis, je laisse passer le flux des choses que je lis et absorbe, et je compte sur google pour me rappeler. Béquille.

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Six blogueurs à qui transférer la chose ? Dans beau mouvement de transfert du ballon, je tente un embrasement de la blogosphère juridique et politique.

Eolas, Silas, Diner's room, Frédéric Rolin. Voilà pour les obsédés du code pouvant nous prouver leur humanité en un petit billet (à défaut d'un verre lors de la République des blogs).

Et puis : hemicycle (pour voir) et GarrigosRoberts, parce qu'il faut bien citer quelqu'un qui ne répondra pas.

04 mars 2008

De retour

Alors. En vrac.

. Koh Phan Gan, en fait, a sans doute beaucoup changé, par rapport à l'imaginaire que je m'en étais créé. Mais il reste des endroits où l'on trouve un accueil incroyable, une nourriture magnifique, un côté bout du monde

. A Bangkok, depuis quatre ans, une cinquantaine de tours de plus de 200m a poussé. Il y a un nouvel aéroport, et au moins 40 centres commerciaux incroyables en plus. Les taxis se peignent en rose (et sont toujours aussi nombreux, ...). Mais pour le reste, c'est à peu près pareil (sauf la pub télé dans le skytrain).

. Monocle, c'est pas mal du tout.

. Les derniers 747 de Cathay sont très bien.

. Comme on vieillit, on monte en gamme. Fini Khao San, avec les filles. Welcome le monde des palaces à prix dérisoires. Rapport qualité prix ahurissant. Ca ne durera pas. Conseillé.

. Thaksin Shinawatra est un populiste hors pair. Des leçons à donner (ou prises) chez notre président bien aimé (la vulgarité en moins ?).

. Un jour, je ferai plus qu'une escale à Hong Kong.

. En rentrant, j'ai acheté du steak et du fromage.

. Newsweek a titré, parlant de Lee Myung-Bak : "Asia's Sarkozy". Il serait temps que les journalistes comprennent que la définition d'un "pro-business américanophile" n'est pas "sarkozy", ou alors, ils risquent d'être profondément déçus.

. The Economist, dans un article sur les obamanomics, posait la question : "Is Barack Obama a populist, or just pretending to be one ?". Cela me parait être la meilleure manière de le formuler.

. Le millenium de Stieg Larrson répond parfaitement à la définition du page-turner.

. Bon, au travail. Je me suis cassé comme un pauvre con, mais n'ai pas l'impression d'avoir manqué grand chose.

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