Elysée-matin
Décidément. Le Figaro emboite les articles objectifs et sobrement rédigés, impartiaux, des modèles de journalisme.
Témoin ce truc de Bruno Jeudy. En Shorter : ah ces vilains députés incompétents qui ne font rien qu'à entraver les réformes justes de notre président (et en plus sont grossiers).
C'est beau. Une telle ferveur à soutenir l'action de notre président, contre ces grognards. Et à ne pas poser les problèmes derrière les petites phrases. Témon cette citation, qui aurait pou valoir analyse :
«Quand on voit comment fonctionne le Parlement français, on se dit que même le Parlement européen est un exemple de modernité.»
Peut-on se demander pourquoi ? Si le député français est antimoderne, pourquoi ? Le parlement européen est-il vraiment "réputé pour son désordre permanent" comme le dit Bruno Jeudy ? La vertu cardinale d'un parlement doit-elle être l'ordre ? Le doigt sur la couture ?
Ne fouillons pas. Citons "un ministre", un "proche", un "conseiller". Et voilà, un article vite fait. Pas bien fait. La culture de la séparation des pouvoirs peut stagner.




c'est vrai qu'à côté d'un libé qui adore tirer sur son camp, le Figaro est amidonné et au garde à vous pour le président de la république.
Rédigé par: romain blachier | 16 mai 2008 at 07:28
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2008/05/16/01016-20080516ARTFIG00123-sarkozy-en-premiere-ligne-sur-une-promesse-de-campagne.php
Celui-ci est quand même beaucoup plus probant.
Rédigé par: Jb | 16 mai 2008 at 07:44
romain blachier: Tout ce qu'on peut attendre d'une presse subventionnée est de servir la main qui la nourrit : la main de l'état
versac: Les députés ont trop longtemps fait preuve de faiblesse (par exemple, à l'occasion de Lisbonne) pour que quiconque souhaite désormais les sauver. Quand au Sénat, son rôle de point d'entrée des lobbies franchouillards (voir par exemple les petits jeux de rôles concernant la prime fiscale destinée aux acheteurs de citernes de récupération d'eau) ne lui a pas permis de redorer son blason depuis l'époque où les fondateurs de la Vème voulaient sa peau. Les arguments de l'époque sont toujours d'actualité.
En regrdant LCP, je me pose souvent la question : sont-ils conscients, tous ces élus, du spectace pitoyable qu'ils nous offrent ?
Rédigé par: Gus | 16 mai 2008 at 07:51
Je crois également que le gouvernement craint plus les sysndicats de la fonction publique que ses députés. Surtout si on considère que, au contact quotidien des interventions de ces élus, de leurs amendements, les fonctionnaires d'état n'ont généralement qu'un respect très limité pour eux.
En choisissant de hausser la voix au moment où la fonction publique toute entière souhaite se faire entendre, l'assemblée offre une diversion idéale : le spectacle éventuellement sanguinolant de sa remise au pas en direct sous les feux des projecteurs par le gouvernement aidera les fonctionnaires à se calmer. Et rien n'est plus aisé à remplacer qu'un député : ce n'est pas le cas d'un médecin hospitalier, d'un chef d'établissement, voire, d'un facteur.
Rédigé par: Gus | 16 mai 2008 at 08:23
Je me demandais si ce n'était pas une diversion pour faire diminuer la part de proportionnelle dans la révision de la constitution, arguant du fait que ça serait encore plus ingouvernable. Mais c'est peut être trop machiavélique.
Rédigé par: Bob | 16 mai 2008 at 09:57
Le Figaro a toujours eu un côté voix de son maître, mais il y a eu un temps ou cela était réservé à quelques sections du journal, le reste étant intéressant. Depuis l'arrivée de Mougeotte, c'est devenu tout simplement illisible. Ses éditoriaux sont une honte, d'un style à peine digne d'une copie d'élève de troisième, et d'une servilité insupportable.
Rédigé par: alexandre delaigue | 16 mai 2008 at 10:12
Depuis que j'ai posé les pieds en France au début de l'adolescence (eh oui, je suis un français né à l'étranger, donc pas hérité du même conditionnement dés l'enfance que ceux qui l'ont vécu sur le sol français).
Depuis le milieu des années 70, donc, le Figaro a toujours essuyé les critiques d'une "intelligentsia" ou d'une autre.
Déja c'est mal vu d'être de droite en France, ou de l'avouer tout simplement sans attirer un regard de réprobation parfois même d'amie ou d'ami de droite victime de cette honte atrappée en milieu scolaire chez les professeurs de Littérature, Langue ou Sciences Humaines.
Alors que j'ai vu passer tout autant d'articles honteux et méprisants dans le Monde, ou Libé, vu que je ne goute pas tous les jours la même presse.
C'est ce vieux truc de la Gauche de faire honte à la Droite à propos de tout et n'importe quoi.
Je me souviens de la belle période de la fin des années 70 et du début des années 80 où chaque article de Jean d'Ormesson était interprété comme un "pamphlet d'extrême droite", parce que c'était le Figaro, parce que le gars s'appelait Jean d'Ormesson.
Après, dans les années 80 le feu a déserté le quotidien pour se concentrer sur le Figaro magazine et Louis Pauwels. Parce que c'était Pauwels, parce que c'était (une fois encore) le Figaro.
Aujourd'hui, dans les commentaires de ce billet même, je vois une nouvelle forme d'attaque sur le Figaro, parce que le Figaro, parce que Mougeotte.
Avec l'expérience, je me méfie à présent de la pauvreté de tels arguments qui ressemblent beaucoup au proverbe "si vous voulez vous débarrasser de votre chien, accusez le de la rage".
De plus, les loupés n'appartiennent pas qu'à un seul organe de presse, à un seul camp politique, ce serait vraiment trop beau. Et sur le sujet, un blogueur expérimenté devrait savoir raison garder.
Rédigé par: thierryl | 16 mai 2008 at 11:53
Je dois bien dire que je ne suis pas convaincu par votre analyse. Dès le titre, le ton est donné: on va nous exposer le point de vue du gouvernement.
C'est assez réussi d'ailleurs... Car si on lit ce qui est dit, on voit surtout des gens qui sont dans leur bulle, convaincus d'être les meilleurs et de pondre des textes formidables. Et qui cherchent chez les autres les raisons de leurs échecs. J'y vois surtout une retranscription de la méthode Coué qui régnerait parmi l'éxécutif.
Reste la phrase sur le Parlement européen "réputé pour son désordre" dont je me demande d'une part à quoi elle sert, et d'autre part sur quel constat du journaliste elle est fondée.
Rédigé par: Proteos | 16 mai 2008 at 12:41
Il y eut une époque, encore récente, où je lisais avec plaisir le Figaro. Laquelle succédait à une longue période pendant laquelle je ne le lisais plus. Le Figaro a en effet été à certaines périodes du moins un journal bien fait et plutôt pas cher par rapport aux autres navires amiraux de la presse fr.
A la différence d'Alexandre Delaigue, je ne trouve plus depuis assez peu de temps de raison de me faire du mal à le lire dans son ensemble.
Rédigé par: Gus | 16 mai 2008 at 12:56
c'est vrai: le Figaro fait fort. Ce matin, j'ai encore failli m'écrouler de rire en passant devant le kiosque. Rien que pour ça, il faut qu'ils ne changent rien, surtout.
Rédigé par: Eric | 16 mai 2008 at 13:51
C'est dommage. Il faudrait que quelques-uns des journalistes du Figaro se remuent.
On cherche souvent en vain dans le Figaro un article qui contienne une information critique .. à moins qu'il ne concerne l'opposition ou le sport.
Les pages économiques sont plus sérieuses mais tendent aussi à répeter les communiqués des grandes sociétés qui ne veulent pas effrayer leurs actionnaires.
Il y a en France largement de quoi avoir un quotidien conservateur "professionnel".
Je crois que dans la presse hebdo, Le Point (centre-droit) et Valeurs Actuelles (droite assumée) sont plus satisfaisants.
Rédigé par: XS | 17 mai 2008 at 17:19