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08 avril 2008

Fonction publique en débat

Très intéressant billet, sur débat & co, sur les résultats du grand débat national sur les valeurs, missions et métiers de la fonction publique, qui s'est déroulé ces derniers mois. Je partage largement les conclusions de l'auteur, notamment sur les tabous, les thèmes absents de ce débat :

- la gestion par corps,

- les gains de productivité.

J'ai suivi d'assez près ce grand débat, dont l'organisation, en ligne, a été exemplaire. Mon impression d'observateur est que, malgré tout, une immense majorité des participants étaient des fonctionnaires, et pas tant que ça des usagers du service public. Nombre de thèmes, d'ailleurs, relevaient vraiment de problématiques internes. On se serait souvent cru sur un intranet de la fonction publique, avec des problématiques très emblématiques (mobilité, grilles de rémunération, ...).

La consultation a eu le mérite de poser les sujets de manière vaste et ouverte. les mécaniques de fabrication de consensus, et de travail créatif en commun, par petits groupes, étaient passionnantes, et ont fait émerger plus que "du verbatim" à la pelle, comme le sont souvent les consultations mal organisées.

Reste les tabous. Ceux-là, il faudra bien les briser. Et leur non-émergence lors de consultations de ce type est sans doute révélatrice du fait qu'il faut sans doute, au delà de la phase d'écoute aussi bien organisée soit-elle, rendre sa responsabilité au politique.

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Voici les sites qui parlent de Fonction publique en débat :

Commentaires

Pardon, mais qu'est-ce qu'un "gain de productivité" à l'hôpital ? à l'école ? dans la police (non, cela, on sait) ? dans les services sociaux ? dans un tribunal chargé des comparutions immédiates ?

traductor : une infirmiere qui passe 30% seulement de son temps avec les malades, un dossier dans un tribunal qui met 3 ans a etre juge (tout le monde n'a pas la chance d'etre un immigre sans papiers), une demande de subvention pour une PME qui arrive apres que la PME ait depose le bilan, tout cela ne vous inspire pas ?

Quel sont "les tabous qu'ils faut briser" dont vous parlez ? Car on en parle mais personne ne les cite.

Commençons par fermer les grandes écoles de la fonction publique, premières causes de l'existence de si nombreux grands corps.

Les grandes écoles sont sans doute déplaisantes dans une société éprise d'égalité. Elles assurent au moins une sélection sur base d'un certain mérite. J'écris d'un pays voisin où l'absence de distinctions au moment du recrutement abandonne les promotions d'agents publics à l'arbitraire du politique, et finalement à une particratie galopante aux effets désastreux pour le fonctionnement de l'Etat.

Les grandes écoles sont sans doute déplaisantes dans une société éprise d'égalité. Elles assurent au moins une sélection sur base d'un certain mérite. J'écris d'un pays voisin où l'absence de distinctions au moment du recrutement abandonne les promotions d'agents publics à l'arbitraire du politique, et finalement à une particratie galopante aux effets désastreux pour le fonctionnement de l'Etat.

à la limite peu importe que ces écoles existent : ce qui est gênant, c'est l'accès de plein droit de leurs élèves à des rentes de situation à vie.

J'imagine que les élèves et dirigeants de ces écoles s'en rendent bien compte. S'ils ont effectivement ce sens public qui est sensé être indécrottablement chevillé au corps de leurs élèves, une conclusion simple devrait s'imposer à leur esprit.

Quand à l'arbitraire... je ne voudrais pas sembler vexant, mais par définition même, une société libre est certes une société où règne l'arbitraire. Mais l'arbitraire du rentier titulaire de sa position n'est pas moins important que l'arbitraire de l'élu.

Ce qui me fait marrer dans le brisage de tabous c'est cette facon incroyable de me les briser en enfoncant des portes ouvertes (a claques).

Mais bon.

La question la plus costaude, c'est que tout le monde aborde la question de la productivite comme une facon de reduire les couts dans la foncion publique. Or typiquement, dans une entreprise qui fonctionne (je n'ai pas dit privee, on le notera), les gains de productivite doivent etre partages entre le salarie (remuneration/cadre de travail) et l'actionnaire. C'est cette question, celle du partage des gains de productivite, qui est taboue. Pas celle de la productivite elle-meme, il me semble. A force de faire croire qu'on peut "taper" (pardon, redeployer) sur des salaries sans les retribuer (la retribution peut ne pas etre monetaire (voire les profs, pour faire court)), on va droit a la bordelisation generale.

Un salarie du prive qui trouve les fonctionnaires bien timores (ou plus certainement leurs syndicats) -> J'ai toujours dit que les profs auraient du reclamer les 35h dans les etablissements, avec bureau, PC et telephone a la clef, plutot que de camper sur leur position incomprehensible pour le commun des mortels...

Juste une precision, le lapsus (voulu) de la mort: les actionnaires de la fonction publique ce sont evidemment les contribuables, d'un sens (on me dira surtout ceux qui beneficient de la TEPA, un dividende d'un genre nouveau, mais je dirais que ce serait faire preuve d'un certain mauvais esprit....). Surement pas les usagers.

unkle :
"C'est cette question, celle du partage des gains de productivite, qui est taboue."

Ah non, quand même faut pas exagérer. Tous les ministres ont toujours dit que les gains de productivité issus des non-remplacements seraient partagés. C'est faux, là : ce n'est pas un tabou. Il n'y a qu'à voir la fusion DGI-DGCP : on arrive à redistribuer plus que les gains de productivité générés !

Gus : pas sûr que les écoles soient en soit responsables des corps, mais ces situations de rentes sont évidemment à tuer.

Moule à Gaufres : on recommence, et on relit l'article.

traductor : Mathieu vous a répondu mieux que je ne l'aurais fait. On pourrait égréner en permanence la liste. Efficacité de l'action publique, ça vous parle ? On pourrait poursuivre dans un aurte mode : si mon impôt me coûte 1% de son montant ou 2% à collecter, c'est autant de plus (ou de moins) que je peux / ne peux pas consacrer à des actions qui ont un objectif précis.

versac: je vous propose une expérience naturelle : supprimez simplement une école, et nous verrons si les autres se partageront ou non le territoire et les rentes libérées. Alors, nous saurons si oui ou non il y a corrélation entre rentes et écoles.

J'ai été pendant 20 ans dans la fonction de publique (j'ai même été formé dans et parfois par la fonction publique, dès 14 ans).

Sur les grandes écoles :
J'ai accédé à des postes que mon statut m'interdisait a priori, en tant que monotechnicien (tout en restant une "anomalie"), en partie soutenu dans cette entreprise par des diplômés de grandes écoles de la fonction publique, en partie aussi grâce à l'asphyxie d'un système qui crée des vacances : les diplômés de ces grandes écoles ont un "parcours type", en quelque sorte, pour maintenir les possibilités de formation/détection de "dirigeants" à la fois à la hauteur de leur corps et des tâches à accomplir, parcours qui rend certains postes inoccupés par eux "structurellement", malgré la fonction qui doit perdurer.

Sur la productivité :
Le premier et principal gain est au niveau des ministres : quand l'un d'entre eux annonce un délai ou la tenue d'un objectif, la motivation est (et sera) toujours politique.
Derrière c'est toute la chaîne, jusqu'au fonctionnaire de base, qui élaborera un retroplanning visant à satisfaire la tenue de l'objectif politique (et la satisfaction est de 100%, pas de raté possible), et rien d'autre. Tout le reste foire. Lamentablement.

Sur le fonctionnement "from the inside" :
Qui n'a jamais été fonctionnaire (ou contractuel dans une fonction publique) ne peut pas complètement saisir l'articulation profonde du système. Je ne dis sans aucune fanfaronnade. Et je fournis quelques explications. :)

Bien des choses qui déconnent de façon visible pour les usagers sont relatives à la nécessité d'égal traitement non arbitraire de ces usagers.
Comme il n'est pas envisageable théoriquement de soumettre le sort d'un usager à un seul fonctionnaire, trop risqué, les signatures sont multiples.
Comme il n'est pas envisageable théoriquement de discriminer un agent sans mettre en péril cet étrange équilibre collectif qui aboutit à l'égalité de traitement de l'usager, les notations des agents sont compliquées, les avancements par grade et classe, etc. C'est le royaume des péréquations.

Je me souviens de l'introduction du mail dans l'administration où j'œuvrais : bien que jeune et geek, j'ai ressenti cela comme une agression professionnelle. La possibilité d'échanger rapidement des informations (et avec des PJ ...) avec "l'extérieur" m'obligeait à une autonomie par rapport à la "machine d'égal traitement". Risqué pour l'équilibre système (pour moi, mais j'étais grand).
Le temps administratif est différent du temps des affaires, dit plus étrangement.

Après, pas de souci, je suis d'accord, tout cette "machine d'égal traitement" s'est grippée, viscosifiée. Et les syndicats y ont des responsabilités (par exemple, défendre les agents indéfendables).

Conclusion :
Réformer en ne débattant pas d'abord des parcours des diplômés des grandes écoles (X, Ponts, etc.), en ne ré-interrogeant pas le rôle des politiques, en ne conservant pas la "machine d'égal traitement", ce sera bidon (ou un démantèlement pur et simple, mais c'est une autre question).

Le reste, ça fait juste plus de 20 ans que je l'entends, et c'est du pipeau (au tarif d'une réforme tous les 18/24 mois, c'est limite grotesque).

@ traductor : entièrement d'accord avec toi.

@ Versac : Il faut arrêter d'évoquer en permanence la fonction publique et de la désigner comme un exemple (d'inorganisation doublée d'un gouffre financier) de je ne sais quoi. Ses tabous sont en voie de disparition, éradiqués par les personnels eux-mêmes. (Je pars du principe que la France possède une fonction publique formidable dont les avantages et les qualités sont biens supérieurs à ses défauts et à ses inconvénients).

D'autre part, parler de productivité en fonction publique est une hérésie. C'est ignorer que les enfants, les personnes, les dossiers sont tous différents et ne nécessitent ni la même attention, ni la même implication de moyens.

@ Matthieu : si les affaires judiciaires ou si les demandes d'aides des jeunes entreprises sont traitées si tardivement, c'est pour des raisons très différentes.
Pour la justice, c'est un manque évident de personnel.
Pour les entreprises, le délai est dû à l'attente du bilan de la deuxième année d'exercice, quand ça n'est pas de la troisième.
Même une optimisation des circuits (si elle n'est pas déjà faite) ne réglera pas toutes les attentes.

Quand tu disposeras que quelques heures, va vivre la vie d'une infirmière, ou glisse toi dans un tribunal. Tu reviendras ensuite nous faire un rapport, si ton envie en est toujours là.

Le plus surprenant ne me semble pas être les 44% de masse salariale : c'est plutôt de se demander ce que l'état peut bien parvenir à faire à gâcher une quantité d'argent équivalente à une fois et demi la masse salariale requise pour payer ses millions d'agents en politiques publiques, sans même parler des incitations fiscales, le tout en se désengageant de toute action publique visible du citoyen (éducation, notamment : sait-on que l'état ne paie plus guère que ses profs et laisse tout le reste aux impôts locaux ?)

à quoi sert le ministère des sports, par exemple ? Il n'y a plus de grand stade à construire, plus de jihos à organiser, etc.

A quoi sert le sénat ? la cour des comptes, qui pourrait être remplacée par de simples audits externes sur appel d'offres ? le ministère des anciens combattants, qui pourrait certainement être remplacé par une agence ? Le ministère de la santé, à l'heure où, en théorie du moins, tant la sécu que les hôpitaux sont indépendants ? à quoi servent les ministères interventionnistes périphériques au MINEFI au sein du marché commun (alors que les politiques économiques d'intervention devraient être européennes, depuis si longtemps) ? Et soyons un peu provocateur : à quoi sert notre secrétariat d'état aux droits de l'homme ? ne serait-il pas utilement remplacé par une vitrine des technologies françaises exportables ?

Un peu de libéralisation et d'autonomie génèreraient certainement des économies infiniment plus considérables que les mesurettes de gestion de corps, toujours, au final, profitables aux haut-fonctionnaires au détriment des sans-grade, d'ailleurs.

Ulpien !
J'admire votre optimisme à croire que les Grandes écoles "assurent au moins une sélection sur base d'un certain mérite."

Quand on sait qu'en Khâgne, 70% sont des enfants de Khâgneux, on réalise que la société française n'est plus qu'une litanie de dynasties (bourgeoises, intellectuelle, Sportives, politiques, médiatiques et du show bizz.)

Quand au résultat, c'est pire:
Regardez le niveau de compréhension d'un François Hollande, major de l'ENA, et qui ferait capoter n'importe quelle entreprise en quelques mois !

A force d'accorder le bac et l'accés aux grandes écoles à des nigauds. Nigauds que seule la situation économiques de leurs parents à hissé jusque là: on obtient la classe intellectuelle la plus figée du globe.

Cela me rapelle une phrase de Flaubert: "Tout le rêve de la démocratie est d'élever le prolétaire au niveau de bêtise du bourgeois. Le rêve est maintenant en partie accompli."

Merci le "PS/UMP", pour la casse de l'ascenseur social.

Fer,
Votre commentaire est plein de bon sens, mais ceux qui profitent du système, sont aussi ceux qui règnent. Les très hauts fonctionnaires ont coutume de dire en parlant d‘eux mêmes: "La FRANCE c’est 200 personnes ! "
Remise à plat total, c’est la condition sine qua none de sortir du code Napoléon et du moyen age économique.

Henry Laborit, philosophe ET praticien disait:
"Les grandes écoles n’ont d’intérêt que si on les aborde en tant qu’exercice de discrimination."....
Qui, de nos jours est conscient de çà ?

On met une bombe dans le système et après on comptera les gens vivants, quelle gabegie.

Par expérience, je sais comment les fonctionnaires réagissent aux réformes, ils savent que ce sont des lunes, chroniques, qu'il faut donc laisser passer.

Dans le cas qui nous occupe, on ne cherche pas d'abord l'efficience. On fait dans la chirurgie et je crains qu'on laisse la fonction publique exangue, sans bras ni jambes.

Je sais que les gens ne changent que lorsqu'ils y ont un intérêt : rémunération, amélioration du cadre et des conditions de travail, clarification des missions, recentrage sur l'essentiel.

Au lieu de quoi, la réforme s'engage sur fond de moquerie des fonctionnaires, de mépris de leur culture, d'ignorance des spécificités, des statuts (cf. le discours de Sarko avec ses blagues à cent balles).

Les gains de productivité devraient se faire par des démarches concertées internes aux services. Ici c'est un couperet qui s'abat sur les gens. On aura donc les effets pervers, les affichages, les tableaux de bord, les indicateurs, qui ne correspondront à aucune réalité derrière.

Et les Français en verront bientôt les conséquences dans leur vie quotidienne.

Quand on voit les mois de retard SS, CAF, RSI, Greffes du Tribunal, DDTEFP, j'en passe et tant d'autres, les doublons, les erreurs.

On n'a pas encore stabilisé les nouvelles organisations, qu'on saigne à blanc.

Quelle erreur de management du changement.

http://anthropia.blogg.org

L'important pour la haute fonction publique est effectivement de prouver que ça ne peut pas marcher : donc, de saboter la réforme.

Il est vain d'imaginer qu'on puisse intelligemment réformer l'état sans pour autant changer les cadres qui ont tout à perdre à quelque changement que ce soit.

Donc, autant sabrer, puisque élus et haute fonction publique sont une seule et même population dépourvue d'instinct masochiste.

Couteuses heures sups détaxées :

http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/04/09/heures-sup-la-loi-adoptee-a-l-ete-2007-est-couteuse-et-peu-efficace_1032639_823448.html#ens_id=1026689

politique de gribouille

"L'autre contradiction est mise en relief par le "paquet fiscal" de 14 milliards d'euros. Loin d'avoir provoqué un choc de confiance, il s'avère, selon un premier bilan de la commission des finances de l'Assemblée nationale, coûteux et peu efficace. Ainsi la facture de la détaxation des heures supplémentaires est de 4,1 milliards d'euros par an pour l'Etat et procure un gain de pouvoir d'achat de 3,78 milliards à une partie des salariés. Pour calibrer la dépense sociale à l'aune de la rigueur, encore faut-il déjà s'abstenir de mener une politique de gribouille. "

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/04/09/calibrage-de-rigueur_1032607_3232.html#ens_id=1026689

Et bien sur Lagarde dément :

"Lagarde dément les conclusions du rapport sur les heures sup"
http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-35009199@7-37,0.html

A quand une étude indépendante ?

Cela dit comment croire Christine Lagarde alors qu'elle nous refait le coup du nuage de Tchernobyl qui contourna la france en 1986 :

"Les très fortes turbulences de marché et la crise internationale qui sévit particulièrement aux Etats-Unis ont des répercussions fortement atténuées en France.
Christine Lagarde, Ministre de l'économie, le 3 avril 2008

http://ceteris-paribus.blogspot.com/

C Lagarde a comme qui dirait un petit souci de crédibilité.

Tous,
je vous trouve très méchant avec Christine Lagarde !
Voilà une fille qui n'avait jamais fait d'économie et qu'on balance ministre !
Il me semble que pour une "menteuse" professionnelle fraîchement arrivée des USA, elle ment peu !
D'ailleurs Miss Boubourde à commencé son règne en dénonçant le plan de relance économique de son prédécesseur (Borloo).
Christine Lagaffe à été très franche d'oser annoncer, dès le départ qu'on abandonnait toute reprise économique !

De plus "Miss de mes deux pédales" fait n'importe quoi, mais ce n'est pas pire que ce que voudrait faire Michel Sapin: détaxer les produit Chinois et accélérer les délocalisations pour que nous soyons obligés d'acheter Chinois, donc moins cher !

Entre la peste et le choléra..........

"A quand une étude indépendante ?"

à l'heure où l'on s'émeut à l'assemblée, au gouvernement, et dans les ministères, du vote d'un amendement donnant, rendez-vous compte, liberté de parole aux membres d'un comité d'experts, on peut se dire que le problème n'est pas que la France n'a pas de culture de l'évaluation : c'est que notre culture politique refuse même l'idée d'évaluation, d'examen, de débat contradictoire.

On peut rire des régimes théocratiques bienveillants comme celui que propose le Dalaï-Lama : mais pourtant, en France, nous sommes gouvernés par une théologie laïque incarnée, érigeant la prophétie auto-réalisatrice du prophète élu en guise de raison.

à ozenfat : les "grandes écoles" trop élitistes ? Sur quoi vous basez vous ? Leur système est ouvert à tous, et elles ne coutent presque rien (les normaliens et les X sont même payés). Dire qu'elles n'acceptent que des nigauds fils à papa est grotesque. Et rassurez vous, même en sortant des Mines ou de Science Po, il faut chercher du travail.
complètement d'accord avec traductor : le service publique a la charge de s'occuper de tout le monde, même des cas contre productifs. Parler de gain de productivité peut se réveler absurde dans certains cas. Il est évident qu'un polytraumatisé qui va mobiliser pendant 12 heures un chirurgien, un anesthésiste, un interne etune ou deux panseuses est beaucoup moins rentable (et d'ailleurs ne sera pas accepté en clinique) qu'une appendicite. Pourtant il faudra trouver des gens prets à sacrifier leur productivité pour l'opérer...

@unkel : "Or typiquement, dans une entreprise qui fonctionne (je n'ai pas dit privee, on le notera), les gains de productivite doivent etre partages entre le salarie (remuneration/cadre de travail) et l'actionnaire."

ça c'est la théorie. Actuellement, les gains de productivité sont partagés entre les actionnaires et les actionnaires.

Entendu mardi soir sur France Inter, d'un député UMP : "Un € investi dans les entreprises privées rapporte plus en terme de croissance qu'un € investi dans la fonction publique. Il faut donc transférer les fonds investis dans la fonction publique vers les entreprises privées." On croit rêver... C'est pourtant typique de la gestion du gouvernement actuel : prendre l'argent destiné au bien commun pour le donner à quelques uns. A croire que la notions de long terme leur est inconnue, sans même parler de solidarité ou d'égalité.

Après moi le déluge...

@ o.

Que faut-il souhaiter à tous ces cons qui ne raisonnent qu'en terme de productivité ?
- de ne jamais tomber sérieusement malade ?
- de toujours recevoir les soins utiles et nécessaires ?
Chacun sait que le personnel hospitalier fera toujours plus que son possible pour soigner tout à chacun, y compris les cons.

C'est également vrai que pour ceux qui disposent de moyens financiers, il existera toujours des cliniques privées, des assurances volontaires, des stations de cure pour les remettre sur pieds.

Quant aux autres...

@o.
j'avais dit "qui fonctionne". Une entreprise qui ne retribue pas ses salaries pour les gains de productivite realises est une entreprise qui fonctionne ou va fonctioner mal. Parce qu'en temps que salarie d'une telle entreprise je ne penserais qu'a une chose: me barrer.
Certes le marche de l'emploi-bla-bla. Cela etant, je ne dois rien a mon entreprise, sinon mon travail...

@Aetius:
je suis assez d'accord qu'un bon nombre de fonctionnaires que je cotoie sont les premiers a "faire tomber les tabous" pour employer la vulgate umpiste (franchement des tabous dont tout le monde parle tout le temps....). On aimerait que leurs syndicats soient moins raides du cul, quand meme... Et surtout se posent les bonnes questions (conditions de travail, mobilite des personnels) au lieu de penser les grrrrrrrrands problemes (programmes scolaires, service public,...).

@o: euh, à votre avis, ça sert à quoi, les entreprises privées, dans l'économie? C'est du "court terme", d'investir dans l'économie?

Et quand on parle d'accroître la productivité dans la fonction publique, on parle de réduire les coûts à service constant, évidemment... Ca ne veut pas dire que les services publics doivent avoir un but lucratif...

Parler de productivité en matière de service public, c'est un devoir civique élémentaire, pas une hérésie... Qu'est-ce qu'il ne faut pas lire...

Il est certain que lorsqu'on fait faire un service public par une entreprise pour le même prix que lorsqu'on le fait faire par un service public, l'état récupère des impôts sur l'activité de l'entreprise privée mais pas sur l'activité du service public.

Faudrait déjà poser un premier principe : éviter l'amalgame, dans lequel veulent souvent nous enfermer les syndicats de fonctionnaire, entre Service Public (c'est à dire une entité qui rend un service d'utilité publique aux citoyens) et la gestion des ressources humaines du personnel de la fonction publique. Je ne dis pas qu'il n'y a aucune corrélation entre les deux, ce serait excessif, mais le devoir de la puissance publique, c'est de s'occuper du premier (le Service rendu au public) avant le second (la carrière, le salaire, le confort) des agents du service public.

Autre préalable au débat : il faut que le public admette que le Service Public a un coût. Pour faire simple : il faut que l'administration soit gérée de façon rigoureuse, mais pas avec une exigence de rentabilité au détriment du service rendu.

On pourra penser que j'enfonce des portes ouvertes, mais quand on voit la façon dont les débats sont menés, je pense que ces deux préalables sont loin d'être inutile.

Un exemple : la dérive de la Poste. Pour en faire une entité rentable, on a commencé par mélanger des éléments de Service Public (une lettre postée du fin fond de la Creuse coûte le même prix qu'à Paris ou à Lyon, service bancaire minimal etc...) à des éléments qui le sont moins (vente de produits de toutes sortes, concurrence aux banques etc...). On arrive au bout de la dérive, la mission de Service Public n'étant parfois plus ou moins bien assurée au détriment de la rentabilité (par exemple transformation des bureaux de poste en agence commerciale vendant n'importe quoi et ne prenant même plus le courrier "Allez le déposer dans la Boite située dehors, derière levée à 15 heures !)

Antoine,

J'aime bien votre "sur quoi vous basez vous ?"

Ne me dîtes pas que vous ignorez (à moins de ne jamais être sortit du périphérique) que la proportion d'enfants des classes populaires entrant dans les grandes écoles est proche d'epsilon.

Sur quoi vous vous basez ?
Sur quoi se base t'on pour savoir que la France ne fait plus partie des très grandes nations économiques ?
Sur quoi se base t'on pour savoir que le niveau d'étude moyen français est tombé à la 27 ème place mondiale ?
Sur quoi se base t'on pour savoir que le bac ne représente plus aucune sélection (ma fille le passe cette année) et qu'on oblige les correcteurs à "faire passer" 80% des candidats... nuls ou pas ?
Sur quoi se base t’on pour que les Suisses considère qu’un bachelier suisse = mention bien au bac français ?
Le vice-recteur de l'école supérieur de mécanique de Nantes me disait que quand deux élèves (un Français, un Espagnol) se trompaient dans le même problème de résistance de matériaux, vérifié ensuite sur la machine à casser les éprouvettes-test.
L’Espagnol refaisait son calcul, le Français pensait que la machine test s’était trompée !
Sur quoi se base t’on pour dire qu’à l’opposé d’un Hubert Védrine.... Michel Barnier a un quotient intellectuel d’huître ?

Je vais vous le dire, sur quoi on se base: Sur ses yeux !
Le "truc" est simple, vous faites comme Henry Laborit ou Einstein... ou au minimum vous les lisez :
Au lieu de fermer vos quinquets de peur de voir des choses qui ne vous plaisent pas: vous les ouvrez en grand !

à ozenfat : je lis les statistiques comme tout le monde, je serai le premier à critiquer le système éducatif actuel, mais vous ne pouvez mettre en cause les grandes écoles. Elles selectionnent leurs élèves, et certainement pas en regardant les revenus des parents. Le système éducatif, notament au lycée, fait qu'il ya peu de gens des milieux populaires dans ces écoles. Cela ne veut pas dire qu'elles sont élitistes. Encore une fois, tout le monde peut y entrer, il suffit de reussir les concours.
Et au risque de vous décevoir, je vis à l'extérieur du périphérique.

"mais vous ne pouvez mettre en cause les grandes écoles. "

Usage suboptimal de la ressource la plus rare : l'argent public.

Libre à elles de fonctionner entièrement avec des fonds privés, cependant.

Pour animer le débat

Un tabou: remplacement de l'usager par le client(En général ça déclenche une bagarre générale).

Un autre tabou: l'éducation nationale gère très mal son personnel, elle devrait se réformer, en interne de préférence, en supprimant l'omerta et la dépendance infantilisante des enseignants à l'inspection et aux syndicats maison.

Un troisième tabou: bien gérer l'argent public est un devoir, quand on a un besoin qui diminue on redéploie les fonctionnaires affectés à ce besoin.

Vous en voulez d'autres ?

Antoine,
Ce que vous dîtes n'est pas complètement faux, c’est même exactement ce que je croyais, avant de me pencher sur le problème.
Ce que je veux dire (peut-être me suis-je mal exprimé), c’est que l’examen d’entrée de ces grandes écoles est exclusivement basé sur l’appris et non sur le compris (ou les facultés d’imagination).
Le résultat est précisément que l’élève issu de milieux défavorisés, même génial, n’a aucune chance d’y rentrer.
Ainsi de Michel Barnier, un Samuel Butler pourrait dire :
"Il était né stupide et avait considérablement développé ses dons naturels."  
D’une Christine Lagarde, Jafar Ibn Charaf pourrait dire: "L'enseignement est le labourage des intelligences, mais toute terre ne donne pas une riche végétation."
D’un François Hollande, Einstein pourrait dire : "L'imagination est plus importante que le savoir. "

Est-ce mieux exprimé ainsi ?

Après avoir travaillé dans le privé et dans le public, pour moi, il n'y a pas plus de déméritants d'un côté, ou de l'autre.
Aussi, avoir introduit le terme d'ETP, est un honte, c'est un terme quantitatif, alors que les fonctions exercées sont qualitatives. Après cela dire qu'il ya 10 robots dans un service, et qu'il en faudrait 6, n'est qu'une suite logique, toujours aussi déconnectée de la réalité.
Enfin, licensier ou blackbouler des fonctionnaires, pourquoi pas si c'est les moins travailleurs, mais c'est aussi mal connaître le processus d'évaluation annuelle (d'ailleurs risiblement annoncée sur l'intranet "ouverture de la période d'évaluation" -"ouverture de la chasse") : ceux qui tentent de faire évoluer les choses, se cognent au Mur Enarquien-IEP-ENST, deviennet des "empêcheurs de tourner en rond", sont méchamment évalués. A l'inverse, ceux qui "chauffe la chaise", font les couloirs, et sont des YES-men quoiqu'il arrive, sont superbement évalués et deviennent des agents "exceptionnels" (+0.5 et +2 mois d'ancienneté). Résultat au bout de quelques années, qui dirige qui ? Les fainéants fourbes dirigent les "empêcheurs de buller en rond", et c'est reparti pour un tour (10 ans).
Et tous les 5 ans, on se demande pourquoi la dernière réforme n'a pas fonctionné, et on utilise cet argument pour externaliser, c.à.d en faire profiter aux camarades de promo qui avaient assez d'argent de poche de papa à la sortie pour faire leur start-up.
C'est pourtant clair, alors pourquoi autant de cacophonie, ou de faux étonnements périodiques télévisés. Mince alors!

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