Prix du journalisme lèche-bottes de la semaine
Ce week-end, je lisais tranquillement le Figaro quand je suis tombé sur ça. Tout un article à la gloire de NKM. rien qui ne manque à l'attirail complet de l'hagiographie la plus pure. La Secrétaire d'Etat elle-même n'oserait sans doute pas se décrire ainsi dans sa propre gazette : c'est sans doute à ça que sert le Figaro.
C'est d'ailleurs une figure de style classique : on suit une personnalité dans un voyage à l'étranger. Le risque principal, pour le journaliste, dans ce cas, c'est le manque de recul, et l'attachement excessif à glorifier chacun des gestes finalement logiques qu'entreprend la personnalité en question.
Et pour le coup, Marielle Court n'y va pas avec le dos de la cuiller (elle n'en porte évidemment pas la seule responsabilité : c'est bien sa rédaction qui choisir et corrige si nécessaire). Quelques bouts : "la jeune femme au charme victorien", "Lovée à l'arrière des voitures du cortège officiel", "NKM est le soldat de la situation", "Un de ses administrés de la ville de Longjumeau lui laisse un message désespéré après la tentative de suicide de son fils. Elle rappelle immédiatement.", "Mais c'est aussi la vie de l'UMP où elle vient de prendre pied avec le titre de secrétaire générale adjointe qui la passionne", "Adoubée par l'opinion publique pour ses prises de positions sur les OGM", "C'est enfin l'écologie qui l'occupe, son domaine de compétence incontesté aux côtés de Jean-Louis Borloo"...
Bref. Cet article pue la commande et la flagornerie. A noter dans les petits carnets des apprentis journalistes dans la case "comment faire un publi-rédactionnel ?".
(et pourtant, oui, moi aussi, j'aime bien NKM).




J'ai pensé et failli écrire la même chose en le lisant, mais je n'avais pas d'Internet sous la main.
Bel éloge effectivement, la journaliste aurait tout de même pu se permettre un peu de discrétion. Le "charme victorien" et le "lovée à l'arrière" (dans le 1er paragraphe si je ne me trompe) font vraiment trop balzacien (pas trop sûr de mes références littéraires, moi) pour passer inaperçues
Rédigé par: JS | 13 mai 2008 at 16:35
Vous n'en avez pas marre, versac, de décerner les bons et les mauvais points, à droite, au centre et à gauche ?
Tout cela est d'une stérilité...
Rien de plus ridicule comme espèce que le petit bourgeois donneur de leçons, dégainant son ironie à chaque coin de rue.
Et JS qui voulait faire le même billet ! Belle illustration du moutonisme des blogueurs, qui ne peuvent passer une journée sans trouver un mauvais point à donner, comme si leur petit avis d'ironiste en culotte courte servait à quoi que ce soit...
Rédigé par: Didon | 13 mai 2008 at 16:57
NKM est-elle la future Thatcher française ?
même un socialiste, come moi, ne peut que l'espérer. Ces temps çi semble démontrer que l'intelligence et le goût du pouvoir sont incompatibles.
Les personalités avec un nombre normal, voir conséquent de neurones, se font de + en + rares : NDA, NKM, Védrine, Boutih, Valls (sous condition de lire son livre) et quelques autres ?
Rédigé par: Ozenfant | 13 mai 2008 at 17:03
Hélas, il y a un précédent :
http://www.n-k-m.com/article.php?ref=513
C'est d'ailleurs par l'intermédiaire de cet article que j'ai appris l'existence de cette personne, et par voie de conséquence, ses réseaux.
Rédigé par: Gus | 13 mai 2008 at 17:35
Un peu sexiste son papier à cette journaliste, « le charme victorien », « Lovée à l'arrière (...) ». C'est un champ lexical bien étrange pour parler politique. Imaginez ce genre de termes pour parler de M. Borloo et vous aurez le tableau.
J'aime bien aussi ce genre de politique aux convictions bien affirmées. Je pense même qu'elle devrait prendre la place de Borloo.
Rédigé par: Bob | 13 mai 2008 at 17:50
Vous n'en avez pas marre, Didon, de décerner les bons et les mauvais points, à droite, au centre et à gauche, en commentaires de blogs ?
Tout cela est d'une stérilité...
Rien de plus ridicule comme espèce que le petit commentateur donneur de leçons, dégainant son amertume à chaque coin de rue.
Belle illustration du moutonisme des commentateurs, qui ne peuvent passer une journée sans trouver un mauvais point à donner, comme si leur petit avis d'ironiste en culotte courte servait à quoi que ce soit...
Rédigé par: waldo | 13 mai 2008 at 19:03
Moi aussi j'ai failli tomber de ma chaise en lisant cet article. D'autant plus que contrairement à vous, je n'aime pas NKM depuis l'épisode où elle a bâché Borloo, ce qui en soi n'était pas un problème. Mais après elle s'est excusée (voire écrasée), pour, une fois que la tempête était tombée, parader en montrant combien elle, pauvre et frêle petite femme, avait été courageuse face à tous ces méchants messieurs. Ses excuses n'étaient donc pas des excuses sincères, et si elle avait été si courageuse qu'elle veut bien le dire, elle n'aurait pas dû s'excuser.
Rédigé par: etienne | 13 mai 2008 at 23:33
Mais qui ne l'aimerait pas cette NKM ? Belle évidemment, d'apparence fragile et pourtant d'une force de caractère indéniable, plus... oups!
Pour revenir au sujet, journalistes et politiques forment sans doute un petit monde qui vit tellement en vase clos que ladite journaliste n'est peut-être même pas consciente de pratiquer le journalisme de complaisance...
Rédigé par: pas perdus | 14 mai 2008 at 08:49
@Didon : je trouve au contraire que ce genre de billet est très utile, car il est bon parfois de rappeler à quel point certains journalistes ont laissé tomber l'objectivité en chemin.
Et je crois que le mot moutonisme peut s'appliquer davantage à eux qu'à Versac.
Dernier exemple du moutonisme en date : le mot "couac". Chaque incident de la vie politique est désigné par ce terme pointu et précis...
Rédigé par: Miss Say It Loud | 14 mai 2008 at 10:06