Aux matins : culture numérique, riposte graduée et autres sujets
Retrouvez-moi demain matin (enfin, tout à l'heure) aux Matins de France Culture. J'y suis invité pour échanger avec Denis Olivennes au sujet de la fameuse riposte graduée.
Le projet de loi dit "HADOPI" qui vise à concrétiser dans la loi "l'accord Olivennes" intervenu il y a quelques mois, dont la mesure principale est l'instauration de cette fameuse "riposte graduée" (une logique d'avertissements progressifs pour les téléchargeurs, allant jusqu'à la fermeture de l'accès internet), sera sans doute (en attente de confirmation) examiné mercredi prochain, le 18 juin, en conseil des ministres. Son examen devant le parlement, en revanche, n'est pas pour tout de suite : il devrait plutôt être mis à l'ordre du jour de la rentrée, s'il est maintenu.
La réalité, c'est que personne ne semble vouloir de la chose (à part les signataires, soit deux parties, essentiellement, les acteurs de l'industrie du disque et les fournisseurs d'accès à internet). Le parlement européen a émis un avis très négatif (amendement Rocard-Bono), la CNIL y serait opposée, l'ARCEP aussi. Et la mesure fait grincer beaucoup de dents, notamment au moment où se déroulent les Assises du Numérique. Seul le lobbying très actif des industries culturelles semble être effectivement en mesure d'expliquer qu'on parle encore de ce drôle de truc.
Drôle, c'est une façon de parler. La perspective d'une surveillance de mes pratiques d'échanges de données ne me fait pas franchement rire. La disproportion entre les moyens utilisés et la fin me semble, comment dire, flagrante. D'autant plus, évidemment, que l'efficacité supposée de cette politique répressive n'a évidemment pas été analysée.
Nous verrons demain si Denis Olivennes a un peu évolué. S'ils considère toujours aussi fermement le téléchargement d'un morceau comme "du vol". S'il met toujours autant l'accent sur les téléchargements, comme un épouvantail, ou un homme de paille efficace, pour éviter de poser les vrais sujets.
J'espère qu'on ne parlera pas que de ces chiffons rouges, mais plus de l'internet comme formidable vecteur d'invention et d'émergence, comme lieu de création, comme espace de collaboration. Comme lieu qui réinvente de manière profonde le mode de génération de valeur des oeuvres artistiques, ce qui nécessite de cesser de penser selon des modèles anciens, pour les protéger.
J'aimerais, en somme, qu'on use plus des termes de ce fantastique rapport de la FING : "Musique et Numérique : Créer de la valeur par l'innovation". Je ne peux que vous inviter à le lire.
Et l'on peut discuter ici du contenu de l'émission.
-
PS : Je reviens du concert de Radiohead, qui a rempli deux jours de suite Bercy. J'ai eu le bonheur d'acheter leur dernier album avec la satisfaction de fixer le prix que j'estimais juste pour ce groupe que je suis depuis plus de dix ans, alors que j'avais la liberté de ne rien donner. J'ai téléchargé leur podcasts, écouté leurs morceaux inédits, livré au fil de l'eau sur leur site à leurs amis. J'ai pris mes billets sur leur site quand ils l'ont mis en vente. J'étais ce soir avec des milliers de fans reconnaissant de l'extrême générosité de ce groupe, dans un rapport avec ces artistes comme il s'en crée chaque jour sur le web.
-
EDIT - à chaud. Expérience intéressante, mais difficile. J'aurais aimé pouvoir dire quelques mots comme licence globale, net-neutrality, et ne pas être uniquement sur la défensive face à des caricatures. Je crois avoir quand même réussi à faire passer quelques idées, dont celle, essentielle, de l'absurdité de la défense d'un modèle qui éclate.
J'ai rêvé ou Denis Olivennes a bien dit en fin d'émission que tout cela n'était pas très important, et que l'essentiel était de regarder vers l'avenir, que ces mesures ne serviraient pas à grand chose ? Que ne le fait-on pas ?
Pris par le temps, je tente un billet de prolongation du débat de ce matin dans la journée, ou la soirée. Merci aux réactions (sauf à celles qui manient l'insulte et l'invective, signe de crispations qui montrent l'ampleur des dégats de certains discours).




Bonjour Versac,
Je n'ai aucune sympathie ni pour les polices du net, ni pour les majors de l'industrie du disque, mais force est de constater que le téléchargement illégal EST du vol. Dès lors que vous jouissez (si, si, Versac, vous jouissez) d'un bien produit par un tiers, que ce bien n'est pas gratuit et qu'il ne vous a pas été formellement offert par son propriétaire, vous commettez un vol.
On peut essayer de l'expliquer, de le justifier ou de soutenir que le temps de la propriété privée a suffisamment duré (mais j'avoue que cela me surprendrait de votre part), mais je ne vois pas comment on peut soutenir que ce n'est pas du vol.
Quant à Radiohead, c'est surtout un exemple de marketing bien compris. Comme vous le notez vous-mêmes, le groupe n'a rien perdu dans sa stratégie de prétendu libre choix du consommateur, bien au contraire.
À la base des débats, il y a donc une question simple à laquelle il faudra bien répondre : comment les adeptes du téléchargement peuvent-ils, d'une part, défendre la gratuité et, d'autre part, soutenir que si je ne paye pas, en fait ce n'est pas grave parce que je paye quand même ? Si, au bout du compte, il faut payer (sous quelque forme que ce soit), ben… autant acheter un CD, non ?
Et s'il s'agit d'une vraie et totale gratuité, je ne vois pas comment les auteurs et interprètes vont pouvoir vivre de leur travail et, surtout (parce que les premières victimes ne seront ni Radiohead, ni les Stones, ni U2) comment les maisons de disque vont pouvoir investir sur de jeunes talents. Le manque de ressources les poussera à ne plus "soutenir" des inconnus, mais à adopter des stratégies déjà rentables dans leur formule même, type téléréalité, Star-académie, etc. Ça augure d'une ère faste pour la musique…
Sinon, qu'internet soit un "formidable vecteur d'invention et d'émergence, comme lieu de création, comme espace de collaboration", c'est évident. Mais c'est un point de vue socio-esthético-anthropologique général qui n'a à peu près rien à voir avec la question des sous. Si ?
Rédigé par: Antoine Block | 11 juin 2008 at 02:40
Je suis curieux d'entendre le discours d'Olivennes sur l'album en telechargement "gratuit" de Radiohead. Au dire des majors et autres tenants de la répression, le groupe s'est fait pigeonner et aurait perdu de l'argent. En fait j'ai pu entendre un interview du leader qui déclarait etre tres satisfait... car de toute facon ils gagnaient autour d'1 euro par album. En faisait une vente en directe, ils ont meme gagné 2 a 3 fois plus, meme en comptant tous ceux qui n'ont rien payé !!
Qui a dit décrédibilisation du discours répressif ? ;-)
Rédigé par: Vonric | 11 juin 2008 at 04:02
Il y aurait un grand progrès en France si déjà on appelait les choses par leur nom : contrefaçon, point de pirate. Sinon, pourquoi je contrefais Lost (http://www.griffonnages.net/post/2008/03/02/Je-dois-contrefaire-Lost) ou pourquoi l'Europe est en retard. Personnellement, je fais confiance au Marché, quand il va se rendre compte qu'il y a une meilleure stratégie pour lui, il va évoluer.
Rédigé par: Celui | 11 juin 2008 at 06:19
Sur l'opposition de la quasi-totalité de la société à l'exception de l'industrie à la limitation des téléchargements présumés abusifs sur internet, on s'intéressera à l'Accord Commercial Anti-Contrefaçon en cours de négociation entre Europe et USA, destiné à s'imposer au législateur une fois consensuellement défini entre négociateurs :
http://guerby.org/blog/index.php/2008/06/07/183-traite-acac-accord-commercial-anti-contrefacon-ou-acta-en-anglais
Rédigé par: Gus | 11 juin 2008 at 07:11
Je t'écoute en ce moment même et je trouve que tu te débrouilles vraiment bien face à la mauvaise foi d'Olivennes. Il était déjà passer sur France Culture pour le même sujet, et sans réel contradicteur face à lui, il avait pu en toute tranquilité distiller ses "théories"...Il faut par ailleurs souligner qu'il est un proche des cercles sarkozystes...
Rédigé par: barjakk | 11 juin 2008 at 08:12
L'européiste Jean Quatremer indique sur son blog :
"Dans le classement wikio des blogs les plus populaires, mon blog figure à la troisième place des blogs politiques (derrière les blogs d'Embruns et de Versac). Dans le classement général, il s'affiche pour l'instant à la 25ème place".
Il précise que son blog vient de franchir la barre des 3 millions de "pages vues", soit plus de 50.000 pages vues par semaine. Son blog compte 788 notes. En moyenne, le nombre de visiteurs uniques quotidien varie de 3000 à plus de 10.000. Voilà ce qu'est un blog influent.
A titre de comparaison, prenons le modeste Salon Beige. Le classement wikio ne connaît pas ce blog ! Et pourtant : c'est presque 10 millions de "pages vues", soit plus de 105 000 pages vues par semaine. Ce blog compte avec ce post 15 782 notes. En moyenne, le nombre de visiteurs uniques quotidien varie de 6000 (le week-end) à plus de 9.000. Voilà ce qu'est un blog qui n'existe pas chez wikio.
Rédigé par: Un blog influent ? attention les chevilles ! | 11 juin 2008 at 08:18
Hello hello,
Ce qui m'ennuie - et ça m'a toujours ennuyé car j'ai grandi avec le piratage (j'ai 35 ans) -, c'est l'amalgame réducteur qui veut qu'un morceau téléchargé équivaut à une perte pour "l'artiste".
Autrement dit, toute pièce téléchargée n'aurait pas nécessairement été achetée, et il serait temps qu'on le comprenne.
L'ex directeur de la Fnac s'imagine-t-il qu'en 2008, on va retourner faire la queue à son échoppe pour écouter 15 secondes d'un disque qu'on songe éventuellement à acheter, au milieu de bousculades et brouhaha ?
Les pré-écoutes disponibles sur la plupart des sites de vente en ligne, quels qu'ils soient, proposent une qualité audio inacceptable ; de même, je ne débourserai jamais un centime pour obtenir en retour un fichier d'audio compressé. Mais les temps changent, et j'observe à ce titre qu'on peut désormais se procurer du FLAC et même du WAV.
Le téléchargement illégal est un outil de découverte, un dilatateur d'horizons sans pareil.
Enfin, j'ai le souvenir de je ne sais plus quel artiste "alternatif" qui mettait récemment à disposition de M. et Mme Tout-le-Monde son dernier album sur un site de téléchargement illégal, soulignant que le piratage ou l'achat sur Amazon (selon lui gourmand à l'excès) ne changeait pas grand-chose à ce qui retombait dans sa poche.
PS : je ne connais pas le salaire de Sieur Olivenne, mais ce n'est pas en rémunérant les salariés à hauteur de 1000 euros par mois que l'on va favoriser la consommation de disques. Comment ? Un chèque cadeau ? C'est trop "donneur", merci patron !
Rédigé par: [knot] | 11 juin 2008 at 08:19
Oh! un dialogue de sourds. Surprenant? Pas vraiment...
Rédigé par: g. | 11 juin 2008 at 08:44
Versac, il ya 2 heures, heureusement je ne vous connaissais pas et dans 1/2h vous aurez disparu de mon souvenir. Je trouve que Catherine Clément vous a mouché à la hauteur de votre insondable connerie et votre inimaginable prétention.
Vous êtes un voleur à la tire elle a raison, un petit délinquent de seconde zone.
Ne faites pas de philosophie de bas étage vous n'avez aucune morale. Vous êtes un minable.
Rédigé par: Jacques Kiev | 11 juin 2008 at 08:46
Le capitalisme engendre ses propres contradictions, et je trouve cela intéressant.
Depuis que le disque et l'enregistrement privé existe, il y a toujours eu de la copie. Maintenant, cela ce voit plus, grace à internet.
Que ce soit bien ou pas ne change pas grand chose. Moi, je m'en fout, je ne copie rien sur Internet, je considère toutefois que je n'ai le droit de copier que les oeuvres dont :
1 Les auteurs sont riches, et je ne leur nuit donc pas en copiant leur oeuvre.
2 Les auteurs qui autorisent la copie de leur oeuvre.
Toutefois, personnellement, je me réjouis (je suis pauvre et à l'écart des circuits du fric) que le web "2.0" existe. Il y a de l'espoir !
Rédigé par: findensieihrenweg | 11 juin 2008 at 09:04
Versac,
vous faites un collabo sublime. Olivennes n'aurait pas rêvé de detracteur plus mauvais pour faire valoir ses arguments pour l'hadopi. Pas un mot sur le principe de neutralité des fai, sur l'amalgame internaute / pirate, sur la licence globale,etc.
Rédigé par: Rechargé | 11 juin 2008 at 09:12
En somme,
la seule question
au sujet de la production intellectuelle
et des politiques culturelles serait :
combien cela rapporte-t-il?
et la seule préoccupation des artistes,
écrivains, cinéastes, musiciens, etc,
mon pognon?
On croit rêver...
Rédigé par: zafùiazd*ùyu ad | 11 juin 2008 at 09:12
8h55, la tête embrumée, j'allume la radio... "Merci Versac.net". J'ai dû rater quelque chose, me dis-je. Vous avez une vie trépidante Versac, après le concert de RadioHead un billet à 2h00 du mat (je dormais) puis une émission radio (je me réveillais à peine). Merci Versac, Heu Jacques Kiev, cessez le matraquage... pourquoi Versac est-il un délinquant ??
Rédigé par: Espace Vide | 11 juin 2008 at 09:13
Bonjour Nicolas,
Concernant Radiohead, oui, c'est généreux, mais avec un tel succès, même en rognant leurs marges, ils peuvent vivre plus que décemment. Tous les artistes ne pourraient pas se le permettre. (Certes, en parvenant au disque, surtout dans le milieu pop/rock, on a, souvent, déjà franchi préalablement pas mal de seuils de rentabilité.)
La réponse du rapport Olivennes me paraît tout à fait modérée, et même très avantageuse pour les internautes (croyons-nous vraiment que les données ne sont pas déjà surveillées ?) J'avais une préférence pour l'amende (à condition qu'elle soit systématique ; elle a été déclarée anticonstitutionnelle), mais sur le même principe, ça permet d'éviter d'engorger les tribunaux avec quelques procès excessifs "pour l'exemple", qui ne dissuadent personne tant que la punition n'est pas systématique.
De surcroît, cette réponse n'empêche pas les diffusions sauvages sur des sites (parfois exclusivement consacrés à cela), conservés avec une mansuétude très étonnante par les hébergeurs, ni bien sûr (et cela devient fort difficile à contrôler) les échanges interpersonnels.
Alors, si ça peut réduire les pertes, je le comprends fort bien.
J'attends d'entendre tout cela, l'émission n'est pas encore en ligne.
Bonne journée !
Rédigé par: DavidLeMarrec | 11 juin 2008 at 09:18
Nicolas,
J'ai été frappé ce matin par l'archaïsme apparent du raisonnement de D Olivennes, refusant d'accepter qu'une nouvelle donne se met en place et qu'il vaut mieux la préparer que de construire des digues pour résister aux flots d'usages et de comportements qui sont inéluctablement en train de changer... Problème de génération ? De manière de vivre cette "transformation" par les réseaux...
C'est plutôt inquiétant, notamment quand cela se réfugie derrière un discours primaire antilibéral et dans la bouche d'un homme au demeurant très intéressant. Tu devrais lui offrir "the long tail" pour qu'il prenne en compte l'impact sur la diversité culturelle que représente le Web...
Bravo à toi pour avoir été convaincant -Ali Baddou avait choisi son camp !-
Bruno
Rédigé par: Bruno Jacquemin | 11 juin 2008 at 09:23
Démagogie quand tu nous tiens (n'oubliez pas de vous lancer en politique) :
"J'espère qu'on ne parlera pas que de ces chiffons rouges, mais plus de l'internet comme formidable vecteur d'invention et d'émergence, comme lieu de création, comme espace de collaboration. Comme lieu qui réinvente de manière profonde le mode de génération de valeur des oeuvres artistiques ...." ou encore : "J'étais ce soir avec des milliers de fans reconnaissant de l'extrême générosité de ce groupe, dans un rapport avec ces artistes comme il s'en crée chaque jour sur le web."
que c'est beaauuuuuuuu....j'entends déjà le violon à côté.
trêve de plaisanterie, je ne comprends pas vraiment où est le problème : si l'on considère que la propriété intellectuelle existe (on peut toujours arguer de l'inverse, mais partons de ce postulat pour l'instant), quel est le problème d'essayer de trouver des moyens d'empêcher le vol de cette propriété, peut être que les préconisations d'olivennes ne sont pas les meilleurs, mais a priori, comme nous ne connaissons aucun pays qui en a fait l'expérience, il nous est trés difficile de juger.
Et il faut arrêter de généraliser sur radiohead, Internet est un vecteur de communication comme un autre, certains groupes qui jouissent déjà d'une base de fans conséquentes (aka un fonds de commerce) peuvent se permettre de s'affranchir des règles, au contraire cela fait partie de leur positionnement marketing. Ils ont le meêm business plan qu'un bar en libre service dans un hôtel : certes il y a un peu de vol(des gens ont téléchargé sans payer), mais il ya toujours de bons consommateurs et surtout ça évite de payer un mec 24h24 à servir des bières. Au final la solution du libre service de Radiohead leur a plus rapporté que la solution payante, car la baisse du ticket moyen a été compensée par la presque absence de coût de distribution et d'intermédiation. Radiohead n'a pas fait ça par altruisme, par "extrême générosité" (il n'ya que des fans pour le croire).
Mais tout les groupes, les auteurs, les compositeurs n'ont pas les mêmes besoins, les mêmes moyens, la même notoriété, le même positionnement, ce qui convient à radiohead ne leur convient peut être pas.
Tout les bars d'hôtels ne sont pas en libre service, vous avez :
- des bars populaires où le droit d'entrée est faible/inexistant et la consommation impulsive et frénétique (=les gens qui achètent des 2 titres, des musiques qui passent en boucle à la radio que l'on a oublié 2 mois après), ces bars pour avoir du succès ont besoin de serveurs qui en permanence servent de la piquette, de la kro et de la bud (ces 2 titres pour fonctionner ont besoin d'une machine de production qui se charge de passer en boucle de la pub sur M6, de faire défiler leurs artistes à la star ac...);
- des lounge bars où les gens se sentent chez eux et tranquilles et payent le droit de ne pas être emmerder et de pouvoir déguster du bon vin en toute tranquillité.( quand j'achète mon double album de pink floyd, mes DVD de live at pompei ou des artistes rocks indépendants que l'on ne trouve pas en grande surface, je préfère passer dans ma boutique spécialisée claquer bêtement pour certains 100€ que de m'ennuyer à attendre 15 plombes qu'azureus veuillent bien tout me télécharger, et ça m'énerve de me dire que dans ces 100€ j'en paie bien 20€ pour ceux qui ont la patience, le temps et la bande passante de tout télécharger).
Rédigé par: o o | 11 juin 2008 at 09:26
Après le débét sur FC
Comment ne pas être surpris par toutes ces belles âmes qui défendent le droit d’auteur, la main sur le cœur, sans se rendre compte que depuis des siècles, tous les travailleurs ont été l’objet d’une prédation bien plus importante, y compris les auteurs, d’un « vol de la force de travail » sans que cela les dérange de trop… D’ailleurs, soyons réalistes, une société qui organiserait ses échanges, suivant les besoins de chacun ne serait pas une société « gratuite », mais une société non prédatrice. Le vol est institutionnalisée, voir les 123 SMIC mensuels de Mme Russo, directrice générale du groupe Alcatel-Lucent. Le juste prix du travail ? Vaste programme. Ce débat sur les échanges « gratuits » renvoie à celui qui a eu lieu, et qui n’est pas clos, sur le prêt payant. Mais il est vrai que maintenant nous payons même pour pisser.
Rédigé par: Delajane | 11 juin 2008 at 09:44
"La France un des seuls pays au monde ou la musique US ne represente pas 90% du marché"
Olivennes oublie juste la moitié de la planete :les Indiens et les Chinois,3 milliards d'auditeurs, son marché c'est celui des majors
de l'industrie ....pas celui de la musique!
Rédigé par: thibord cosmopop | 11 juin 2008 at 09:58
Constatant la violence de certaines réactions ici (qui, ce n'est pas un hasard, sont d'autant plus virulentes qu'elles sont vides d'arguments), je ne peux que renouveler ici le coup de chapeau déjà fait à Versac, qui a su garder un calme admirable face à des interlocuteurs qui n'étaient manifestement pas là pour écouter ce qu'il avait à dire.
Merci Versac d'avoir montré de quel côté étaient les arguments posés, les doutes légitimes, et comment ils avaient en face d'eux des épouvantails et des représentations complètement en décalage avec l'état des technologies.
Rédigé par: Mathieu P. | 11 juin 2008 at 10:00
Olivennes est un laquais du lobby du caca et la France est un pays pourrissant par la racine.
Rédigé par: opinion_de_la_moitié_de_la_planète | 11 juin 2008 at 10:36
Il se trouve que qu’à deux heures du matin je dors déjà du sommeil du juste donc j’apprends au réveil que monsieur a repris sa campagne de colonisation de mon quotidien…
Malheureusement, comme souvent, je n’ai pu suivre le duel entre versac "the stagecoach killer" et Denis "donnez-moi trois solution ! là ! maintenant !" Olivennes que par bribes à causes d’enfant irrespectueux des grands débats contemporains et d’impératifs petits bourgeois (du genre les enfants à déposer à l’école).
On écoutera ça plus attentivement ce soir.
(Sinon, toi, content du débat ?)
Rédigé par: aymeric | 11 juin 2008 at 10:38
Précisons tout de même que les FAI n'étaient pas bien chauds pour signer "l'accord" en question avec les majors, et l'Etat a bien fait pression pour leur faire comprendre qu'ils n'avaient pas le choix (une ingérence très libérale dans l'esprit, n'est-ce pas ?). Techniquement, ils n'ont strictement rien à gagner : "filtrer", c'est-à-dire surveiller tous les échanges encore mieux que ce que font les Chinois dont nous nous gaussons tous les jours, coûte affreusement cher, et apporte au final une bien mauvaise image. En échange, les FAI ont tout de même pu avoir la certitude que l'internaute "suspendu" devra tout de même payer pour le service qu'il ne peut utiliser. Et ça, c'est très fort, même les Chinois n'y avaient pas pensé.
Denis Olivenne est un homme très dangereux ; le problème, c'est qu'il est effectivement un homme de paille (d'ailleurs, il n'est plus dirigeant de la FNAC, on télécharge le Nouvel Observateur ? Qu'en a-t-il à faire, de la "propriété intellectuelle" -- quel terme impropre et symptomatique ! --, cet ancien normalien et énarque puis haut fonctionnaire à sensibilité originale socialiste, qui n'aura de cesse de retourner sa veste pour avancer, comme tout un chacun à ce niveau ?). Il faudra proposer de mettre Orwell au programme de l'éducation nationale, ça pourrait bien être utile.
Il faudrait savoir aussi où se positionne Eric Besson, dans tout ça ; j'ai cru comprendre que c'était la direction opposée qui était privilégiée, mais comme il est de la même eau, j'ai un gros doute...
Rédigé par: palpatine | 11 juin 2008 at 11:34
Je vous ai écouté aux "Matins" et cet exercice médiatique est assez délicat à manier.
Pour une fois, Ali Baddou a joué les médiateurs, sans recouvrir la parole des interviewés. Comme toujours, Catherine Clément n'est gauchiste que jusqu'à ce que ça touche ses propres intérêts sonnants et trébuchants - elle n'a manifestement pas compris la "révolution" internet... Et le brillant Denis Olivennes a eu des semaines pour peaufiner son argumentaire et des mois pour s'adapter au format médiatique où la "politesse" n'existe que comme tactique pour imposer sa propre parole, couper celle des autres et suivre le fil autiste d'un argumentaire appris par coeur.
Donc vous n'avez pas joué le jeu au meilleur de votre forme. De ce que vous vouliez dire, peu est resté, au fond. C'est dommage, il ne faut pas être timide face aux grands fauves médiatiques.
Pour cela apprendre par coeur une suite d'arguments logiques, ne pas hésiter à couper la parole comme le font les autres (vous l'avez fait à la fin, mais pas assez); vous appuyer sur ceux qui cherchent à comprendre comme Baddou, Marc Kravetz ou Olivier Duhamel pour présenter l'écart des opinions.
Ce que j'ai retenu est que Denis Olivennes défend un modèle économique dépassé, il défend surtout les industries du disque et la distribution culturelle - voilà un thème "capitaliste" qui aurait pu faire recette (face à Catherine Clément entre autre).
Que le potentiel du nouvel outil internet est à explorer et que l'échange entre soi de fichiers n'est pas du "vol" dans la mesure où il s'apparente plus à du buzz. Vous l'avez dit, Olivennes l'a repris avec ses propres mots, mais ce n'est manifestement pas passé dans un esprit aussi obnubilé par son fric que celui de Catherine Clément - donc cela aurait dû être dit autrement, précisé, détaillé. Si vous donnez à un ami une copie de livre, vous l'incitez à en connaître l'auteur, vous faites du "service de presse". Vu la réaction publique de la Clément, je n'ai par exemple nulle envie de voir ou d'acheter son "documentaire" : elle peut le garder. Seuls sont "volés" ceux qui ont monopolisé les créations des autres pour leur propre intérêt : les industries culturelles qui exploitent les créateurs. Un artiste ne touche que 8% du prix d'un CD, un auteur moins de 10% du prix d'un livre. La bonne question est donc celle de l'intermédiation.
Hier elle était le monopole des industries d'édition; aujourd'hui, elle peut se faire souvent sans eux, directement via l'auto-édition. Ou est le "vol" sinon dans le changement des Zacquis ?
Ce n'est pas parce que les auteurs se sont senti confortables dans l'ancien modèle qu'il ne doit pas évoluer ! D'autant que les éditeurs peuvent changer leur modèle : la réputation de Gallimard ou de Pathé suffit à aller voir leur catalogue et à payer pour leur choix.
Mais là où Olivennes a raison, c'est dans la transition. Remettre en cause aussi complètement et aussi brusquement tout un modèle industriel (avec imprimeries, syndicat du Livre, distributeurs fortement employeurs, aide au cinéma, intermittents, etc.), c'est déstabilisant.
C'est en tout cas un vaste débat qu'il est bon de poursuivre.
Bon courage, vous réussirez mieux la prochaine fois !
Rédigé par: argoul | 11 juin 2008 at 11:50
Tristan Nitot cite souvent Upton Sinclair : "It is difficult to get a man to understand something when his salary depends upon his not understanding it".
Olivennes a été présenté comme le patron du Nouvel Obs, je ne l'ai pas entendu présenté comme l'ancien patron de la Fnac...
Lorsqu'il était patron de la Fnac, Olivennes ne pouvait que se refuser de comprendre que le disque comme unique vecteur de l'économie musicale était un modèle fini.
Aujourd'hui, il reste dans ce mode de pensée. Il raisonne toujours comme un fabriquant de diligences.
Rédigé par: Boris | 11 juin 2008 at 12:18
@argoul
Le résultat de la FNAC est à l'équilibre sur les ventes de disques. 10% du Chiffre d'affaires et 0 en résultat. Elle ne perd rien mais ne gagne rien ou si peu. C'est un produit d'appel et non une vache à lait. La Fnac aurait au contraire tout intérêt à favoriser les supports de copie (DDexterne et cie...). Le résultat est bien supérieur dans ces domaines.
@ versac.
1 -L'initiative de radiohead est louable mais n'est pas représentative. Parler de l'économie de la musique en parlant de radiohead revient à parler du salaire moyen en se basant sur la fiche de paie de B. Arnault. C'est en outre précisément parce que les maisons de disque ont permis à Radiohead de produire 6 ou 7 albums auparavant que leur démarche a été possible.
2 - Vous parlez d'un nouveau modèle économique. Curieux de voir à quel point ce modèle appelé par tout le monde tarde à venir. 10 ans après Napster et une industrie de la musique atrophiée (50% de CA en moins), en est-on toujours à attendre le nouveau modèle ?
Si les consommateurs n'achètent plus leur musique, cela signifie que ce sont les entreprises qui paieront la musique. 2 solutions : Pub et/ou mécénat. Pub : la pub suit la tendance, elle ne l'invente pas. Normal les publicitaires même talentueux sont sans doute créatifs mais ce ne sont pas des créateurs. Ce n'est pas à elle de susciter la création alors même qu'elle n'y est pas partie prenante.
Mécenat : Aucun problème lorsqu'on s'appelle William Christie et la Compagnie des arts florissants. Quid pour les autres genres ? Pourquoi n'y a -t-il pas de mécène actuellement ? Pourquoi attendent-ils de produire des groupes de rap ou d'électro ? Le nouveau modèle de demain, c'est tout de suite pour le mécennat. Il n'est pas là aujourd'hui pourquoi le serait-il demain ?
J'ai assisté à de nombreuses réunions pour localiser les foyers de la création de valeur dans la "nouvelle" industrie musicale. De lumière, je n'ai vu que des feux follets au fond d'un tunnel. Il y avait pourtant là toute l'avant garde de l'économie avec des serials entrepreneurs à la pelle...Tous ont démontré leur capacité à exploiter des niches, mais aucun un système global et cohérent.
3- quant au commentaire de je ne sais plus qui, attaque ad hominem contre Olivennes faisant partie des "cercles sarkozystes" (n'avez vous pas trouvé de champ lexical plus approprié ?) un frisson de frayeur parcourera certainement le dos de votre enfant une fois la lumière éteinte, mais en tant que Gracques du PS, je doute qu'il soit stricto sensu sarkozyste. Cela doit-il l'empêcher d'avoir des vues convergentes avec le parti opposé sur la façon de gérer la vie en société ? Parce qu'on est à gauche, on est contre la droite envers et contre tout ? Jolie politique politicienne.
Un peu moins de manichéisme et un peu plus de bon sens peut-être ?
Rédigé par: ghyz | 11 juin 2008 at 13:42
Erratum :
@Boris et non argoul :)
Rédigé par: ghyz | 11 juin 2008 at 14:15
Quelques réponses.
-
Antoine Block : non ce n'est pas du vol. Je m'étonne que tu tiennes ce discours. J'aurais cru que ton positionnement politique t'amènerait à considérer la notion de bien collectif. Et personne n'est privé de rien quand je copie un fichier. L'analogie est grossière.
Il n'y a pas de "partisans de la gratuité". Ca n'existe pas. Il y a des partisans de la prise en compte de l'évolution d'un système, qui tiennent compte du fait que la rémunération des artiste par la mise à disposition de supports de leur oeuvre non copiables est finie. Et qui imposent de penser, vite, d'autres modèles de rémunération des créateurs, souvent à leur plus grand profit.
Encore une fois, lis les pages de la FING.
-
knot : "Le téléchargement illégal est un outil de découverte, un dilatateur d'horizons sans pareil.". Oui, mais il semble qu'ils se refusent à l'admettre, voulant croire que seule la télévision et les radios peuvent tenir ce rôle.
-
Jacques Kiev : vous êtes surtout, vous-même, un cuistre.
-
findensieihrenweg : avec vos pratiques, l'hadopi va vous couper l'accès à internet, prenez garde.
-
Détracteur : je vous en prie, prenez ma place. Si vous croyez qu'en deux discussions de 20mn, en partant du discours d'Olivennes, on a le temps d'expliquer la net-neutrality, vous vous trompez.
Sur l'amalgame internaute/pirate, vous n'avez pas du entendre toute l'émission.
-
o o : si vous n'avez toujours pas compris que le numérique remet, de manière pratique, en question l'usage de la propriété intellectuelle et que vous considérez que tout va bien, eh bien, restez dans vos certitudes. Bizarre, quand même, ces 60 millions de téléchargements "illicites". Les Français seraient-ils stupides au point de risquer de la prison en permanence malgré des années de propagande ? Une riposte graduée de plus peut-elle changer quoi que ce soit à l'affaire ?
-
DavidLeMarrec : la question est bien "est-ce que ça peut réduire les pertes, vraiment ?" Et les pertes de qui ? Et à quel prix en termes de libertés ?
Si Olivennes avait ne serait-ce qu'étudié cette question dans son rapport, on pourrait en discuter.
-
aymeric : stagecoach killer, y'a du bon. A moitié heureux (juste AG Slama qui me dit aimer mon blog, j'en ai eu un sourire - Adler qui fait toujours a chronique pareil). Y'a du boulot.
-
palpatine : pour besson, c'est encore assez ouvert, à ma connaissance. Il ne voulait pas interférer avec ces dbats, pour se placer dans une posture un peu plus visionnaire.
-
argoul : merci du très juste commentaire (oui il y a des progrès à faire, mais c'est difficile quand on part de termes du débat aussi absurdes). quant à Catherine Clément, c'est un combat perdu que je laisse à d'autres.
-
Boris : oui, je crois que, sans doute, au moins, cette idée sera passée, dans l'émission. Fin du modèle unique. Entrée dans les modèles multiples. Olivennes lui-même en a cité plein.
-
ghyz : c'est beau de réciter ainsi l'argumentaire, éléments de langage inclus, de la Fnac. Fnac qui évolue, néanmoins, pour entrer dans l'économie du buzz. Je leur donne deux ans avant de comprendre que la chasse aux pirates n'est que perte d'énergie.
Je ne généralise pas Radiohead. Je devrais citer plus Arcade fire, ou des micro-groupes. Quant à leur succès, il est fonction de leur talent avant des millions de marketing mis par des maisons de disques.
"10 ans après Napster et une industrie de la musique atrophiée (50% de CA en moins), en est-on toujours à attendre le nouveau modèle ?"
Vous vous méprenez sur le chiffre d'affaires de la musique, qui est stable. Encore une fois, vous confondez CA du disque, qui, par nature, décroit, et CA global du monde musical (nouveaux débouchés et scènes live inscluses).
"Si les consommateurs n'achètent plus leur musique, cela signifie que ce sont les entreprises qui paieront la musique"
Faux et réducteur. Un paiement indirect est possible, il existe dans de multiples industries, pourquoi pas pour la musique ? Vous payez TF1, vous ? Vous payez France Culture ? Vous payez mon blog ? Vous payez pour écouter des chansons à la rédio ? Vous payez Deezer ?
Enfin, je note que vous relevez celui qui dit qu'Olivennes appartient à des cercles sarkozystes (ce qui est plutôt faux, en effet), mais pas celui qui m'injurie.
Serait-ce que vous seriez un peu partial ?
Rédigé par: versac | 11 juin 2008 at 14:20
"Je ne généralise pas Radiohead. Je devrais citer plus Arcade fire, ou des micro-groupes. Quant à leur succès, il est fonction de leur talent avant des millions de marketing mis par des maisons de disques."
Désolé de vous contredire mais Arcade Fire, Koxea ou les quelques autres artistes ayant réussi grâce à internet se comptent sur les doigts des deux mains. Ils ont du talent mais là encore il me semble bien délicat de tirer une conclusion quant à l'efficacité du net en tant qu'outil de promotion. En 10 ans de net, les artistes connus gra^ce à ce média se comptent sur les doigts des deux mains. De l'aveu même du directeur de Myspace, le net n'est clairement pas suffisant.
Je ne paie pas TF1 car c'est la pub qui s'en charge. Idem pour deezer. Pour France culture, c'est l'Etat qui s'en charge. Pour un partisan d'une régulation de l'économie qui doit elle-même se réinventer sans chercher d'appui ailleurs, je trouve ce retour à l'interventionnisme étatique mal placé...
"Enfin, je note que vous relevez celui qui dit qu'Olivennes appartient à des cercles sarkozystes (ce qui est plutôt faux, en effet), mais pas celui qui m'injurie."
Celui qui vous injurie s'exclue de l'échange. Il n'est pas digne d'intérêt. Il m'est bien sûr plus facile de dire cela que vous mais je prendrais volontiers votre défense si je n'étais persuadé que vous étiez en mesure de le faire mieux que personne, sur votre blog, et face à quelqu'un d'aussi méprisant.
Bien à vous
Rédigé par: ghyz | 11 juin 2008 at 15:10
"Désolé de vous contredire mais Arcade Fire, Koxea ou les quelques autres artistes ayant réussi grâce à internet se comptent sur les doigts des deux mains."
C'est quoi, réussir ? Vivre de son talent ou devenir une énorme star ? Il y a pas mal de tentatives promettrices ?
Encore une fois, il ne s'agit pas de tuer les maisons de disques, ou de prôner le jusqu'auboutisme, mais de montrer par quelques exemples extrèmes que des alternatives sont possibles, en dehors d'un modèle unique qu'il faudrait protéger.
L'enjeu n'est pas d'avoir un modèle unique de remplacement à la vente de disques, mais d'aider à voir émerger des modèles alternatifs. Dont l'idée d'une licence globale doit pouvoir faire partie, par exemple, ainsi que la publicité, la création de sonneries ou les concerts.
Je ne comprends pas : un usage meurt. Dans dix ans, il sera mort. Pourquoi s'accrocher à lui ?
Rédigé par: versac | 11 juin 2008 at 15:20
en son temps, j'avais écris ce texte sur agoravox.
Il vaut ce qu'il vaut... (35 votes, 94% de positifs) afin d'essayer d'expliquer pourquoi télécharger, ça n'est pas forcément voler, loin de là.
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=32332
Bonne lecture.
Rédigé par: Vicnent | 11 juin 2008 at 16:27
Le droit d'auteur est un mécanisme juridique qui a été créé dans un contexte économique et technologique particulier, or ce contexte a changé...
Plutôt que de vouloir maintenir ce mécanisme à tout prix, alors qu'il ne fonctionne plus, n'est-il pas plus raisonnable - et efficace - de dépenser son énergie à imaginer un autre mécanisme qui répondrait au même objectif : assurer la rémunération de l'effort créatif des artistes ?
Le droit d'auteur porte sur la création intellectuelle elle-même, mais dans la pratique le système ne fonctionne que lorsque cette création est diffusée sur un support matériel (un livre, un disque, un journal...), dont la reproduction représente un coût et demande des technologies qui ne sont pas à la disposition de tout le monde.
Quand le support disparaît, ce qui est le cas aujourd'hui, avec la numérisation et la mise en ligne, le système du droit d'auteur ne fonctionne plus, sauf à prendre des mesures disproportionnées comme la mise en place d'un système de filtrage global du net et un régime de répression généralisé. Ce n'est pas une bonne voie.
Le problème n'est pas simple et personne n'a de solution miracle à proposer pour le moment. Mais on peut tout de même s'apercevoir que la fortification du statu-quo est intenable. C'est une dépense d'énergie vaine et cette énergie serait mieux utilisée dans une attitude créative plutôt que défensive...
Rédigé par: narvic | 11 juin 2008 at 16:34
Que croyez-vous qu'il se soit passé lors des dix dernières années ?
Vous avez entendu l'industrie hurler de douleur ? Certes. Croyez-vous pour autant que toutes les forces vives étaient concentrées sur ses seules contorsions ?
Les thuriféraires de la libéralisation des échanges de fichiers sur internet envisagent un système qui promet d'être fantastique mais qui n'existe pas. Au diable, le réalisme et le pragmatisme, la musique est le lieu de tous les fantasmes, il est donc permis de dire qu’un modèle tiendra ses promesses avant même d’avoir été inventé.
Ce n'est pourtant pas faute d'avoir cherché, ce n'est pas faute d'avoir essayé mais rien n'y fait, ça fait dix ans que les serial entrepreneurs de tout poil hors exception s’y sont cassés les dents. Nous avons donc Koxea, Arcade fire, Kamini, Yelle et Arctic monkeys et quelques autres rares groupes au fil des dix dernières années qui ont perçé grâce au net et l’on s’en sert de paravent pour évoquer l’existence d’un système idéal. Ces seuls exemples mettent certainement la règle à l'épreuve, mais ce ne sont pas les arbres qui cachent la forêt mais une oasis en plein désert et malheureusement les chiffres prouvent qu’elle ne peut accueillir tout le monde…
Je ne dis pas que c'est impossible, et qu’en dehors du net point de salut, je dis que ça ou gagner au loto c'est statistiquement pareil.
Myspace et deezer sont certes des moyens de promotion qui sont un peu plus efficaces que les tracts mais qu’ils ne permettent en rien de compenser les revenus des artistes dont les Cds ne se vendent plus.
Pour gagner de l’argent avec Myspace, savez-vous ce qu’il faut faire ? Savez-vous ce que font certains petits labels ? Ils s’octroient du temps pour faire des « clics party ». Ils simulent des visites en cliquant autant de fois que possibles sur les panneaux publicitaires. Vous parlez d’un modèle économique efficace…
@Versac
Croyez-vous sincèrement que les sonneries de portables pourront permettre de compenser la vente de Cds ? Ah oui "il faut diversifier ses revenus et les sonneries de mobile sont un revenu comme un autre". Concentration horizontale...hum pourquoi pas : Nestlé, Danone, Orange et Alela Diane ou Joanna Newsome même combat en somme?
Quant aux concerts...Madonna, Prince et Radiohead feront fortune. Pour les autres, en tant que musicien de scène et quand la tournée ne se fait pas au chapeau, le tarif règlementaire c'est 90€ par concert. Je parle ici d’un groupe qui en est à son troisième album et qui vend 20 000 exemplaires de ses albums. Il faut en enfiler un paquet des dates chaque mois pour vivre correctement dans une ville telle que Paris, seule ville capable d’ absorber plus qu’un concert d’un même groupe tous les deux mois...
Ainsi lorsque vous dites « Je ne comprends pas : un usage meurt. Dans dix ans, il sera mort. Pourquoi s'accrocher à lui ? »
La raison est simple, parce qu’il risque d’entraîner avec lui les seuls moyens de subsistance des petits artistes, ceux là mêmes qui assurent la diversité culturelle…Il y aura toujours de la création, c'est un besoin vital, la question est: quels sont les moyens que nous choisissons pour lui pemettre d'exister dans les meilleures conditions.
Rédigé par: ghyz | 11 juin 2008 at 17:28
Intéressante votre discussion avec Olivennes.
Vous avez dit l'essentiel.
Une diatribe intéressante, ou un cri du coeur de Denis Olivennes lors de cette discussion a été dirigé contre les cablo-opérateurs qui "cannibalisent" les producteurs de contenu.
Il aurait pu aussi s'en prendre à Apple qui de part le succès de ses gammes successives d'Ipod a réussi à maîtriser le prix d'un album en-dessous de la barre fatidique des 10 $.
Où alors même prédire que les propriétaires d'évènements sportifs, auront un jour le contrôle technique total sur les images qu'ils proposeront car ils produiront la mise en scène de leurs évènements (jeux olympiques, champion's league, etc.) en même temps que leur organisation.
Des journaux en ligne qui viennent de la presse écrite proposent maintenant leurs analyses ou articles multimédias en ligne,
Il ne faut pas être grand clerc pour voir qu'aucun média à présent ne pourra occuper une position centrale telle que France2/TF1/M6 se la partageait, que même si le support CD/DVD/Livre subsiste, il sera de toute façon impossible d'enfumer le public pour le faire acheter en masse par matraquage à "une heure de grande écoute" (genre plan média pour le dernier film sur Françoise Sagan) car les sources de programme et d'information seront complètement éclatées et l'internaute choisira.
Le grand chamboulement dans la profession de producteur de contenu multimédia est inévitable.
On comprend alors mieux les insistances lobbyistiques de la commission Coppé où ce monde qui vit littéralement de subventions instituées et protégées par la loi, a besoin de récupérer un pourcentage de la future mane pétrolifère des cablo-opérateurs pour assurer sa mue en toute tranquilité sans répondre au marché, ni même à avoir de souffrir d'une concurrence qui pourrait être plus talentueuse qu'eux.
Rédigé par: thierryl | 11 juin 2008 at 18:00
Je trouve assez déplorable la réaction de Catherine Clément. Vous accuser d'être un "voleur à l'étalage", c'est plutôt gonflé.
Cela montre que son intervention ne se situe que dans le registre polémique ; et donc qu'elle méprise le débat honnête tourné vers la recherche de la vérité. L'analogie est grossière et le propos insultant. La réaction est épidermique et donc irraisonnée.
S'agissant, plus généralement, de ceux qui s'échinent à identifier piratage et vol, on pourra leur rappeler quelques définitions du vol : Le vol est l'action de s'approprier ce qui appartient à autrui. Juridiquement, l'article 311-1 du Code Pénal dispose : "Le vol est la soustraction frauduleuse de la chose d'autrui."
Dans les deux définitions, l'idée est la même. Voler, c'est opérer le transfert injuste d'un bien matériel appartenant à Pierre vers Jean. Il y a l'idée d'une appropriation du bien d'autrui et, corrélativement, l'idée que la victime est privée de son bien. L'acquisition frauduleuse du bien par l'un en prive nécessairement l'autre.
Un vol s'applique donc à un bien matériel, qui passe d'une main à une autre. Et il s'agit d'un préjudice particulier : il laisse sa victime dépossédée de son bien.
La seule question qui vaille donc, pour définitivement trancher une question pourtant si simple, est de savoir si on prive une personne de son bien lors d'un "piratage".
La réponse est évidemment non. Le piratage n'est pas du vol car il ne prive pas la victime de la jouissance de son bien. On s'approprie le bien sans en priver son propriétaire car le bien est immatériel. La copie est parfaitement indolore pour le propriétaire dans le sens où il conserve son bien. Le piratage n'est donc pas du vol (l'analogie avec la contrefaçon serait peut-être un peu plus juste). Et cela ne remet absolument pas en cause son caractère condamnable ou problématique.
Les mots ont un sens. L'oublier, c'est tomber dans l'amalgame et envisager les problèmes avec un point de vue biaisé, ce qui empêche le débat d'avancer.
Rédigé par: Emmanuel | 11 juin 2008 at 21:30
ghyz : j'ai été très gentil de parler avec vous, mais voyez-vous, j'ai tendance à avoir du mal à parler avec des inconnus, qui débarquent toujours sur ces sujets où sont commissionnés nombre de cabinets de communication.
Et voyez-vous, les "musicien de scènes" qui bossent chez Altedia, je ne sais pas, mais j'aimerais bien qu'ils laissent une IP valide pour débiter l'argumentaire de l'industrie.
Ca serait bien. Et plus efficace.
Rédigé par: versac | 11 juin 2008 at 23:31
@[knot] :
"Autrement dit, toute pièce téléchargée n'aurait pas nécessairement été achetée, et il serait temps qu'on le comprenne."
Pardonnez-moi, mais c'est tout de même un raisonnement incroyable ! C'est exactement comme si un voleur à la tire disait au flic qui l'a pincé : "Ah, oui monsieur l'agent, c'est vrai j'ai pris cet autoradio, mais c'est pas grave parce que, de toute façon, je ne l'aurais jamais acheté !"
@findensieihrenweg :
" Les auteurs sont riches, et je ne leur nuit donc pas en copiant leur oeuvre."
Elle n'est pas mal non plus, celle-là !
Cette fois-ci, c'est le braqueur qui se justifie : "Mais monsieur le juge, OK j'ai cambriolé cette bijouterie, mais ils sont riches Van Cleef & Arpels, ça ne leur manquera pas."
C'est le retour de Robin des Bois ?!
@Emmanuel :
"Juridiquement, l'article 311-1 du Code Pénal dispose : "Le vol est la soustraction frauduleuse de la chose d'autrui."
Dans les deux définitions, l'idée est la même. Voler, c'est opérer le transfert injuste d'un bien matériel appartenant à Pierre vers Jean. Il y a l'idée d'une appropriation du bien d'autrui et, corrélativement, l'idée que la victime est privée de son bien. L'acquisition frauduleuse du bien par l'un en prive nécessairement l'autre."
Non, non, non, vous extrapolez, Emmanuel. Dans l'article 311-1 que vous citez, il n'est fait mention ni de la nécessaire matérialité du bien en question, ni de la notion de privation du propriétaire légitime. C'est vous qui l'ajoutez.
Si vous me volez une veste que je ne mets plus, c'est un vol quand même. Si vous volez une idée (plagiat, brevet scientifique, etc.) ou même image d'une personne sans son consentement, vous commettez un vol; le fait que tous ces biens soient immatériels n'y change rien. À moins d'abolir la notion de propriété intellectuelle.
En droit (et l'article le dit clairement et simplement), ce n'est absolument pas la nature du bien qui entre en jeu, ni les états d'âmes du propriétaire (son bien va lui manquer un peu, beaucoup, pas du tout, à la folie ?); c'est le caractère "frauduleux" de l'acquisition (= ni une vente, ni un don formel).
@Versac :
Donc, de ce qui précède, je persiste à dire que le téléchargement illégal est, en l'état actuel de la loi, un vol.
Par ailleurs, j'entends vos arguments. Je suis effectivement très attaché à "la notion de bien collectif", mais cela ne justifie pas le service gratuit. Sinon, pourquoi ne pas demander aux infirmières de travailler gratuitement au nom du bien collectif ?
Je suis totalement d'accord pour dire qu'il y a (au moins) un problème vis-à-vis de l'évolution technologique. Comme je suis d'accord avec vous pour essayer de "penser, vite, d'autres modèles de rémunération des créateurs".
En attendant la solution efficace, simple, juste et qui satisfasse tout le monde, rien ne justifie de se comporter comme un "voleur à la tire". ;-)
Rédigé par: Antoine Block | 12 juin 2008 at 00:24
@[knot] :
"Autrement dit, toute pièce téléchargée n'aurait pas nécessairement été achetée, et il serait temps qu'on le comprenne."
Pardonnez-moi, mais c'est tout de même un raisonnement incroyable ! C'est exactement comme si un voleur à la tire disait au flic qui l'a pincé : "Ah, oui monsieur l'agent, c'est vrai j'ai pris cet autoradio, mais c'est pas grave parce que, de toute façon, je ne l'aurais jamais acheté !"
Rédigé par: Antoine Block | 12 juin 2008 at 00:25
@findensieihrenweg :
" Les auteurs sont riches, et je ne leur nuit donc pas en copiant leur oeuvre."
Elle n'est pas mal non plus, celle-là !
Cette fois-ci, c'est le braqueur qui se justifie : "Mais monsieur le juge, OK j'ai cambriolé cette bijouterie, mais ils sont riches Van Cleef & Arpels, ça ne leur manquera pas."
C'est le retour de Robin des Bois ?!
Rédigé par: Antoine Block | 12 juin 2008 at 00:26
@Emmanuel :
"Juridiquement, l'article 311-1 du Code Pénal dispose : "Le vol est la soustraction frauduleuse de la chose d'autrui."
Dans les deux définitions, l'idée est la même. Voler, c'est opérer le transfert injuste d'un bien matériel appartenant à Pierre vers Jean. Il y a l'idée d'une appropriation du bien d'autrui et, corrélativement, l'idée que la victime est privée de son bien. L'acquisition frauduleuse du bien par l'un en prive nécessairement l'autre."
Non, non, non, vous extrapolez, Emmanuel. Dans l'article 311-1 que vous citez, il n'est fait mention ni de la nécessaire matérialité du bien en question, ni de la notion de privation du propriétaire légitime. C'est vous qui l'ajoutez.
Si vous me volez une veste que je ne mets plus, c'est un vol quand même. Si vous volez une idée (plagiat, brevet scientifique, etc.) ou même image d'une personne sans son consentement, vous commettez un vol; le fait que tous ces biens soient immatériels n'y change rien. À moins d'abolir la notion de propriété intellectuelle.
En droit (et l'article le dit clairement et simplement), ce n'est absolument pas la nature du bien qui entre en jeu, ni les états d'âmes du propriétaire (son bien va lui manquer un peu, beaucoup, pas du tout, à la folie ?); c'est le caractère "frauduleux" de l'acquisition (= ni une vente, ni un don formel).
Rédigé par: Antoine Block | 12 juin 2008 at 00:28
@Versac :
Désolé, votre antispam ne veut pas que je vous réponde… :-(
Rédigé par: Antoine Block | 12 juin 2008 at 00:30