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11 juin 2008

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Voici les sites qui parlent de Aux matins : culture numérique, riposte graduée et autres sujets :

» L'internet à la con pour tout le monde de François Nonnenmacher (FR)
Vous aimez le Proxy à la Con™ que les informaticiens de votre entreprise vous imposent pour votre bien ? Alors vous allez adorer le grand filtrage des internautes français. Sur une idée de Nicolas « je veux tout voir et... [Lire la suite]

Commentaires

ghyz

Vous pourrez donc me dire à quel moment dans mon discours j'ai pu dire que j'étais musicien de scène...

Vous voyez Versac, j'ai tendance à me dire que pour connaître un sujet nous n'avons pas forcément besoin d'être membre à part entière d'une industrie. Il reste heureusement de la place pour ceux qui se passionnent sur un sujet. Naturellement votre discours et votre poition de bloggeur généraliste tendent naturellement à me prouver le contraire.

Bien à vous.

ghyz

Ceci dit (histoire de détendre l'atmosphère) et en réaction à votre article paru sur Agoravox, je vous accorde qu'à votre instar j'ai commencé à acheter des Cds en masse au moment où j'ai commencé à télécharger (j'ai arrêté depuis longtemps).

En ce qui me concerne cela tient plus du fétichisme d'étagère qu'autre chose mais ce n'est malheureusement pas une attitude partagée de tous...

Etienne

Bonjour,
Je trouve que vous n'avez pas été très incisif ce matin. Votre principal argument qui était "d'autres modèles économiques sont possibles" tombent à plat, car vous n'avez pas démontré la nécessité d'abolir les système de droits d'auteur et de propriété intellectuelle tels qu'ils existent aujourd'hui. Denis Olivennes était d'accord avec vous quand vous disiez que "d'autres modèles économiques sont possibles"; d'ailleurs certains commencent à émerger (publicité notamment, ou contribution volontaire, comme Radiohead). Vous et Olivennes avez sans doute raison. Il n'en reste pas moins que télécharger de la musique via un inconnu n'est pas de la copie privée, et relève par conséquent d'un délit ou d'une infraction (je ne suis pas juriste). Tous les arguments que vous développez sur le marketing viral, etc... sont très pertinents mais vous ne pouvez pas les imposer aux détenteurs des droits! A eux de les utiliser s'ils sont suffisament conscients des formidables possibilités offertes par les nouvelles technologies.

Emmanuel

@Antoine Block

Etes-vous juriste ?

Je vous pose la question car si la réponse est positive, j'aimerais que vous creusiez vos arguments. Car ceux-ci sont assez peu juridiques (mais peut-être l'avez-vous voulu ainsi). Si vous n'êtes pas juriste ou ne pouvez me fournir de plus amples explications, je chercherai demain à la bibliothèque de ma fac ce que disent les manuels de droit pénal spécial, pour tirer les choses au clair.
Je suis étudiant en droit mais je n'ai eu pour l'instant qu'un cours de droit pénal général. Je n'ai pas encore de cours de droit pénal spécial, donc je ne peux pas être catégorique.

Mais d'après ma petite culture juridique et aussi ce que je lis (notamment sur internet, ma seule source ce soir, la bibliothèque étant fermée et ayant peu de manuels à disposition), je pense que vous avez tort.

Si l'on applique le principe de l’interprétation stricte en droit pénal (Art. 111-4 CP) qui s’oppose à une quelconque interprétation extensive des textes répressifs, l'article 311-1 du CP ne concerne pas les biens immatériels.
Je n'ajoute rien du tout. C'est là, me semble-t-il, la lecture correcte de l'article, appuyée sur le sens juridique rigoureux des mots employés.
En effet, la définition précise des termes juridiques employés renvoie à du matériel et exclut donc de facto l'immatériel, selon mon dictionnaire juridique.

Mon dictionnaire de termes juridiques (Gérard Cornu, Vocabulaire juridique, PUF, Paris, 2007) me dit ceci à vol : "fait de s'emparer frauduleusement de la chose mobilière d'autrui avec l'intention d'agir en propriétaire de cette chose".
De plus, toujours selon le même dictionnaire, la définition de la chose est la suivante : "objet matériel considéré sous le rapport du Droit ou comme objet de droit ; espèce de bien parfois nommé plus spécialement chose corporelle (mobilière ou immobilière)."

La chose est donc un objet nécessairement matériel. Et il faut faire une lecture stricte de l'article, on ne peut étendre à de l'immatériel si les mots ne font référence qu'à du matériel.
L'article concerne donc bien, selon une lecture stricte de rigueur en matière pénale, des objets matériels puisqu'il parle de choses. C'est là une interprétation on ne peut plus classique. A moins que quelque chose m'échappe, dans ce cas je m'excuse d'avance. En revanche, je ne sais pas quelle portée donner à une jurisprudence assez récente consacrée au vol d'information au moyen d'un support matériel (Cass. crim., 12 janvier 1989 Bourquin et Cass. crim., 1er mars 1989 Antoniolli). Je pense qu'il s'agit au mieux d'un tempérament plus que d'une totale remise en cause (qui aboutirait à une interprétation contra legem).

Par ailleurs, concernant le "vol" relatif à la propriété intellectuel et industrielle, je crois qu'on n'a pas recours à la catégorie juridique de vol dans la plupart des cas.
On utilisera la catégorie de contrefaçon et non de vol aussi bien pour une atteinte aux droits de propriété intellectuelle (œuvre artistique) que de propriété industrielle (brevet). Je peux me tromper mais je ne pense pas.
L'article L335-3 du Code de la propriété intellectuelle dispose : "est également un délit de contrefaçon toute reproduction, représentation ou diffusion, par quelque moyen que ce soit, d'une œuvre de l'esprit en violation des droits de l'auteur, tels qu'ils sont définis et réglementés par la loi."
Cela me semble correspondre.


Je suis loin d'être catégorique dans tout ce que je viens de dire. Mais il me semble que l'interprétation stricte ne fait aucun doute : l'article, en faisant référence à une chose, ne renvoie qu'à un objet matériel puisque c'est la définition juridique de la chose. Après, peut être que la jurisprudence a apporté des tempéraments à cela, je ne sais pas. Mais il me semble que vous avez tort sur l'interprétation de l'article et l'application de la catégorie de vol concernant une atteinte à la propriété intellectuelle ou industrielle.

fb

@Antoine Block

Lisez donc l'article 311-2 du Code pénal et vous verrez que les immatériels n'entrent pas dans ce cadre sauf à les faire entrer de force et explicitement.
Pour rendre accessible ce principe aux mal-comprenants, cette citation attribuée à George Bernard Shaw :

« Si tu as une pomme et moi une pomme et que nous les échangions, chacun de nous repartira avec une pomme. Si tu as une idée et moi une idée et que nous les partagions, alors chacun de nous repartira avec deux idées. »

Donc les comparaisons vaseuses avec les supermarchés ou les boulangeries n'ont pas lieu d'être ; si ne vous ne comprenez pas que la possibilité de disposer d'un réseau mondial et de l'information dans son état naturel (dématérialisée) change profondément les doctrines économiques du 19ème siècle, tant pis pour vous ! De toute façon c'est trop tard.

Antoine Block

@Emmanuel :

Merci pour cette précision ! Je m'incline bien volontiers et vous fais absolument confiance. J'ignorais qu'il existât un sens juridique précis au mot "chose", d'où mon erreur.

Il semble donc que ce que j'appelais du vol entre plutôt dans le cadre de la contrefaçon. C'est une requalification, mais est-ce que cela change beaucoup de chose sur le fond, à savoir la nature frauduleuse et le caractère délictueux ?

@fb :
Que les immatériels n'entrent pas dans le cadre de l'article 311, c'est ce qu'Emmanuel vient de me démontrer, mais que la contrefaçon (puisqu'il semble que…) de tels biens ne constitue pas un délit et soit même moralement justifiable, j'en doute.

La citation de George Bernard Shaw est amusante, mais un peu biaisée pour deux raisons :

1- Que se passe-t-il si, lors de notre rencontre, vous avez une idée et moi pas ? Et si vous avez chaque fois des idées nouvelles et super top, et que moi je n'en ai jamais la queue d'une (ben, oui, je suis comme ça) ? Vous allez me faire profiter éternellement de vos belles et bonnes idées sans jamais demander aucune forme de rétribution ?

2- Une "idée", c'est un peu vague. Quelle est votre position concernant les œuvres de l'esprit, c'est-à-dire quelque chose (pas "chose" au sens juridique !;-)) qui a demandé du temps, du travail, de la réflexion, éventuellement un investissement matériel, et qui possède donc une forte valeur ajoutée. Un morceau de musique est un cas typique. Si je télécharge tel morceau, j'entends bien que je ne le retire pas à son auteur, mais sans l'auteur ce morceau n'existerait pas.

Comment pouvez-vous justifier que l'auteur ne mérite aucune rétribution (autre que la satisfaction personnelle de voir son œuvre appréciée par l'humanité) ?
Et pouvez-vous expliquer comment l'auteur aura les moyens et éventuellement l'envie de faire une carrière à la fois exigeante musicalement et bénévole ?

Jaï

Je m'incruste furtivement dans la conversation.

Réponse à la question 1. d'Antoine Block suite à la citation de George Bernard Shaw : OUI !

fb

0. Oui, on parle bien d'un délit mais de celui de contrefaçon puni bien plus sévèrement que le délit de vol et qui s'applique que vous vendiez des pièces aéronautiques contrefaites ou que vous téléchargiez un MP3 dans un but non lucratif.

1. L'économie de l'échange est différente de celle du partage ; le partage n'implique pas d'échanges supposés de même valeur mais à des niveaux différents. Si tout doit être marchand alors qu'Internet permet la diffusion de la connaissance, il y a un problème de civilisation.

2. Une oeuvre n'existe que parce qu'elle circule ; c'est son mouvement qui crée de la valeur. Par définition une oeuvre de l'esprit ne demande aucun investissement matériel, sa fixation éventuellement, mais maintenant ces coûts sont devenus ridicules et la distribution sous forme matérielle n'a plus vraiment de justification.

3. Les auteurs doivent recevoir une rémunération, simplement cette (faible) rémunération n'est plus acquise sur la base de la duplication de supports. Les nombreux parasites^W intermédiaires qui sévissent n'ont plus lieu d'exister dans un univers immatériel. Ce n'est pas forcément simple comme toute phase de transition.

Je vous recommande la lecture de « Economy of ideas (Selling Wine Without Bottles on the Global Net) » de John Perry Barlow[1].

[1] http://homes.eff.org/~barlow/EconomyOfIdeas.html

argoul

Très intéressante discussion où j'ai appris plein de choses (l'interprétation stricto sensu de l'art 311, l'économie du partage, etc.).
La vie des artistes ou créateurs dans le "nouveau modèle économique" du partage généralisé me paraît précaire. Soit ils ont une rente par ailleurs, soit le net n'est qu'un moyen parmi d'autres de vendre leur production.
Quelles ont été les formes alternatives au marché libre et anonyme dans l'histoire ?
- l'enseignement (les philosophes comme Aristote et Platon)
- la religion (les moines musiciens, artisans, producteurs de Grande Chartreuse, Dom Pérignon et autres Jouvence de l'abbé Souris)
- le mécénat (Michel-Ange, Mozart, les fondations privées d'aujourd'hui)
- les commandes d'Etat (modèle trop exclusif en France depuis les années 1982, peut-être ?)
- le fonctionnariat (URSS et autres écrivains "publics")
- l'entreprise (Tom Clancy ou Patricia Cornwell et leur entreprise de rédaction et produits dérivés)
En voyez-vous d'autres que j'aurais oublié ?
Ce qui est entreprise pousse à la standardisation pour se vendre.
Ce qui est d'Etat pousse au conformisme bien-pensant
Le mécénat subsiste, mais il est intuitu personae - c'est-à-dire que vous devez plaire à un mécène en particulier.
L'enseignement est une voie possible, mais surtout aux Etats-Unis (les ateliers d'écriture, un poste de prof en université) - je vois ça très difficilement en France vue la caste mandarinale et l'état de nos universités...
Reste la religion... Ce qui signifie qu'il faut "croire" à son talent et à son art, n'est-ce pas ?
Donc, si l'on y croit, tout est possible, toutes les portes peuvent s'ouvrir. Y compris par l'autoédition (blogs, livres via un site comme lulu.net, CD à compte d'auteur, téléchargements internet, etc.)

ghyz

@Jaï :

1 – Le partage suppose le consentement. Les creative commons sont là pour vous renseigner sur ce que l'artiste entend faire de son oeuvre.

Si deux personnes acceptent d'échanger le fruit de leur matière grise, nous n'avons pas de raison d'intervenir, chacun fait ce qu'il veut des produits de son esprit ou du travail de ses mains. De la même manière qu'un chanteur peut accepter d'offrir une chanson à quelqu'un, un ébéniste peut décider d'offrir le fruit de son labeur. Mais quid s'il en a été décidé autrement ?

2 – « Par définition une oeuvre de l'esprit ne demande aucun investissement matériel, sa fixation éventuellement, mais maintenant ces coûts sont devenus ridicules et la distribution sous forme matérielle n'a plus vraiment de justification. »

3 – Oui…s’il s’agit d’une simple phase de transition et non d’un arrêt de mort.

Partager ses idées est noble. Néanmoins, les partager gratuitement, contre la volonté même de son auteur, me semble dangereux, spécialement lorsque l’on considère que l'on évolue dans une société de services où la valeur réside de plus en plus dans la connaissance et le savoir, toute la question est bien de valoriser ce savoir et cette connaissance à leur juste valeur. C’est là à mon sens que réside le défi.

Agnès

Bonjour,
En réponse à "Un blog influent ? attention les chevilles" du 11 à 8h18, le problème a été résolu. Nous avons fait le nécessaire pour que le Salon Beige réintègre le classement Wikio.

fb

@ghys

1. Le droit moral reste inaliénable, nous sommes bien d'accord. De même que des licences souples existent pour rendre licite l'acte de partage avec néanmoins quelques conditions.
Il est difficile de ne pas faire la confusion entre la gratuité et le partage ; si, par exemple, les logiciels libres sont dans leur grande majorité gratuits c'est plus par commodité et pour ne pas freiner la diffusion que par conviction idéologique.
Une idée n'a pas de valeur intrinsèque, sa diffusion et son application, oui ; c'est pourquoi il faut éviter à toute force les analogies avec le monde matériel.

2. Euh, vous n'êtes pas d'accord avec mon assertion ?

3. Je suis partiellement d'accord avec vous. Je ne pense pas que valoriser *directement* du savoir ou de la connaissance ait un sens dans une civilisation. Si le théorème de Pythagore n'avait pas « fuité » où en serions-nous aujourd'hui ?
Le savoir et la connaissance (ainsi que les arts) ne sont pas des biens marchands (comme le prévoit la déclaration universelle des droits de l'homme dans son article 27). L'industrie du divertissement a réussi l'exploit de tuer sa distribution, de mépriser ses clients et de ne faire que peu de cas des créateurs, en marketing élémentaire cela s'appelle du suicide.
Une nouvelle relation s'instaurera entre les créateurs et le public mais sans passer par cette machinerie du 19ème siècle.
L'imprimerie n'a pas tué les écrivains, juste les moines copistes.

thierryl

Combien de fois faudra-t-il le répéter ? ^^
Le logiciel libre n'est pas gratuit, la confusion vient de ce que le terme "free" en anglais a au moins deux significations "libre" ou "gratuit".
En l'occurence c'est "libre" et non gratuit.
Se référer aux livres de Richard Mark Stallmann.
La licence principale du logiciel libre est au contraire très idéologique (GPL) et extrêmement contraignante notamment par sa clause de "copyleft", qui rend impropre toute amélioration ou emprunt dudit logiciel à une exploitation commerciale classique (sources fermées, licence propriétaire).
La GPL est une arme anti-capitalistique au sens traditionnel de l'exploitation commerciale des logiciels, un soft GPL mêem après modification, amélioration ou transformation, doit rester authentiquement GPL.
C'est pour cela que les systèmes Linux dont le noyau est à minima sous GPL, ne commercialisent pas leur licence mais pour ceux qui veulent payer (généralement les entreprises pour se rassurer) des formules d'assistance jointes sont prévues.

Une des pierres de touche du monde du logiciel libre vient d'une perception aigüe du monde de l'informatique, où le concept de gratuité est jugé comme fallacieux.
En effet, même la mise a disposition gratuite d'un système ou d'un logiciel se traduit chez l'utilisateur par un coût, ne serait-ce que celui de l'apprentissage (temps personnel investi dans la découverte et maîtrise du logiciel, ou assistance professionnelle par le biais d'intervention, de littérature technique adaptée ou de formation).

En des termes plus compréhensibles, l'outil informatique doit être libre, adaptable, transformable, et doit le rester dans ses évolutions ; cependant, sa mise en oeuvre et son utilisation représente et représentera toujours un coût direct ou induit pour la personne ou l'organisation qui désire l'employer.

thierryl

Ce serait d'ailleurs amusant de faire une comparaison avec les arts.
Goûter aux "Filles du feu" de Gérard de Nerval ou à "Bitches Brew" de Miles Davis, nécessitent un effort du goût différent du spectateur que lorsqu'il s'agit d'accéder à un roman de Marc Lévy, JK Rowling, ou un CD de Benabar.
Pourtant il vous en coûtera bien plus cher d'acquérir les productions de ces derniers... ^^

fb

@thierryl


Je ne pense pas avoir fait de confusion ; simplement la libre diffusion induit la gratuité de l'immatériel en soi, mais ne remet pas en cause la rémunération (ou le coût) des services, formations, tests, déploiements...
La GPL, ainsi que d'autres licences, sont effectivement très idéologiques dans le but de préserver la liberté de l'utilisateur, en revanche, même s'il est théoriquement possible de vendre du logiciel libre ce n'est pas un point essentiel.
Bref, je ne vois pas de contradiction dans nos propos respectifs ; si ce n'est que c'est Richard Matthew Stallman et non pas Richard Mark Stallman !

Mathieu P.

Il me semble qu'il y a de manière constante une confusion entre deux conception des droits patrimoniaux des auteurs (part partrimoniale de la propriété intellectuelle).

Une première conception est une conception philisophique et morale (voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Copyright#Fondements), héritée essentiellement de Locke. Selon lui, l'homme est propriétaire de lui-même. Il est donc propriétaire de ce qu'il en fabrique en cela qu'il y met une part de lui-même (son travail). La création intellectuelle originale étant l'activité dérivant le plus directement de la conscience de son créateur, elle appartient de la manière la plus pure à son créateur (qui a donc tout pouvoir de décision sur ce qui doit en être fait).

Une seconde conception est une conception purement économique : les droits de propriété intellectuelle, comme les brevets, sont un monopole temporaire accordé à l'innovateur. Ce monopole, nécessairement inefficace, a pour objet d'inciter les innovateurs potentiels à faire les investissements nécessaires pour produire l'innovation, en leur permettant de toucher un profit raisonnable correspondant à cet investissement. De ce point de vue, l'unique question est de savoir à partir de quelle durée et de quelles modalités les droits de propriété intellectuelle commencent à avoir un effet incitatif faible et des inefficacités importantes (en limitant la diffusion des créations, obligeant à de coûteux investissements publicitaires, et en restreignant la possibilité de créations dérivées, par exemples des aventures originales de Mickey non issues des sudios Disney).

Du point de vue économique, il est possible que la durée de la protection et ses modalités actuelles soient très, très, très loin au-delà de ce qui efficace.

Mathieu P.

Il me semble qu'il y a de manière constante une confusion entre deux conception des droits patrimoniaux des auteurs (part partrimoniale de la propriété intellectuelle).

Une première conception est une conception philisophique et morale (voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Copyright#Fondements), héritée essentiellement de Locke. Selon lui, l'homme est propriétaire de lui-même. Il est donc propriétaire de ce qu'il en fabrique en cela qu'il y met une part de lui-même (son travail). La création intellectuelle originale étant l'activité dérivant le plus directement de la conscience de son créateur, elle appartient de la manière la plus pure à son créateur (qui a donc tout pouvoir de décision sur ce qui doit en être fait).

Une seconde conception est une conception purement économique : les droits de propriété intellectuelle, comme les brevets, sont un monopole temporaire accordé à l'innovateur. Ce monopole, nécessairement inefficace, a pour objet d'inciter les innovateurs potentiels à faire les investissements nécessaires pour produire l'innovation, en leur permettant de toucher un profit raisonnable correspondant à cet investissement. De ce point de vue, l'unique question est de savoir à partir de quelle durée et de quelles modalités les droits de propriété intellectuelle commencent à avoir un effet incitatif faible et des inefficacités importantes (en limitant la diffusion des créations, obligeant à de coûteux investissements publicitaires, et en restreignant la possibilité de créations dérivées, par exemples des aventures originales de Mickey non issues des sudios Disney).

Du point de vue économique, il est possible que la durée de la protection et ses modalités actuelles soient très, très, très loin au-delà de ce qui efficace.

thierryl

@fb
Merci pour la traduction exacte de RMS.
Mais il n'y a rien de gratuit en ce monde, pas même la consommation.
Et l'immatériel comme le matériel n'ont pas plus ou moins de rapport avec la gratuité l'un que l'autre, par exemple comparer le fait de cueillir en passant des fraises des bois sur un chemin et pour son propre confort personnel prendre des consultations de psys ou pour améliorer ses performances au travail comme certains managers le font, des avis de coach.

machintrucmucheee

http://martinepage.com/blog/
Peut pas poster là gros connaaaaaaaaaard casse toi ;D

remi

aaah l'eternel exemple de Radiohead-qui-es-un-groupe-super-sympa-parce-qu-il-met-son-album-sur-le-net-pour-un-prix-librement-fixé-par-le-consommateur (pardon, je veux dire mélomane) ...

leur album est resté 3 mois, sur le net, avant une sortie tout aussi en fanfare dans les bacs, pochette digipack, version vinyl etc ... au final, la moitié des gens qui ont téléchargé le disque a payé qqchose, et le prix moyen etait entre 3 et 5 dollars (interview de tom Yorke dans les Inrocks)

C'est un bel exemple, certes, mais Radiohead peut se permettre de faire çajustement parce qu' ils sont déjà TRES CONNUS !! et pourquoi ils sont connus ?? parce qu'ils ont fait des albums, physiques, avec du plastique autour et qui se met en tete de gondole à la FNAC, que tout le monde voit..

et Tom Torke de continuer d'expliquer : "nous, ce qui nous interesse, c'est de faire des albums, des vrais, avec un debut et une fin, des objets, pas de la musique en ligne, en vrac, à la demande du gentil-consommateur-qui-veut-plus-acheter-d'albums-entiers-parce-qu'il-y-a-que-3-chansons-sur-12-qui-LUI-plaisent-dedans ..."

bref, vous l'aurez compris, je suis personnellement un amoureux de l'objet-disque, je ne telecharge aucune musique, je considere quand meme un peu que c 'est du "vol", du moins un manque à gagner pour les maisons de disques et les artistes.. de là à être d'accord avec les mesures de riposte graduée , certainement pas ..

ce qui m'inquiete, à travers le phenomene de telechargement de masse, (rien à voir avec nos petits enregistrements sur cassettes d'il y a 10 ou 20 ans ..) c'est donc :
la disparition du disque, pour des raisons economiques : si ca vend plus, on fait plus.
et la disparition d'une certaine maniere de faire de la musique, à laquelle je crois, la plupart des artistes tiennent, comme Tom Yorke, ou JayZ (qui refuse de vendre sa musique "au morceau" sur le net). On va rentrer dans le regne du consommateur qui estime comme un droit naturel, un dû de pouvoir disposer de l'oeuvre des autres... le probleme c est que ca doit quand meme etre l'artiste (et/ou producteur) qui doit pouvoir decider de ce qu'il veut sortir comme musique, non ?

que les prix du disque soient prohibitifs en soi, je ne crois pas (je reviens de la FNAC, 3 albums achetés pour 7 euros chacun), que la part que touche l'artiste sur le prix du disque - 3% à 5% il me semble- soit ridicule, c est possible, mais que le salut de la création musicale passe par internet et le telechargement gratuit, ca m'etonnerait quand meme un peu.

thierryl

@remi
Oui, les Radiohead, comme Prince, sont à cheval entre deux époques, l'Internet leur a permis de passer de statut d'employé contractuel à producteur de leurs envies en court-circuitant la chaîne de valeurs.

Mais de toute façon, en dehors de toute interrogation préalable sur la possibilité de système de distribution alternatif, déjà, le système média qui a permis a une époque par renfort de promo marketing leur reconnaissance par un large public, ne sera plus possible car l'offre média aura éclaté en mille morceaux.

Les rendez-vous télévisuels qui n'offrent que de la promo disque/cinéma/livre/spectacle et permettent un certain matraquage par un effet concentré sur les grilles de programmation de quelques chaînes en quelques jours n'assureront plus une audience satisfaisante...

C'est un peu comme le départ de PPDA, il n'y aura peut-être plus de carrière future à la PPDA possible : quelqu'un qui monopolisera 20% de la population d'un pays le soir à la télé pour une grand'messe informationnelle.
L'idée de l'artiste musical média-star est peut-être surannée.

Les réseaux numériques vont certainement démocratiser l'accès à la culture et à une multitude de contenus, et avec la suppression d'intermédiaires comme avec la vente de produits convergents, permettre une baisse globale du prix d'acquisition.
[Pour les fans, un simple click permettra même d'accéder au CD-objet ou DVD-objet "deluxe" dont vous êtes friand, mais ce ne sera plus le produit principal.]
Ensuite, le choix appartiendra à tous ou pour les moins curieux sera guidé par des réseaux sociaux ou des offres culturelles à imaginer.

politoblog

T'as été bon ... bien joué ! Et tes analyses sur la question sont très pertinentes.

Oh mon dieu !! Je suis entrain de lui faire un compliment ... dominus filius pater ... satan sors de mon corps !

Libé

A noté que Olivennes sera en débat avec Guy Sorman samedi au Forum de la Culture de Libération au théâtre Nanterre Amandiers.

http://www.liberation.fr/culture/vive_la_culture/

ghyz

@fb

1 - Nous sommes donc d'accord. il appartient à l'artiste de faire ce qu'il souhaite de son oeuvre. En l'occurrence, je pense que nous tomberons également d'accord sur le fait qu'une chanson n'est plus une idée mais bien une application de l'idée de l'artiste. De la même manière que nous avons procédé à une différence entre partage et gratuité, établissons une suma divisio entre idée et bien immatériel. La chanson est un bien immatériel et si elle ne coûte rien à dupliquer (ou si peu) elle peut avoir un prix puisqu'en face il y a un coût.

2 - D'accord. Les plateformes de téléchargement légal sont d'ailleurs là pour pallier la distribution matérielle.

3 - Heureux de nous être approprié le théorème de Pythagore. C'est un cadeau inestimable.
Pour le reste je ne vous suis pas bien. Le fait que cette découverte ait été diffusée, l'empêche-t-elle d'être valorisée ?

En outre, le fait que les maths puissent divertir n'empêche pas le théorème de Pythagore de transcender la notion de divertissement. Il n'est pas là pour votre agrément. Il en va différemment de la dernière chanson de MGMT. C’est de l’art mais ce n’est pas seulement de l’art, c’est aussi un bien immatériel destiné à être vendu.

L'imprimerie n'a pas tué les écrivains parce qu'ils ont certainement pu continuer à percevoir de l'argent sur chaque livre vendu… Mais n'avions nous pas convenu d'arrêter toute analogie avec le monde matériel ?

Vous faites une bien curieuse exégèse de l'art. 27 de la DUDH. Le voici restitué (source Un. org) : 1. "Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts et de participer au progrès scientifique et aux bienfaits qui en résultent.
2. Chacun a droit à la protection des intérêts moraux et matériels découlant de toute production scientifique, littéraire ou artistique dont il est l'auteur."

Ghyz

Gus

Versac, puisque votre constance à traiter de ce sujet témoigne de l'intérêt que vous y portez, puis-je vous suggérer de chercher à rencontrer la FFII.org ?

Vous présentez l'affaire sous un angle qui ressemble beaucoup à celui sous lequel la FFII présentait la question des brevets logiciels, c'est à dire, en mes termes, un jeu d'intérêts particuliers cherchant à s'insérer dans l'agenda législatif. Vous le savez, les stratégies déployées de 1999 à 2005 par la FFII et ses proches ont été diverses, et, pour la plupart, infructueuses, mais, pour certaines, bien plus fructueuses. Je note d'ailleurs qu'à ma connaissance du moins, jamais un débat à la radio sur le service public n'a été envisagé : ne serait-ce que du fait de l'évidente convergence d'intérêts entre les professionnels de radio et les partisans d'une certaine vision trop conventionnelle de la propriété des oeuvres de l'esprit.

En clair, je pense que vous ne perdriez pas votre temps à aller les entendre : en France, en Belgique ou en Allemagne. Surtout qu'en ce moment, en fin de législature européenne et avec la prudence qu'imposait le référendum irlandais, l'agenda législatif européen est bien moins tendu dans leur secteur de prédilection qu'il ne l'était ces dix dernières années.

fb

« Bien immatériel » ? J'aimerais bien connaître la définition philosophique et juridique de cette notion. Avec cette distinction artificielle entre idée et « bien immatériel » vous avez la même démarche que les groupes de pression en faveur des brevets logiciels et essayez de recréer un monde matériel au sein d'un monde immatériel.
Pour créer de la valeur avec un immatériel, l'approche ne peut être qu'indirecte et ne s'appuie pas sur l'oeuvre en soi mais sur la source de la création (où on retrouve le droit moral...), elle seule peut apporter des choses non copiables comme par exemple la confiance.

Les plate-formes de téléchargement dit légal n'apportent aucune valeur ajoutée, au contraire elles en retirent ! Catalogues étriqués, DRM, qualité sonore très discutable, segmentation artificielle. Ici encore, on essaye de reproduire le monde matériel et son économie.

En ce qui concerne Pythagore, son théorème a été contrefait (sortir des informations du cercle de Pythagore était puni par la peine de mort) ce qui a permis sa diffusion et d'élaborer des théories mathématiques sur sa base. La valeur ajoutée c'est la connaissance, le coût c'est de payer des chercheurs pour un bien commun, le gain c'est d'accumuler du savoir qui un jour où l'autre sera utile. J'aime toujours citer l'exemple de M. Padé qui inventa les développements limités à la fin de 19ème siècle, cela n'avait aucune utilité puisque des tables existaient déjà. Vers les années 1970 arrivèrent les calculatrices électroniques et la thèse de M. Padé fut redécouverte à point nommé.

Du divertissement c'est effectivement autre chose, vendu souvent comme si c'était un baril de lessive, ce n'est pas tenable dans un univers immatériel.

L'imprimerie a été indéniablement une transition technique majeure et c'est à ce titre que je la cite. L'imprimerie a été interdite, contrôlée (la raison d'être de la bibliothèque de France !) et l'ensemble de la corporation a dû néanmoins évoluer et se transformer. Le Red Flag Act anglais (protection des fiacres face au début de l'automobile) pourrait être également cité comme exemple.

Merci d'avoir cité in extenso l'article 27, sa construction en deux principes illustre que la culture au sens large ne repose pas sur l'économie d'échange.

JS

Versac, pourrez vous ajouter le commentaire que votre outil de blog m'a refusé ? Je vous l'ai envoyé par mail hier. Ce sont 14 arguments.
Merci d'avance.

rémi

"Mais n'avions nous pas convenu d'arrêter toute analogie avec le monde matériel ?" Mais justement, il est là le probleme, c est de considerer que la musique est un bien immateriel, sous-entendu, qu'il n'a pas de cout de production, et donc qu'on pourrait piocher dedans gratuitement à sa guise.. C'est le moyen qui justifie la fin, là ..

"Pourquoi je telecharge ? heu .. parce que je peux le faire" .."et pourquoi je telecharge pas de Porsche? heu .. parce que je peux pas le faire.., Ah mais bien sur qu'une Porsche c'est tres cher , mais bon, pour l'instant, si j'en veux une, je suis bien obligé de l'acheter .."

et je voudrais egalement reprendre cette idée "que la culture ne reposerait pas sur l'economie d'echange". Il faudrait d'abord définir ce qu'est un bien culturel, apres tout, non ? on pourrait qualifier beaucoup de choses de "biens culturel" . Si j'achete un tapis marocain, c'est quoi? de la culture marocaine ou du st maclou travaillé ?

Il y a je pense un aspect que pas grand monde semble relever dans cette discussion , et qui me parait essentiel pourtant : on discute surtout autour de la question economique et légale du probleme, ca c'est notre vision de consommateur, mais je pense qu'on devrait d'avantage se mettre à la place de l'artiste (ou du mélomane, de l'autre côté) et se demander à quoi ressemblera la musique si on quitte le support physique ? (pas tant sur la question de l'emergence ou pas de nouveaux groupes, sur l'acces au plus grand nombre etc .. (d'ailleurs pourquoi l'art devrait-il etre accessible à tout le monde ?..apres tout..)) ; mais sur la forme qu'aura la musique en abandonnant un support structurant sa creation, et donc son ecoute (certains regrettent deja le passage du vinyl au cd). Comme le disait justement qq'un plus haut en citant "bitches brew", l'art, ça se mérite aussi qqpart.. J'ai peur qu'on arrive à ce que la musique se "dilatte", perde de sa consistance, en abandonnant l'idée de "projet", d'"oeuvre" et d'"objet artistique" que represente l'album. C'est ce disque, de la meme maniere que le livre n'est que le support de l'ecriture qui fait pour moi le lien entre l'artiste et l'auditeur.

Alors excusez-moi, mais quand je vois que les debats autour de cette question (je n ai pas ecouté la fameuse emission sur France Culture) se passent entre patrons de magasins (pas beau internet ! beurk!) et un blogueur (genial internet ! glop glop!), je me demande quand meme : et les artistes dans tout ça ??...

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Boutons divers


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