Le piratage pour les nuls, en trois épisodes
Je me risque à une série de trois billets/articles sur la loi "création et internet" sur rue89.
Premier épisode en ligne : on reprend les bases. La suite arrive.
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Je me risque à une série de trois billets/articles sur la loi "création et internet" sur rue89.
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Voici les sites qui parlent de Le piratage pour les nuls, en trois épisodes :
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Excellente, cette introduction. Objective, directe.
Juste une phrase qui me chiffonne un brin, en ce qu'elle omet une partie des intérêts en présence :
"Copier un disque ne prive personne et tout le monde y a accès."
Personne ? Tu es sur ?
Rédigé par: Calamo | 20 juin 2008 at 14:43
Belle initiavtive bravo !
Dans ton points 3, je mettrais des guillmeent. Hors majors, ce qui désespère le plus les producteurs ce n'ai pas de perdre son monopole au profit d'une diffusion de leurs production sur la toile (qui apporte une valorisation de la création encore difficle à monétiser) mais le fait d'enrichir d'autres industrie avec ses investissements propres. Participer aux bons résultats desFAI, de Nokia, des opérateurs mobiles et d'Apple sans rentrer dans les frais déprime plus d'un producteur.
Celà dit, ce n'est pas avec une loi non adapté à l'économie numérique que la création va être rémunéré.
Rédigé par: viva musica | 20 juin 2008 at 14:58
Beau billet de vulgarisation, bravo !
J'ai lu l'article sur Rue89 et, pour ma part, la situation présente me fait penser à celle évoquée dans "Steal this Film II" où l'on compare le piratage d'aujourd'hui avec les débuts de l'imprimerie du XVIIième siècle et qui soulevait les mêmes questions de censures, de contrôle de l'information, de flux de connaissance qui sont sous-jacents à la question du piratage telle qu'elle se pose de nos jours.
Rédigé par: Elcantar | 20 juin 2008 at 15:18
Encore bien écrit et intéressant (Et merde encore un compliment). Je ne me suis pas du tout intéressé à la Loi Hadopi. J'y connais que dalle. Comment les tbx vont interpréter la légalité de la sanction de la suppression de la connexion Internet? Je pense que si des internautes forment des recours contre la sanction sur la liberté d'accès à l'information certains tribunaux seront enclin à annuler cette condamnation administrative.
Par contre pourquoi tu ne reprends pas ce que tu as écris sur Rue 89 pour ton blog. Ca nous éviterai d'avoir à faire des migrations.
Rédigé par: politoblog | 20 juin 2008 at 15:25
Il y a une forme d'excitation blogosphérique en ce moment autour de cette loi Hadopi.
Nous ne savons même pas encore ce que cela peut devenir. La preuve, Versac ne reconnaît pas dans les informations venant de Christine Albanel le contenu de sa discussion avec Olivennes.
Beaucoup d'organismes sont embusqués et ont émis des réserves ou interdictions concernant des éléments potentiels de cette loi : Conseil d'Etat, Cnil, Arcep, Isoc, UFC, Parlement européen.
C'est bien simple, nous ne connaissons même pas les dispositions du texte final. Donc, en attendant, toute tentative d'explication ou de bashing est contre-productive, car nous sommes face à une cible mouvante.
Bref, c'est une erreur stratégique, de produire une série d'articles "définitifs" sur Rue 89, car les arguments développés risquent d'être vidés de leur contenu ou de passer au travers une fois que le texte véritable sera sorti des assemblées, il sera peut être différent, dûment amendé et tout ce débat dans l'excitation du moment aura diverti les énergies, tout en faisant naître la confusion.
Bref, on a le droit d'exposer au conditionnel ses inquiétudes, mais il sera plus efficace de juger sur pièces, plutôt qu'à se livrer à un exercice de politique fiction sur des textes non-établis.
Il ne faut pas croire que les lobbies en face soient stupides, ou alors nous faisons leur jeu.
Rédigé par: thierryl | 20 juin 2008 at 16:59
@thierryl
La loi est passé en conseil des ministres et en conseil d'etat, donc une version existe bien.
Par ailleurs c'est justement avant la discussion au parlement qu'il faut en parler et non apres (il sera trop tard).
Rédigé par: foobar | 20 juin 2008 at 17:54
Thierryl : je ne compte pas donner d'analyse du texte final, mais des éléments permettant de juger l'initiative du gouvernement.
Ceci-dit, à défaut de texte final, on dispose quand même du projet de loi, et, avant sa discussion au parlement, il est utile d'alerter sur les contenus de ce texte (histoire de ne pas laisser les parlementairtes dépourvus quand la bise fut venue).
Les lobbies ne sont pas stupides ni inefficaces. Mes logs me montrent qu'ils sont en veille active. Ils préparent déjà leur communication façon massue, à leur habitude, et le travail du parlement a bien commencé, avec l'appui de Christine Albanel.
Rédigé par: versac | 20 juin 2008 at 17:56
Bonne initiative, merci Nicolas. Hasard éditorial, Marc Rees de PC INpact (qui couvre toute l'affaire depuis le début et a récemment levé plusieurs exclus) a pondu également un "Hadopi pour les nuls" aujourd'hui : http://www.pcinpact.com/actu/news/44310-hadopi-riposte-graduee-suspension-piratage.htm
Rédigé par: np | 20 juin 2008 at 22:54
Tiens : un peu de neuf sur le sujet
http://www.challenges.fr/actualites/high_tech/20080623.CHA3226/la_lutte_antipiratage_une_des_priorites_francaises_pour.html
"...La ministre de la Culture, Christine Albanel, a déclaré lundi 23 juin que le gouvernement comptait profiter de la présidence française de l'UE pour faire avancer les discussions européenne sur la lutte contre le piratage sur internet.
"On ne veut pas du tout imposer notre approche au niveau européen. Ce qu'on aimerait, c'est la faire comprendre" "
Rédigé par: Gus | 23 juin 2008 at 22:49
Pourquoi en 3 fois? Vous avez besoin du temps pour l'écrire ou c'est rue 89 qui l'a demandé (je penche pour la deuxième solution, il on un peu de mal avec tout ce qui est long)? C'est dommage, car ça se lit bien, tout d'un coup aurait été pas plus mal.
Rédigé par: jo | 24 juin 2008 at 00:06
jo : non, c'est moi qui l'ai proposé comme ça, pour jouer du temps et de la logique de feuilleton. Et me donner le temps de lire les commentaires pour orienter et compléter les tribunes suivantes.
L'expérience est intéressante.
Rédigé par: versac | 24 juin 2008 at 00:34
Je ne serai certainement pas le seul à espérer que vous nous en direz plus un jour. Ce serait instructif.
Rédigé par: Gus | 24 juin 2008 at 06:29
Gus : en dire plus sur quoi ? Sur la publication de l'article sur rue89 ? Ou sur Hadopi ?
Rédigé par: versac | 24 juin 2008 at 09:56
Que recouvre l'expression de biens non rivaux ? Cela vise à désigner le fait que lorsqu'on on télécharge, on n'empêche personne de profiter de ce même bien, n'est-ce pas ?
En l'occurrence, il me semble que si et c'est bien là le problème...Puisque l'artiste ne jouit pas de son bien immatériel. Bien curieuse idée de l'échange où l'un prend sans rétribuer...L'échange ne vise pas à prendre un bien et à le filer à son partenaire. L'échange vise à prendre quelquechose et à donner quelquechose en retour à celui auquel on l'a pris. Dans le cas du téléchargement illégal, je saisis mal quel est ce retour ?
Pourriez-vous le matérialiser s'il vous plaît , et localiser précisément où se situe la rétribution ? Merci
1°) Vous n'avez toujours pas suggérer d'autres moyens de payer les auteurs. Si les consommateurs ne paient pas ou plus...Qui d'autre le fera à notre place? Les entreprises ? Très bien, d'où 2°) :
2°) Pourquoi le feraient-elles plus qu'elles ne le font à présent ? La pub existait déjà, pourquoi serait-elle encore plus présente ?
3°) Si la pub devait être plus présente, est-ce que cela vous semble souhaitable ? Doit-on espérer voir la publicité s'ériger en mécène de la culture ? En quoi la publicité qui n'est qu'une suiveuse de tendance pourrait-elle, par un incroyable tour de passe passe, s'ériger en tant que créateur ? A-t-on intérêt à voir une agence de publicité prescrire le contenu du morceau à réaliser/créer ?
4°) Pourquoi les entreprises devraient-elles être soumis au droit d'auteur alors que le consommateur final devrait y échapper ? Parce qu'elle se livrent à une activité commerciale ? La musique sera donc produite et commercialisée par des entreprises dont ce n'est pas le coeur de métier ?
Merci de vos réponses
Rédigé par: ghyz | 24 juin 2008 at 11:48
ghyz :
pour les biens non rivaux, soit vous êtes bouché, soit vous ne voulez pas comprendre.
Bien rival : un baguette. Je l'achète, je la mange, personne d'autre ne peut la manger.
Bien non rival : une émission de télé. Je la regarde, ça n'en prive personne.
Si vous commencez par comprendre ça, on peut discuter. après, vos questions sont légitimes, mais très orientées (questionnement par l'interronégation, suggestion que je n'aurais rien proposé, etc...). Je ne vous répondrai donc pas. Et le mieux, pour que je vous réponde, est de cesser de poster vos commentaires de manière anonyme depuis une IP de cabinet de conseil de parties prenantes en la matière.
Rédigé par: versac | 24 juin 2008 at 11:58
@Ghyz :
Les notions de non excluable et non rival, viennent du livre "Code" version 1 et 2 de Lawrence Lessig (la référence principale et éclatante étant, je crois, les écrits constitutionnels de Thomas Jeffersson).
Je vous incite à bien lire ces livres références où le raisonnement va plus loin pour la compréhension :
- dans le cadre de biens matériels, la loi doit assurer chez le producteurs la possession et l'incitation à la production pour qu'un système soit viable.
- Dans le cadre des biens immatériels, il suffit seulement de trouver un système qui assure l'incitation à la production des auteurs (rémunération confortable mais pas cachets de stars du marketing), sans aller jusqu'au contrôle absolu par la possession.
Car souvent ce contrôle absolu résulte dans la limitation de la créativité et vient enrayer l'incitation à la production (ce qui commençait à devenir visible dans l'ancien système, où la mort et la vie d'un artiste ou groupe musical, ainsi que le goût aseptisé du public, étaient décidé par une seule personne en France à la tête d'une major bien connue avec une offre radio sur la bande FM inféodée.)
Le souci des majors vient donc
1. du fait que naîtront forcément de nouvelles offres musicales tirant parti de la puissance des réseaux et permettront aux auteurs de continuer à produire, mais qu'il n'y aura plus la même mane pour les majors.
2. d'un autre fait qui est que les majors ne pourront plus justifier leur pourcentage ou honoraires marketing vis à vis des auteurs dans un univers médiatique recomposé et éclaté qui ne ressemblera plus à l'actuel PAF (ce que Versac rassemble sous la notion de déficit d'attention).
Ce à quoi nous assistons n'est pas un souci d'auteurs mais de maison de production ou de majors.
Contrairement aux protagonistes de l'Internet, FAI, Cablo-opérateurs, vendeurs de Hardware, qui considèrent le contenu créatif comme un produit d'appel à leur offre de connexion, gadget hi-tech, etc.
elles ne possèdent pas de présence en ligne efficace ou de produit ou débouché physique (associés à la vente de titres) permettant d'effectuer leur reconversion.
De plus leur reconversion est rendue éminemment problématique de par le fait que ces entreprises à chaque niveau national se sont transformées (par souci d'hyper-rentabilité) en suceuse de cash : taille de moyenne entreprise/gains énormes.
Elles ne disposent donc dans leur staff, ni du savoir-faire pour la reconversion, ni du personnel minimum pour rebondir.
Sujettes donc à un squeeze parfait, elles jouent la montre comme elles peuvent (loi HADOPI, DMCA) avant d'aller mendier un pourcentage restreint auprès d'Apple, d'Orange, et d'autres business à créer, qui ne rétribueront plus que leur flair et leur qualité de production dans un marché qu'elles ne domineront plus.
Bon, on imagine, que pour des Groupes à connotation technologique comme Sony, ce ne sera pas la mort ; ils n'auront à scier qu'une branche marketing (la major classique) qui ne sera plus adaptée et donc plus nécessaire, pour faire croître et fructifier leur catalogue d'une autre manière en s'adaptant aux nouveaux modes de consommation de la musique avec de nouvelles offres numériques.
C'est bien chôli cette loi HADOPI, mais il est plus tard qu'on ne le pense...
Rédigé par: thierryl | 24 juin 2008 at 14:30
@thierryl
Une remarque très, très annexe, mais la théorie des biens publics (non-excluables, non rivaux) remonte à Paul Samuelson, dans les années 50. Lessig n'a fait que reprendre ce concept bien connu des économistes.
Rédigé par: Markss | 24 juin 2008 at 17:11
Merci Markss !!!
Rédigé par: thierryl | 24 juin 2008 at 17:50
thierryl : limpide !
Et pourquoi pas des billets de thierryl sur le sujet ici ?
Rédigé par: versac | 24 juin 2008 at 22:45