Quelques réactions à la veille de l'Elysée (ou Nicolas Princen reloaded)
Il a déjà été beaucoup dit et écrit à propos de l'annonce (sans doute involontaire) de la constitution d'une cellule de veille de ce qui se dit sur le web par l'Elysée. La chose étant mon métier, je ne peux rester totalement muet. On lira cependant les très justes et riches billets chez Nick Carraway, Jules et PR2peer. Je n'ai pas grand chose à ajouter, sinon une reformulation par un praticien quotidien de la veille de réputation et d'opinion en ligne.
Une annonce maladroite qui constitue une faute grave.
Quand on fait de la veille sur ce que de méchants internautes disent de vous, on ne l'annonce pas avant de commencer. C'est tout bête. Ou alors, on tourne ça de manière élégante : nous allons écouter ce que les internautes ont à dire. Un peu de démagogie diplomatie ne fait pas de mal dans ce genre de sujets.
Mon hypothèse est simple : on est, encore une fois quand on parle de la compétence de l'équipe de Nicolas Sarkozy sur le web, dans un cas d'amateurisme grave. Ca sent la signature François de la Brosse. Ca sent le même niveau de nullité que les sorties de sarkozy.fr ou elysee.fr...
Cette faute - grave - de communication obère les capacités de réponse et d'interaction future de l'équipe en charge de la veille. Elle a créé, en quelques jours, un climat de suspicion qui prend des proportions folles, et sans aucun doutecomplètement détachées de la réalité de cette cellule de veille. Cet épisode laissera des traces durables : quand l'intervention éventuelle sur un contenu repéré sera jugé nécessaire, il faudra s'y prendre avec trois fois plus de pincettes que
Un point de vue hyper-réducteur, face à une mission impossible.
Notre veilleur va donc, selon la presse (que l'on sait volontiers réductrice sur les sujets quelle ne maitrise pas) a relayé une vision abominable de la veille du web social. La mission de Nicolas Princen serait :
Surveiller tout ce qui se dit sur la Toile, de traquer les fausses rumeurs et de déjouer toute désinformation à l'encontre du Président. L'objectif: contre-attaquer aussitôt.
Décortiquons.
Surveiller tout le web est impossible. Surtout pour le sujet en question. Nicolas Sarkozy est un homme dont il est question sur tous les espaces où l'on parle, qui se comptent par millions. Prenez un forum de BD, un blog politique ou un réseau social, Nicolas Sarkozy y est, en fait partie. Collecter toutes les expressions sur notre président, chaque jour, et leur donner une forme intelligible est impossible.
Et surtout, c'est idiot. Ca ne servirait à peu près à rien. De quoi disposerait notre veilleur ? D'un volume non appréhensible humainement, informe, fait de millions de bouts de conversations. Sauf à appliquer à la surveillance de la chose une équipe d'agents digne du système échelon, avec repérages de mot-sclefs (bonjour les dégats pour ceux qui veulent veiller Carla+vidéo, ou Carla+enceinte...), c'est inexploitable. Même une analyse sémantique ne renseignerait pas sur grand chose, tant il est important de remetrte en contexte les expressions collectées à partir de leur lieu d'émission.
sur certains sujets, veiller "tout ce qui se dit" est presque possible (si vous êtes dans un créneau spécialisés). Mais la plupart du temps, il vaut mieux essayer de placer un certain nombre de capteurs à des endroits stratégiques, et effectuer des surveillances quantitatives de routine, plutôt que de courir après l'illusion folle d'être en permanence en mesure de capter tout ce qui se passe sur votre sujet.
C'est donc impossible. Nicolas Princen n'aurait pas du accepter ce brief.
Mais ce brief est ausi fantastiquement réducteur. L'objectif n'est pas un objectif d'écoute, de compréhension, mais de surveillance des menaces, uniquement. C'est une réduction du web à son unique pouvoir de nuisance, de défiance, de critique, et, surtout, à son avatar médiatique : le circulation des rumeurs et des vidéos.
Evidemment, on peut comprendre le besoin. Nicolas Sarkozy se serait sans doute bien passé de pas mal d'épisodes qui ont trouvé leur visibilité sur le web. Il est donc utile de savoir ce qui s'y passe. Pas tout ce qui s'y passe, mais ce qui y fait sens, ce qui constitue des menaces pour l'agenda politique du président.
On s'étonnera que l'homme s'y mette aussi tardivement, et avec aussi peu de méthode apparente.
On regrettera qu'il ne considère le web que sous cet angle de menace. Il y a beaucoup à entendre, à écouter, à nourrir. On peut mieux comprendre les angles de traitement de l'actualité. On peut détecter des signaux faible de contestattion, mais aussi d'attentes, on peut segmenter l'opinion et se rendre compte de certaines prises durables de sujets, moins d'autres. Bref, on peut travailler ce matériau au delà du simple "quelle est la prochaine tuile qui va me tomber sur la figure ?".
Ce ne semble pas être la demande présidentielle. Qui renforce ainsi l'impression d'isolement sans écoute dans son palais. C'est parce que ce terreau d'opinion (isolement fou) est très actif, et que le web s'est constitué peu à peu en espace de grande liberté par rapport au président, que la réaction est aussi vive.
Des mois de rien
Ce qui frappe, dans cette irruption du sujet de la veille, c'est la distorsion qui existe par rapport au moment de la campagne électorale. A cette époque, les deux bataillons de campagne avaient organisé des systèmes de veille et d'activisme en ligne, plus ou moins efficaces, qui leur permettaient d'agir sur l'agenda, de le nourrir, et d'y réagir si nécessaire.
Ségo et les sous-marins ? Des contre-argumentaires étaient postés dans la demi-journée sur tous les espaces où l'on en parlait.
Déjà, à cette époque, la veille était moins efficace côté Sarkozy que côté UMP. A l'UMP, on se souciait principalement de push, de mobilisation du rouleau compresseur des centaines de milliers de personnes dans leurs fichiers que d'observation fine des blogs et plate-formes de vidéos, pour parer, prévenir et intervenir. Mais un travail était fait, quand même.
Depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, tout semble avoir disparu. Plus une section UMp qui tienne un blog convenable et visible. Des commentateurs pro-UMP qui ont disparu, des blogueurs sarkozystes qui se comptent sur les doigts d'une main. Et, pendant des mois, un oubli total de ce qui se passait sur les blogs, un mépris total pour cet espace politique.
L'équipe de Nicolas Sarkozy candidat draguait des "blogueurs influents", leur faisait du gringue et les maintenait sous une perfusion d'information. Du jour au lendemain, plus rien. nada, niet.
On peut donc en effet imaginer que, pendant neuf mois, Nicolas Sarkozy n'a connu internet que par le biais du "on a un problème, Carla....", avec des mots désagréables à son oreille comme Dailymotion, Rue89, bakchich, ...
Que peut faire Nicolas Princen ?
Tout seul, notre veilleur ne pourra pas faire grand chose. L'immense complexité de la problématique impose le recours à de vrais pros, et surtout à une équipe dimensionnée pour traiter avec efficacité (je ne fais pas acte de candidature, ça m'étonnerait de toute façon qu'on m'appelle) le volume d'informations.
Plusieurs méthodologies sont possibles. Pour ma part, vu l'étendue es sujetset la vocation unique de surveillance, je placerais quelques capteurs à des endroits stratégiques de diffusion de l'information. Quelques réseaux bien connus pour leur relais habituel de ce qui fait mal, quelques blogueurs radicaux et anti-sarkozystes, eux-mêmes en veille active de ce qui touche le président, quelques ,noeuds centraux de réseaux, et surtout les sites d'information, qui sont bien souvent les réels initiateurs de la chose.
Cela ne permettra à notre veilleur que de dire à son patron : "ça, c'est pas passé inaperçu". Et de pouvoir réagir.
Comment réagir ?
Punir, il ne faut pas rêver. La tentative, par le Parisien, de maîtriser la diffusion de la vidéo "casse toi pauvre con" a été un échec total. Une même tentative, par l'Elysée, tiendrait du scandale.
Il faut donc commencer par limiter à la source. Cela relève de l'impossible. Sauf à interdire tout appareil photo ou caméra ou citoyen à moins de deux mètres de notre président.
Ensuite, interdire ou contre-attaquer n'est pas forcément illégitime. Il y a évidemment des cas qui dépassent les limites, mais comment imaginer que notre président s'attaque, comme Yves Jego, à des cas de diffamation ou d'injure (pour ne parler que de ce qui est pénalement répréhensible), quand ceux-ci se comptent désormais par centaines de milliers et surtout, quand la critique du politique est, par nature, légitime ? Protéger la réputation de sa femme ? Ou de son ex ? Noble ambition. Mais est-ce bien réaliste que d'imaginer que les internautes vont, comme dans les vraies conversations de bistrot et de réunions familiales, cesser d'ironiser sur notre président bling-bling ?
Non.
On peut faire quelques exemples. Mais ca ne servira à rien. Le terrai nde friche que le président à laissé se remplir d'opposants, ne réagira, en outre, pas positivement à une tentative de reprise de contrôle trop rigide.
Changer d'attitude ?
La réaction saine, ce serait de donner à comprendre, et de nourrir les internautes. S'ils sont aussi volubiles sur le président, c'est que celui-ci, loin de leur donner de la synthèse, de la rareté d'information et de la mise en perspective, les noie au contraire sous un flot d'informations parcellaires, changeantes, difficiles à mettre en cohérence.
Ceci est encore plus vrai pour l'espace spécifique du web. Comme le site elysee.fr ne donne rien pour saisir l'action du président avec intelligence, on ne parle plus de lui qu'entre soi, sans se référer à la source principale. De fait, Sarkozy est isolé, complètement déconnecté de ce monde. Il a perdu le contact avec ses éventuels ambassadeurs, ne tente plus de s'y connecter, de le séduire.
L'enjeu, c'est de donner de la lisibilité, et de reprendre la main. Pour cela, il faut pas se contenter de veiller les menaces. Il faut écouter, prendre en compte, tenter de nouer des relations avec quelques relais d'opinion, et donner des gages concrets d'une telle promesse.
Illusion, quand toute la communication du président résidait jusqu'ici sur la stratégie inverse ?
L'enjeu, aussi, ce pourrait être de réinvestir le web. Dans une vision qui dépasse ce petit fantasme de télévision présidentielle dont on voit bien qu'il ne sert à rien, ne nourrit personne, aucune conversation. Mais on est sans doute, ici, dans le registre de l'impossible.
Bon courage Nicolas (Prince, je te tutoie, on a fait la même majeure dans la même école). Ta mission est quasi impossible, ton client difficile. Tu risques de n'être que l'apporteur de mauvaises nouvelles. Si tu ouvrais un blog, pour te changer les idées et partager avec nous tes trouvailles ?



"L'enjeu, aussi, ce pourrait être de réinvestir le web."
Kiziviennent. On en a connu qui auront essayé, par le passé...
Rédigé par: Gus | le 19 mars 2008 à 19:57
Ce qui est un peu étrange est qu'une cellule de veille du web, placée sous l'autorité du 1er ministre (et qui travaille en fonction des demandes des membres du gouvernement, mais aussi, je crois, du président) existe déjà. Peut-être aurait-il été plus pertinent de la renforcer que de créer une seconde cellule de veille parallèle?!?
Rédigé par: Milan | le 19 mars 2008 à 20:18
Une dimension qui me semble (entre autres) complètement négligée est le côté international de la blogosphère. Je vis aux US, suis hébergé là-bas : je ne vois pas comment qui que ce soit en France pourrait m'interdire de dire ce que je veux sur Sarkozy (y compris des choses illégales en France, genre diffamation). Même dans l'hexagone, un blogueur craignant des poursuites n'aurait qu'à rester anonyme et se faire héberger à l'étranger. Autant je comprends le côté "veille", autant le côté "contre-attaque" judiciaire, me paraît illusoire.
Rédigé par: Tom Roud | le 19 mars 2008 à 20:22
Tom Roud: Vous pensez sérieusement qu'aucune coopération policière ou judiciaire entre les deux bords de l'atlantique n'est possible ?
Rédigé par: Gus | le 19 mars 2008 à 20:35
@ Gus : pour des affaires d'atteinte à la réputation sur internet, compte-tenu de l'attachement des Américains à la liberté de parole (et à mon avis de lois beaucoup plus coulantes sur le sujet qu'en France), je ne crois pas. Par ailleurs, il n'y a pas que les US ...
Rédigé par: Tom Roud | le 19 mars 2008 à 21:04
C'est vrai qu'il a un profil à la Martinon, ce Nicolas. Il faut forcément être un peu naïf pour accepter un boulot difficile sous la coupe de Nicolas Sarkozy quand on n'a pas une grosse expérience.
C'est également vrai que Sarkozy est un client difficile. En terme de réputation sur le net, il s'est un peu grillé. Par exemple, sur youtube, c'est des pages de vidéos gag: http://fr.youtube.com/results?search_query=sarkozy&search_type=
Rédigé par: Eric | le 19 mars 2008 à 21:15
La communication du Président est devenue si prévisible et en même temps si amateure, qu'on se demande si Cécilia n'était pas la vraie spécialiste de la réussite de Sarkozy aux Elections.
Rédigé par: Anthropia | le 19 mars 2008 à 21:41
Loic Lemeur aurait pu prétendre au poste ?
Rédigé par: politoblog | le 19 mars 2008 à 21:43
Au-delà de tout ce que tu dis, Versac, je me demande:
Communiquer les projets du gouvernement, ok. Mais est-il légitime de dépenser les deniers publics pour observer ce que dit le web sur la couleur des SMS de Sarkozy?
Rédigé par: Cyrille | le 20 mars 2008 à 00:39
politoblog: la question se pose :) en tout cas Princen et lui seraient "amis" sur facebook d'après L'Express.
Rédigé par: Cyrille | le 20 mars 2008 à 00:42
"Depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, tout semble avoir disparu. Plus une section UMp qui tienne un blog convenable et visible. Des commentateurs pro-UMP qui ont disparu"
L'UMP n'a pas disparu d'Internet. Ils ont créé la fédération numérique de l'UMP, avec d'une part un investissement sur Facebook (un groupe avec plusieurs milliers de membres), et d'autre part la mise en ligne du site communautaire UMPnet qui a demandé plusieurs mois de travail.
Comme tout le monde, l'UMP s'est déplacé des blogs (peu lus) vers les réseaux sociaux, aussi bien les réseaux ouverts que les réseaux internes.
Ce n'est pas une éclipse, c'est l'évolution logique des outils et des pratiques du Net.
Etonnant que toi, spécialiste de l'évolution d'Internet, fasse semblant d'ignorer cela.
"Ca sent le même niveau de nullité que les sorties de sarkozy.fr ou elysee.fr..."
Tu regardes cela avec ton regard élitiste.
Tu oublies que ces sites ont cartonné en audience et ont plu à l'électorat populaire, qui suivait les vidéos de la Sarko TV pendant la campagne.
Ce que, toi, tu demandais, à savoir un site distribuant des informations denses, n'était pas du tout dans la cible.
Sarkozy.fr ne s'adressait pas au lecteur type Versac, trouvant le site vulgaire, mais à la masse, trouvant le site intéressant.
Et cela a fonctionné.
Faut-il te rappeler que Sarkozy a remporté l'élection ?
Tu ramènes toujours tout à ta façon de percevoir les choses. Pourtant ton regard élitiste est très minoritaire. Un parti comme l'UMP vise les masses, il n'a pas une clientèle centrée bobos ou notables, comme l'UDF.
Sur le sujet Nicolas Princen, sa mission est exactement la même que celle de la Netscouade pour Ségolène Royal.
Le fait que cela provoque des réactions hystériques sur la toile témoigne juste que tout ce qui sort de Sarkozy provoque des hystéries auprès d'un certain public, quelle que soit la présentation.
Si Sarkozy fait une caresse, on dira qu'il est pervers et manipule. S'il tape du poing, qu'il est violent. S'il ne dit rien, qu'il cache son jeu ou n'a rien à dire. Etc etc.
Lorsque Benoît Thieulin présentait la Netscouade, il disait tout de go que le but était de surveiller le Web et de réagir aussitôt. Je ne vois pas trop la différence avec l'affaire présente, ni sur le fond ni sur la forme.
Si Sarkozy avait lancé une "Netscouade", tout le monde aurait hurlé en disant que ce terme militaire était effrayant.
Je rappelle aussi que Ségolène Royal a attaqué en justice des blogueurs, sans que cela provoque les mêmes réactions. Seul Thierry Crouzet avait publié un billet à ce sujet, expliquant qu'il ne voterait pas Royal suite à cette attaque en justice, pour la simple reprise d'un flux RSS.
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J'étais très anti-sarko pendant la campagne présidentielle, mais à force de lire les réactions d'hystérie des anti-sarko à la moindre chose, sans aucun souci d'équilibre, je finis par trouver les anti-sarko encore pires que Sarko.
Cette campagne de déchainement sur cette histoire de veille est confondante de stupidité et de mauvaise foi.
Rédigé par: Axel | le 20 mars 2008 à 01:34
"C'est une réduction du web à son unique pouvoir de nuisance, de défiance, de critique, et, surtout, à son avatar médiatique : le circulation des rumeurs et des vidéos"
Rien de nouveau sous le soleil.
Cf cette vidéo, où la Netscouade de Ségolène Royal a le même objectif et l'annonce:
http://www.dailymotion.com/video/x1jxhz_presidentielle-la-veille-sur-intern_politics
Rédigé par: Axel | le 20 mars 2008 à 01:52
"L'équipe de Nicolas Sarkozy candidat draguait des "blogueurs influents", leur faisait du gringue et les maintenait sous une perfusion d'information. Du jour au lendemain, plus rien. nada, niet."
C'est faux.
Vincent Ducrey poursuit son travail auprès des blogueurs, avec Thierry Solère.
Il y a quelques semaines une rencontre était organisée entre des blogueurs et le ministre de l'agriculture.
A l'automne il y avait eu la rencontre entre les blogueurs et le Grenelle de l'environnement.
La relation avec les blogueurs n'a pas été suspendue, malgré l'enjeu moindre après la victoire présidentielle, et malgré le nouvel accent mis sur Facebook.
Tu organises le récit pour démontrer ce que tu veux démontrer, aux dépens de la réalité.
Rédigé par: Axel | le 20 mars 2008 à 02:00
C'est surtout la formulation (et la façon de présenter les choses) que je trouve bizarre. Qu'un homme public fasse de la "veille" sur le web pour savoir ce qui se dit de lui et y réagisse, ça me semble une évidence. En fait une telle évidence que je suis convaincu que ça se fait déjà. Après tout, qui d'entre nous n'a pas googlé son nom pour savoir si on parle de lui ?
Mais cette façon de le mettre en évidence, d'insister sur l'aspect "on va tout regarder et on va punir les auteurs de choses déplaisantes" me semble une formulation bizarre, un peu aggressive. Là, je trouve que ça sent l'amateurisme en matière de communication (bien que ce ne soit pas mon métier...). Ca me rappelle un peu les précédents épisodes, Sarkozy insultant son contradicteur au Salon de l'agriculture ou poursuivant le journaliste de l'affaire du SMS pour "faux et usage de faux". Dans tout les cas, j'ai le même sentiment d'une sorte d'aggressivité menaçante vis à vis des contradicteurs, d'un manque de retenue... Le tout donnant une impression un peu brouillonne, un peu brutale. Surtout venant d'un Président de la République, homme de pouvoir s'il en est : on est toujours sur la limite, sur la marge entre la réaction d'une personne privée et la réaction du titulaire de l'autorité publique. On entretient, je crois, une forme de confusion entre la personne privée (qui a le droit de réagit à une insulte !) et l'autorité publique (qui ne doit pas être mise au service d'une personne privée, fût-ce le même individu).
Que mon sentiment soit, ou pas, justifié, je ne comprends pas la méthode sur le plan de la communication (mais peut être Versac, en tant que pro du domaine, pourrait m'éclairer). Est-ce que cette confusion public/privé est une série d'erreurs de com pure et simple ? Ou est-ce qu'elle peut se comprendre comme faisant partie d'une stratégie, et laquelle dans ce cas ?
JF
Rédigé par: JF | le 20 mars 2008 à 08:03
La discrétion n’est pas l’alpha et l’omega de la stratégie. Il y a aussi le fait d’annoncer une chose avec bruit, pour s’épargner une tâche, c’est ce qu’on appelle la peur du gendarme, aux effets dissuasifs connus.
Question discrétion, on a aussi le principe de l’arbre qui cache la forêt: un gendarme annoncé et bien visible n’empêche en rien l’activité de policiers en civil, bien cachés, agissant en complément.
A côté du dispositif de Nicolas Princen, annoncé sur la place publique, ne doutons pas que continueront les dispositifs discrets des RG et autres officines obscures.
Par ailleurs ce jeu du chat et de la souris entre les blogueurs les plus anti-sarko et Nicolas Princen, absorbe leurs énergies, les conduit à déployer des ressources pour jouer avec un leurre, tout cela est tout bénéfice.
Disperser l’ennemi dans des actions superflues est une très bonne stratégie.
Pendant qu’on parle de Princen, on ne parle pas de la poussée de la gauche aux municipales.
Cette affaire Princen ne passionne que le microcosme blogosphérique. Le grand public s’en moque. Quand on conduit les blogueurs opposants à perdre du temps dans des questions dont le grand public se moque, on est plutôt gagnant.
Rédigé par: Axel | le 20 mars 2008 à 08:48
Pour finir, pour avoir suivi quelques actions de l'UMP sur le Net, je ne suis pas d'accord avec le procès en amateurisme, plusieurs fois fait par versac.
Chaque projet est travaillé en amont, longtemps, par des équipes assez nombreuses et diverses.
Ce que versac nomme amateurisme, c'est un ciblage qui ne correspond pas à ses attentes.
J'ai rencontré un très grand nombre de gens qui étaient emballés par le site sarkozy.fr, qui leur permettait de suivre le candidat jour après jour en vidéo.
Ces gens n'étaient pas des blogueurs, ni des élites intellectuelles. C'était des gens ordinaires, l'électeur lambda, celui qui par ailleurs regarde TF1 plutôt que Arte.
Quand on est candidat à la présidentielle, on préfère plaire à ce public majoritaire, qu'aux 500 lecteurs d'un blogueur politique "influent".
Le site sarkozy.fr était une parfaite réussite, si l'on considère l'objectif et la cible.
De même la PR TV.
Je ne comprends pas sur quelle base réelle versac peut affirmer que ces sites sont des produits ratés.
Le public visé est autre que le microcosme intello qui consulte Debat2007.fr ou Publius, voilà tout.
C'est en se trompant sur les cibles que les blogueurs politiques ont échoué à orienter l'élection présidentielle dans le sens voulu, celui du rejet de Sarkozy.
Rédigé par: Axel | le 20 mars 2008 à 09:05
Axel, tu peux aller dire n'importe quoi ailleurs ? Tu tue un peu le débat avec tes affirmations péremptoires. Merci.
Rédigé par: versac | le 20 mars 2008 à 10:30
Sous Chirac, l'Elysée avait déjà son veilleur du net, d'ailleurs doté de moyens importants. Sauf que l'erreur de com' et de stratégie que tu pointes n'avait pas eu lieu... et que personne n'en avait parlé !
Rédigé par: Lezinde Galante | le 20 mars 2008 à 10:35
Axel: "La discrétion n’est pas l’alpha et l’omega de la stratégie. Il y a aussi le fait d’annoncer une chose avec bruit, pour s’épargner une tâche, c’est ce qu’on appelle la peur du gendarme, aux effets dissuasifs connus."
Mouais. J'y ai pensé, mais quand même, j'ai du mal à me convaincre que le jeu en vaille la chandelle. Ok, il y a un gain du coté "peur du gendarme". Mais la perte en terme d'image me semble disproportionnée...
Rédigé par: JF | le 20 mars 2008 à 10:41
On a compris que pour toi un bon débat est un débat où l'on ne te contredit pas.
En attendant, le site Sarkozy.fr a été très performant avec plus de 100 millions de pages vues et beaucoup d'échos positifs de la part des visiteurs.
T'entendre parler d'amateurisme et de raté à ce sujet fait plutôt retourner l'amateurisme dans ton champ.
Amuse-toi bien avec ton fan club.
Rédigé par: Axel | le 20 mars 2008 à 10:44
Certes, ce Nicolas n°2 va avoir une tâche ardue.
Je pense que cette opération est plus une simple com de Sarkozy en vue d'essayer de faire plâner une épée de Damocles sur la blogosphère.
Les médias libres effrayent les puissants, car l'information qu'ils ne peuvent contrôler réduit leur capacité de corruption.
Sarkozy essaye de se protéger de tout cela... Mais en vain comme vous dîtes.
Bref, après son "dépucelage 2.0", il ne nous reste qu'à souhaiter bonne chance à ce cher Nicolas.
Rédigé par: Antarion | le 20 mars 2008 à 10:59
Axel : j'adore avoir des contradicteurs, mais pas mecs comme toi, qui n'en sont pas.
Amuse toi avec tes jeunes talents et va faire tes procès d'intention ailleurs, comme je te l'ai déjà signifié.
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JF : on est depuis le début dans cette cinfusion entre l'homme et l'institution. Cela n'est donc pas surprenant.
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J'ajoute qu'il y a effectivement un service de veille à ma connaissance actif et plutôt pointu au SIG. La nomination d'un concurrent ne peut évidemment qu'être bizarrement perçue. Sauf à imaginer que les projets de reprise du SIG par l'Elysée ne soient abandonnés, et remplacés par un doublonnage des fonctions ?
Rédigé par: versac | le 20 mars 2008 à 11:13
Versac: " on est depuis le début dans cette cinfusion entre l'homme et l'institution. Cela n'est donc pas surprenant."
Je suis bien d'accord, même si il m'a fallu un peu plus de temps que la moyenne pour m'en apercevoir :-)
Mais plus je le comprends, et plus je m'en étonne. Est-ce que c'est une stratégie délibérée, et si oui, laquelle (oui je sais, on appelle ça "la rupture", mais je comprends pas plus) ? Ou est-ce que c'est une erreur de com', ce que j'ai du mal à comprendre de la part de quelqu'un qui a quand même par le passé pas mal maitrisé sa comm, justement... Ou je rate quelque chose ?
Rédigé par: JF | le 20 mars 2008 à 11:51
Non, JF : confondre, involontairement du moins le soi, (celui qu'on croit être), et une chose, un symbole, ou une partie de l'univers, du monde extérieur en général, c'est une des choses que les psychiatres qualifient de symptômes de la maladie mentale. On peut s'en convaincre en se référant aux vieux manuels rédigés par les associations militantes destinés à aider les jeunes français à échapper au service militaire, à l'époque.
Rédigé par: Gus | le 20 mars 2008 à 13:51
Je m'interroge plutôt sur le champ d'action d'Eric Besson, chargé du "développement de l'économie numérique".
http://fr.news.yahoo.com/zdnet/20080318/ttc-remaniement-eric-besson-charge-du-de-6a3d054.html
Ces deux nominations (Princen et Besson) laissent supposer un retour de l'internet dans les préoccupations politiques françaises. Cela peut être positif s'il s'agit de favoriser par exemple le haut débit ; des dossiers comme le droit d'auteur, les licences et le piratage vont sans doute ressurgir ; il reste à espérer que cela ira au-delà d'un simple "flicage" des blogs, totalement anecdotique à ce stade.
Rédigé par: FPM | le 20 mars 2008 à 14:06
zut, pas moyen d'éditer le lien trop long :-)
Rédigé par: FPM | le 20 mars 2008 à 14:07
Gus, vous êtes en gros en train d'affirmer que le président devient fou ? Sans être un de ses fans, vous me permettrez de ne pas vous suivre sur ce terrain...
Rédigé par: JF | le 20 mars 2008 à 14:12
c'est qui cet axel ?
Ah ouais Facebook hyper plus actif que les blogs... et plus de visibilités dans mes 450 groupes mini.
Plus sérieusement: trois petites choses qui me titillent... est ce un hazard si ça tombe juste après des intimidations de bloggeurs par des élus (souvent UMP), pourquoi au lendemain de cette branlée, et pourquoi de façon aussi ostentatoire (la peur du gendarme... mouais... même pas peur)
je n'ai aucune réponse juste des interrogations
Rédigé par: marc | le 20 mars 2008 à 14:54
marc :
- sur le fait que ç tombe au même moment que des intimidations et procès contre des blogueurs, je dirais que ça participe d'un même phénomène de prise en compte du web comme un espace de menace. pas pour autant une intention maligne ou coordonnée à imaginer.
- pourquoi au lendemain de la branlée ? Effet de calendrier : il s'agit d'une nomination lors d'un remaniement de l'équipe du cabinet. ca se fait après les élections. La nomination, d'ailleurs, n'est pas officielle.
- de façon aussi ostentatoire ? Mais au contraire, on est dans la discrétion. Pas de communiqué de presse, pas d'annonce officielle. Le nom de Nicolas princen n'existe que dans une interview, à l'origine, et on ne sait pas comment elle a atterri là. C'est un bug !
Rédigé par: versac | le 20 mars 2008 à 16:13
la nouvelle technique de sarko pour remonter dans les sondages?
Et qui paie princen ? Au nom de quoi le contribuable paierait ce type de travail ??
http://www.impots-utiles.com/contribuables-qui-paye-nicolas-princen.php
Rédigé par: impots-utiles.com | le 20 mars 2008 à 18:00