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07 avril 2008

Bienvenue chez les chtis

très en retard, je découvre le texte de Francis Terquem dans Libération, sur l'affaire de la banderole.

Mais ces mots accolés les uns aux autres ont un auteur, voire plusieurs. Il s’agit donc d’une œuvre de l’esprit, sans doute collective. On pourra la trouver grasse, de mauvais goût, inopportune ou d’une provocation salvatrice, mais il suffit de la déplacer dans l’espace et le temps pour mesurer sa qualité d’œuvre et donc son droit à être protégée.

Et je suis évidemment à 100% d'accord avec lui. Il est d'ailleurs étonnant (pas vraiment, en fait) de voir toute une partie des ardents défenseurs de la liberté d'expression, lors de l'affaire des caricatures de Mahomet, s'offusquer à présent.

Vive le mauvais goût ! Que vive l'humour, même mauvais et de mauvaise foi. Et qu'on n'invoque pas le racisme anti-chti, quand la veille on a défendu la liberté de Robert Redeker ou des illustrateurs s'étant exprimés dans un journal danois ou dans Charlie Hebdo ! le registre ets le même, quand bien même les auteurs n'auraient pas le même talent (et encore, cela se discute).

L'émoi suscité par cette affaire, comme l'illusion collective lors de l'éphémère passage de flamme olympique à Paris nous renseignent à peu de frais sur l'état d'un certain paysage médiatique. Et ça ne donne pas tellement envie de rire.

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Voici les sites qui parlent de Bienvenue chez les chtis :

Commentaires

Je ne l'avais pas lu non plus. Et les commentaires qui l'accompagnent sont tout aussi instructifs. Merci à votre oeil aguerri. Une sorte de nouvelle devise républicaine : Consanguins pour Liberté, Chômeurs pour Egalité et Pédophiles pour Fraternité.

Je ne suis pas sûr de suivre le raisonnement.

Un dessin publié dans un journal, s'il ne me plaît pas, je n'achète pas le journal. Une banderole dans un stade, si je suis venu pour voir le match, je suis bien obligé de me la farcir.

Le fond même de toute question sur la liberté, qu'elle soit d'expression ou autre, c'est que je peux légitimement revendiquer ma liberté seulement dans la mesure où elle n'empiète pas sur celle des autres. Même la liberté d'expression admet des limites de cet ordre.

C'est bien justement le choix de "l'espace de liberté" qu'on adopte pour s'exprimer qui conditionne la nécessité (ou non) de limiter cette liberté, alors on ne peut pas "déplacer dans l’espace et le temps" comme ça nous chante.

Il faut condamner la banderole haineuse pas parce qu'elle est "raciste" mais parce que c'est une intrusion de la connerie là où on s'était préalablement convenu, démocratiquement, d'admettre seulement le sport. (Et la pub, mais ça c'est une autre histoire.)

Phenomene cinematographique d'un film mignon et sentant bon la France à un moment ou on ne sait plus trop ou va cette derniere + Climat suivant l'incident a Metz + Mediatisation de la finale = Un événement qui prends une ampleur incroyable.

Des banderolles comme ca il y en a tous les week-end en france. Meme le terme consanguin a été employé(Lyonnais envers les supporters stephanois). C'est de bonne guerre, et c'est "relativement" bon enfant, et ca permet de voir des esprits un peu créatifs à l'oeuvre. Autant canaliser cette créativité dans la création de banderolles que dans l'invention de nouvelles facons de se taper sur la gueule, si on veut mon avis.

PS : Ma préférée : 14 Fevrier, jour de l'amour, Paris ce soir on t'enc.

Oui je trouve ca drôle.

PS2 : Tout supporter footeux sait que les lensois sont loins d'etre ce gentil public mignon depeint dans notre nouveau record breaker national et dans la presse actuelle, qui les oppose aux m"chants parisiens(Ca ne veut pas dire que la tribune boulogne ne devrait pas être nétoyée..). Ils sont pas mieux, pas pires que les autres

Laurent> avec le tapage médiatique des caricatures de Mahomet, il paraissait pourtant bien difficile de passer a coté. Je n'ai pas acheté le journal danois, et pourtant je les ai vu.

Sinon je suis d'accord avec Versac, Meme a supposer que ce message etait d'une crasse profonde, il aurait été meiux venus d'ignorer cette stupidité plutot que lui donner le retentissement qu'elle a... au final. en aurait-on fait plus s'il y avait eu des morts? Le passé, Lorsque Sarkozy était encore ministre, nous apprend malheureusement que les médias y voient peu de différence...

Pédophiles, chômeurs, consanguins.
Il manquait "alcooliques" non ?
Au-delà du droit à proférer publiquement des conneries ( car alors rien que chez les politiques, grands hypocrites donneurs de leçons, on est servi tous les jours ), ne pourrait-on pas aussi reconnaître le droit de chacun à simplement ne pas aimer tout le monde, juste PARCE QUE et POUR LE PLAISIR ?
Cette espèce d'unanimité stupide et cet engouement pour les chtis me saoûle, et pourquoi dès lors ne pas avoir le droit de dire que je déteste cette "culture" qu'on voudrait nous faire redécouvrir de force, à coup de matracage publicitaire tous azimuts.
C'est la dictature du prolo, quoi, notre nouvelle religion bien française à nous.
La fraternité a ( heureusement ) des limites, et le plébiscite populaire n'a rien ( heureusement ) d'une quelconque légitimité...

Belle exercice que cette article, mais qui semble oubliée que cette banderole en se positionnant critique d'une œuvre, ici un film, échappe à l'alibi artistique.
Je note au passage l'opposition entre populaire et gauche. Libé était lui aussi très en retard, de 4 jours en fait.

Billet surprenant et décevant.

Ce doit être cette sorte de mode qui consiste à placer au même niveau de comparaison toutes les formes d'expression : ce qui revient à réduire l'expression à son apparence, ou à confondre en un seul et même objet, le fond avec la forme.

On ira pas bien loin avec ce genre de confusion, et hélas, de regression.

Les caricatures de Mahomet avaient, par exemple, un contenu politique évident que n'a aucunement cette banderole et son contenu essentiellement provocateur (et je suis gentil...). Donc, elles ne sont pas comparables, leurs registres ne sont pas les mêmes, la comparaison de leur ''talent'' ignore que le lieu où elles s'expriment a une identité symbolique très différente : un journal d'opinion ou d'actualité commentée n'est pas un stade où l'affrontement sportif se confond encore très souvent avec de la xénophobie simpliste.

En comparant le journal au stade, on le réduit immanquablement au stade, c'est à dire, à un lieu où, généralement, l'émotion envahissante prend le pas sur la reflexion.... quel progrès !

Ce type de confusion c'est surtout celà qui ne me fait pas rire...

Oui, moi aussi je suis déçu par ce billet. Et ça me semble un peu tiré par les cheveux comme raisonnement. D'un côté, on a des caricaturistes menacés de mort pour avoir fait leur métier s'en prenant à des terroristes qui tuent au nom de leur Dieu, et de l'autre des supporters au cerveau atrophié qui affichent sur 25 mètres de long leur haine de l'adversaire sportif. Je ne vois pas vraiment le rapport.

Et il y a aussi le problème des enfants qui ont vu cette banderole, ils étaient nombreux dans le stade, bel exemple!

Tout à fait d'accord avec ce billet. Grand émoi à la télévision et parmi les politiques, alors qu'au fond tout le monde (les Français moyens y compris) se fout royalement de cette affaire.

C'est le politiquement correct porté à son paroxysme.

Un bel exemple de la mascarade qui tient lieu de vie politique et intellectuelle en France.

petit jardin : je ne crois pas metrte sur le même plan le stade et la presse. Pourautant, tous deux doivent être des endroits de liberté d'expression, et surtout, de mise en contexte de cette expression, pour pouvoir la juger.

L'insulte de mauvaise foi fait partie du vocabulaire des supporters depuis toujours. Elle est un registre. Personnellement, cette phrase sur les chtis (je suis chti d'origine) m'a fait rire, car je la trouvais bien vue, dans un contexte d'actualité fort. Le déploiement a nécessité du temps, de la préparation. On n'est pas loin du happening.

Je ne mets pas sur le même plan ce vocabulaire de supporter et les caricatures de Mahomet. Mais je ne vois pas en quoi on devrait à tout prix défendre les uns, et vilipender les autres. Ou soutenir à mort Redeker, en lui octroyant un droit à l'insulte aux religions, et condamner avec la plus grande unanimité quelque chose qui relève, après tout, du même ordre.

XIII : le rapport n'est pas dans les situations, mais dans la liberté d'expression des deux. Si je comprends mal, j'ai le droit d'insulter l'islam sans rigoler, mais pas les chtis en rigolant ?

Eh bien non. Je crois qu'on doit avoir le droit de pratiquer cet humour vaseux. Mêm quand on n'est pas un distingué professeur de philosophie dans les pages d'un quotidien de référence.

Greg : hum, il faudrait interdire les enfants dans les stades, alors, parce que des jurons du même type, il y en a tous les soirs de match.

@ Versac. Je ne suis pas convaincu par tes arguments. Je vois surtout dans cet événément une augmentation de la violence verbale, une absence de retenue, un manque de respect pour l'autre, une augmentation de l'intensité de ces phénomènes. L'insulte de mauvaise fois s'affiche désormais en grande dimension, c'est nouveau et celà m'inquiète. Je ne crois pas non plus que la distance amusée que tu prends soit partagée par les supporters de tous bords, le premier degré restant aussi une grille de lecture pertinente. Et si c'est un gag (j'en doute fortement), je dirais qu'il est raté parce que les conditions n'étaient pas remplies pour qu'il soit perçu comme tel par le plus grand nombre. Autre élément : dans les stades, aujourd'hui, on constate une augmentation importante des insultes raciales et des agressions envers les arbitres, notamment en sport amateur. C'est un signe qu'il faut prendre en compte dans cette affaire.

Oh, le droit de pratiquer l'humour vaseux n'est pas remis en question. Mais ceux qui le pratiquent doivent-ils vraiment s'étonner lorsque leur provoc à la noix leur revient en pleine figure ?

Surtout qu'il est parfois un facile d'invoquer l'humour pour excuser la c... la plus profonde.

La comparaison avec les caricatures de Mahomet est parfaite : on à le même dosage de provocation gratuite, insulte grasse avec une touche de vérité dans le fond.

Et puis pour une fois qu'un supporter du PSG arrive à écrire une phrase sans fautes, ça mérite des encouragements.

Je me demande s'ils sont poursuivis pour insulte ou pour diffamation, en cas de diffamation je ne doute pas qu'ils invoqueront l'exception de vérité.

D'accord avec le fond (l'hystérie suscitée par cette banderole est proprement délirante), mais pas avec tous les arguments.

1) Le journaliste de Libé se trompe, à mon avis, en disant que les chtis ne sont pas une ethnie: je crois qu'un avocat un tant soit peu habile n'aurait aucun mal à les faire entrer dans la définition.

2) La comparaison avec l'affaire des caricatures a de ce fait ses limites: l'enjeu de l'affaire des caricature, c'était le droit à dire tout ce qu'on veut sur une religion, sans que ceux qui la professent puissent se prévaloir d'avoir été insultés en tant qu'êtres humains. Dans la présente affaire, ce sont bien les Chtis qui sont insultés, et ce directement. L'enjeu, ici, est de faire en sorte que des lois votées pour lutter contre la violence intercommunautaire en contexte multiethnique ne servent pas en dépit du bon sens à criminaliser des pratiques qu'on peut juger, suivant sa sensibilité, bon enfant ou de mauvais goût, mais qui n'apparaissent pas dangereuses en soi.

Il me semble même qu'en traduisant l'hostilité en littérature, les banderoles contribuent plutôt à limiter la violence.

Si j'ai bien compris les leçons de Maître Eolas, s'il y a procès contre les chtiphobes, il devrait être gagné par les Chtiphiles.

L'analyse coût/bénéfice des lois instituant des exceptions à la liberté d'expression reste à faire.

Insulter une religion ou une croyance et insulter un peuple, c'est tout de même pas la même chose.
Les gens du nord aimeraient qu'on respecte leur région et leur identité. Les religieux nous demandent de respecter leurs tabous, rien à voir ! Il FAUT rire des croyances et des convictions, c'est vital pour la démocratie. Et le faire aux endroits appropriés : journaux, blogs, sketchs. Je suis d'accord avec Laurent, ta comparaison est oiseuse. Un happening, tu parles !

D'après toi, où est la frontière entre l'insulte raciste et la vanne de mauvais goût ? Et pourquoi prendre tant de pincettes avec le PSG alors qu'on n'a pas hésité à enfoncer Metz qui n'avait pas besoin de ça ? c'est vrai que les pauvres Messins sont presque des ch'tis, on va pas s'emmerder avec ces racistes pédérastes, hein ?

En gros, la seule chose qu'il faudrait presque retenir de cette histoire, c'est qu'"on peut rire de tout, mais pas avec tout le monde" ... Je ne pense pas qu'il y ait une haine particuliere dans cette banderole, par contre le PSG est toujorus la cible des médias et trinque tres souvent pour "les autres" (combien de banderoles "limites" chaque week end de championnat, combien d'insultes dans les stades ??...)

Qui se souvient de cette banderole lensoise, lors d'un Lille-Lens : "L'été dernier, j'étais avec ta soeur. Je faisais l'acteur", c'est du bon gout ça ? Depuis plusieurs semaines, sur toutes les chaines, on nous oblige à aimer les Chtis, à les trouver sympa et formidables, en jouant sur le meme effet "caricature" , mais positif cette fois : ils ont un accent rigolo, mangent des frites, et boivent de la biere, en plus il fait pas beau chez eux , les pauvres, alors ils ont du courage d'être sympa comme ça ...

Est-ce que c'est vrai au moins, que tous les Chtis sont sympa, passent leur journée au bistrot, mangent des frites et trempent du marwal (pardon pour l'othographe) dans leur café ? C'est surement aussi peu vrai que d'être pédophiles, chomeurs ou consaguins, mais ça , ça dérange personne.

Les supporters Lensois, eux, semblent bénéficier d'une sorte d'immunité médiatique permanente ..

Pour moi , tout ça n'est que du Groland grandeur nature. Je revendique le droit de faire des blagues pourries sur les gens, oui.

Maniere, moi suis le TFC, avec les supporters les plus gentils de la planete. C'est normal, y en a pas.


Enfin des propos censés dans cette affaire stupide...

Trés sérieusement copions/collons cet évenement 3 mois avant la sortie du film de Boon et de l'hystérie qui en a suivie (qui n'entend pas constamment ch'tis biloute dans la rue...) je ne suis même pas sûr qu'il eut une ligne dans les quotidiens français.

Formidable exemple des temps actuels, l'actualité et son traitement n'est plus qu'émotions, passions ou indignation. Ou est passé le temps de l'analyse ? Les quotidiens sont entrés dans la course à la médiocrité démocratisées par les journaux gratuits. Un vrai régal...

@versac
Combien as-tu supprimé de commentaires, plus ou moins injurieux, durant ta vie de blogueur?

J'ai tendance à ne pas placer au même plan la critique d'une idée, de croyances ou d'opinions au même plan que l'insulte d'une personne ou d'un groupe de personnes.
Il ne faut pas confondre la critique d'une idée supportée par une personne avec l'insulte de cette même personne.

complètement à cote de la plaque....enfin....

Margot Wallström fait de la pub à Versac !
(et bien d'autres choses encore)
http://blogs.ec.europa.eu/wallstrom/qui-sera-le-premier-a-organiser-un-sommet-des-citoyens/

C'est pas uniquement le paysage mediatique, c'est l'epoque, c'est la mass democracy et le systeme-providence : des que tu souffres, il faut un coupable, toute insulte ou mauvaise blague doit etre reprehendee.

La civilisation casse-couilles...

@ Versac
"On n'est pas loin du happening."
Et parfois du land art:
http://www.sport24.com/football/ligue-2/fil-info/tag-injurieux-a-brest-136747/

@carolus: +1

Le fond de l'histoire est que la banderole n'était pas drôle... En faire trop pour être dérisoire, c'est le bon dosage pour les "rivalités de tribunes".
exemple ci dessous, Liverpool FC vs Manchester United

http://www.jokefile.co.uk/sport/redsknowbest.jpg

Pas d'accord, c'était drôle. Ca aurait beaucoup moins choqué si ça ne l'avait pas été.

"Mais les «Ch’tis» constituent-ils une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminées ? Certainement pas" (Terquem)

"Le journaliste de Libé se trompe, à mon avis, en disant que les chtis ne sont pas une ethnie: je crois qu'un avocat un tant soit peu habile n'aurait aucun mal à les faire entrer dans la définition." (Personne)

J'ai de sérieuses réserves sur la capacité du plus éloquent de mes confrères (je pense à eolas, naturellement) à convaincre un tribunal correctionnel de l'existence d'une ethnie 'ch'ti'.

Par contre, l'article 33 de la loi de 1881 ne parle pas que d'ethnie, religion, race ou nation. Il évoque aussi l'injure à raison de l'origine.

"Sera punie de six mois d'emprisonnement et de 22500 euros d'amende l'injure commise ... envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée."

Cela me semble être une voie moins risquée (pour le maintien d'une certaine crédibilité professionnelle, s'entend), quoique pas entièrement dépourvue d'aléa.

Ce qui est surtout incroyable c'est de s'étonner de voir des singes lorsque l'on va au zoo.

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(...)


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