RGPP : revue de blogs
Ma chronique sur Debat & co et dans Les Echos porte aujourd'hui sur les débats sur la RGPP, et son traitement en ligne.
Pour prolonger (je vous invite à la lire), on pourrait dire, en consultant en communication, que l'absence d'accompagnement, tôt, de processus de réformes de ce type mène invariablement à ce type d'hystéries de sortie. Crispation du camp opposant sur des termes un peu fous, et déception des alliés naturels, qui n'ont pas été associés. La RGPP, sur son principe, n'est pas condamnable. Son modus operandi pose quand même des questions : s'agit-il de réellement transformer l'Etat ? Et, si tel est le cas, peut-on vraiment concevoir et mettre en oeuvre un tel processus dans le secret d'une petite alcôve, en espérant que les rares moments de révélation aboutissent à une prise en compte sereine par l'opinion comme les parties concernées ?
Certainement pas. La stratégie, qui consiste à révéler, lors d'événements se voulant révélateurs, des paquets de réformes mis côte à côte, pour faire du nombre, est absurde. On gonfle les attentes, on crée un terrain favorable à l'opposition, qui peut sans problème donner à critiquer à l'avance et peut préparer son argumentaire, et on ne se ménage pas le soutien de ses amis, et de ceux qui vont aider la réforme.
La RGPP, une sorte de clone techno de la mission Attali ? On peut commencer à se poser des questions sur le sens de la méthode de ce gouvernement, là où tout le monde à droite, il y a quelques mois, se disait qu'on savait ce qu'il fallait faire, et que l'essentiel était une question de management...




RGPP ou pas moi ce que je constate c'est que :
- d'un coté Sarkozy rend 230 millions d'euros aux ménages les plus aisés et de l'autre veut sucrer des allocations etc etc etc
- le débat sur les OGM prouve une fois encore que les parlementaires ne font pas leur job et se font retourner par les lobbys
- aucun responsable politique ne met en avant le fait que la hausse du prix des matières premières est liée à l'absence de régulation des marchés financiers ainsi qu'au développement intensifs des bios carburants
Cela étant posé, je ne sais plus si je suis en colère contre les politiques ou contre ceux qui les élisent
Rédigé par: Marc_B | 18 avril 2008 at 12:32
RGPP !
Il n'est jamais bon de prendre des décisions à la hâte et notoirement en politique il est indispensable de "se hâter lentement".
Une remise à plat s'impose en France où le Dalloz et le code Napoléon forment une entité grotesque à reprendre à zéro (0).
Au lieu de cela, on prend la méthode qui à déjà fit la preuve de son incohérence:
On sur-rajoute des lois.... tellement plus facile de rajouter des feuilles au mille-feuilles, pour les gros faignants qui nous gouvernent au PSUMP !
Rédigé par: Ozenfant | 18 avril 2008 at 13:03
RGPP
Aujourd'hui, une administration, des responsables, qui disent qu'on ne remplace pas 3 départs à la retraite sur 5 postes, qu'on vient de les en informer, qu'ils doivent faire avec, c'est à dire faire sans, sans préparation, sans étude de la faisabilité.
La question sera donc : que va-t-on supprimer dans les missions ?
N'est-ce pas une question qui aurait dû être débattue avant ? N'est-ce pas une question politique et non technique, organisée localement en catimini ?
Sur quoi veut-on mettre l'accent ?
Avant de supprimer arbitrairement les postes, juste parce que les personnes partent en retraite, ah, ça tombe bien, on supprime, même si dans ce service, cela va contre les objectifs pluriannuels, contre les priorités, contre les enjeux innovants.
Stupidité totale.
http://anthropia.blogg.org
Rédigé par: Anthropia | 19 avril 2008 at 00:37
Je propose une hypothèse :
Sarkozy a choisi de décevoir les libéraux qui, de toute façon, auraient voté pour lui plutôt que pour la candidate qui a proposé la création d'un service publique de raccompagnement des flics à domicile. Mais dans sa majorité, quelques-uns de ses précieux alliés ont besoin de soigner leur image auprès d'un électorat authentiquement libéral.
D'où l'idée de la RGPP : rassembler sous un nouveau nom des actions en cours, voire, menées à terme (fusion DGI/DGCP) en une grande politique publique au nom clinquant, mené par les ministres à valoriser aux yeux d'un électorat libéral ou instruit mais désespéré, conçue pour échouer d'avance, et, au passage, renforcer la fraction la plus démagogique de son opposition pour réduire les risques de construction d'une grande alliance de l'opposition pour 2012.
De la politique ordinaire, somme toute.. qui n'empêchera nullement lesdites réformes d'être mal menées à leur terme, avec toutes les conséquences prévisibles : suppressions massives d'emplois peu qualifiées en province, création de nouveaux postes d'énarques dans les capitales régionales, et augmentation globale de la masse salariale de l'état à grands coups de primes de fusion et autres sucreries destinées à convaincre l'encadrement intermédiaire de faire son sale travail de dégraissage des administrations locales.
Rédigé par: Gus | 20 avril 2008 at 22:21
@Gus
Contrairement à ce qui vous dites, je ne crois pas du tout du tout à la supression massive d'emplois peu qualifiés en Province.
Sinon cela sera la Bronca des élus de l'UMP.
Car la surembauche "du fils ou de la fille de" (sans avoir détecté un besoin préalable de ce poste) c'est justement une excellente action clientéliste du maire ou du détenteur du pouvoir local, pour mettre de son côté les "partenaires" pseudo-politiques (associations, familles influentes, etc.)
La distribution irrationnelle de subventions à tous les niveaux est aussi souvent le meilleur moyen d'acheter la paix auprès du président d'une association à qui l'on a déplu lors d'une prise de décision.
De plus, le mode de recrutement local étant éminemment opaque (bon vouloir du politique local) ce merveilleux système français conduit à l'embauche d'incompétents notoires, qui peuvent même se révéler dangereux dans un milieu professionnel à risque comme le milieu hospitalier.
Sarkozy ou n'importe quel autre président peut-il vraiment réformer ces façons de fonctionner ? Bien sûr que non...
Ce que je n'aime pas aussi dans votre façon de penser Gus,c'est qu'il existerait des petits boulots ou des emplois peu qualifiés.
Ce qui est une sottise dans le monde actuel où justement le moindre des travails dans le privé (et j'espère aussi prochainement dans le public) exige une qualification et un certain sens des responsabilités pour prendre les décisions nécessaires à son niveau.
Maintenant, je crois que c'est bien difficile car même à la lecture, l'immense majorité des blogueurs se croient experts de tout sur tout.
Rédigé par: thierryl | 21 avril 2008 at 15:18
thierryl: Je vous remercie de l'expression de votre opinion. Peut-être dois-je cependant attirer votre attention sur le fait que la fusion DGI/DGCP a fait l'objet d'un bilan présenté au parlement l'an dernier, analysé par divers acteurs de la société civile (dont notamment l'IFRAP dans ce cas précis), exposant 2.800 suppressions de postes de fonctionnaires de catégorie C dans les services qu'on peut présumer déconcentrés vu la rareté des postes C dans les services centraux, ainsi que les créations de postes de catégorie A et A+ envisagées dans mes hypothèses. Je ne parle donc pas totalement gratuitement : je tire un bilan du passé pour imaginer ce que sera l'avenir d'une plus large application de la même méthode par les mêmes hommes issus des mêmes écoles.
Sinon, permettez-moi de vous suggérer de jeter un oeil avec Google et les mantras convenues de la gestion paritaire concernant la GRH dans la fonction publique : "suppression de postes", "fermeture de classe", etc. . Vous y découvrirez une foultitude de minuscules sites amateurs tentant d'attirer l'attention sur la réalité de la réforme de l'état engagée depuis Raffarin : la gestion publique, traditionnellement déconcentrée du fait que les administrations n'ont jamais voulu se doter d'une informatique à la hauteur des enjeux de gestion d'un trop grand nombre de dossiers, a ses travers propres : on reporte de proche en proche des objectifs de gestion fixés au parlement, et chaque administrateur de moyens cède à la tentation de faire davantage supporter aux lointains services subordonnés au fin fond des cambrousses qu'à ses propres services dont il est d'ailleurs au quotidien vitalement dépendant le poids de mesures technocratiques (exprimées en "postes") décidées à Paris. Ne serait-ce que pour exagérer le prix et l'exaspération des personnels concernés dans l'espoir de provoquer des manifestations toujours utiles à la préservations de "leurs" moyens.
Les élus UMP comme vous dites, savent très bien tout cela. Les réponses qu'ils adressent aux lettres que leur adressent les coordinations locales contre les suppressions de postes sont souvent publiées. La presse locale, présente sur internet, en parle. Certains élus abordent le sujet sur leur blog, au dela de la seule et étonamment médiatisée en regard de la modestie de l'enjeu réforme de la carte judiciaire.
Rédigé par: Gus | 21 avril 2008 at 16:45
Gus : qu'est-ce que c'est que cette histoire de bilan de la fusion DGI-DGCP au parlement ? La fusion n'est opérante, au niveau du nom et du management que depuis quelques semaines. Et pas encore dans les réseaux (et on attendra sans doute un peu qu'elle provoque des effets de ce point de vue).
Rédigé par: versac | 21 avril 2008 at 17:22
Je croyais vous avoir vu citer ?
http://ifrap.org/HorsSC/fusion-DGI-DGCP.htm
Rédigé par: Gus | 21 avril 2008 at 17:44
Gus : c'est une étude IFRAP tirée des données d'un bleu du PLF. Pas un bilan de la fusion : elle n'a pas commencé, et il ne s'agit que d'évaluations prévisionnelles.
Il ne cite que les chiffres au PLF 2008, alors que la fusion intervient en début d'année, et mettra évidemment un tout petit peu plus que quelques trimestres avant de porter des fruits en termes d'effectifs... pas un bilan : un point sur l'impact l'année où a lieu la réforme.
Rédigé par: versac | 21 avril 2008 at 20:44
Ces prévisions que sont en effet les bleus sont les bases employées par l'administration pour déterminer les objectifs non-négociables de réduction d'effectifs actuellement attribués aux services centraux et déconcentrés, lesquels font donc actuellement l'objet, du moins l'espère-je, de débats tout à fait actuels avec les représentants des personnels concernés.
Ce qui n'est à priori que justice : ce que le parlement a voté étant sensé avoir force de loi et donc, de réalité concrète et non-négociable, même dans le cadre de la gestion paritaire.
Je veux cependant bien admettre que l'objectif essentiel est financier : et puisque cet objectif est d'augmenter la dépense, peu importe en effet que les prévisions de réductions d'effectifs ne soient pas tenues du moment que les objectifs financiers effectivement bien moins ambitieux soient tenus.
Mais alors, quelle est donc cette prétention à la réforme qui consiste à présenter au politique des hypothèses de suppressions de milliers d'emplois peu qualifiés qu'on a pas l'intention de tenir ? Quelle logique de gouvernance sert donc une telle stratégie consistant à garantir tant que faire se peut l'échec de ce qu'on prétend réaliser ?
Rédigé par: Gus | 21 avril 2008 at 21:26