L'affaire Ségolène Royal
Ah, enfin un vrai papier, comme on aurait aimé en lire (pièces à l'appui) qui rappelle les faits, au-delà des polémiques et de l'entretien absolu. Où l'on re-découvre qu'il s'agit d'un litige lié à une courte période, celle liée au passage de Ségolène Royal de son mandat de député à ses fonctions de ministre.
Quand je vois Frédéric Lefebvre faire des foins effroyables à la télévision pour exploiter cette histoire complexe, mais relativement anodine au regard d'autres concernant la même profession, j'ai honte pour lui. Cet acharnement à tenter de faire prendre une soupe indigeste est bien le signe des petits et des hargneux.
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Et quand je vois toute une interview par M-O Fogiel se concentrer sur cette affaire et sur les relations de Lefebvre avec Cecilia Sarkozy et sur l'affaire de la dépêche AFP, je me dis qu'on est bien dans un autre monde. Où étaient les questions sur les intérêts croisés de F. Lefebvre, par exemple ? Sur ses projets législatifs ? Art de la diversion déguisée en impertinence...




Versac, je suis déçu... tu découvre seulement maintenant les vrais dessous de l'affaire, alors que Arret Sur Image le révélait déjà la semaine dernière, m'enfin!
http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=747 (pour ceux qui sont abonnés, ce que je recommande)
et voila le début (c'est du teasing):
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enquête le 15/05/2008 par Sophie Gindensperger
Depuis le début mai, cette affaire est indirectement à l'origine de la guerre d'escarmouches que se livrent le pouvoir et l'AFP. Mais sur le fond, Royal est-elle une "délinquante sociale", comme l'affirmait le 13 mai (avec point d'interrogation) l'émission de Fogiel sur M6, ou est-elle victime d'un acharnement politique ?
Retour sur une chicaya judiciaire de près de dix ans (et pas terminée).
Rédigé par: Vonric | 22 mai 2008 at 00:59
Sur un autre registre, je reste impressionné par la comparaison du style rédactionnel adopté pour couvrir les désordres créés par les pêcheurs en 2008 par rapport à ceux créés par les lycéens en 2005.
Rédigé par: Gus | 22 mai 2008 at 06:44
A la lecture du "vrai papier", je trouve surprenant la manière dont Ségolène Royal en prend à son aise avec le droit du travail, que se soit dans son idée de nier le CDD signé sous le prétexte qu'il y avait un préavis ou dans l'idée que d'autres faisaient en fait le travail comme bénévole
Mais ce qui me frappe le plus, c'est l'acharnement qu'elle a à ne pas reconnaître ses erreurs et à défendre jusqu'au bout la cause indéfendable qu'est le non paiement du CDD sur la période du 12 au 30 mai.
C'est bien à cause de cet acharnement qu'une affaire qui aurait du être réglée rapidement resurgi dans l'actualité 10 ans après
Cela rejoint l'attitude qu'elle a eu sur une autre affaire ancienne, celle où elle avait foncé sur une affaire de pédophilie qui s'était avérée fausse et où elle n'avait jamais voulu s'excuser auprès de la personne qui avait été victime de son coup médiatique
La ténacité est une vertu, l'entêtement dans une erreur n'en est pas une, surtout quand cela concerne d'autres personnes
Soit elle donne la priorité absolue à sa quête de pouvoir (mais alors n'est ce pas une maladresse de sa part de ne pas avoir transigé?), et elle ne fait que ressembler à beaucoup de ses collègues et concurrents
Soit elle n'est pas capable de se remettre en cause, ce que je crains et que je trouve très embêtant pour le poste qu'elle vise
Rédigé par: Verel | 22 mai 2008 at 08:00
Vonric : j'avais suivi de loin ASI sur le sujet, mais pas eu le temps. Et l'article de rue89 donne les sources et un aperçu très lisible de l'historique.
Gus : oui, c'est d'ailleurs assez typique des camps : chacun a ses indulgences, non ?
Verel : je suis également assez d'accord. Elle n'aime pas se faire prendre les doigts dans le nez, et jurera toujours ne pas les avoir mis. C'est un problème, sans doute. Mais ça ne fait pas d'elle la délinquante abominable que tentent de dessiner Raffarin et Lefebvre...
Rédigé par: versac | 22 mai 2008 at 09:54
Petite précision lue sur ASI et non reprise par Rue89:
"En mai 1997, Ségolène Royal, repartie en campagne, a besoin de ses collaboratrices. Elles continuent donc de travailler pour elle, tout en étant payées sur leur préavis d'attachées parlementaires.
Mais pour ne pas avoir de problèmes au niveau des comptes de campagne, un Contrat à durée déterminée est négocié avec les collaboratrices, du 12 au 31 mai 1997. Des contrats refusés par l'Urssaf, qui ne voit pas comment ces employés pourraient être rémunérées en CDD par un employeur qui leur verse déjà un préavis..."
Les CDD seraient donc refusés par l'URSSAF... d'où l'argumentation de Royale, les deux collaboratrices n'ayant pu être que bénévoles (notons qu'a aucun moment elles n'ont cessé d'être rémunérées).
Bref beaucoup de bruit pour pas grand chose, et surtout un acharnement des "collaboratrices" qui fait froid dans le dos: si a chaque fois que quelqu'un me file un coup de main, je risque d'être poursuivit aux prud'hommes a la moindre facherie...
Rédigé par: Vonric | 22 mai 2008 at 11:30
D'accord avec vous Versac !
Donc rien à ajouter, sauf... bonjour, !
Rédigé par: Ozenfant | 22 mai 2008 at 11:36
Tout comme Verel, je trouve certains des arguments de Royal complètement extravagants. Le coup de l'inexistence du CDD et du fait qu'il y avait des bénévoles qui faisaient le même travail, c'est quand même fort.
Si elle avait transigé au moins pour la première période de CDD, peut-être que tout se serait arrêté bien plus vite. Mais avec ces arguments, ses anciennes employées devaient être remontées comme des pendules.
Cela pose des questions quant à sa clairvoyance. Je ne dis pas que ses concurrents à un certain poste l'an dernier sont meilleurs qu'elle sur ce plan, mais que ça ne donne pas très envie...
Quant aux abus des parlementaires sur leurs assistants, ils ne s'arrêteront que si les victimes d'abus parlent, et aussi si les affaires sont médiatisées. Un peu comme là... Si Mme Royal était rancunière, elle pourrait trouver ici à employer utilement ce trait de personnalité.
Rédigé par: Proteos | 22 mai 2008 at 11:37
Ce que je retiens personnellement, c'est que les élections rompent brutalement les contrats de travail et que pour cette raison, tout le monde se retrouve dans un autre statut. Les élus aussi quand ils sont démis.
Ce que je comprends aussi, c'est qu'elles n'ont pas subi de dol, puisqu'elles étaient en fin de contrat, en période de préavis payée et pas travaillé.
En fait le CDD leur aurait permis d'être payé double sur la même période. C'est sûr, y a pas de petits profits.
Et on n'en reparlerait même pas si elles n'avaient viré casaque et ne s'étaient faites récuperer par l'UMP.
Rédigé par: Anthropia | 22 mai 2008 at 11:49
Il y a qd même quelque chose qui me chiffone sur cette affaire: c'est que son origine reste toujours un peu obscure.
Si on lit les articles de Rue89, on comprend qu'il est malheureusement relativement courant que les assistant(e)s parlementaires soient sous-payés voire "malmenés", mais aussi qu'il est très rare qu'ils/elles se "rebellent" en portant l'affaire en justice.
En dehors des critiques que l'on peut faire sur l'attitude de Ségo (son entêtement au lieu de faire une transaction), on peut s'intéroger sur le pourquoi de son attitude et aussi sur celui des 2 ex-assistantes.
Ségolène s'est-elle sentie "trahie" ? Mais trahie sur quoi ?
Et qu'est-ce qui a poussé les 2 ex-assistantes à porter l'affaire devant les Prud'Homme un an tout juste après le début de cette "affaire", alors qu'elles avaient été employées depuis des années avant juin 97 ?
En bref: que c'est-il passé entre juin 97 et juillet 98 entre Ségo et ses collaboratrices ?
Cette affaire, dès le départ, sent le "réglement de comptes" ...
L'erreur (finalement politique) de Ségo est de ne pas avoir su désamorcer en temps utile.
Est-ce dû à son caractère profond, comme le suggère certains commentaires, ou à un aveuglement lié à un sentiment profond de trahison ?
Rédigé par: Yves D | 22 mai 2008 at 11:49
je rejoins Versac sur le fait que cette affaire en soi ne mérite pas le barouf que fait l'UMP.
Avec un droit du travail complexe, il n'est pas anormal qu'il y ait des conflits, même entre gens de bonne foi.
C'est d'ailleurs pour cela qu'il est prévu la possibilité de transiger et qu'il y a des prudhommes
Ce qui est dit par ASI sur le CDD, l'URSAFF et le préavis me surprend beaucoup: S Royal n'est certainement pas la première à utiliser ses assitants parlementaires pendant sa campagne
Au final, il y a eu sans doute effectivement un sentiment de trahison des deux parties vis à vis de l'autre qui s'est transformé en guerre de tranchées
C'est là que je ne comprends pas l'acharnement de S Royal qui peut être assimilé à un manque de sens politique
Et je soupçonne qu'il y ait la dessous un paquet d'affectif!
Quand Yves D parle de sentiment profond de trahison, je le rejoins volontiers, sauf que je pense qu'il est réciproque et que j'attends d'une personne aspirant aux plus hautes focntions d'être capable de dépasser cela
Rédigé par: Verel | 22 mai 2008 at 12:28
Il y a quand même deux poids, deux mesures, Versac, typiques des comédies relationnelles occidentales actuelles.
1. Cela aurait été le fait d'un homme politique, bah la conclusion des journalistes auraient été que son comportement provient de son mode de pensée ou de sa façon d'être.
2. Quand il s'agit d'une femme, on présente l'acharnement du camp opposé (ou de comploteurs dans son propre camp) à la manifestation des faits.
Comme certains commentateurs présentent la probable défaite d'Hillary Clinton à la suite d'un mouvement invraisemblable d'anti-féminisme dans la société américaine ou d'une charge machiste dans les médias américains.
Alors qu'on a plutôt vu l'inverse, la stratégie des boules puantes quitte à rallumer la guéguerre raciale a bien été utilisé par le camp d'Hillary, notamment les attaques de son mari Bill.
Ceci dit, l'affaire de Ségo et de ses deux employés est en effet une affaire de peu de poids au regard de la bataille politique pour une présidentielle et ne pèsera pas au bout du compte.
Pourtant mon avis personnel rejoins celui de Verel plus haut.
Quand on n'est pas capable de gérer deux personnes en laissant s'installer des malentendus, puis en restant prisonnier de la charge affective de l'affaire ; bah on a du mal à croire qu'on est en présence d'une personne capable d'assumer les plus hautes fonctions.
Je ne vois pas par exemple quelqu'un comme Anne Lauvergeon s'investir dans de si cruels micro-soucis.
C'est typique du personnage de Ségolène Royal ce nuage passionnel qui l'entoure en permanence et qui donne souvent l'allure de fanatique ou de grands fébriles à ses défenseurs (alors qu'au bout du compte ce sont surement des gens normaux).
Vous avez pu le constater avec les déferlements d'avis dans les commentaires de vos billets dès que vous approchiez la critique de Ségo ou de sa sphère d'influence (Mediapart, etc.).
Rédigé par: thierryl | 22 mai 2008 at 13:45
Vu l'ampleur qu'a pris la polémique, c'est curieux quand même que seuls 2 médias aient pris la peine d'examiner l'ensemble des pièces du dossier. Clin d'oeil: les journalistes qui ont fait ce travail d'enquête ne font pas partie de la si sérieuse et professionnelle presse écrite, mais de la presse internet...
Rédigé par: Christine | 22 mai 2008 at 13:48
Intéressant article, mais je suis un peu surpris par la tonalité des commentaires : il s'agit évidemment d'une situation discutable qui s'envenime.
Il me semble clair que Royal n'a pas cherché à tromper ses employées, ni à profiter de la fin du mandat pour ne pas les réembaucher comme elle aurait pu (du ?) parfaitement le faire.
Qu'elle s'acharne est peut-être dommageable, mais ni plus ni moins que la partie adverse qui cherche quand même à récupérer deux salaires (le préavis, puis la demande de requalification).
Bref, quand la droite a crié au scandale parce que l'AFP n'avait pas repris son CP, je ne pensais pas qu'il s'agissait d'une affaire si minime. Mais bon, ça marche, alors pourquoi se priver ?
Rédigé par: Guillermo | 22 mai 2008 at 14:11
Comment voulez-vous que la télé explique avec précision une affaire aussi confuse ? C'est un 26 minutes qu'il faudrait, minimum. Il faudrait aussi, pour être rigoureux, revenir sur le métier d'assistant parlementaire, ce qui demanderait des semaines voire des mois d'enquête.
Je comprends mieux la position de l'AFP : un excité comme Lefebvre appelle la rédaction, balance sa phrase choc et espère la voir dans toute la presse le lendemain. Je me mets à la place du journaliste, qui connaît un peu l'affaire et sa complexité, face à ce guignol : quel plaisir de l'envoyer sur les roses !
L'homme politique, on le sait bien, n'a pas de morale. Mais le rôle du journaliste est peut-être aussi de trier ce qui relève d'une attaque loyale, sportive, régulière, d'une allégation mensongère et diffamante. Ce que je retiens de cette affaire, c'est que la justice a fait son travail (10 ans!), et qu'il est difficile de juger les crispations d'ordre privé. L'attitude actuelle de l'UMP me semble bien plus honteuse que celle de Royal, dont les torts ne sont pas aussi clairs que Raffarin voudrait le faire croire.
Rédigé par: ced | 22 mai 2008 at 15:51
Rien à voir avec Ségo mais je viens de réaliser un nouveau truc sur lemonde.fr :
l'accés aux réactions des abonnés au Monde est devenu ... payant !
Rédigé par: toto | 22 mai 2008 at 16:01
Pour un exemple de la conception de la démocratie chez ségolène et indirectement une vision de sa façon de pensée systématiquement victimaire, voir ici :
http://segoroyal.over-blog.com/article-19134505.html
(notamment ça monte à partir d' 1 mn 25...)
Rédigé par: miaou | 23 mai 2008 at 02:05