Stratégie pour une reprise en main du parlement
Autheuil chronique avec intérêt le réveil brutal et passionnant des députés, suite au bug de la loi OGM. On a atteint comme un point de bascule dans les relations entre le parlement et l'exécutif, et la réforme des institutions semble former un nouveau champ de bataille, de fronde des parlementaires UMP.
Tant mieux.
On aurait pu espérer que les députés se réveillent un peu plus tôt, acceptent de meilleur gré leur autonomie, leur rôle législatif, de contrôle de l'exécutif. On ne change pas des dizaines d'années de pratique institutionnelle en quelques mois. On peut d'ailleurs imaginer que ce rare moment d'autonomie partielle du pouvoir législatif ne dure pas. Mais soyons-en heureux, malgré tout, même si c'est sur ce projet de loi là.
Comment l'exécutif peut-il s'en sortir ? Autheuil cherche un patron (réflexe de droite :). Pour ma part, j'aurais tendance à proposer à l'exécutif (si tant est qu'il fut unifié) d'opter pour la stratégie - audacieuse - du respect des engagements de campagne, plus que pour celle du retrait de la réforme des institutions.
Après tout, les demandes, tant du parti socialiste que de nombre de parlementaires ayant adopté des amendements en commission, sont très sympathiques et logiques. Laissons le président s'exprimer au parlement, soit. Mais laissons-en l'initiative au parlement (ce débat est de toute façon absurde et circonstanciel). Limitons le cumul des mandat des ministres. Favorisons un réel contrôle de l'ordre du jour par le parlement. Allons-y franco ! Jouons le jeu de la responsabilisation !
Oh, ça ne se passera sans doute pas comme ça. Les conservatismes sont très forts. On prend toujours le parlement pour quelque chose d'immatur et un peu stupide, passage obligé sans réel intérêt. Mais enfin, si les députés cherchent enfin à jouer le rôle qui devrait être le leur, pourquoi ne pas y aller ? De mon expérience, quand un acteur demande à exercer son rôle, la meilleure solution est souvent de le responsabiliser et le légitimer...
(bon, ok, je rêve, la conséquence principale de ceci pourrait être bêtement un problème de carrière pour Copé pendant quelques mois).




Je reste pour ma part persuade que ce vote est moins un acte d'emacipation que de conservatisme : les deputes preferent affronter les foudres du president dans les salons feutres de l'Elysee, que les foudres de la foule sur le marche local, dans leur circonscription.
Lorsqu'il a ete designe par l'UMP comme som candidat pour 2007, Sarkozy a dit en substance : "a l'instant meme ou vous me choisissiez, je vous echappais, car j'avais vocation a rassembler non pas seulement un parti, mais l'ensemble du peuple francais".
Il faudrait lui dire qu'a l'instant ou il a ete elu, l'UMP lui echappait, car ce parti a vocation non a soutenir aveuglement un president (fut-il sorti de ses rangs) mais bel et bien a veiller a ce que les promesses faites soient effectivement tenues.
Et le president Sarkozy a politiquement interet a pouvoir compter sur un groupe UMP exigeant a son endroit. C'est un peu ce que l'on attend de la democratie : de la contradiction, des divergences, des debats vifs, de la sincerite.
Rédigé par: Vincent | 15 mai 2008 at 02:53
Ce qui est amusant (et symptomatique?) c'est que ni toi ni Authueil ne dit que c'est un député PCF qui a déclenché tout ce grabuge.
Rédigé par: Eric | 15 mai 2008 at 09:04
Eric, le député qui a déclenché tout ce grabuge, ce n'est pas celui qui a posé la bombe, mais celui qui a allumé la mèche. Des bombes, les députés d'opposition n'arrêtent pas d'en poser, mais elles n'explosent jamais.
Et au passage, Chassaigne, c'est plus un rad soc qu'un communiste. Mais là où il est implanté (puy de dôme), c'est mieux d'avoir l'étiquette communiste pour se faire élire, alors va pour le rouge.
Rédigé par: authueil | 15 mai 2008 at 09:11
Et dire que certains remettent sur le tapis le problème de l'absentéisme des députés sur les bancs de l'assemblée pour justifier ce revers !
Belle démagogie (voir ici : http://impertinence-mediatique.blogspot.com/2008/05/absentisme-des-dputs-franais-vrai.html)
Rédigé par: Mehdi | 15 mai 2008 at 10:30
Quelqu'un sait où en est la refonte des circonscriptions électives, exigée par le Conseil Constitutionnel, normalement menée par Alain Marleix depuis début mai pour passer dans l'ombre de la réforme institutionnelle ?
Rédigé par: Gus | 15 mai 2008 at 11:46
@Autheuil : oui, c'est cela. A partir du moment où un communiste fait quelque chose d'intéressant, ce n'est plus un communiste.
Amusant.
Rédigé par: Traductor | 15 mai 2008 at 13:55
Traductor, que faire contre votre mauvaise foi. Vous lisez mon commentaire de manière partiale.
Chassaigne est authentiquement un brave type et je l'aime bien. Il connait ses dossiers, bosse réellement. Mais il n'a pas grand chose de communiste. Il y a des communistes pur jus qui sont également bosseurs (Roland Muzeau par exemple).
Rédigé par: authueil | 15 mai 2008 at 16:37
"On prend toujours le parlement pour quelque chose d'immature et un peu stupide"
D'accord avec vous Versac, le parlement ne semble pas toujours très considéré.
En même temps ce matin, en écoutant France Inter, j'ai failli tomber de ma chaise en entendant que les députés de l'opposition menaçaient de voter contre la réforme des institutions pour se venger du passage de la loi sur les OGM en commission mixte paritaire...
Je ne sais pas à présent où en est cette menace, mais je ne crois pas que les députés soient susceptibles de redorer leur image de cette manière. Et je suis encore moins convaincue qu'ils aient réellement envie d'accroître leurs responsabilités.
Rédigé par: Miss Say It Loud | 15 mai 2008 at 16:55