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05 juin 2008

Obama - McCain : c'est parti !

Voilà donc la phase intéressante qui commence. Quelles sont les chances des deux candidats ? Quelles peuvent être leurs stratégies ? les américains peuvent-ils élire un noir, pour de vrai ? J'entends beaucoup de gens me dire : "je ne donne pas un kopeck à Obama, les américains ne peuvent pas élire un noir" (ce qui a l'avantage de calmer un peu les ardeurs françaises, où l'on a l'impression qu'Obama, que peu de monde connaît vraiment, serait élu à la manière d'un Chirac 2002).

Tout le monde en parle, j'ajoute mon petit grain.

D'abord, il faut ôter de sa tête les prismes français. Le mode de scrutin n'est pas le même, ni le pays. Il faut comprendre que le scrutin américain est un scrutin à un tour, dans un pays à faible participation, dans un contexte de bipartisme. Cela change beaucoup de choses. L'impact est simple : il ne s'agit pas d'amener à soi une majorité d'américains, mais d'engager un camp, d'arriver à le mobiliser, de faire en sorte d'avoir avec soi des convaincus, plus que de définir un fait majoritaire dans le pays. La question "les américains peuvent-ils élire un noir ?" ne doit donc pas se penser comme "plus de 50% des américains peuvent-ils élire un noir ,". On est plus dans une question du type : "peut-on mobiliser plus de personnes autour de la candidature d'Obama que de celle de McCain ?".

Cela a des conséquences majeures en termes de stratégie. l'enjeu, pour chaque candidat, est avant tout de faire en sorte que ses soutiens primaires, son camp naturel, se mobilise et vienne voter. En gros, que les 20% de chaque camp qui voteraient de toute façon démocrate ou républicain se disent que ça vaut la peine. Tout l'enjeu est d'arriver à combiner cette stratégie de mobilisation de son camp avec un peu de séduction des indépendants. De ce point de vue, les deux candidats ont des approches différentes.

Obama mobilise certaines classes chez les indépendants, et devrait avoir une réelle capacité à mobiliser son camp. Évidemment, on n'est pas à l'abri d'un couac, mais la dynamique est forte, et les indicateurs (nombre de participants aux primaires, nombre de donateurs, inscriptions sur les listes en tant que démocrate...) sont proprement ahurissantes, de l'ordre du jamais vu.

De son côte, McCain a une position très délicate. Il faut qu'il mobilise le coeur de son électorat, constitué de la droite traditionnelle, qui se confond peu ou prou avec ceux qui, aujourd'hui encore, se satisfont de la guerre en Irak et du bilan de George Bush. Problème : il représente, pour ces gens, en tant que membre de l'aile gauche du parti, pro-choice et globalement libéral sur les aspects sociétaux, une sorte d'horreur. Dans le même mouvement, il lui faut conquérir ceux qui sont à la marge, et qui sont en plein marasme, déçus du bilan de Bush. Il doit incarner la continuité dans le changement : tenter une stratégie à la Sarkozy (je suis de droite, de super droite, mais je ne suis pas l'ancien).

J'ai donc l'impression que la carte est dans le camp de McCain. est-il à même de réussir une mobilisation puissante ? Peut-il réussir à incarner un changement mobilisateur pour les petits et sans-grades ? Peut-il suffisamment trianguler pour contrer Obama sur ses positions, et stopper sa dynamique ? A ce stade, nul ne le sait. Ce que l'on sait, en revanche, c'est que la stratégie du parti démocrate va être de le contrer en permanence. Dès qu'il tente d'incarner le changement, le rallier à Bush. Dès qu'il rappelle son engagement pour les valeurs traditionnelles, lui rappeler ses votes et positions passées. Objectif simple : dégoûter l'électeur moyen de se déplacer le jour J. J'ai l'impression que c'est plus McCain qui se fera attaquer que l'inverse.

Obama est fort. il a une qualité, notamment, qui est celle d'agenda-setter, et d'une extraordinaire capacité à répondre aux attaques (cf. les attaques d'Hillary associée à ce cher pasteur-gourou sur ses engagements passés). McCain va devoir tenter d'être à l'initiative, de définir les thèmes sur lesquels se feront la campagne, mais j'ai l'impression qu'il part un peu en retard sur ce plan (malgré son temps de préparation).

Nous aurons vite la réponse : il ne devrait pas y avoir de répit, dans cette campagne. Obama est candidat, les hostilités devraient commencer dans les jours à venir.

la lutte commence. Ca va être passionnant.

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Voici les sites qui parlent de Obama - McCain : c'est parti ! :

Commentaires

Mc Cain n'a pas encore réellement lancé sa campagne et n'a pas eu à dévoiler grand chose de son programme. Barack a été contraint d'être beaucoup plus précis et est désormais en position défensive. Mc Cain a tout le temps de choisir quand et comment attaquer, et, si ses conseillers sont bons, enchainer trois ou quatre victoires faciles dans l'opinion et tenter de créer une dynamique de victoire.

Les Clintons, et surtout, leurs fidèles, ne semblent manifestement pas décidés à laisser Obama jouer la seule carte qu'il pourrait jouer : attaquer Mc Cain avant que celui-ci, comptant sur un moment favorable, ne le fasse. ça peut se comprendre : mieux vaut pour eux être quatre ans dans l'opposition et chercher un second souffle plutôt que marginalisés par les nombreuses nouvelles têtes dont Obama aura sû s'entourer.

J'insiste : les hommes politiques européens ont chacun une grosse carte à jouer : Barroso l'a d'ailleurs remarqué.

En parlant des ardeurs françaises, je me souviens que la plupart des médias hexagonaux s'étaient entichés de Kerry lors du scrutin précédent et qu'il avait été battu à plate couture.
L'engouement actuel pour Obama me parait donc un signe inéluctable de son échec futur, aussi surement que la victoire des Red Sox dans la ligue majeure de baseball ;o)

C'est encore une campagne présidentielle passionnante qui se profile aux USA.

Personnellement, vu du Québec, je pense que McCain à très peu de chances de l'emporter. Sauf énorme retournement de situation, ce qui est toujours possible, il aura énormément de mal à masquer ses défauts, ceux qui lui sont propres comme ceux dont il hérite. D'ailleurs, quand on regarde le pédigrée de l'ensemble des candidats républicains lors de ces primaires, on se rend vite compte que le GOP ne croit pas en une victoire finale.

La (trop) longue primaire démocrate, qu'Hillary Clinton soit proposée comme VP ou non, n'aura que peu d'impact. Je n'ai aucun doute que le parti démocrate saura se rassembler autour d'Obama, quoi qu'en disent certains partisans de sa coriace adversaire. De plus les enjeux sont tels que lorsque que l'affrontement Obama/McCain va vraiment démarrer, ils prendront largement le dessus sur ces 18 derniers mois de primaires.

Sur le fait qu'Obama soit noir (il est en fait métis et donc aussi blanc que noir), cela n'aura pas d'impact, ou alors sera largement compensé par l'âge avancé de McCain. Par ailleurs, Obama surclasse outrageusement McCain par ses qualités d'orateur.

Moi ce qui me fait peur c'est que Bush avait perdu d'avance il y a 8 ans, il y a 4 ans et qu'il a tout de même été élu ! La 1ère fois d'ailleurs sans obtenir la majorité des voix ! Je ne comprends pas qu'on puisse être majoritaire et pas élu à cause du système de délégués, pourquoi ne pas faire comme ailleurs ?

@Pazmany: Les USA sont une fédération très étendue et très disparate. Un vrai suffrage universel (one man, one vote) au niveau national est vu d'un mauvais œil par beaucoup d'américains qui craignent qu'un tel système étouffe les états les plus ruraux, et donc moins peuplés.

Vu de l'extérieur des États-Unis, on oublie souvent que beaucoup de choses dépendent des états et non de Washington. Et dans les états les gouverneurs, sénateurs et membres du congrès, ainsi que de nombreux élus locaux, sont élus au suffrage universel direct.

Bush en 2000 a acheté son élection, ou plutôt son frère la lui a offerte. En 2004, en pleine guerre d'Irak et face au candidat Kerry aussi inconnu que fragile, sa réélection était malheureusement prévisible.

Aujourd'hui le candidat démocrate, Obama, est d'une toute autre dimension que Kerry.

qu'on le souhaite ou pas, les élections américaines vont se jouer en noir et blanc.ça peut paraître étrange pour certains, mais il n'est pas certain que le désir profond du clan Clinton soit une victoire du camp démocrate. Le bourbier irakien est ingérable et les démocrates n'ont rien à proposer pour le conflit palestinien. Obama quant à lui souhaite la victoire avant tout pour sa personne, un peu comme sarko. J'espère que s'il gagne, il n'ira pas fêter sa victoire lors d'un safari au kenya .
Je crains fort que les 'blancs' conservateurs du parti démocrate choisissent le camp républicain pour des raisons raciales

Bush a ete elu en 2004 sur l'incapacite de Kerry a maintenir la pression sur Bush. Lors du premier debat Kerry avait ete fantastique, mais par la suite ce fut un fiasco et Bush mena le debat. C'est largement a ce niveau que l'election precedente lui fut acquise.

ensuite Versac tu dis :
"peut-on mobiliser plus de personnes autour de la candidature d'Obama que de celle de McCain ?".

C'est un raccourci un peu rapide. Tout d'abord effectivement la mobilisation du cote de Obama est enorme, ENORME. C'est la premiere fois que la jeunesse, les inde, nombres d'abstentionniste reccurent s'investissent autant dans la campagne d'un candidat. Toutefois ce n'est pas le nombre de personnes mobilisees qui
fera la difference. Ceux sont les swing states comme la Floride, L'ohio et la Pennsylvanie par exemple qui seront les cles du succes. Ce qui n'est pas forcement acquis pour Obama, en revanche et c'est un parametre nouveau , Obama a tendance a recolter des voix aussi chez les republicains qui espere a une politique plus protectionniste et moins interventionniste. Il se pourrait donc que des etats historiquement "red" bascule dans la besace d'Obama.

Une chose est sur ce sera passionnant, et la verve de Barack sera la pour nous faire oublier la molesse de Kerry.

Pourquoi tant parler des amères loques ? Sont-ils si importants, notamment pour quelqu'un qui défend tant l'Europe ?
N'y a-t-il pas d'autres élections en ce moment ?
Pourquoi les medias parlent tant des élections aux USA et si peu des élections dans les autres pays d'Europe ?

Qu'est-ce qu'on en a à br.. en France ? Si bien sûr on pense vraiment qu'on n'est pas dans un vaste 52ème tas d'un des seuls pays au monde sans nom..

Les élections américaines sont les OGM de la politique.

Mes 4 Kopecks :

1. La stratégie de droite décomplexée de Sarkozy n'a été possible qu'avec la perception d'un mouvement de droitisation de l'opinion sur les mois et les années précédentes.
Ceci a été d'ailleurs très bien expliqué par Giacometti, à l'époque directeur d'Ipsos et conseiller politique exclusif de Sarkozy pour la campagne.
On ne fait pas une stratégie marquée sur un camp en pleine campagne s'il n'y a pas les potentialités d'une vague électorale présente dans l'opinion.
Ce serait du suicide pour McCain de faire de même sans de mouvement base identique dans l'opinion américaine en faveur de son camp.

2. La stratégie de Barack Obama est annoncée depuis le début de la primaire, et il sera très important qu'il garde sa cohérence jusqu'au bout (Hillary n'a pas arrêté de changer de pied et a beaucoup perdu sur ce terrain, Ségo face à Sarko de la même manière en flirtant avec les bayrouistes et refusant de prendre des engagements fermes a manqué aussi de densité).
L'idée de Barack est claire et annoncée depuis début janvier, il ne veut pas d'un résultat serré comme dans les deux scrutins précédents, chaque candidat mobilisant sur son parti (même si objectivement Al Gore s'est fait souffler une victoire et avait donc la possibilité de gagner).
Il est prêt à une stratégie d'ouverture et à gouverner avec des républicains, son leitmotiv est une forme de redressement moral de "l'Amérique" ainsi que de son image extérieure et pour y arriver il dit souvent qu'il n'y a ni noirs, ni blancs (pas de positionnement victimaire racial) et surtout ni bleus ni rouges (entendez par là, il ne suffit pas que je me dise démocrate pour déclencher un mouvement de sympathie qui m'assurerait automatiquement la victoire - à méditer pour les socialistes actuels en reconstruction.)
Barack Obama a très bien senti cette contrainte de la politique moderne qui est qu'on ne gagne plus dans le positionnement exclusif sur un seul camp et une seule ligne partisane.
Depuis le début, il veut aller chercher des voix d'en le camp d'en face, pour s'assurer une victoire franche et ne jouera pas la stratégie du rassembleur démocrate contre le rassembleur républicain, bien au contraire, rassembleur tout court.

3. La balle est dans le camp de McCain,
si son staff politique et stratégique n'arrive pas à casser l'image actuelle d'Obama de rassembleur non du camp démocrate mais au-delà, il sera quasi-foutu et brisé par la dynamique populaire dans les sondages de Novembre.

Loin des craintes des observateurs journalistiques américains, la dure bataille avec Hillary Clinton a au contraire renforcé énormément Barack Obama. :
en effet, il assez est logique que lorsqu'on se pose en rassembleur au-dessus des partis toute tentative ratée de vos adversaires dans leurs attaques contribue au renforcement de la croyance populaire en cette image.

4. Il va donc falloir que McCain tape juste, au bon endroit de l'armure ; chose que les Clinton rassemblés n'ont pas réussi (hélas pour eux).

5. Curieusement, et après coup, on se rendra compte que la bataille de la primaire aura été la plus dure dans son accession au pouvoir.

PS : Bon bah cela fait 15,000 $ pour le décryptage stratégique... ;-)

Honnêtement, quelles sont les chances de McCain ? Où est l'enthousiasme autour de sa personne ? A part le fait qu'il soit républicain, quels sont ses traits de caractère ? La primaire démocrate a eu l'avantage de faire parler d'Obama, de montrer sa pugnacité. C'est quand même le mec qui a fait tomber la machine Clinton ! Pendant ce temps là, qui a parlé de McCain ? Qui peut l'imaginer un seul instant dans la peau du président des USA ?
L'Amérique est prête pour un renouveau, après 8 ans de Bush, je ne mise pas un franc suisse sur les Républicains. Toutes les lois élémentaires de la démocratie sont du côté d'Obama : l'alternance, le charisme, la tentation populiste (car Barack sait très bien l'être), le ras-le-bol irakien. Et puis un mec qui porte un nom de frite ne peut pas être élu.

I appreciate your analyses on the US presidential elections; and think that they are quite on point (I live in the US)......One comment on your irritation with Mrs. Clinton: she is the heroine of many millions of American women. Their distress is real. It is not clear how many will not vote for Obama now.......

ça y est, c'est parti :

http://www.johnmccain.com/ActionCenter/BlogInteract/BlogInteract.aspx

"Select from the numerous web, blog and news sites listed here, go there, and make your opinions supporting John McCain known. Once you've commented on a post, video or news story, report the details of your comment by clicking the button below. After your comments are verified, you will be awarded points through the McCain Online Action Center."

The Irish Times : pour la première fois, le NON passe en tête dans un sondage (publié vendredi 6 juin 2008).

NON : 35 %.
OUI : 30 %.
Indécis : 28 %.
N’iront pas voter : 7 %.

http://www.ireland.com/newspaper/frontpage/2008/0606/1212696236403.html

Le manichéisme de la presse française au sujet d'Obama est border-line cour de récré.

La presse US est
généralement moins notoirement incompétente http://www.nytimes.com/2008/06/06/us/politics/06dems.html?_r=1&hp&oref=slogin

Par exemple, Obama est soutenu par toute la droite isolationiste et pacifiste.
Par exemple McCain risque de voir le rejoindre une partie des milieux intellectuels "juifs de gauche" qui soutenait Clinton, à moins qu'un "Ticket" Obama/Clinton ....

BA souligne bien que les USA et l'Europe sont au croisement des chemins.

Les Etats unis : le choix du vice président va être décisif. Mc Cain peut rassurer sur son age s'il prend un VP dynamique et populaire chez les Républicains. Obama peut créer le Dream Tcket si Clinton accepte d'etre vice président. Il faut voir que ce poste est essentiel. Dick Cheney a eu un rôle fondamentale ses huit dernières années comme aucun autre vice président.

Pour l'Europe : Effectivement, un premier sodage est en faveur du NON en Irlande. Les résultats du vote pourraient avoir des conséquences incroyable.

Nous sommes vraiment à un carrefour de notre histoire!

Prendre Hillary Clinton comme VP serait une erreur stratégique majeure.
1.Dans l'esprit du public, il n'y a qu'un seul élu qui compte, il n'y a qu'un seul représentant qui au final qui incarne la nation américaine.
Obama en a eu le courage jusque là d'incarner seul son personage et la popularité est au rendez-vous, son positionnement perdrait de la cohérence s'il revenait dessus, car beaucoup n'y verrait qu'un truc politique pour se faire élire et non l'expression d'une vision pour l'avenir.
2.Si Hillary Clinton veux jouer double-jeu pour pourrir la candidature d'Obama afin d'avoir une nouvelle chance en 2012, le meilleur moyen est de lui donner une tribune dans la campagne en offrant un poste de VP.
Le seul deal politique possible pour Obama, c'est le soutien inconditionnel des Clinton (et surtout celui de son mari) jusqu'à la fin de la campagne en échange du remboursement des dettes qu'elle a contracté.
3.On ne bâtit pas sa campagne sur le changement par rapport à la dérive monarchique précédente ou seuls des membres de deux familles ont été élu sur 20 années, pour au final redonner une chance de pouvoir à l'une d'elles.
McCain se régalerait alors dans l'argumentation et on ne pourrait plus lui mettre sur le dos l'héritage Bush.

Le fameux dream ticket "Obama-Clinton" est soit une naïveté journalistique de plus dans un monde de bisounours, soit un piège électoral de bas niveau.

Pour savoir ce qui se passe aux states unis de l'amérique, arrêtez de lire Versac et prenez vos news aux roots de la source.

Je ne me souviens plus de ce que Versac avait prédit concernant le duel Hillary-Obama. Ses collègues des live news medias, eux, ont eu le nez creux comme le prouve cet extrait du Daily show:

http://www.youtube.com/watch?v=0m1eiE_aSsg

Comment fait-on pour avoir un blog aussi populaire que Versac?

Jeudi 12 juin 2008 : référendum en Irlande sur le traité de Lisbonne.

The Irish Times : pour la première fois, le NON passe en tête dans un sondage (annoncé dès le 5 juin 2008).

NON : 35 %.
OUI : 30 %.
Indécis : 28 %.
N’iront pas voter : 7 %.

http://www.ireland.com/newspaper/frontpage/2008/0606/1212696236403.html

Chose étonnante : 24 heures plus tard, le site Le Monde.fr , le site Marianne.fr et d'autres grands titres n'ont toujours pas mentionné ce sondage. Pourtant, ce sondage montre qu'il y aura peut-être un séisme démocratique en Irlande jeudi. Alors, pourquoi de nombreux grands titres ne mentionnent pas ce sondage ?

A votre avis ?

Si c'étaient les Européens qui élisaient le président américain (ce qu'ils aimeraient bien), Obama serait élu dans un fauteuil. De même qu'Al Gore et John Kerry...

J'aimerais connaitre vore avis: la France, pays des Droits de l'Homme et forte critique du "racisme" aux USA, pourrait-elle elire un Noir aujourd'hui?

Ou encore: un des grands partis politiques Fracais pourrait-il avoir un Noir (ou un "arabe") a sa tete?


Ne trouvez pas ironique qu'un pays repute (ou considere) raciste par le reste du monde soit le seul a serieusement penser a elire un Noir a sa tete?? Serait-ce que les pontifs non-Americains ne comprennent rien a la culture Americaine?

Comme d habitude le perdant sera celui soutenu par les gentils francais... McCain a donc deja gagne l election !

McCain va je crois gagner, il va pouvoir utiliser les arguments d'Hillary contre Obama; de plus, les Americains ne sont peut-être pas pret à elire un noir (selon eux puisqu'il est metisse);
Qu'en pensez-vous ?

moi je pense que l'élection de Barack Obama est inéluctable. Pourquoi? Tout simplement à cause de quatre raisons qui cimentent sa campagne.
1- il a des thèmes porteurs d'espoir aux
Jeunes et aux moins Jeunes.A ceux-ci,il
rappelle les thèmes soutenus jadis par
Bob KENNEDY qui électrisaient les masses
et à ceux-là il les fait vibrer comme
leurs aînés d'alors.
2- il rassure les républicains qui voient
dans leur candidat un potentiel interven-
tionniste alors que le Protectionnisme d'O
bama les rassure quelque peu, ils seront
en désespoir de cause tentés de lui appor-
ter finalement leurs voix
3- il va libérer 30% de la population blan
che qui sont d'origine noire mais qui s'
en cachent et par conséquent
n'osent jamais dévoiler leurs origines,
pour peu que leur peau neles trahisse pas
4- il est certainement meilleur orateur que
son rival, il utilise intelligemment son
équipe de campagne. Il est convaicant, et
moins changeant sur ses thèmes que McCain
Madame Hillary aura à coeur de l'aider
au delà de son discours mitigé de soutien
à ramener au bercail les dames déçues de
son électorat

Mon article ne porte pas mon pseudo mis, prq?Au lieu de Mabert, je vois écrit Boutros!!!

Article écrit par Alexandre Ianov pour le quotidien russe Nezavissimaïa Gazeta :

« En découvrant Sarah Palin, les républicains ont été saisis d’un « ravissement immédiat », comme aurait dit Tolstoï. A l’inverse, les démocrates ont semblé quelque peu décontenancés. On sentait qu’ils n’avaient jamais été confrontés à quoi que ce soit de ce genre. The New York Times a estimé que « le langage de Palin serait plus à sa place dans un supermarché », et The New Republic a trouvé qu’elle rappelait « une vendeuse du rayon maquillage de chez Macy’s ». Il faut sans doute être né en URSS et avoir avalé avec le lait maternel l’ensemble des clichés de la propagande bolchévique pour retrouver le prototype exact de Sarah Palin : toutes les expressions de son visage, sa gestuelle, sans parler de son langage, évoquent irrésistiblement la fameuse « cuisinière » qui, conformément à l’affirmation de Lénine, était prête à diriger l’Etat. Une ménagère avec cinq enfants, installée par la révolution dans un appartement bourgeois et fermement décidée à montrer de quel bois elle se chauffe à la sale clique d’intellectuels qui s’est gobergée sur le dos du peuple laborieux.

Plus sérieusement, Mc Cain, en endossant le costume du professeur Higgins dans Pygmalion, la célèbre comédie de Bernard Shaw, a déclenché une vraie révolution aux Etats-Unis. Sans être, évidemment, une révolution socialiste, elle n’en semble pas moins radicale. C’est la révolution des petites villes. « Je représente la véritable Amérique » : cette affirmation ne quitte pas la bouche de Palin. Il s’agit en quelque sorte de la révolte de l’Amérique au ras du sol contre les mégalopoles géantes où nichent les intellectuels libéraux qu’elle déteste.

On s’aperçoit aujourd’hui que les huit années de présidence Bush ont eu une véritable influence sur l’Amérique : elles l’ont habituée à l’idée que les intellectuels étaient des libéraux et que les libéraux étaient des capitulards anti-patriotiques. Sarah n’a fait que révéler cette substance du « bushisme » ; a elle a tiré, à partir du négatif, le portrait photographique de ce qu’elle considère comme « l’Amérique véritable ». « Vous n’entendrez jamais cet homme prononcer le mot victoire ! », s’exclame-t-elle, dénonçant Obama. Et elle s’indigne : « Il accepte de discuter avec nos pires ennemis, ceux qui sont prêts à nous anéantir ! » Certes, elle ne reprend pas encore le vocabulaire de l’époque du maccarthysme et de la « chasse aux sorcières », elle n’appelle pas à créer une nouvelle « commission des activités antiaméricaines », mais c’est pourtant ce que les délégués de la convention ont semblé entendre dans son propos, et c’est pour cela qu’ils lui ont fait une si bruyante ovation.

Ne pouvant prédire l’avenir, je ne puis que me référer à mes impressions, pour ne pas dire à mes intuitions, et elles me soufflent quelque chose en quoi je ne veux pas croire et en quoi personne ne voudra croire à moins d’être né en Russie et d’avoir soigneusement étudié l’histoire de ce pays. Et donc l’Histoire a parfois la détestable manie de se répéter aux moments où l’on s’y attend le moins. L’une des conséquences imprévues d’une victoire de Mc Cain pourrait être le retour, en plein XXIème siècle, de la honte et de l’infamie de l’Amérique des années 50 : le maccarthysme.

Rappelons que Mc Cain, 72 ans, souffre d’un mélanome, qu’il vient de subir le stress intense d’une impitoyable campagne présidentielle, qui aurait sans doute été également durement ressentie par un candidat plus jeune et en meilleure santé. Pour toutes ces raisons, le choix de sa colistière est dangereux pour l’Amérique – et pour le monde entier. Le problème n’est pas la vulgarité provocante de Sarah Palin, ni sa bigoterie intransigeante. Ce n’est même pas qu’elle n’a pas la moindre notion de politique intérieure, encore moins de politique étrangère. Le problème, c’est qu’un jour de malheur elle pourrait fort bien se retrouver commandant en chef de la plus puissante armée du monde.
Lénine avait raison. Des cuisinières prêtes à diriger l’Etat, il y en a à profusion, partout. Reste à savoir ce que devient l’Etat qu’elles dirigent. Ne sommes-nous pas bien placés pour l’imaginer ? »

Voici un article publié dans the Guardian et écrit par Jonathan Freedland :

« J’ai déjà ressenti cette impression. C’était il y a huit ans et, à nouveau, il y a quatre ans : un poids sur l’estomac. C’est une sorte de pessimisme physique qui me sussure : « Voilà que ça recommence. Les démocrates sont sur le point de perdre une élection qu’ils devraient théoriquement gagner – et dont l’enjeu est pourtant crucial. »

Dans ma vie, je ne m’inquiète pas autant pour Obama que je me suis inquiété pour John Kerry en 2004 ou pour Al Gore en 2000. Obama est un meilleur candidat que ces deux-là réunis, et tous les signes montrent que les chances des démocrates sont plus grandes cette année qu’elles ne l’ont jamais été depuis 1976. Et pourtant, je n’arrive pas à me débarrasser de ce poids sur l’estomac.

Si Sarah Palin fait mentir l’adage selon lequel l’issue d’une élection est déterminée par la seule tête d’affiche du ticket présidentiel, et qu’elle parvienne d’une façon ou d’une autre à faire gagner celle-ci à Mc Cain, quelles seront les réactions aux Etats-Unis ?

D’abord, l’Amérique démocrate prendra une nouvelle fois le deuil et se sentira exclue de son propre pays. Une génération entière de jeunes Américains – qui se sont largement rangés derrière Obama – sombrera dans le cynisme après avoir conclu que la politique, décidément, ne mène à rien. Enfin, et c’est le plus déprimant, de nombreux Africains-Américains décréteront que, si même Obama n’est pas parvenu à l’emporter, alors aucun Noir ne deviendra jamais président des Etats-Unis.

Mais quelle sera la réaction du reste du monde ? C’est celle-là qui m’angoisse le plus. Car Obama a suscité dans le monde entier un engouement que, de mémoire d’homme, aucun politicien américain n’avait jamais provoqué. Si l’élection du 4 novembre se déroulait à l’échelle mondiale, Obama l’emporterait haut la main. Les 200 000 personnes qui sont allées écouter son discours à Berlin, en juillet dernier, ne l’ont pas seulement fait en raison de son charisme, mais parce qu’elles savaient que, à l’instar de la majorité de la population mondiale, Obama s’est opposé à la guerre en Irak. Mc Cain, lui, l’a soutenue et a colporté le mensonge selon lequel Saddam Hussein était lié aux attentats du 11 septembre 2001. Les non-Américains savent qu’Obama ne traitera pas avec désinvolture et brutalité le système international et qu’il respectera les traités et les institutions mondiales, contrairement à Mc Cain, qui voudrait contourner les Nations unies au profit d’une Ligue des démocraties soumise aux intérêts américains. Mc Cain a beau avoir pris une position correcte sur le changement climatique, l’un des slogans qu’on a le plus souvent entendus lors de la convention républicaine était : « Drill, baby, drill ! », comme si la solution du réchauffement mondial ne passait pas par une redéfinition radicale de tout le système énergétique américain, mais par une multiplication des forages ossfhore.

Si les Américains choisissent Mc Cain, ils tourneront le dos au reste du monde et, avec un doigt d’honneur, ils lui signifieront que nous sommes repartis pour quatre années supplémentaires à la sauce Bush, Cheney and Co.

Jusqu’à présent, l’antiaméricanisme a été exagéré et très mal compris : en dehors d’un noyau dur de gauche, il exprimait avant tout un sentiment anti-Bush, un rejet de la seule administration actuelle. Or, si Mc Cain l’emporte en novembre, cela pourrait changer. Les Européens et les autres pourraient alors en conclure que leur désaccord ne se limite pas à la clique actuellement au pouvoir, mais s’étend aux Américains dans leur ensemble. Car ce ne seront pas les politiciens, mais bien le peuple américain lui-même qui aura laissé passer l’occasion de ce nouveau départ que le monde espère.

La manière dont les Américains feront leur choix aura également de l’importance. S’il apparaît que l’issue de l’élection a été déterminée par un préjugé racial, alors le verdict du monde sera extrêmement sévère. Dans ces conditions, comme l’a écrit récemment Jacob Weisberg dans le magazine Slate, l’opinion internationale conclura que « les Etats-Unis ont eu leur chance, mais qu’au bout du compte ils n’ont pas su faire passer leur propre intérêt avant leur position insensée et irrationnelle sur la question raciale ».

Même si ce n’est pas le préjugé ethnique, mais un autre aspect de la guerre culturelle qui se révèle avoir été décisif, la conclusion restera la même. Imaginer que l’Amérique décide que la présence à la Maison-Blanche d’une « hockey mom » aux idées arrêtées est ce qu’elle souhaite le plus traduirait un tel manque de sérieux et une telle fuite devant la réalité que cela ne pourrait être que la marque d’un pays entré dans un « déclin historique », pour reprendre une autre formule de Weisberg. N’oublions pas que le directeur de campagne de Mc Cain clame à qui veut l’entendre que cette élection « ne se joue pas sur les problèmes du jour ».

Bien entendu, je sais que le seul fait de mentionner le soutien dont bénéficie Obama dans le, monde lui porte tort. Mais que nous enseigne sur l’Amérique d’aujourd’hui le fait que jouir de l’estime du monde n’y est pas bien vu ? Si les Américains rejetaient Obama, ils enverraient ainsi au reste de la planète un message extrêmement clair. Et ils peuvent être sûrs que ce message sera entendu. »

Voici un article publié dans the Guardian et écrit par Jonathan Freedland :

« J’ai déjà ressenti cette impression. C’était il y a huit ans et, à nouveau, il y a quatre ans : un poids sur l’estomac. C’est une sorte de pessimisme physique qui me sussure : « Voilà que ça recommence. Les démocrates sont sur le point de perdre une élection qu’ils devraient théoriquement gagner – et dont l’enjeu est pourtant crucial. »

Dans ma vie, je ne m’inquiète pas autant pour Obama que je me suis inquiété pour John Kerry en 2004 ou pour Al Gore en 2000. Obama est un meilleur candidat que ces deux-là réunis, et tous les signes montrent que les chances des démocrates sont plus grandes cette année qu’elles ne l’ont jamais été depuis 1976. Et pourtant, je n’arrive pas à me débarrasser de ce poids sur l’estomac.

Si Sarah Palin fait mentir l’adage selon lequel l’issue d’une élection est déterminée par la seule tête d’affiche du ticket présidentiel, et qu’elle parvienne d’une façon ou d’une autre à faire gagner celle-ci à Mc Cain, quelles seront les réactions aux Etats-Unis ?

D’abord, l’Amérique démocrate prendra une nouvelle fois le deuil et se sentira exclue de son propre pays. Une génération entière de jeunes Américains – qui se sont largement rangés derrière Obama – sombrera dans le cynisme après avoir conclu que la politique, décidément, ne mène à rien. Enfin, et c’est le plus déprimant, de nombreux Africains-Américains décréteront que, si même Obama n’est pas parvenu à l’emporter, alors aucun Noir ne deviendra jamais président des Etats-Unis.

Mais quelle sera la réaction du reste du monde ? C’est celle-là qui m’angoisse le plus. Car Obama a suscité dans le monde entier un engouement que, de mémoire d’homme, aucun politicien américain n’avait jamais provoqué. Si l’élection du 4 novembre se déroulait à l’échelle mondiale, Obama l’emporterait haut la main. Les 200 000 personnes qui sont allées écouter son discours à Berlin, en juillet dernier, ne l’ont pas seulement fait en raison de son charisme, mais parce qu’elles savaient que, à l’instar de la majorité de la population mondiale, Obama s’est opposé à la guerre en Irak. Mc Cain, lui, l’a soutenue et a colporté le mensonge selon lequel Saddam Hussein était lié aux attentats du 11 septembre 2001. Les non-Américains savent qu’Obama ne traitera pas avec désinvolture et brutalité le système international et qu’il respectera les traités et les institutions mondiales, contrairement à Mc Cain, qui voudrait contourner les Nations unies au profit d’une Ligue des démocraties soumise aux intérêts américains. Mc Cain a beau avoir pris une position correcte sur le changement climatique, l’un des slogans qu’on a le plus souvent entendus lors de la convention républicaine était : « Drill, baby, drill ! », comme si la solution du réchauffement mondial ne passait pas par une redéfinition radicale de tout le système énergétique américain, mais par une multiplication des forages ossfhore.

Si les Américains choisissent Mc Cain, ils tourneront le dos au reste du monde et, avec un doigt d’honneur, ils lui signifieront que nous sommes repartis pour quatre années supplémentaires à la sauce Bush, Cheney and Co.

Jusqu’à présent, l’antiaméricanisme a été exagéré et très mal compris : en dehors d’un noyau dur de gauche, il exprimait avant tout un sentiment anti-Bush, un rejet de la seule administration actuelle. Or, si Mc Cain l’emporte en novembre, cela pourrait changer. Les Européens et les autres pourraient alors en conclure que leur désaccord ne se limite pas à la clique actuellement au pouvoir, mais s’étend aux Américains dans leur ensemble. Car ce ne seront pas les politiciens, mais bien le peuple américain lui-même qui aura laissé passer l’occasion de ce nouveau départ que le monde espère.

La manière dont les Américains feront leur choix aura également de l’importance. S’il apparaît que l’issue de l’élection a été déterminée par un préjugé racial, alors le verdict du monde sera extrêmement sévère. Dans ces conditions, comme l’a écrit récemment Jacob Weisberg dans le magazine Slate, l’opinion internationale conclura que « les Etats-Unis ont eu leur chance, mais qu’au bout du compte ils n’ont pas su faire passer leur propre intérêt avant leur position insensée et irrationnelle sur la question raciale ».

Même si ce n’est pas le préjugé ethnique, mais un autre aspect de la guerre culturelle qui se révèle avoir été décisif, la conclusion restera la même. Imaginer que l’Amérique décide que la présence à la Maison-Blanche d’une « hockey mom » aux idées arrêtées est ce qu’elle souhaite le plus traduirait un tel manque de sérieux et une telle fuite devant la réalité que cela ne pourrait être que la marque d’un pays entré dans un « déclin historique », pour reprendre une autre formule de Weisberg. N’oublions pas que le directeur de campagne de Mc Cain clame à qui veut l’entendre que cette élection « ne se joue pas sur les problèmes du jour ».

Bien entendu, je sais que le seul fait de mentionner le soutien dont bénéficie Obama dans le, monde lui porte tort. Mais que nous enseigne sur l’Amérique d’aujourd’hui le fait que jouir de l’estime du monde n’y est pas bien vu ? Si les Américains rejetaient Obama, ils enverraient ainsi au reste de la planète un message extrêmement clair. Et ils peuvent être sûrs que ce message sera entendu. »

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