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01 juillet 2008

Procréation médicalement assistée

J'ai demain soir une réunion, dans le cadre d'un think tank informel, sur le sujet de la procréation médicalement assistée. Magie du calendrier, cette réunion, prévue depuis longtemps, intervient en plein débat. Et après la lecture émouvante du livre de Guillemette.

Le sujet est complexe, et éminemment difficile. Jules a des mots fort justes (cela devient une habitude) sur ce sujet.

Entre une définition exagérément biologique de la filiation et le risque de réification du corps humain, ce sont des enjeux lourds qui sont invoqués.

[...]

Il doit être remédié au désir d'enfant contrarié. Sous l'incapacité à procréer traîne le sentiment d'injustice. Une injustice à laquelle il est nécessaire de répondre.

Et c'est ainsi que l'enfant se trouve réduit à n'être que l'objet d'un désir. Une forme de réification douteuse.

Il a, du reste, un éclairage que je partage, en fin. Je ne me risquerais pas à le reprendre, vous pouvez aller le lire. Je vais tenter de le dire dans mes mots, qui ne sont pas ceux d'un homme du droit (bien que Jules dépasse allègrement cette dimension, cela va sans dire).

On peut s'affliger de cette dérive compassionnelle d'une émergence d'un "droit à l'enfant". On peut la considérer malsaine, ridicule. Mais il me semble qu'on ne peut pas interdire, normer ou décider de manière universelle ce qui peut motiver chacun à devenir parent. Voilà l'invariant : la volonté de donner la vie et de s'engager à l'égard d'un enfant. La technique fera-t-elle le reste ?

-

Il va de soi que vos commentaires (sans trolls, please), seraient propices à un échange intéressant, sur un sujet grave et heureux. Non ?

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Voici les sites qui parlent de Procréation médicalement assistée :

Commentaires

Je trouve que notre société marche sur la tête. D'un côté on refuse à certains le droit d'adopter, alors qu'ils en sont parfaitement capables et que ça ne coûte rien à la collectivité, de l'autre on est prêt à grever un budget collectif exangue et à légiférer sur la location d'utérus pour augmenter encore un peu plus la population d'une planète surpeuplée.

(C'était pas ici le concours de troll ? Ah pardon, mais avec un tel sujet aussi...)

Très profond sujet.

J'aurais surement un point de vue extrêmement libéral, car un enfant est depuis longtemps un objet de désir.

Simplement, qu'il ne soit pas pour le reste de sa vie que le produit ou la conséquence de cette objectivation du désir. C'est à dire que son éducation ne soit pas phagocytée non plus par l'expression forte de ce désir initial.

Citons pour exemple ce très beau passage du Prophète de Gibran :

"Et une femme qui tenait un bébé contre son sein dit, Parlez-nous des Enfants.

Et il dit :

Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l'appel de la Vie à la Vie.
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne sont pas à vous.
Vous pouvez leur donner votre amour, mais pas vos pensées.
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez héberger leurs corps, mais pas leurs âmes.
Car leurs âmes résident dans la maison de demain que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux, mais ne cherchez pas à les faire à votre image.
Car la vie ne marche pas à reculons, ni ne s'attarde avec hier.
Vous êtes les arcs desquels vos enfants sont propulsés, tels des flèches vivantes.
L'Archer vise la cible sur le chemin de l'Infini, et Il vous tend de Sa puissance afin que Ses flèches volent vite et loin.
Que la tension que vous donnez par la main de l'Archer vise la joie.
Car de même qu'Il aime la flèche qui vole, Il aime également l'arc qui est stable."


Sinon, le sujet global est indécidable.
A rapprocher du dialogue du Neuveu de Rameau.
Le fantasque, les soit-disant dérives, ont souvent apparence de ridicule et ne montrent pas objectivement leur utilité à la poursuite des affaires de ce monde.
Alors que l'avancée raisonnée du Philosophe, en tout point bienséante et apparemment "préférable", est sans cesse contredite par la réalité ou la pratique.

Autre point à prendre en compte, si nous faisons progresser collectivement la réification de l'être humain, ne nous étonnons pas par la suite de l'irruption des technologies dans son "amélioration" ou "perfectionnement". Notamment par la société elle-même.
Ce processus est déjà en marche avec ce qui est ou a été la distribution inconsidérée d'hormones de croissance réclamées par les familles pour leurs enfants.
Voici un rapport de 2004 extrêmement intéressant par les sous-entendus qu'il développe dans son introduction.

Typepad ne veut pas. Vraiment pénible et pas au point, cet anti-spam, Versac.

Jules cause de réification...
C'est-à-dire de "chosisation" !

Tout un symbole dans cette société qui règlemente jusqu'aux solutions à toutes les "injustes souffrances" (sujet de philo du bac scientifique de cette année, avec le texte de Schopenhauer sur le rôle de l'Etat : un grand visionnaire, ce monsieur-là !)

Quand donc l'enfant sera-t-il reconnu comme un adulte, l'égal de moi-même et de tous les autres, en devenir ?
Et non plus une chose - désirée ou non - objet d'amour, tel un chien de compagnie ?

Ce jour-là, on aura progressé !

C'est étrange mais c'est un sujet dont je me tape complètement. Et toutes les problématiques de la famille, ça va même au de là, je suis sans avis ! Tout le droit du sentimentalisme, c'est in intéressant !
De la "reification douteuse" = à la limite de la bonne morale catholique !

typepad bloque

Si je comprends que des couples envisagent le recours à une gestation assumée par une autre femme, je me demande quelle serait la motivation de cette tierce personne, "la mère porteuse" (qui porte un enfant qui n'est pas le sien, génétiquement).

Il y a actuellement très peu de femmes qui acceptent de donner leurs ovocytes, celles qui le font sont souvent des militantes de la PMA (ou elles y ont eu recours). Je me demande vraiment pour quelles raisons accepter de prêter son utérus, cela m'intrigue beaucoup.

C'est une question qui soulève des "enjeux lourds", oui.

"Mais il me semble qu'on ne peut pas interdire, normer ou décider de manière universelle ce qui peut motiver chacun à devenir parent."

Ils le font, en Chine, non ? En Inde aussi me semble-t-il, et peut-être ailleurs, de manière plus indirecte. Je ne parviens pas à me convaincre qu'il existe un droit ou une liberté à enfanter.

http://paris-carnet.org/
aka erreurdechargementdelapage :D

Vi c'est le noeud du problème, Lu.

"Je ne parviens pas à me convaincre qu'il existe un droit ou une liberté à enfanter."
Technologiquement, on s'en rapproche à grand pas, et je dirais pourquoi pas un homme, un jour ?
Dans le cas de la Chine ou de l'Inde, il y a une crainte d'explosion démographique qui pourrait nuire à la stabilité des pays concernés.

Si l'on prend l'exemple du remboursement des hormones de croissance, voici ce que disait un rapport du Ministère de la Santé de 1994 : "Bénéficier d'une croissance normale et disposer à l'âge adulte d'une taille en rapport avec les caractéristiques de son environnement familial, social et professionnel fait partie des normes de santé généralement reconnues."

Il suffit de relire ce passage surprenant pour voir à quel point jusque dans les esprits, la société française est "normative".
A partir de ce moment là, comment ne pas se sentir concerné, par le sentiment d'exclusion sociale que peut ressentir une femme, un homme, un couple, par rapport aux divers cercles sociaux, famille, amis, voisins, collègues de travail, sans enfant, auxquels ils appartiennent.

A partir du moment que l'enfant est ressenti comme une norme socialement, le fait de ne pouvoir atteindre l'état de parent peut être ressenti comme une souffrance, voire un frein social injuste, une "marginalité" non souhaitée.

Alors si la technologie le permet, à moins de proposer une rééducation de la société dans son ensemble, comment refuser l'accès à cette nouvelle liberté.
Et le jour que cela sera possible pour un homme, qui pourra s'opposer à cette liberté supplémentaire d'enfanter ?

@ Thierry : On travaille déjà beaucoup sur l'utérus artificiel (http://www.bladi.net/forum/36750-luterus-artificiel-bientot/ : excuse Nicolas !), le clonage...

L'insémination artificiel, c'est maintenant courant tout autant que le don d'ovule ou la procréation médicalement assistée, voire in vitro...

Alors franchement, la location d'utérus d'autrui... A quel besoin cela répond-il ?
Même pas au fait "d'accoucher dans la douleur" biblique !

Et la femme qui loue son utérus... Bon le vagin, y'en a un peu partout, faut dire.

Mais accomplir toute une grossesse, avec ses envies de frites à la mayonnaise, ses nausées ou ses fraises impromptues et nocturnes ? Je ne vois pas bien !

Ah si, comme disait le chanteur Renaud, "ça file des rides aux fesses/ Elle l'a lu dans l'Express/ C'est vous dire si elle lit" extrait de sa chanson culte "Dans mon HLM" !
Ce qui n'empêche nullement l'adoption...

On peut donc comprendre ses femmes folles de leur corps réputé d'une beauté divine, notamment quand elles ont une image publique à défendre comme fond de commerce habituel.
Un peu fêlées non ?
Bref, encore un truc de "riches" au final...

Dans les pays ex-communistes, la politique de la natalité existait en marge de la politique économique : l'émancipation de la femme y a été souvent plus précoce qu'en occident, même si l'une des conséquences de cette émancipation consistait à bien vouloir, pour les femmes instruites, concilier d'éventuels désirs de maternité avec le service de leur pays.

Mes souvenirs fort lointains de Simone de Beauvoir m'incitent à me méfier énormément de ce prétendu ressenti d'envie d'enfant. Non pas que je veuille interdire à ceux qui le désirent d'avoir un enfant, mais je ne crois pas utile de mettre cet instrument de mise à la norme qu'est la loi au service d'une vision parmi d'autres honorables de l'existence.

Intéressant, Gus.

Mais il ne faut pas confondre la cause et l'effet.

"cet instrument de mise à la norme qu'est la loi"

C'est parce que la société française rêve de normes qu'elle utilise la loi pour normer, et qu'elle devient alors, monstrueusement, un outil à normer.
Aux US et dans d'autres pays l'usage qui est fait de la loi n'obéit pas nécessairement à cette logique.
Je trouve d'ailleurs cela assez avilissant pour une société d'utiliser le législateur pour faire l'éducation aux masses, comme nous aimons le faire en France.

@L'ignoble Infreequentable

Oui, pourquoi pas, un truc de "riches", un truc fantasque, une dérive, mais une demande sociétale quand même.
On en revient au Neveu de Rameau.
Le Neveu fantasque, inutile, en pleine dérive, survit dans la société.
Son contradicteur, Philosophe, a surement raison, mais perpétuellement son raisonnement n'en est pas moins heurté et débouté par la réalité et les pratiques de la société.

1° Sous peine de mort imminente (un siècle est une seconde à l'échelle de la terre) : Les peuples du monde doivent (une fois n'est pas coutume) copier la Chine en ce qui concerne la procréation.

2° Je suis désolé mais en tant que père, (et les femmes sont généralement de mon avis): C'est l'intérèt supérieur de l'enfant qui doit prîmer !

3° Les considérations narcisso-égoïstes des multiples communautés qui veulent s'acheter des enfants commencent à me les briser menu !

La PMA est un sujet important. De plus en plus de couple y ont recours, peut être à cause des effets de la pollution.. mais c'est un fait et leur désir d'enfant est très fort.
D'autant plus que l'adoption est plus difficile car il y a moins d'enfants adoptables en France et dans le Monde.

Mais ce sujet reste tabou, avoir un enfant naturellement est la norme ("alors c'est pour quand votre enfant ? tu veux que je t'explique comment faire ? warf warf").

La découverte de la difficulté d'avoir un enfant est souvent le premier écueil du couple.
Ce que je reproche à la PMA, pour l'avoir utilisé, c'est le manque d'accompagnement.

Eviter l'acharnement et savoir qu'être parent ce n'est pas être juste être les parents biologiques, voilà déjà deux choses que j'ai apprise.

thierryl: Bien sûr, vous avez raison : mais nous conviendrons sans doute tous deux pour constater que lorsqu'on évoque publiquement une question de société de nos jours, c'est souvent parce qu'on ressent cet étrange et impérieux besoin de légiférer, en droit français bien entendu, en évitant tout débat européen bien entendu, et qu'on espère céder à cet impérieux besoin sans pour autant trop se prendre un énième rateau de la société civile.

Et rien que cela influence le discours qu'on peut tenir dès lors qu'il se révèle qu'en choisissant de s'exprimer sur internet et en français, on donne une destination publique, francophone, et même, franco-française à son propos.

Ce qui me frappe beaucoup dans ce débat, c'est les gens qu'on entend : Suzane Agacinski, Elisabeth Badinter, Nadine Moreno, Christine Boutin... et des hommes politiques de 70 ans, mariés à 25, qui sont probablement un peu déconnectés des problématiques de fertilité actuelles. Où étaient les voix des médecins pour nous dire qu'on parlait là des problèmes (hystérectomie) de très peu de femmes ?

Un médecin me le disait hier en m'expliquant qu'en revanche le problème du don d'ovocyte concerne au moins une de ses patientes par jour. Le don d'ovocyte est non rétribué en France et anonyme (on ne peut pas donner à sa soeur ou sa cousine par exemple)... Une position sur le papier très digne mais médicalement catastrophique : on attend que des femmes s'injectent des hormones et passent sur le billard pour des dons à des inconnues... du coup il y a quasiment cinq ans d'attente et des ovocytes de piètre qualité avec des résultats tellement médiocres que les médecins français conseillent à leurs patientes d'aller en Espagne...
Au sénat, à la présentation du rapport (extrêmement timide) sur les mères porteuses, j'ai entendu tous ces politiques répéter "il ne faut pas se précipiter". Comme si on était en danger de se précipiter : la Grande-Bretagne a autorisé la procréation pour autrui en 1985 et ils ne sont pas encore en train de cloner des bébés (pour je ne sais quelle raison dans un débat sur la procréation assistée autorisée dans des conditions raisonnables, l'argument "clonage" - comme s'il s'agissait de la même chose - arrive en trois secondes et demi).

Dans une émission, j'entendais un intervenant (évidemment pas un médecin) dire qu'il ne fallait pas se précipiter sinon "y a qu'à voir ce qui se passe aux Etats-Unis"... Argument massue (j'en profite pour noter que même la droite chrétienne américaine, pourtant si sensible sur l'avortement, ne fait pas de la procréation assistée un sujet de croisade). S'il y a effectivement une fois tous les deux ans une roumaine de 62 ans qui fait les gros titres avec une grossesse qui nous fait pousser des beurk, j'ai eu l'occasion de constater dans l'enquête de mon bouquin qu'en matière de procréation assistée, même dans un pays où on peut tout faire ou presque, les demandes des femmes sont extrêmement raisonnables. Personne n'utilise la procréation assistée de gaité de coeur.
Pour résumer donc, pourquoi ne pas avoir en France des lois bioéthiques répondant aux situations réelles que rencontrent les médecins aujourd'hui, plutôt que de les construire en fonction des dérives (parfois tirant sur la science-fiction) extrêmement rares.

Moi,je suis de votre côté Guillemette.
Il y a d'autres sujets ou je m'entête un peu trop vite, mais au bout d'une longue réflexion, j'arrive pratiquement toujours à une position libérale.
Là franchement, je ne vois pas d'argument tenable sur le freinage de la PMA.

Votre conclusion est excellente
"Pour résumer donc, pourquoi ne pas avoir en France des lois bioéthiques répondant aux situations réelles que rencontrent les médecins aujourd'hui, plutôt que de les construire en fonction des dérives (parfois tirant sur la science-fiction) extrêmement rares."

Cependant je ne peux m'empêcher de constater deux écueils qui ne me dérangent pas mais qu'il faudrait approfondir :

1. Au delà du problème qui nous occupe, vous constaterez avec moi qu'un corpus de loi extrêmement pesant est à l'oeuvre en France, que l'opinion publique commence à en avoir assez de cette inflation "légiférante", sans compter la production continue de décrets ou de textes administratifs.
Donc baser des lois bioéthiques sur des situations réelles, c'est demander à la société réelle d'aller une nouvelle fois dans un sens de complexification du droit qui commence à lui peser et pour un sujet qui n'est pas une préoccupation majoritaire.
Autrement dit, "nul n'est censé ignorer la loi" mais de moins en moins de gens sont en mesure de la comprendre, à moins de suivre finement l'information, ce qui n'est pas le cas de 99% de la population. Et la population aimerait comprendre...


2. Les lois ne sont pas des règles immuables et évoluent avec le temps. Elles traduisent des points d'équilibre dans une société "moderne".
Elles sont obligées d'accompagner la technologie. Si la biotechnologie, demain les nanotechnologies, permettent des améliorations possibles du corps humain (avant ou après la naissance). Je ne vois aucune loi refusant les nouvelles possibilités offertes, surtout si on suit le principe qui sous-tend votre action :

"si une amélioration peut être accordée de manière technologique à une minorité qui jusqu'alors en était privé par rapport à d'autres qui ont eu la chance de naître avec, une loi doit certes encadrer le processus, mais il n'y a aucune raison de maintenir une inégalité de fait ou naturelle qu'une avancée technologique puisse lever."

Si vous pensez un tant soit peu aux implications de ce raisonnement, cela peut conduire très très loin.
Encore une fois, là je suis pour, car je pense que les principes dont je profite sont valables aussi pour les autres,et que contrairement à nos intellectuels je n'aime pas le "technology bashing".

Honnêtement, Guillemette, je crois qu'en 2008, en France, si on est mieux service en Espagne, en Angleterre ou en Belgique que chez soi, je ne vois vraiment pas pourquoi on irait pas chercher là-bas le service mal offert ici.

La France est certes un merveilleux pays, mais il ne faut pas oublier qu'en pratique, la plupart des services théoriquement offerts à la population ne sont en pratique accessibles que sur la fraction urbanisée du territoire, ce qui invite déjà une bonne partie des français à prendre la route ou le train pour en bénéficier : auquel cas, aller à Barcelone ou à Paris, vu de Carcassonne par exemple, vous en conviendrez, ça se discute.

Je propose d'intégrer ce principe : l'europe est un marché ouvert : si un service est correctement offert dans deux à cinq régions proches du territoire français, on peut estimer que le service est offert, quitte à ce que la solidarité publique soit mise à contribution pour assurer l'égalité de chacun devant l'accès à ces services.

@ Thierry : je crois Ozenfant te répond.

Personnellement, je n'ai pas vraiment d'opinion arrêtée (je ne suis pas né femme, mais les femmes j'adore et je sais depuis tout petit que tout ce que femme veut, Dieu lui-même le veut) !

Sauf la question que je me pose en permanence sur mon blog (qui est d'ailleurs sa raison d'être) :
Pourquoi légiférer sur des questions d'éthique ? L'éthique sert à poser des interdits, pas à les dissoudre.

Plus généralement, quel rôle pour l'Etat ?
Jusqu'où il peut, non pas il doit, mais il peut, venir me dire comment je dois vivre, comment je dois penser, comment je dois agir ?

Car l'Etat, c'est toi, c'est moi, c'est nous tous, n'en déplaise à quelques squatters qui naviguent dans le marigot politique pour en faire leur métier à part entière.

Je repars du point de vue exprimé par "L'Ignoble" : ne pourrait-on plutôt voir la question sous l'angle des lois, règles ou normes à *supprimer* pour répondre à la question posée plutôt que de celles à créer ?

Qu'est-ce qui interdit de nos jours cette prestation de service en France ? Est-ce le 227-12 NCP ? Que faudrait-il faire de plus que l'abroger ?

http://paris-carnet.org/indeX
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http://paris-carnet.org/
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http://paris-carnet.org/
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http://paris-carnet.org/index
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http://paris-carnet.org/index
:)

D'un côté, des gendarmes qui saisissent et enlèvent des enfants, avec leurs parents, à l'aube, après une approche et des moyens dignes d'un raid anti-terroriste, afin de les expulser hors de France et d'atteindre les objectifs chiffrés assignés au préfet (on m'a rapporté récemment l'histoire de cette famille tchétchène, qui avait cru trouver un asile en France : http://www.educationsansfrontieres.org/?article13612; et il y en a beaucoup d'autres de la même triste veine); de l'autre, des débats extrêmement sophistiqués sur la possibilité de faire naître un enfant hors du territoire (corporel) de celle qui deviendra sa mère. Cette question extra-utérine est sans doute légitime, ce débat est utile, il y a des couples désespérés de n'avoir point d'enfant, il ne faut pas tout mélanger...néammoins je ne peux m'empêcher d'être attristé par ce contraste : entre la relative indolence avec laquelle nous laissons passer les atteintes au droit commun, à la possibilité de vivre dignement ensemble, et l'extrême attention, les infinis raffinements dont nous sommes capables en matière de vie privée et de consommation. Il y a comme un engloutissement de la politique dans le social, du public dans le privé. Et je ne peux m'empêcher de penser que louer un ventre, quelles que soient les formes qu'on y mette, c'est encore une fois marchandiser, privatiser l'homme, le réduire à des nécessités et des processus organiques. Ce n'est pas tellement différent, au fond, que de choisir un immigré économique, uniquement considéré en fonction de sa force de travail. Du reste on peut très bien imaginer Brice Hortefeux annonçant fièrement un quota de mères porteuses immigrées, dotées d'une carte compétence et talents, valable neuf mois, accueillies, après les examens médicaux d'usage, par une cérémonie républicaine, avant d'être accompagnées dans la salle blanche où les attend notre préposé à l'insémination.

La demande de PMA est peut-être une demande libérale, mais elle n'embête personne et peut apporter beaucoup à quelques nombreux couples qui auront au plus entre un ou deux enfants.

@thinks
Par contre ta comparaison avec ce qui mériterait un autre post de Versac ou sur ton Blog, n'a rien avoir avec la choucroute. ^^

Disclosure : c'est vrai que depuis le début, je ne suis pas objectif, je ne serais pas né sans la découverte des traitements hormonaux dans les années 60.

Il se trouve que je suis le père d'une fille adoptée et de 2 autres nées par procréation médicalement asssitée. Ce billet et les commentaires m'amènent 3 réflexions.

1/ La force de la vie et du désir de vie sont les puissances qui font tourner le monde, la Loi ne fait que l'aider à tourner rond. Elever des barrières légales pour empêcher les êtres humains d'avoir des enfants quand des solutions morales existent me semblent aussi vain qu'élever des murailles pour interdire l'immigration. Encadrer, si possible souplement, les pratiques est ce que l'on peut attendre de la Loi.

2/ Si le coeur du débat est le bien être de l'enfant, il serait bon de s'intéresser à ce que pensent, comment vivent ceux qui qui sont ont été adoptés, ou sont nés de manière un peu différente. Il serait intéressant de savoir si au global ils se portent mieux ou moins bien que les enfants conçus ou nés "normalement". Je n'ai pas la réponse, mais cet élément me semble absent du débat.

3/ Mon expérience personnelle et celle des gens que je côtoie m'a convaincu qu'un enfant nait le plus souvent d'un désir (très rapide ou très long à concrétiser) mais que ses parents doivent toujours l'adopter après sa naissance et quelques soient les conditions de celle-ci. Cette "adoption", c'est à dire le moment où l'on reconnait son en fant comme le sien peut, là encore, se faire très vite ou prendre des années et elle est assez indépendante des conditions de sa naissance.

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