Libérale ? Non merci.
Et voilà, au moins c'est clair :
«Je ne pourrais jamais dire : je suis libérale. Je ne crois pas qu’il faille réha biliter ce mot et ce concept. C’est le mot de nos adversaires politiques», à ses yeux «synonyme de capitalisme débridé, d’écrasement des bas salaires, de violence».
Je suis définitivement dans le camp de Delanoë. Tant de bêtises opportuniste de la part de Ségolène Royal montre bien qu'elle ne veut pas, rien comprendre, et mise sur la bêtise et le rabaissement du débat.
J'avais dit, il y a longtemps, que Ségolène Royal incarnait une sorte de miroir de mon positionnement, un exact inverse, en somme, dans l'échelle des valeurs (qui est celui de la voie que Monique Canto-Sperber a tenté d'expliciter dans les Règles de la Liberté, dont j'ai maintes fois parlé ici). Elle ne croit donc pas au socialisme comme idéal émancipateur de l'individu (ce qu'exprime le terme de libéral, bien expliqué par Delanoë). Héritière d'une tradition jacobine, finalement, plus que girondine (mais provincialiste de circonstance). Ce sont dans ces moments de crispation polémique que l'on révèle les natures profondes des individus, ce à qui ils croient. On aura donc compris que Ségolène Royal n'aime pas la liberté, et, surtout, ne veut pas faire progresser l'idée d'un socialisme émancipateur, pour maintenir avec joie de vieilles lunes et des mots tabous, sans trop y réfléchir.
Démagogie ? Sans aucun doute. Peut-être creuse t-on trop quelques termes rapdiement lâchés. Mais leur lâcheté et leur fausseté surprend, pour celle qui défendait un "congrès utile et serein". N'eût-il pas été utile et serein que de réfléchir un peu plus avant à ce qui fait partie de cette proposition de Bertrand Delanoë ? Non. Caricature. Caricature révélatrice, d'ailleurs (ou alors, autant abandonner tout de suite l'idée que S. Royal ait des convictions).
Je laisse la parole à Monique Canto-Sperber, fort utilement citée par Argoul il y a quelques années
« Ce qui est haï dans le libéralisme, c’est l’idée de libertés capables de maîtriser leurs propres excès. En ce sens, l’attaque radicale contre le libéralisme entretient l’intolérance – attitude quasi spontanée dans une mouvance dont le folklore présent ne peut faire oublier que ses références historiques portent avec elles un lourd passé de totalitarisme et d’exclusions. L’attitude anti-libérale, qui est aujourd’hui la seule pensée de l’extrême-gauche, exige des engagements tout d’une pièce. Elle se grise de mots, de slogans, de mots d’ordre qu’elle n’explicite ni ne justifie jamais. Elle refuse la complexité, voire l’ambivalence du réel. Elle est cléricale, archaïque et paranoïaque, car sa tendance naturelle est de voir des complots et des manipulations dans les volontés de réformes les mieux intentionnées. Elle adopte en permanence une posture intellectuelle de minorité assiégée, défensive et accusatrice. »(p.226)
(voir aussi embruns sur ce sujet)




Oui, enfin, au delà des grandes pétitions de principe, ou est exactement le "libéralisme" de Delanoé? Retranscrit sous forme de propositions, cela revient au discours traditionnel sur le manque d'autorité dans la société, une politique sécuritaire; quant à Paris, cela a été sous sa direction un vrai laboratoire du constructivisme. Tout en désapprouvant Royal, on peut constater qu'elle, au moins, est cohérente dans ses positions : elle est autoritaire et constructiviste, et s'affirme comme telle. Delanoé n'est pas différent au fond, mais il enrobe cela sous un verbiage bourré de sous-entendus modernistes; c'est Royal, l'hypocrisie en plus.
Rédigé par: alexandre delaigue | 26 mai 2008 at 13:06
Certes, Royal est nulle.
Mais Delanoë, c'est le symbole même que la gauche bobo qui se fout des ouvriers, qui ne parle jamais de social.
Rédigé par: VinZ | 26 mai 2008 at 13:15
La déclaration de SR n'est pas une position de fond je crois, mais plutôt l'énoncé d'un principe tactique : ne pas reprendre le mot de "nos adversaires", car cela brouillerait le débat maintenant qu'il a été posé en ces termes (où "libéral" signifie désormais grosso modo "politique de droite sans redistribution", en tout cas pas "libertés autolimitées" !).
En ce sens elle n'a pas tort : il faut soit laisser le mot aux adversaires, soit le redéfinir avec cohérence (ce que Delanoë essaye de faire, mais est-il capable d'imposer sa définition dans l'espace politique ? ce n'est en tout cas pas Canto-Sperber qui le peut, la question n'est pas la légitimité de la définition mais sa capacité à s'imposer).
Ce que j'approuve dans ce post, c'est donc ceci : "autant abandonner tout de suite l'idée que S. Royal ait des convictions".
Rédigé par: Lecteur de passage | 26 mai 2008 at 13:33
Très très bonne référence dans votre billet Versac.
Mais bon, Delanoë fait-il bien de marcher sur les empreintes de Jospin.
Jospin en tant que PM n'était certes pas anti-libéral, mais à tendance jacobine certainement et au moins aussi autoritaire que Ségolène.
Rédigé par: thierryl | 26 mai 2008 at 13:43
Au fond : peut-on rallier le centre ET AUSSI la gauche (de la gauche) avec le mot d'ordre "libéral" ? Peut-on l'utiliser pour attaquer la droite sans que ce soit mal compris ?
Au vu des présentations journalistiques/bloguiques de l'essai de Delanoë, on peut en douter : en gros, c'est traité comme le ralliement de Delanoë au consensus sur la fin du marxisme. Sans blague ! C'est un peu court pas très "clivant". Je comprends alors la réaction de SR.
Ce discours libéral peut-il être perçu comme un discours d'opposition ? Delanoë peut-il lui donner ce statut, en l'utilisant contre la droite, et non contre SRoyal, le PS, ou les "archaïsmes/vieilles lunes/tabous" (qui ont bon dos quand il s'agit de ne pas proposer grand chose de neuf sous les habits de la "modernisation") ?
Rédigé par: Lecteur de passage très bavard | 26 mai 2008 at 13:51
Delanoe essaye-t-il de se positionner comme le Sarkozy de la gauche ? celui qui fait bouger les lignes en essaynt de s'approprier les valeurs de l'adversaire ?
En tout cas je partage ton avis sur Royal, qui pour moi est avant tout une populiste.
Rédigé par: pierre chappaz | 26 mai 2008 at 13:52
oui c'est dommage que Ségolène fasse exprés de ne pas comprendre, pour des raisons d'opportunité tactique, un débat riche et intéressant.Ses amis se sont transformés brutalement en chantre de l'anti-libéralisme alors qu'ils auraient dit le contraire si l'ex-candidate à la présidentielle s'était positionnée sur ce créneau.C'est dommage car Ségolène m'est normalement sympathique au moins sur le point des propositions économiques.
Rédigé par: romain blachier | 26 mai 2008 at 14:03
Sa déclaration est effectivement nulle. Une caricature ! "Libéral" n'est pas synonyme de "capitalisme débridé"
Le pire est qu'elle serait capable de taxer Sarko de "libéral" .
Elle devrait au contraire comprendre "qu’il faille réha biliter ce mot et ce concept" surtout face au cas Sarko. Là elle aurait eu un boulevard devant elle tellement Sarkozy est éloigné de toute vision "libérale".
Elle n'a pas choisi une manière judicieuse de se distinguer de Delanoé.
Rédigé par: toto | 26 mai 2008 at 14:12
Du coup elle vient de rendre un grand service à Delanoé. C'est lui qui a un boulevard ouvert devant lui en étant porteur de "valeurs libérales" qui auraient bien besoin d'être injectées dans une société habituée au dirigisme étatique (qu'il soit mitterrandien, chiraquien ou sarkozien).
Rédigé par: toto | 26 mai 2008 at 14:20
Les crois-tu sincères l'un et l'autre?
Ne crois-tu pas qu'ils ont fabriqué cet antagonisme pour que tu sois, dans le camp de Delanoë ou celui de Royal, dans le camp socialiste en 2012?
Rédigé par: Richard G. | 26 mai 2008 at 14:21
Tout à fait d'accord avec VinZ sur le fait que SR parlait explicitement de tactique, de mot mal choisi. C'est clair si on écoute l'intégralité de son intervention : à 14mn30 sur
http://www.dailymotion.com/search/royal/video/x5k36o_itw-sego-250508-part1-de-2_news
---
S. ROYAL: Il y a déjà tellement à faire pour redonner de la modernité, un nouveau souffle au socialisme. Le mot libéralisme est le mot de nos adversaires politiques.
Et je crois que le socialisme a déjà intégré tout l'héritage des droits et des libertés individuelles. Les socialistes et la gauche sont issus de la déclaration de 1789, de la convention européenne des droits de l'homme, du combat de Jaurès pour Dreyfus, du combat de François Mitterrand et de Badinter contre la peine de mort.
Donc les droits et les libertés individuels font partie de notre patrimoine commun.
Faut-il aller donc jusqu'à réhabiliter de mot de libéralisme ?
Non, parce qu'en France...
-L. FERRARI : (coupe) Donc vous ne pourriez pas faire de motion commune avec Bertrand Delanoë ?
-S. ROYAL : Ca dépend. Il peut peut-être évoluer, se rendre compte aussi... Parce que je ne veux pas non plus caricaturer sa position.
Mais le mot libéralisme a des connotions positives dans certains autres pays, aux Etats-unis... En France : non !
Il est tellement chargé, et tellement synonyme aujourd'hui de capitalisme débribé,
de dégâts, d'écrasement des bas salaires, d'insécurité, de creusement des inégalités,
et donc de violence -il fournit de la violence- que ce n'est pas utile, et que ce n'est possible d'aller le réhabiliter.
Jean Jaurès lui-même avait déjà intégré cet héritage là des droits et des libertés individuelles au socialisme, mais agrandie à la dimension sociale de l'homme. Et aujourd'hui qu'est-ce qui nous manque, dans le monde dans lequel nous sommes,
par rapport à toutes ces souffrances, par rapport à ces 5 euros [allusion à une feuille de salaire d'un marin pêcheur présentée précédemment] ?
Il nous manque du social !
Et les socialistes ne sont pas pour le social contre l'économique. Ils pensent que l'un ne va pas sans l'autre.
Rédigé par: Antoine | 26 mai 2008 at 14:28
Je rejoins les autres commentateurs sur l'interprétation "tactique". Utiliser le mot "libéral" me paraît assez risqué politiquement : cela marche peut-être pour le centre gauche et les électeurs du modem, qui s'en trouvent décomplexés, mais pour les autres, cela ressemble presque à une provocation ... Delanoe ne pouvait-il pas dire la même chose avec un mot moins connoté ? Par exemple libertaire (quitte à détourner un peu le sens initial; cela évite de prendre cette position un peu hypocrite sur l'économie) ?
Ce "libéral" me rappelle en fait le fameux "mon projet n'est pas socialiste" de Jospin.
Rédigé par: Tom Roud | 26 mai 2008 at 15:06
Il n'y a pas que la "tactique" dans la vie. Pour refonder et renouveler des idées il faut peut-être commencer par adopter un langage de vérité et ne pas prendre les gens de gauche pour une cohorte d'imbéciles incapables de dépasser le sens infâmant que l'on donne aux mots.
Bertrand Delanöe a lancé un bien intéressant débat.
Rédigé par: Alice | 26 mai 2008 at 15:11
Versac,
Comment peux tu si vite sauter sur l'occasion pour dévaloriser les propos de Mme Royal.
Tu ne veux pas réduire toutes les explications de Delanoë à un "Je suis pour le libéralisme".
Il ne faut pas réduire la réponse de Royal à un "Je suis contre le libéralisme".
Elle a bien dit que le terme "Libéralisme" a des connotations négatives en France et c'est pour cette raison qu'elle ne veut pas l'employer en France.
Je suis sûr que les propos de Delanoë sont assez similaire (je vais chercher).
Tu perds en crédibilité dans tes critiques.
Bien amicalement,
serdan
Rédigé par: serdan | 26 mai 2008 at 15:12
La vraie ouverture d'esprit c'est de parler d'autres langues et d'aller voir ce qui se passe ailleurs. La répréssion n'est pas en France...
http://initiationauchinois.blogspot.com/
Rédigé par: Zhongwenke | 26 mai 2008 at 15:14
Je serais curieux de voir ce qu'en dira Hughes de Comm-vat
Rédigé par: Fer | 26 mai 2008 at 15:48
SR dans le Point
"Non, je ne suis pas social-libéral : je n’adhère pas à ce que représente ce courant de pensée. Mais je vous le dis tout net : je ne réfute pas mécaniquement ce vocable, “libéral”. Et quand il s’applique à une doctrine politique, au sens global, je crois même qu’un militant socialiste devrait le revendiquer. En revanche, ce qui est inacceptable pour un progressiste, c’est de hisser le “libéralisme” au rang de fondement économique et même sociétal, avec ses corollaires : désengagement de l’État et laisser-faire économique et commercial. Il est donc temps que nous cessions de nous acharner sur un mot, et que nous tournions le dos à cette triste époque de notre histoire collective, qui a vu une grande partie de la gauche française rejeter une constitution européenne au motif qu’elle aurait été “libérale” "
http://www.lepoint.fr/actualites-politique/pour-en-finir-avec-les-conformismes-par-segolene-royal/917/0/232644
En réalité il n'y a que l'épaisseur d'un papier à cigarette entre elle et Delanoé.
Rédigé par: toto | 26 mai 2008 at 15:56
Delanoë veut peut être faire comme Royal pendant la pré-campagne présidentielle.
Lâcher un mot tabou pour le PS puis y revenir pour expliquer son usage au PS.
Royal a lancé 'Sécurité', 'Nation', etc.
Delanoë fait donc la même chose.
Au bout du compte, l'idée consiste à se réapproprier des mots accaparés par la Droite (la gauche les as plutôt repoussés dans le passé) pour y poser ses propres concepts de gauche.
Je pense qu'à long terme, c'est la bonne technique que jouent les deux (Royal et Delanoë) socialistes.
Il ne reste plus qu'à faire la même chose avec les mots utilisés par la 'gauche de la gauche'. Au bout du compte, le PS pourra se construire une nouvelle batterie de concepts.
En fait, il ne faut pas les renvoyer dos à dos. De ce point de vue, ils suivent le même chemin en se renvoyant la balle.
Rédigé par: serdan | 26 mai 2008 at 16:04
Il est peut-être temps de ressortir des tiroirs cet excellent dossier du Débat:
« Le socialisme est-il soluble dans le libéralisme ? Sur Les Règles de la liberté de Monique Canto-Sperber », Marcel GAUCHET, Lucien JAUME, Jean-Pierre LE GOFF, Monique CANTO-SPERBER, Le Débat, n° 131, septembre-octobre 2004.
Rédigé par: martin | 26 mai 2008 at 16:13
@ serdan
>"En fait, il ne faut pas les renvoyer dos à dos. De ce point de vue, ils suivent le même chemin en se renvoyant la balle."
Peut-être ! Mais la politique politicienne est toujours là que ces deux là sont en concurrence directe. Chacun essaie de destabiliser l'autre et c'est Delanoé qui a commencé l'entreprise de déstabilisation.
Delanoé l'a piégée. Elle ne pouvait pas dire "oui mon concurrent direct a raison : nous socialistes devrions nous affirmer "libéraux".
Delanoé l'a forcée à prendre une position antilibérale alors que dans son interview publiée dans le Point elle dit ne pas vouloir "réfuter mécaniquement ce vocable "libéral"" tout en dénonçant le "libéralisme" lorsqu'il s'accompagne de "désengagement de l’État et laisser-faire économique et commercial" .
En fait elle pourrait être plus claire en disant que ce qu'elle dénonce c'est le néolibéralisme économique et sa kyrielle de dérives (augmentation des inégalités etc). Elle aurait pu tout aussi bien utilisé le vocable supercapitalisme ou encore hard-capitalisme.
Même Besancenot ne s'affiche plus antilibéral c'est dire !
Rédigé par: toto | 26 mai 2008 at 16:30
@Versac,
Monique Canto-Sperber, fait l'honneur à la Royal, d'une analyse digne d'un "shrink" New-Yorkais tout droit sorti d'un film de Woody Allen. Pour peu l’on se penche un peu sur ce que dit depuis deux ans, la candidate pour qui je me suis forcé à voter au deuxième tour des présidentielles, on voit bien qu’elle n’a qu’une perception très vague de l’économie.
Je ne lui reproche même pas de changer d’avis à chaque nouvelle expérience c’est le seul trait positif de la dame : Libérale début 2006, pour l’économie Suédoise au son retour de Suède, ultra libérale (tout en disant l’inverse) par sa volonté de faire rentrer un maximum de produits étrangers en France aujourd’hui, il semble qu’elle navigue à vue.
Monique Canto-Sperber, justifie son statut d’intellectuelle par une analyse fouillée d’une arriviste basique qui n’en méritait pas tant.
Delanoë, ce brave garçon organisé et travailleur semble tout a fait aussi incapable de dégager une stratégie économique au delà des poses d’étiquettes conventionnelles collées çà et là en trompe l’oeil.
Quand fera t’on enfin appel à notre homme d’état socialiste, doté d’une vue expérience planétaire, d’une capacité d’analyse calme, et d’un vue synthétique globale sur le monde ?
Il n’y en a jamais eu qu’un seul, c’est facile à trouver !
Et ne me répondez pas que c’est Mr "Pays de Merde !"....
Rédigé par: Ozenfant | 26 mai 2008 at 17:15
Que vous le vouliez ou pas, les mots ont un sens, qui est aussi celui que le commun des mortels, qui ne lit pas Monique Canto-Sperber pas plus qu'il ne lira Delanoë, leur donne. Et pour le plus grand nombre, le mot Libéral est devenu tout simplement synonyme d'ultra-libéralisme et de capitalisme débridé.
Contrairement à ce que vous écrivez, Ségolène Royal est la première à vouloir "faire progresser l'idée d'un socialisme émancipateur".
Elle l'a longuement expliqué au coté de Vincent Peillon, Gaetan Gorce et d'autre lors d'une intervention à l'automne à l'institut Edgard Quinet. Elle déclarait:
"La lutte contre les inégalités, n'est pas une remise en cause du droit à la réussite individuelle".
http://www.david-assouline.info/article-15825871.html
Rédigé par: RichardTrois | 26 mai 2008 at 17:19
Ségolène Royal n'a été forcée à rien du tout, n'est t-elle pas responsable de ses positionnements et choix politiques ?
Se sent-elle si acculée par les sondages bénéfiques à Bertrand Delanoë pour perdre pied ainsi ? Nous avons 4 ans pour définir une ligne politique et construire une alternative, rien n'est donc plus horripilant que des contre-coups médiatiques échafaudés à la va-vite. Ce qui a fait son succès n'est pas la garantie d'une réussite sur le long terme.
A l'image de ce qu'il s'est passé ce WE, je n'attends pas de la confrontation Royal-Delanoë une qualité des débats propre à assurer le renouveau du PS.
Rédigé par: Alice | 26 mai 2008 at 17:23
TOUS mes retours de gens qui ont vu l'affiche du Nouvel Obs "Moi, Libéral ET socialiste" ont été négatifs. Personnes de gauche ou pas mais généralement à peu près favorables à delanoë, les voilà désormais incrédules, déçus, etc.
"Libéral et socialiste, mais c'est incompatible" a été dit très souvent (c'était avant que Royal ne le sorte, je précise)
"Libéral et communiste, on va tenter aussi?"
"Moi je vote Besancenot si vous nous mettez un libéral"
"Vous savez vraiment plus où vous habitez vous autres les socialos"
Libéral a été compris par TOUS comme une allégeance à une économie mondialisée régie par la loi du plus fort, celle qui favorise les financiers et écrase les petits.
Bon, il y a beaucoup de "petits" autour de moi. Mais ils comptent aussi, non?
Rédigé par: Tom | 26 mai 2008 at 17:45
Le plus rageant c'est que tous les pays soc-dem ont tranché ce débat il y au moins 10 ans.
Les socialites français sont vraiment une espèce à part. A ce train-là ils vont nous réinventer la roue.
Rédigé par: toto | 26 mai 2008 at 18:22
Pour trancher ces questions sensibles, ou chaque nuance a son importance, il faudrait juste arreter de lire la presse qui ne titre que l'ultra-polémique et ne se concentre que sur ce qui divise Royal et Delanoe (pour ne parler que d'eux) alors que chacun d'entre eux developpent des refelxions bien plus fines et riches que celles qu'on veut bien nous servir en gros titre.
j'en ai plus appris en lisant cette note et les commentaires qu'en 4 jours de lecture intensive de la presse...
Rédigé par: gasper | 26 mai 2008 at 18:43
Christian Sautter :
Sur le torrent bouillonnant de la mondialisation, il n’y a que deux façons de rester maître de son canoë. Je les ai expérimentées autrefois l’une et l’autre sur les rivières en crue des Ardennes. La première, disons libérale, est de pagayer plus vite que le courant et d’anticiper les rochers avec suffisamment de vitesse pour les esquiver.
La deuxième, disons sociale-démocrate, est de rétro-pagayer pour aller moins vite que le courant et prendre le temps d’aborder les obstacles.
Si la France continue à se laisser ballotter passivement par le courant, elle est malheureusement assurée de chavirer.
Souhaitons une France active plutôt qu’une France au fil de l’eau.
http://www.betapolitique.fr/La-France-au-fil-de-l-eau-05983.html
Rédigé par: toto | 26 mai 2008 at 19:07
Je n'ai pas tout lu les commentaires, trop fatigué depuis 5h je suis online, la guéguerre Ségolène/Delanoë, je m'en tamponne en revanche, ce qui m'intéresse dans cette histoire est qu'un politique de gauche parle du libéralisme au sens positif or que d'habitude, ils sortent que les côtés néfastes (les plus usités, certes) pour descendre la droite. Voilà, après il y a de bonnes idées chez les 2.
Rédigé par: Dreamside | 26 mai 2008 at 21:15
"Tant de bêtises opportuniste de la part de Ségolène Royal montre bien qu'elle ne veut pas, rien comprendre, et mise sur la bêtise et le rabaissement du débat"
Elle est un peu bancale, cette phrase. Vite pensé, vite écrit ? Et parler de "bêtise opportuniste" pour reprocher à quelqu'un d'abaisser le niveau du débat, ce n'est pas un peu contradictoire, non ?
Moralité : en respirant trois fois à fond avant de rédiger son billet, on évite de passer pour un ségobasheur frénétique. Surtout si, en réalité, on ne l'est pas.
(Comme je ne suis pas dans la tête de Versac, je me garderais bien de trancher. Mais au vu de ces premières phrases, heu, non, je ne vois pas pourquoi je prendrais ce billet au sérieux.)
Rédigé par: Irène Delse | 26 mai 2008 at 21:15
Tiens, au fait. Le texte de Monique Canto-Sperber cité ne me donne pas une haute impression de son opinion ni de ses idées.
"Ce qui est haï dans le libéralisme, c’est l’idée de libertés capables de maîtriser leurs propres excès."
Ah bon ? C'est très joli, comme explication, presque aussi séduisant que G. W. Bush expliquant aux Américains que les terroristes les détestent "parce que les USA sont le pays de la liberté"... CQFD.
Bon, je persifle, certes. Je vois bien que MCS essaie de replacer les idées de la gauche française là où elles étaient en 1789. C'est très sympathique, même cela a peut-être deux siècles de retard...
Mais cela entretient (volontairement ?) la confusion entre les différents sens du mot libéralisme, alors que tout philosophe devrait savoir qu'on ne peut discuter qu'après avoir défini de quoi on parle. Et le mot "libéralisme" et l'un de ceux que l'on emploie le plus souvent à tort et à travers. Tantôt il sert à éviter d'employer les mots de "capitalisme" ou "économie de marché", et c'est le sens qu'il a le plus souvent en France.
Mais apparemment, Monique Canto-Sperber l'emploie dans le sens que lui donne la gauche américaine, où cela recouvre autant la notion de liberté d'entreprendre que celle de se déplacer, de s'associer, la liberté de parole, la liberté de conscience, de mœurs, etc. Un équivalent partiel, dans le contexte français, serait "libertaire".
Et apparemment, toujours, vous-mêmes, Versac, ne semblez pas voir la confusion. Dommage.
Bref, utiliser ce texte pour conclure que les socialistes qui trouvent la déclaration de Delanoë sont opposé à la notion de liberté individuelle, et à mettre dans le même sac que l'extrême-gauche ou la droite dirigiste, c'est quand même un peu gonflé.
Rédigé par: Irène Delse | 26 mai 2008 at 21:35
Bonjour Versac,
Je n'ai pas observé la même chose que vous. Jeudi B. Delanoe a axé sa déclaration sur le "libéralisme" terme général, avec pour illustration son souhait d'une "gauche managériale". Royal interrogée a répondu qu'elle était contre le "libéralisme" terme général également.
Depuis B Delanoe s'est déplacé sur le libéralisme politique et a mis au placard la social-démocratie (j'étais a la Mutualité samedi, elle a été évoquée de nombreuses fois) et a pris pour exemple le droit de vote des étrangers et l'abolition de la peine de mort. Soit exactement ce qu'avait dit Royal dans le Point et ce sur quoi tout le monde est d'accord.
De là, la chronologie des faits me pousse à dire que c'est Delanoe ralayé par H Desir et E Guigou qui ont complètement déplacé le problème.
La dernière étape a d'ailleurs eu lieu ce soir avc cette dépêche AFP : libertés et liberal c'est la même chose.
Autant vous dire que B Delanoe a viré de bord et contredit la science politique voire même le sens des mots.
Je suis très deçu par la façon dont il a mené cette affaire. Non seulement le débat n'a pas lieu, mais en plus il le détourne. Il se régale mais moi je vomis face à tant de betise.
http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-35594094@7-39,0.html
Rédigé par: Mart | 26 mai 2008 at 22:29
complètement d'accord Mart... l'impression d'une surenchère verbale pour exister sur un débat... surannée... on va retrancher un débat sur le libéralisme politique qui a été tranché plusieurs fois dans le passé...
Désolé, je ne suis pas dupe, ça évité d'autres débats, des propositions sur le présent, sur l'avenir... Et depuis qq temps... je n'entends pas grand chose du coté de SR... ça je te l'accorde Versac.
Rédigé par: marc | 26 mai 2008 at 22:38
Bonjour Versac,
Je pense, au contraire, qu'il s'agit d'une opposition mise en scène entre les deux. Ségolène Royal et Bertrand Delanoë sont politiquement libéraux et économiquement sociaux-libéraux. Qu'ils l'assument !
http://politique.hautetfort.com/archive/2008/05/26/liberalisme-socialisme-delanoe.html
Rédigé par: Laurent de Boissieu | 26 mai 2008 at 22:49
Mart : OK pour dire que Delanoë n'a pas été à fond dans son analyse. Mais pour autant, ce n'est pas lui le responsable de quelques titres de presse, et son discours est un peu plus fin que ce que tu dis.
Et oui, il a tendance à confondre le fait libéral et la libéralisme. Il n'a d'ailleurs jamais prononcé, à ma connaissance, le terme de "libéralisme", et a toujours,en outre accolé le terme de libéral avec socialiste, voulant réconcilier les deux.
SR nie et attaque. ELle se contredit totalement avec ce qu'elle a dit dans Le Point et d'autres instances il y a à peine un an. Tant mieux pour elle. Mais si Delanoë a tenté de relacer ce débat, c'est Ségo qui se retourne et réagit mal. Désolé.
marc : un débat suranné qui a été tranché ? Si l'on considère que la caricature ridicule de l'idée libérale peut tenir lieu de débat, oui.
Rédigé par: versac | 26 mai 2008 at 22:52
Si je peux me permettre de faire dans le cynisme, c'est de la politique et Delanoe comme Royale font un pari un peu risqué sur la réception du mot libéralisme dans l'opinion. Il me semble que c'est la position de Royale qui sera plus payante politiquement parlant, mais ça brouille encore plus un message déjà très brouillé et confus. Quand à Delanoe, c'est bien la première fois qu'il s'aventure sur ce genre de terrain, non?
Si je peux me permettre de faire de manière éhonté de la publicité: un article sur l'histoire du mot "libéral", pour éclairer un peut le débat. On l'on découvre qu'en définitive, "libéral" veut dire tellement de choses, qu'il en vient... à ne plus vouloir dire grand chose.
http://lafabriquedepingles.blogspot.com/2008/05/mais-que-veut-on-dire-par-libral.html
Rédigé par: Zino Zince | 27 mai 2008 at 01:11
Arf, si ce n'était pas écrit, il faudrait le rédiger...
Vous rigolez ou quoi ? Delanoë , l'apôtre du socialisme émancipateur ? du socialisme de mon c... oui !
Le président des bobos, qui dégage petit à petit toute forme de classe populaire sauf celles qui ont renoncé à un moyen de transport individuel et qui votent "bien" dans ses arrondissements favoris ?
Si ce n'était pas tragique, ce serait comique.
Par ailleurs, puisqu'on invoque Montesquieu à toutes les sauces à propos de Mongtesquieu, je renvoie à ce lien :
http://heresie.hautetfort.com/archive/2007/08/02/l-esprit-des-lois-3-le-commerce.html
Le jour où vous trouverez un socialiste pour faire une apologie du commerce de ce type, faites-moi signe...
Rédigé par: L'hérétique | 27 mai 2008 at 17:36
ah, et tant que j'y suis :
Une analyse sur Delanoë.
Un vrai libéral n'invoquerait pas Danton,à l'évidence...
Rédigé par: L'hérétique | 27 mai 2008 at 17:41
Pss... L'hérétique, qui fait semblant de s'indigner que Delanoë "chasse" les classes populaires de Paris intra-muros, mais qui serait le premier à hurler au communisme liberticide si ce même Delanoë avait le malheur de faire quoi que ce soit pour abaisser articiellement le prix du logement. Vous proposez quoi, vous, en retour? qu'on envoie les méchants locataires-koulakistes au goulag? c'est toujours cocasses que de voir ces partisans du sexy centrisme toujours prêt à faire la part la plus grosse aux classes moyennes, les plus bobos en termes de sociologie électorale, que de faire des leçons de gauchisme aux socialistes, que de faire semblant de se préoccuper du sort des "petites gens." Ces mêmes qui sont prêts à plier bagage dès qu'il y a trop "d'odeur et de bruits" près de chez eux, se faire le chantre de la fraternité humaine et du Paris de la mixité sociale d'avant Haussmann. Sacrée bande de farceurs, va!
Rédigé par: hérétique opportuniste | 28 mai 2008 at 02:58
>"Pss... L'hérétique, qui fait semblant de s'indigner que Delanoë "chasse" les classes populaires de Paris intra-muros,"
Delanoé chasse personne. Ce n'est pas de la faute à Delanoé si les prix immo ont explosé en 10 ans.
Rédigé par: toto | 28 mai 2008 at 10:11
Il faudrait que vous rangiez votre mépris M. Versac et que vous commenciez à faire avec Mme Royal ce que vous faites pour les autres : cesser de la prendre pour une conne et cesser de faire semblant de ne pas comprendre ce qu'elle dit.
Vous savez très bien ce qu'elle veut dire, vous savez très bien pourquoi elle le dit de la même manière que vous savez très bien que Delanoé se contrebalance des idées, que ce qu'il signifie c'est juste son dérapage au centre. D'ailleurs il communique beaucoup par le figaro ces temps ci (dans le genre "je suis celui que même la droite aime"... faut il être connement politique pour se satisfaire de ça).
Rédigé par: machinchose | 28 mai 2008 at 17:47